Étiquette : noces

  • « Venez au repas de noce. »

    « Venez au repas de noce. »

    « Appelez ceux qui sont invités à la noce, tout est prêt. » Mais les invités s’excusent : « l’un s’en alla à son champ, l’autre à son commerce »… Cet affairement étonnant et cette agitation continuelle qui remuent le monde, on ne les voit malheureusement que trop dans le monde entier. Ce qu’on a de vêtements, de nourriture, de constructions et de beaucoup de choses est tellement prodigieux que la tête vous en tourne : la moitié suffirait amplement. Cette vie ne devrait être qu’un passage vers l’éternité… De toutes nos forces nous devons nous arracher à cette exubérance d’activité et de multiplicité, à tout ce qui n’est pas besoin absolu, et nous recueillir en nous-mêmes, nous attacher à notre vocation, considérer où, comment, et de quelle manière le Seigneur nous a appelés, l’un à la contemplation intérieure, l’autre à l’action, et un troisième… au repos intérieur, dans le calme silence des ténèbres divines, dans l’unité de l’esprit.

    Même ces derniers, Dieu les appelle parfois à l’action extérieure, parfois à l’intérieure, selon son bon plaisir, mais l’homme n’est pas attentif à son appel… Si l’homme appelé intérieurement au silence noble et calme voulait à cause de cela s’abstenir continuellement de toute œuvre de charité, ce ne serait pas bien ; et malheureusement, aujourd’hui très rares sont ceux qui veulent faire des œuvres de charité extraordinaires… L’Évangile raconte que le maître a trouvé un de ses hôtes assis au festin sans le vêtement de noce… Le vêtement qui manquait à ce convive, c’est la pure, vraie, et divine charité, cette intention véritable de chercher Dieu qui exclut tout amour de soi et tout ce qui est étranger à Dieu, qui ne veut que Dieu… À ceux qui se cherchent eux-mêmes notre Seigneur dit : « Ami, comment es-tu venu ici sans l’habit de la vraie charité ? » Ils ont recherché les dons de Dieu plutôt que Dieu lui-même.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • Le vêtement de noce

    Le vêtement de noce

    « L’odeur de tes vêtements est comme l’odeur de l’encens » (Ct 4,11 LXX). Le sens profond de ces paroles enseigne aux hommes vers quel but se tourne la vie vertueuse. Car le but de la vie vertueuse est la ressemblance avec Dieu. Et c’est pour cela que les âmes vertueuses s’appliquent à acquérir la pureté de l’âme et le dégagement de toute affection sensuelle, afin de montrer en elles l’empreinte de la nature divine par l’excellence de leur vie.

    Mais la vie vertueuse ne présente pas un seul aspect ni une seule forme. De même que dans la fabrication des étoffes, c’est par de nombreux fils, les uns tendus verticalement, les autres disposés horizontalement, que le tissage réalise un vêtement, ainsi, pour la vie vertueuse, c’est par le concours de nombreux éléments que se fait nécessairement aussi le tissage. Ce sont ces fils qu’énumère l’Apôtre lorsqu’il décrit ce qui concourt au tissage des œuvres pures et parle de « charité, joie, paix, longanimité, bonté » (Ga 5,22), et des autres vertus qui font l’ornement de celui qui s’est dépouillé de la vie corruptible et terrestre pour revêtir l’incorruptibilité céleste (cf. 1 Co 15,53). (…)

    Tel est donc le sens de ces mots du Cantique. C’est comme s’il disait : En toi, mon Épouse, le revêtement des vertus est une imitation de la béatitude divine qui t’assimile à l’être inaccessible par la pureté et la libération des passions.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395)

  • « Les invités de la noce »

    « Voici que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ce mystère est de grande portée : je veux dire qu’il s’applique au Christ et l’Église » (Ep 5,31-32). Ce texte de la lettre aux Éphésiens (…) compare le caractère nuptial de l’amour entre l’homme et la femme avec le mystère du Christ et de l’Église. Le Christ est l’Époux de l’Église, l’Église est l’Épouse du Christ. Cette analogie n’est pas sans précédent : elle transpose dans le Nouveau Testament ce qui était déjà contenu dans l’Ancien Testament, en particulier chez les prophètes Osée, Jérémie, Ézéchiel, Isaïe (Os 1,2; 2,16-18; Jr 2,2; Ez 16,8; Is 50,1; 54,5-8). (…) Chez les prophètes cette femme-épouse, c’est Israël en tant que peuple élu par Dieu, et cette élection a sa source uniquement dans l’amour gratuit de Dieu. C’est justement par cet amour que s’explique l’alliance, souvent présentée comme une alliance nuptiale que Dieu renoue sans cesse avec son peuple élu. Elle est, de la part de Dieu, un engagement durable : il reste fidèle à son amour sponsal, même si l’épouse s’est montrée bien des fois infidèle.

