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  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,52-59.

    es Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
    Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
    En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson.
    Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui.
    De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi.
    Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
    Voilà ce que Jésus a dit, dans son enseignement à la synagogue de Capharnaüm.

     

     

     

  • Le jeûne qui plaît à Dieu

    C’est en mangeant le fruit de l’arbre défendu qu’Adam a transgressé les préceptes de vie (Gn 3,6). Quant à nous, c’est en réduisant ce que nous mangeons, autant qu’il est possible, que nous nous relèverons et que nous retrouverons la joie du Paradis.

    Que personne ne croie pour autant que seule cette abstinence puisse suffire. Par son prophète, Dieu nous dit en effet : « Ne savez-vous pas quel est le jeûne qui me plaît ? Partage ton pain avec l’affamé, héberge les pauvres sans abri, donne un habit à celui que tu vois nu, ne te dérobe pas à ton semblable » (Is 58,5-7). Voilà quel jeûne Dieu approuve : celui qui présente à son regard des mains remplies d’aumônes, un cœur rempli d’amour des autres, un jeûne tout pétri de bonté. Ce dont tu te prives personnellement, donne-le à quelqu’un d’autre. Ainsi ta pénitence corporelle contribuera au mieux-être corporel de ceux qui sont dans le besoin.

    Comprends d’ailleurs ce reproche du Seigneur dans la bouche du prophète : « Quand vous avez jeûné et gémi, est-ce pour l’amour de moi que vous avez multiplié vos jeûnes ? Quand vous mangiez et buviez, n’est-ce pas pour vous que vous mangiez, pour vous que vous buviez ? » (Za 7,5-6) C’est manger et boire pour soi que de consommer, sans les partager avec les pauvres, les aliments destinés à nourrir le corps ; ce sont des dons faits par le Créateur à la communauté des hommes. C’est encore jeûner pour soi que de se priver pour un temps mais de se réserver le fruit de ses restrictions pour le consommer plus tard. « Sanctifiez votre jeûne », dit le prophète (Jl 1,14)… Que cesse la colère ; que disparaissent les querelles ! La mortification du corps est vaine si le cœur ne s’impose pas une discipline pour réfréner ses désirs déréglés… Le prophète dit : « Quand vous jeûnez vous vous occupez de vos affaires. Vous frappez le pauvre ; vous opprimez vos ouvriers. Vous jeûnez dans la dispute et la colère » (Is 58,3-4)… Ce n’est en effet que si nous pardonnons que Dieu nous remettra à nous-mêmes notre injustice.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur les évangiles, n°16

     

     

  • Plus que du pain…

    C’est pour bien davantage qu’un peu de pain, destiné à devenir ordure après la digestion, que l’on doit me suivre. Ce n’est pas pour la nourriture qui emplit le ventre, mais pour celle qui nourrit l’âme, car vous n’êtes pas seulement des animaux qui doivent brouter et ruminer, ou fouiller avec le groin et s’engraisser. Mais vous êtes des âmes! C’est cela que vous êtes! La chair c’est le vêtement, l’être c’est l’âme. C’est elle qui est immortelle. La chair, comme tout vêtement, s’use et finit, et ne mérite pas qu’on s’en occupe comme si c’était une perfection à laquelle il faut donner tous ses soins. Cherchez donc ce qu’il est juste de se procurer, non ce qui est injuste. Cherchez à vous procurer non la nourriture qui périt, mais celle qui dure pour la vie éternelle. Celle-là, le Fils de l’homme vous la donnera toujours, quand vous la voudrez. Car le Fils de l’homme a à sa disposition tout ce qui vient de Dieu et peut vous le donner; Lui est Maître, et Maître magnanime, des trésors de Dieu Père qui a imprimé sur Lui son sceau pour que les yeux honnêtes ne soient pas confondus.

    Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie
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  • « Alors leurs yeux s’ouvrirent. »

    Les jours qui se sont écoulés entre la résurrection du Seigneur et son ascension n’ont pas été dépourvus d’événements : de grands mystères y ont reçu leur confirmation, de grandes vérités y ont été révélées. C’est alors que la crainte d’une mort amère est abolie et que l’immortalité, non seulement de l’âme mais aussi de la chair, est manifestée…

    En ces jours-là, le Seigneur se joint à deux disciples et les accompagne en chemin ; et, afin de dissiper en nous toutes les ténèbres du doute, il reproche à ces hommes apeurés leur lenteur à comprendre. Les cœurs qu’il éclaire voient s’allumer en eux la flamme de la foi ; ils étaient tièdes, et ils deviennent brûlants lorsque le Seigneur leur fait comprendre les Écritures. A la fraction du pain s’ouvrent les yeux de ceux qui sont à table avec lui : ils voient la glorification de leur nature humaine et ils ont un bonheur bien plus grand que nos premiers parents dont les yeux se sont ouverts sur la honte de leur désobéissance (Gn 3,7).

