Étiquette : Notre Dame des 7 douleurs

  • Notre Dame des Douleurs

    Notre Dame des Douleurs

    « Voici ton Fils », cela s’adresse à la Sainte Vierge ; Notre Seigneur lui donne tous les humains pour enfants, lui ordonnant d’avoir pour tous un cœur de Mère… Elle a accompli et elle continuera durant l’éternité à accomplir avec une perfection incomparable cet ordre de Dieu, comme tous les autres. Soyons donc absolument certains qu’elle a pour tout humain un cœur maternel, et adressons-nous à cette Mère chérie et toute-puissante, dans tous nos besoins, avec autant de confiance qu’un enfant à sa mère, à une mère qui l’aime infiniment plus que ne peut faire une mère terrestre, et à une mère qui peut lui obtenir de Dieu absolument tout ce qui est vraiment bon pour l’âme…

    « Voici ta mère. » Ceci s’adresse à chaque âme. Tous nous devons traiter la Sainte Vierge comme notre Mère, lui rendre les devoirs qu’un bon fils doit à une très bonne Mère : affection, honneur, service, confiance, en un mot, tout ce que Notre Seigneur Lui-même rendait à la Très Sainte Vierge ! Aimons-la, honorons-la, entourons-la, en nous entretenant avec elle dans la prière ; servons-la, en aidant de notre mieux à toutes les œuvres qu’elle favorise, à toutes celles qui sont entreprises en son honneur ; ayons en elle une confiance absolue et invoquons-la sans hésiter avec cette confiance, en tous nos besoins, en tous nos désirs, toutes nos entreprises, toutes nos œuvres, toutes nos actions (…). Montrons-nous envers elle les plus tendres des fils, nous souvenant que c’est là un point essentiel d’obéissance à Jésus et d’imitation de Jésus : d’obéissance, puisqu’il nous l’ordonne si formellement et si solennellement, du haut même de la croix ; d’imitation, car il fut toujours pour sa mère le modèle des fils…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Notre Dame des Douleurs

    Le martyre de la Vierge est suggéré tant par la prophétie de Siméon que par le récit même de la Passion du Seigneur. « Celui-ci, dit le vieillard en parlant de l’enfant Jésus, est posé comme un signe de contradiction, et toi-même, ajoutait-il s’adressant à Marie, un glaive transpercera son âme » (Lc 2, 34-35). Oui, bienheureuse Mère, ton âme, un glaive l’a transpercé, et d’ailleurs, ce n’est qu’en la traversant qu’il pénétra dans la chair de ton Fils. De fait, lorsque ton Jésus ‒ qui est à tous, mais spécialement à toi ‒ eut rendu l’esprit, la lance cruelle n’atteignit pas son âme. Si, ne l’épargnant pas ‒ même mort ‒, elle lui ouvrit le côté, elle ne pouvait plus lui causer de douleur. Mais ton âme, elle l’a transperça : à ce moment, la sienne n’était plus là, mais la tienne ne pouvait absolument pas se détourner de lui. (…)

    Peut-être quelqu’un va dire : “Ne savait-elle pas d’avance qu’il devait mourir ?” Oui, indubitablement. “N’espérait-elle pas le voir ressusciter aussitôt ?” Si, en toute confiance. “Après cela, souffrit-elle quand il fut crucifié ?” Certainement, et avec quelle violence ! Alors qui es-tu donc, frère, et d’où te vient pareille sagesse de t’étonner plus de la compassion de Marie que de la passion du Fils de Marie ? Lui, il put mourir de la mort du corps et elle, n’aurait pu mourir avec lui de cœur ? Là, c’est l’œuvre d’un amour que personne ne surpasse ; ici, c’est le résultat d’un amour qui après le premier n’eut jamais son égal.

    Saint Bernard (1091-1153)

  • Notre Dame des Douleurs

    Il y a deux espèces de martyre : l’un manifeste, l’autre secret ; l’un visible, l’autre caché ; l’un dans la chair, l’autre dans le cœur. (…) Le martyre du cœur dépasse les tourments de la chair.