    Cette image de l’amour sponsal liée à la figure de l’Époux divin — image très claire dans les textes prophétiques — ; se trouve confirmée et couronnée dans la lettre aux Éphésiens (…) où se trouve l’expression la plus forte de la vérité sur l’amour du Christ rédempteur, suivant l’analogie de l’amour nuptial dans le mariage : « Le Christ a aimé l’Église : il s’est livré pour elle » (5,25). En cela se trouve pleinement confirmé le fait que l’Église est l’Épouse du Christ : « Le Saint d’Israël est ton rédempteur » (Is 54,5). Dans le texte de saint Paul, l’analogie de la relation nuptiale prend en même temps deux directions qui forment l’ensemble du « grand mystère » (« sacramentum magnum »). L’alliance proprement dite des époux explique le caractère sponsal de l’union du Christ et de l’Église ; et cette union, à son tour, en tant que « grand sacrement », détermine la sacramentalité du mariage comme alliance sainte des deux époux, l’homme et la femme.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • « Comment es-tu entré, sans avoir le vêtement de noce ? »

    Il est un homme qui jadis se mêla à la noce dont parlent les Évangiles. En négligé, il entra, s’étendit et se mit à manger, car il avait eu l’accord de l’époux. Mais il aurait fallu que ce convive voyant que tout le monde portait des habits blancs, revêtît lui aussi un vêtement de cette couleur.

    Loin d’en agir ainsi, il prit sa part des plats tout comme les autres, alors que ni sa tenue ni ses dispositions ne l’assimilaient à eux. Cependant, libéral, l’époux n’est pas pour autant dépourvu de discernement. En faisant le tour des convives un à un, et en les regardant (non qu’il s’intéressât à leur manière de manger, mais bien à leur tenue), il vit un intrus qui n’avait pas la robe des noces et lui dit : « Mon ami, comment es-tu entré ici ? » (Mt 22,12) avec quelle couleur ? avec quelle conscience ? Je veux bien que le portier ne t’ait pas empêché d’entrer, tant est libéral l’intendant. Tu ignorais, soit, quel vêtement était de rigueur pour être admis au festin : tu es entré, tu as vu les vêtements pour ainsi dire fulgurants des convives : n’aurait-il pas fallu, du moins, tirer de ce qui frappait tes yeux, une leçon ? N’aurait-il pas fallu faire une honnête entrée, pour faire une honnête sortie ? Mais voici que ta fâcheuse entrée te vaut aussi une fâcheuse expulsion. (…)

    Tu as vu ce qui est arrivé à l’homme de ce jour-là : veille à ton propre cas. (…) Il est possible que tu sois entré avec une âme maculée de péchés et avec une intention souillée. (…) Fais aujourd’hui une honnête sortie, et demain une très honnête rentrée. Si ton âme avait pour vêtement l’avarice, entre avec un autre. Dépouille le vêtement que tu as porté, ne mets rien par-dessus ; dépouille-moi fornication et impureté, et revêts-moi la très éclatante robe de la chasteté. Je te donne cet avis avant que n’entre l’Époux des âmes, Jésus, et qu’il ne voie tes vêtements.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Le Pain des Noces

    Si vous avez quelques vertus, sources de bonnes œuvres, ou plutôt parce que vous êtes riche en vertus, persévérez dans leur pratique, progressez-y toujours, et, par elles, menez le combat du Christ jusqu’à la mort, afin qu’au dernier jour, au terme de votre vie, vous receviez pour salaire et récompense de votre travail la couronne de gloire et d’honneur. C’est pourquoi Jésus-Christ, votre unique amour, vous dit dans l’Apocalypse : « Soyez fidèle jusqu’à la mort, et je vous donnerai la couronne de vie. » (Ap 2,10) Cette couronne n’est pas autre chose que la récompense de la vie éternelle, dont la possession doit enflammer de désir tous les chrétiens. Levez-vous donc, amie de Dieu, épouse de Jésus-Christ, colombe du Roi éternel, venez, hâtez-vous aux noces du Fils de Dieu, car toute la cour céleste vous attend, « tout est préparé » (Cf. Mt 22,4 ; Lc 14,17b).

    Un serviteur beau et noble est prêt à vous servir ; un mets précieux et délectable est préparé pour vous restaurer ; une société douce et très aimable est prête à partager votre joie. Levez-vous donc et hâtez-vous !

    Courez à ces noces, puisqu’un serviteur d’une grande beauté est prêt à vous servir. Ce serviteur, c’est l’assemblée des anges, que dis-je ? c’est le propre Fils du Dieu éternel ! Ne se donne-t-il pas lui-même pour tel dans le Saint Évangile ? « En vérité, je vous le dis, il se ceindra, les fera asseoir à table, et passant devant eux, il les servira » (Cf. Lc 12, 37). Oh ! que la gloire des pauvres et des méprisés sera grande quand ils seront servis par le Fils de Dieu, du souverain Roi, et par toute l’armée réunie du Royaume céleste.