    Parmi ces merveilles et d’autres encore, comme les disciples demeuraient dans l’inquiétude, le Seigneur est apparu au milieu d’eux et leur a dit : « La paix soit avec vous » (Lc 24,36; Jn 20,26). Pour qu’ils ne restent pas dans ces pensées qui les troublaient…il a dévoilé à leurs yeux hésitants les traces de la croix sur ses mains et ses pieds… Ainsi ce ne serait pas d’une foi hésitante, mais d’une conviction certaine qu’ils maintiendraient que le corps qui allait siéger sur le trône de Dieu le Père était bien celui qui avait reposé dans le tombeau. Voilà ce que la bonté de Dieu a enseigné avec tant de soin pendant tout ce temps entre la résurrection et l’ascension, voilà ce qu’elle a montré aux yeux et au cœur de ses amis : le Seigneur Jésus Christ, qui était vraiment né, avait vraiment souffert et est vraiment mort, est vraiment ressuscité.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    1er sermon pour l’Ascension ; SC 74 bis (trad. cf SC p. 271))

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  • « Donnez-leur vous-mêmes à manger »

    « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie » (Jn 6,51). Par ces paroles, le Seigneur révèle la véritable signification du don de sa propre vie pour tous les hommes, nous montrant aussi la profonde compassion qu’il a pour toute personne. En effet, à de nombreuses reprises, les évangiles nous rapportent les sentiments de Jésus à l’égard des hommes, tout particulièrement des personnes qui souffrent et des pécheurs. À travers un sentiment profondément humain, il exprime l’intention salvifique de Dieu pour tout homme, afin qu’il atteigne la vraie vie.

    Toute célébration eucharistique actualise sacramentellement le don que Jésus a fait de sa vie sur la croix pour nous et pour le monde entier. En même temps, dans l’eucharistie, Jésus fait de nous des témoins de la compassion de Dieu pour chacun de nos frères et sœurs. Autour du mystère eucharistique naît ainsi le service de la charité vis-à-vis du prochain, qui « consiste précisément dans le fait que j’aime aussi, en Dieu et avec Dieu, la personne que je n’apprécie pas ou que je ne connais même pas. Cela ne peut se réaliser qu’à partir de la rencontre intime avec Dieu, une rencontre qui est devenue communion de volonté pour aller jusqu’à toucher le sentiment. J’apprends alors à regarder cette autre personne non plus seulement avec mes yeux et mes sentiments, mais selon la perspective de Jésus Christ ». De cette façon, dans les personnes que j’approche, je reconnais des frères et des sœurs pour lesquels le Seigneur a donné sa vie en les aimant « jusqu’au bout » (Jn 13,1).

    Par conséquent, nos communautés, quand elles célèbrent l’eucharistie, doivent prendre toujours plus conscience que le sacrifice du Christ est pour tous, et que l’eucharistie presse alors toute personne qui croit en lui à se faire « pain rompu » pour les autres et donc à s’engager pour un monde plus juste et plus fraternel. En pensant à la multiplication des pains et des poissons, nous devons reconnaître que le Christ, encore aujourd’hui, continue à exhorter ses disciples à s’engager personnellement : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». La vocation de chacun de nous consiste véritablement à être, avec Jésus, pain rompu pour la vie du monde.

    Pape Benoît XVI
    Exhortation apostolique « Sacramentum caritatis », 88 (trad. DC n° 2377, p. 339 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

  • Blé et épeautre

    Le blé et l’Épeautre ne furent point frappés, parce qu’ils étaient cachés. (Ex.9, 32)

    Les commentateurs ont eu beaucoup de peine à préciser la plante désignée ici, bien qu’il soit évidemment question d’une plante cultivée en Égypte. Dans Esaïe (XXVIII, 25) nous voyons qu’elle l’était aussi en Palestine. L’Épeautre ayant longtemps servi de nourriture aux anciens Égyptiens et à quelques peuples de la Syrie, il est très probable que c’est de lui qu’il est parlé ici.?L’Épeautre (Triticum Spelta) est une espèce de blé distincte du froment ordinaire, à grosses tiges et à forts épis. Le pain fait avec sa farine est très inférieur à celui de froment. Cette céréale est commune dans plusieurs parties de la Suisse et de l’Allemagne. Ce qui la recommande surtout, c’est qu’elle réussit dans presque tous les terrains.

  • Jeudi Saint

    Arcabas – La Sainte Cène

     » La nuit même où Il était livré, le Seigneur prit du pain . » 1 Corinthiens, 11-23

    Le Jeudi Saint annonce la fin du Carême et l’entrée dans le mystère de Pâques. La messe du soir, à laquelle tous les chrétiens sont invités, commémore le dernier repas, ou Cène, que Jésus a pris avec Ses disciples au seuil de la nuit où il devait être livré.

    Jésus institue, ce soir là, l’eucharistie. Il annonce que Sa Présence demeure vivante dans le Sacrement de Son Corps et de Son Sang.
    Ce soir là, au cours de ce même repas, Jésus lave les pieds de Ses disciples. Il s’agenouille devant chacun des douze, leur témoignant ainsi la tendresse qu’Il a pour eux. Ce geste du lavement des pieds est repris durant la messe du Jeudi Saint. Il signifie que nous devons tous être serviteurs des autres.

    « Alors n’hésitez pas et ouvrez la porte de la Maison de mon Fils, venez vous agenouiller, venez prier, venez vous réconcilier avec Lui et venez recevoir Son corps, ce corps que je vous demande de ne pas toucher avec les mains ; c’est le corps de mon Fils, seuls les élus de mon Fils en Son Eglise peuvent toucher Son Corps. N’oubliez pas, venez vous réconcilier auprès de mon Fils et prendre Son Corps ; Il réchauffera vos entrailles et vous permettra d’aller toujours au-delà de vos espérances. »

    Marie Mère des hommes – décembre 1996