    Aussi la glorieuse Vierge a-t-elle triomphé dans ce genre de souffrance, d’autant plus glorieuse qu’elle était plus proche quand, attachée à la croix adorable de la passion du Seigneur, elle puisa au calice, elle but la passion et, abreuvée au torrent de douleurs, elle put endurer une douleur à jamais sans pareille. Elle court à la suite de Jésus non seulement à l’odeur de ses parfums, mais dans l’abondance de ses douleurs ; non seulement dans la joie des consolations, mais aussi dans le débordement des souffrances. Mère, elle voyait son Fils, le véritable Salomon, avec le diadème dont elle l’avait couronné et, elle-même couronnée d’une couronne d’affliction, elle allait à sa suite.

    Elle se tenait debout auprès de la croix (Jn 19,25) pour considérer (…) la tête très douce de son Fils, ointe d’huile de préférence à ses compagnons, frappée avec un roseau et couronnée d’épines. Elle voyait le plus beau des enfants des hommes qui n’avait plus ni éclat ni beauté. Elle voyait méprisé et ravalé au dernier rang celui qui est exalté au-dessus de tous les peuples. Elle voyait le Saint des saints crucifié avec les scélérats et les impies. Elle voyait les yeux de cet homme sublime s’abaisser, et la tête de celui qui soutient l’univers se pencher, inclinée sur ses épaules, la très sereine face de Dieu se flétrir, et s’évanouir la beauté de son visage.

    Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

     

     

     

  • Notre Dame des Douleurs

    Marie a engendré un fils ; et comme celui-ci est le Fils unique du Père dans les cieux, il est le fils unique de sa mère sur la terre. (…) Cependant cette seule vierge mère, qui a eu la gloire de mettre au monde le Fils unique de Dieu embrasse ce même Fils dans tous les membres de son Corps et ne rougit pas d’être appelée la mère de tous ceux en qui elle reconnaît le Christ déjà formé ou sur le point de l’être. Ève, qui jadis a légué à ses enfants la condamnation à mort avant même qu’ils aient vu le jour, a été appelée « la mère des vivants » (Gn 3,20). (…) Mais puisqu’elle n’a pas répondu au sens de son nom, c’est Marie qui en a réalisé le mystère. Comme l’Église dont elle est le symbole, elle est la mère de tous ceux qui sont renés à la vie. Elle est vraiment la mère de la Vie qui fait vivre tous les hommes ; et en l’engendrant elle a en quelque sorte régénéré tous ceux qui allaient en vivre. (…)

    Cette bienheureuse mère du Christ, qui se sait mère des chrétiens en raison de ce mystère, se montre aussi leur mère par le soin qu’elle prend d’eux et l’affection qu’elle leur témoigne. Elle n’est pas dure envers eux comme s’ils n’étaient pas à elle. Ses entrailles fécondées une seule fois, mais non pas épuisées, ne cessent d’enfanter le fruit de la bonté. « Le fruit béni de ton sein » (Lc 1,42), douce mère, t’a laissée toute remplie d’une bonté inépuisable : né de toi une seule fois, il demeure toujours en toi.

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

     

     

     

  • Notre Dame des Douleurs

    « Femme, voici ton fils. Voici ta mère. » De quel droit le disciple que Jésus aimait est-il fils de la mère du Seigneur ? De quel droit celle-ci est-elle sa mère ? C’est qu’elle avait mis au monde, sans douleur alors, la cause du salut de tous, lorsqu’elle avait donné naissance dans sa chair au Dieu fait homme. Maintenant c’est avec une grande douleur qu’elle enfante, debout au pied de la croix.

    À l’heure de sa Passion, le Seigneur lui-même avait justement comparé les apôtres à une femme qui enfante, en disant : « La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, parce qu’un être humain est né dans le monde » (Jn 16,21). Combien plus un tel fils a-t-il pu comparer une telle mère, cette mère debout au pied de la croix, à une femme qui enfante ? Que dis-je, comparer ? Elle est vraiment femme et vraiment mère et, en cette heure, elle a de vraies douleurs d’enfantement. Elle n’avait pas eu la peine d’enfanter dans la douleur comme les autres femmes lorsque son enfant lui était né ; c’est maintenant qu’elle souffre, qu’elle est crucifiée, qu’elle a de la tristesse comme celle qui enfante, parce que son heure est venue (cf Jn 13,1 ; 17,1). (…)