    Un aliment précieux et délectable est aussi préparé pour vous nourrir. Le Fils de Dieu, lui-même, dressera la table de ses propres mains. il l’affirme dans le Saint Évangile : « Et moi, je vous prépare le Royaume, comme mon Père me l’a préparé, afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume » (Lc 22,29-30a). Oh ! Qu’il est suave et délicieux cet aliment, que Dieu dans sa bonté a préparé pour le pauvre ! Oh ! Comme il est heureux celui qui doit manger au Ciel ce pain préparé dans le sein de la Vierge par le feu du Saint-Esprit ! « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6,58b). Le Roi céleste nourrit et restaure ses élus de ce pain, de cet aliment, comme il est dit au Livre de la Sagesse : « Vous avez nourri votre peuple de la nourriture des Anges » (Sg 16,20).

    Saint Bonaventure (1221-1274)

     

     

     

  • Les noces du Fils de Dieu

    Le Christ nous dit : « Le royaume de Dieu est semblable à un roi qui célèbre les noces de son fils » (Mt 22, 2). Ce roi, ce fils, qui représentent-ils ? Qui sont les convives de ce festin nuptial ? Y a-t-il un mystère sous cette allégorie ?

    D’après les docteurs de l’Église, le roi est le Père céleste. Lorsque, pour racheter le monde, le Père décrète l’incarnation du Verbe, il prépare, en raison même de l’union de la nature humaine à la personne divine, une merveilleuse fête nuptiale. L’incarnation du Verbe est nuptiale, parce qu’en recevant l’humanité sainte comme sienne, le Fils de Dieu en a fait son épouse. Au sens le plus élevé, ce furent déjà là les « noces de l’Agneau » (Ap 19, 7). (…) Pour le Christ, s’unir à son Église, c’est avant tout s’unir à chaque âme par la grâce sanctifiante et la charité. Saint Paul n’écrivait-il pas aux Corinthiens : « Je vous ai présentés au Christ comme de chastes épouses » (2 Co 11, 2) ? (…)

    Le roi avait invité de nombreux convives à prendre part au festin, et tous se sont excusés. Alors, il envoya ses serviteurs aux carrefours pour appeler jusqu’aux plus pauvres gens à l’abondant banquet qu’il avait préparé. La salle du festin s’ouvre ainsi aux humbles, aux infirmes, voire aux estropiés. Cette foule, de qui est-elle la figure ? (…) Nous voyons en elle le peuple chrétien appelé par la munificence divine au banquet eucharistique. Ceux qui communient aux mystères sacrés bénéficient de l’union d’amour réservée aux convives du festin ; le Christ prend possession de leurs âmes et eux, à leur tour, le possèdent dans la foi et la charité.

    Cette union imite de quelque manière celle de l’Humanité sainte avec le Verbe ; elle est elle-même le modèle de tous les rapports d’intimité et d’amour entre la créature et son Dieu. C’est à cette hauteur de vie surnaturelle que nous sommes tous conviés.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. »

    Pourquoi, comme premier signe, notre Seigneur a-t-il changé l’eau en vin ? C’est pour montrer que Dieu, qui transforme la nature dans des outres, opère aussi sa transformation dans le sein de la Vierge. De la même manière, pour couronner ses miracles, Jésus a ouvert un tombeau afin de manifester son indépendance vis-à-vis de la mort avide de tout engloutir.

    Pour authentifier et pour confirmer le double bouleversement de la nature qu’apportent sa naissance et sa résurrection, Jésus change l’eau en vin, sans modifier en rien les cuves de pierre. C’était là le symbole de son propre corps, miraculeusement conçu et merveilleusement créé dans une vierge, sans l’œuvre d’un homme… Contrairement à leur usage, les cuves…ont mis au monde un vin nouveau, sans jamais renouveler ensuite cette merveille. C’est ainsi que la Vierge a conçu et a mis au monde l’Emmanuel (Is 7,14), pour ne plus concevoir ensuite. Le miracle des cuves de pierre, c’est que la petitesse devient grandeur, la parcimonie se change en surabondance, l’eau de source en vin doux… En Marie, au contraire, la grandeur et la gloire de la divinité changent d’aspect pour prendre une apparence de faiblesse et d’ignominie.

    Ces cuves servaient aux purifications des juifs ; notre Seigneur y verse sa doctrine : il manifeste qu’il est venu selon la Loi et les prophètes, mais en vue de tout changer par son enseignement, comme l’eau devenue vin… « La Loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus » (Jn 1,17). L’époux qui habitait Cana a invité l’Époux venu du ciel ; et le Seigneur, prêt pour ces noces, a répondu à son invitation. Ceux qui étaient assis à table ont invité celui qui installe les mondes dans son Royaume, et il leur a envoyé un cadeau de noces qui puisse les réjouir… Ils n’avaient pas assez de vin, même ordinaire ; il leur a versé un peu de sa richesse : en retour de leur invitation, lui-même les a invités à ses noces.