    Quand cette heure aura passé, quand ce glaive de douleur aura entièrement traversé son âme qui enfante (Lc 2,35), alors elle non plus « elle ne se souviendra plus de son angoisse, parce qu’un homme sera né dans le monde » — l’homme nouveau qui renouvelle tout le genre humain et règne sans fin sur le monde entier, vraiment né, au-delà de toute souffrance, immortel, premier né d’entre les morts. Si, dans la Passion de son fils unique, la Vierge a ainsi mis au monde notre salut à tous, elle est bien notre mère à tous.

    Rupert de Deutz (v. 1075-1130)

     

     

  • Marie, soutien pour porter notre croix

    La dévotion mariale est un chemin aisé pour arriver à l’union avec Notre-Seigneur, où consiste la perfection du chrétien ; c’est un chemin que Jésus-Christ a frayé en venant à nous, et où il n’y a aucun obstacle pour arriver à lui.

    On peut, à la vérité, arriver à l’union divine par d’autres chemins ; mais ce sera par beaucoup plus de croix, de morts étranges et avec beaucoup plus de difficultés, que nous ne vaincrons que difficilement. Il faudra passer par des nuits obscures, par des combats et des agonies étranges, par des montagnes escarpées, par des épines très piquantes et des déserts affreux. Mais par le chemin de Marie, on passe plus doucement et plus tranquillement.

    On y trouve, à la vérité, de grands combats à donner et de grandes difficultés à vaincre ; mais cette bonne Mère et Maîtresse se rend si proche et si présente à ses fidèles serviteurs, pour les éclairer dans leurs ténèbres, pour les éclaircir dans leurs doutes, pour les affermir dans leurs craintes, pour les soutenir dans leurs combats et leurs difficultés, qu’en vérité ce chemin virginal pour trouver Jésus-Christ est un chemin de roses et de miel, au vu des autres chemins.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

     

     

     

     

  • Notre Dame des Douleurs

    Les deux pôles du monde Il y a deux pivots du ciel autour desquels tourne tout le ciel : ce sont les deux pôles. L’un est le Sauveur, situé au midi parce qu’Il est plein de lumière et qu’il n’y a pas en Lui de ténèbres ; l’autre est le sein où Il s’est incarné. Autour de ces deux pôles, le ciel tourne, avec le secours de l’intercession de la Mère, et celui de la Rédemption sur la Croix. En effet, par l’intercession de Marie ainsi que par le sang et le corps du Rédempteur, le Seigneur exerce sa justice sur les peuples. L’axe de la miséricorde, qui soutient le monde, tourne autour de ces deux pivots ou pôles, parce que, par la Mère, nous avons accès au Fils, et par le Fils au Père, et ainsi conduits, nous ne craignons en rien de nous voir refuser la réconciliation. Ces deux étoiles, pivots ou pôles du ciel sont immobiles ; autour d’elles comme autour de deux points fixes nécessaires, tourne la circonférence entière du ciel.

    Saint Albert le Grand (v. 1200-1280), dominicain

     

     

     

     

  • Notre Dame des Douleurs

    septdo10

    Quand Jésus s’est mis à parcourir les villes et les villages pour annoncer la Bonne Nouvelle (Mt 9,35), Marie l’accompagnait, inséparablement attachée à ses pas, suspendue à ses lèvres dès qu’il ouvrait la bouche pour enseigner. À tel point que ni la tempête de la persécution ni l’horreur du supplice n’ont pu lui faire abandonner la compagnie de son Fils, l’enseignement de son Maître. « Près de la croix de Jésus se tenait Marie, sa mère ». Vraiment, elle est mère, celle qui n’abandonnait pas son Fils, même dans les terreurs de la mort. Comment aurait-elle pu être effrayée par la mort, elle dont « l’amour était fort comme la mort » (Ct 8,6) et même plus fort que la mort. Oui, elle se tenait debout près de la croix de Jésus et la douleur de cette croix la crucifiait dans son cœur elle aussi ; toutes les plaies dont elle voyait blessé le corps de son Fils étaient autant de glaives qui lui transperçaient l’âme (Lc 2,35). C’est donc à juste titre qu’elle est proclamée Mère ici et qu’un protecteur bien choisi est désigné pour prendre soin d’elle, car c’est ici surtout que se manifestent l’amour parfait de la mère à l’égard du Fils et la vraie humanité que le Fils avait reçue de sa mère…