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

     

  • « Voilà, mon banquet est prêt…, tout est prêt : venez au repas de noces. » (Mt 22,4)

    Le Seigneur avait été invité à un banquet de noces. En observant les convives, il a remarqué que tous choisissaient les premières places (…), chacun désirant se placer avant tous les autres et s’élever au-dessus de tous. Il leur a raconté une parabole (Lc 14,16s) qui, même prise en son sens littéral, est bien utile et nécessaire à tous ceux qui aiment jouir de la considération des gens et qui ont peur d’être rabaissés. (…)

    Mais comme cette histoire est une parabole, elle renferme une signification qui dépasse le sens littéral. Voyons donc quelles sont ces noces et qui sont les invités aux noces. Celles-ci s’accomplissent quotidiennement dans l’Église. Chaque jour le Seigneur célèbre des noces, car chaque jour il s’unit les âmes fidèles lors de leur baptême ou de leur passage de ce monde-ci au Royaume céleste. Et nous qui avons reçu la foi en Jésus Christ et le sceau du baptême, nous sommes tous invités à ces noces. Une table y est dressée pour nous, dont l’Écriture dit : « Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis » (Ps 22,5). Nous y trouvons les pains de l’offrande, le veau gras, l’Agneau qui enlève les péchés du monde (Ex 25,30; Lc 15,23; Jn 1,29). Ici nous sont offerts le pain vivant descendu du ciel et la coupe de l’Alliance nouvelle (Jn 6,51; 1Co 11,25). Ici nous sont présentés les évangiles et les épîtres des apôtres, les livres de Moïse et des prophètes, qui sont comme des mets extrêmement délicieux.

    Que pourrions-nous donc désirer de plus ? Pourquoi choisirions-nous les premières places ? Quelle que soit la place que nous occupons, nous avons tout en abondance et nous ne manquons de rien.

    Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123)

     

     

  • « Les invités de la noce peuvent-ils jeûner pendant que l’Époux est avec eux ? »

    Nous avions quitté la Syrie pour la province d’Égypte, désireux d’y apprendre les principes des vieux moines, et nous nous étonnions de la grande cordialité avec laquelle nous y étions reçus. Contrairement à ce qu’on nous avait enseigné dans les monastères de Palestine, on n’observait pas la règle d’attendre l’heure fixée pour le repas, mais, excepté le mercredi et le vendredi, où que nous allions, on rompait le jeûne. L’un des anciens à qui nous demandions pourquoi, chez eux, on omettait si facilement les jeûnes quotidiens, nous répondit : « Le jeûne est toujours avec moi, mais vous, que je vais bientôt congédier, je ne pourrai pas vous garder sans cesse avec moi. Et le jeûne, quoiqu’utile et nécessaire, est pourtant l’offrande d’un présent volontaire, tandis que l’accomplissement des œuvres de charité est une exigence absolue des commandements. C’est pourquoi, accueillant en vous le Christ, je dois le restaurer, et, après vous avoir donné congé, je pourrai compenser en moi par un jeûne plus strict l’humanité que je vous ai manifestée par égard pour le Christ. En effet, « les amis de l’époux ne peuvent pas jeûner tandis que l’époux est avec eux », mais lorsqu’il se sera éloigné, alors ils pourront le faire.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

     

     

     

  • « Venez au repas de noce ! »

    Les femmes ne sont pas aussi étroitement unies à leurs maris que l’Église au Fils de Dieu. Quel autre époux que notre Seigneur est jamais mort pour son épouse, et quelle épouse a jamais choisi comme époux un crucifié ? Qui a jamais donné son sang en présent à son épouse, sinon celui qui est mort sur la croix et a scellé son union nuptiale par ses blessures ? Qui a-t-on jamais vu mort, gisant au banquet de ses noces, avec, à son côté, son épouse qui l’étreint pour être consolée ? À quelle autre fête, à quel autre banquet, a-t-on distribué aux convives, sous la forme du pain, le corps de l’époux ?

    La mort sépare les épouses de leurs maris, mais ici elle unit l’Épouse à son Bien-aimé. Il est mort sur la croix, a laissé son corps à sa glorieuse Épouse, et maintenant, à sa table, chaque jour, elle le prend en nourriture. (…) Elle s’en nourrit sous la forme du pain qu’elle mange et sous la forme du vin qu’elle boit, afin que le monde reconnaisse qu’ils ne sont plus deux, mais un seul.

    Saint Jacques de Saroug (v. 449-521)