    Jésus « l’ayant aimée, il l’aima jusqu’à la fin » (Jn 13,1). Non seulement la fin de sa vie a été pour elle, mais aussi ses derniers mots : achevant pour ainsi dire de dicter son testament, Jésus a confié le soin de sa mère à son plus cher héritier… Pierre, pour sa part, a reçu l’Église, et Jean, Marie. Cette part revenait à Jean comme un signe de l’amour privilégié dont il était l’objet, mais aussi à cause de sa chasteté… Car il convenait que personne d’autre ne rende ses services à la mère du Seigneur que le disciple bien-aimé de son Fils… Et par cette disposition providentielle, le futur évangéliste pourrait s’entretenir familièrement de tout avec celle qui savait tout, elle qui, depuis le commencement, observait attentivement tout ce qui concernait son Fils, qui « conservait avec soin toutes ces choses et les méditait dans son cœur » (Lc 2,19).

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    4ème Sermon pour l’Assomption (trad. cf. Pain de Cîteaux 8, p. 105 et SC 202, p. 459)

     

     

     

  • Notre Dame des Douleurs

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    Brebis contemplant son agneau qu’on traînait à l’abattoir (Is 53,7), consumée de douleur, Marie suivait avec les autres femmes, en criant ainsi : « Où vas-tu, mon enfant ? Pourquoi achèves-tu ainsi ta course rapide (Ps 18,6) ? Y a t-il encore d’autres noces à Cana, est-ce là maintenant que tu vas si vite pour leur faire du vin avec de l’eau ? Puis-je t’accompagner, mon enfant, ou vaut-il mieux t’attendre ? Dis-moi un mot, Verbe, ne passe pas devant moi en silence…, toi qui es mon fils et mon Dieu…

    « Tu marches vers une mort injuste et personne ne partage ta souffrance. Pierre ne t’accompagne pas, lui qui disait : « Jamais, je ne te renierai, même si je devais mourir » (Mt 26,35). Il t’a quitté ce Thomas qui s’exclamait : « Mourons tous avec lui » (Jn 11,16). Et les autres aussi, les intimes, ceux qui doivent juger les douze tribus (Mt 19,28), où sont-ils maintenant ? Il n’en reste plus un seul ; mais toi, tout seul, mon enfant, tu meurs pour tous. C’est ton salaire pour avoir sauvé tous les hommes et les avoir servi, mon fils et mon Dieu. »

    Se retournant vers Marie, celui qui est sorti d’elle s’écria : « Pourquoi pleures-tu, mère ? … Moi, ne pas souffrir ? ne pas mourir ? Comment donc sauverais-je Adam ? Ne pas habiter le tombeau ? Comment ramènerais-je à la vie ceux qui demeurent au séjour des morts ? Pourquoi pleures-tu ? Crie plutôt : ‘C’est volontairement qu’il souffre, mon fils et mon Dieu.’ Vierge sage, ne te rends pas semblable aux insensées (Mt 25,1s) ; tu es dans la salle des noces, ne fais donc pas comme si tu te tenais dehors… Ne pleure donc plus, mais dis plutôt : ‘Prends pitié d’Adam, sois miséricordieux pour Ève, toi mon fils et mon Dieu.’

    « Rassure-toi, mère, la première tu me verras sortir du tombeau. Je viendrai te montrer de quels malheurs j’ai racheté Adam, quelles sueurs j’ai versées pour lui. À mes amis, j’en révélerai les marques que je montrerai dans mes mains. Alors tu verras Ève vivante comme autrefois, et tu crieras dans ta joie : ‘Il a sauvé mes parents, mon fils et mon Dieu !’»

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne 25, Marie à la croix (trad. SC 128, p. 165s rev.)