Étiquette : miracle

  • « Jésus s’approcha d’elle et la prit par la main. »

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    Ceux qui ont écouté attentivement l’évangile de ce jour savent pour quelle raison le Seigneur du ciel est entré dans une humble maison de cette terre. Puisque par bonté il est venu secourir tous les hommes, ne soyez pas étonnés qu’il entre en tous lieux. « Étant venu dans la maison de Pierre, Jésus vit sa belle-mère alitée, avec de la fièvre » (Mt 8,14). Voilà quel motif a conduit le Christ chez Pierre : pas du tout le désir de se mettre à table, mais la faiblesse de cette malade ; non pas le besoin de prendre un repas, mais l’occasion d’opérer une guérison. Il est venu exercer sa puissance divine, et non prendre part à un banquet avec des hommes, car ce n’était pas du vin qu’on versait chez Pierre, mais des larmes…

    Le Christ n’est donc pas entré dans cette maison pour prendre sa nourriture, mais pour restaurer la vie. Dieu est à la recherche des hommes, pas des biens humains. Il veut leur donner les biens célestes ; il ne désire pas trouver les choses terrestres. Le Christ est donc venu ici-bas pour nous prendre avec lui ; il n’est pas venu chercher les choses que nous possédons.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 18, 1-3 ; CCL 24,107-108 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 242 rev)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,11-17.

    j_104_lgésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.
    Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme.
    En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »
    Il s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »
    Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
    La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
    Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.

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    SoixanteDouze

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    La miséricorde de Dieu se laisse vite fléchir par les pleurs de cette mère. Elle est veuve ; les souffrances ou la mort de son fils unique l’ont brisée… Il me semble que cette veuve, entourée de la foule du peuple, est plus qu’une simple femme méritant par ses larmes la résurrection d’un fils, jeune et unique. Elle est l’image même de la Sainte Église qui, par ses larmes, au milieu du cortège funèbre et jusque dans le tombeau, obtient de rappeler à la vie le jeune peuple du monde… Car à la parole de Dieu les morts ressuscitent (Jn 5,28), ils retrouvent la voix et la mère recouvre son fils ; il est rappelé de la tombe, il est arraché au sépulcre.

    Quelle est cette tombe pour vous, sinon votre mauvaise conduite ? Votre tombeau c’est le manque de foi… Le Christ vous libère de ce sépulcre ; vous sortirez du tombeau si vous écoutez la parole de Dieu. Et si votre péché est trop grave pour que les larmes de votre pénitence puissent le laver, qu’interviennent pour vous les pleurs de votre mère l’Église… Elle intercède pour chacun de ses enfants, comme pour autant de fils uniques. En effet, elle est pleine de compassion et éprouve une douleur spirituelle toute maternelle lorsqu’elle voit ses enfants entraînés à la mort par le péché.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, V, 89 ; SC 45 (trad. SC, p. 214 rev.)

     

     

     

     

  • « Tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. »

    TOURNESOLAussi longtemps que nous vivrons, quand en notre folie nous tournons notre regard vers ce qui est réprouvé, notre Seigneur Dieu nous touche avec tendresse et nous appelle avec une grande joie, en disant en notre âme : « Laisse là ce que tu aimes, mon enfant très cher. Tourne-toi vers moi ; je suis tout ce que tu veux. Réjouis-toi dans ton sauveur et dans ton salut. » Je suis sûre que l’âme perspicace par la grâce verra et sentira que notre Seigneur opère ainsi en nous. Car si cette œuvre concerne l’humanité en général, tout homme en particulier n’en est pas exclu…

    Qui plus est, Dieu a éclairé spécialement mon intelligence et m’a enseigné sur la façon dont il opère les miracles : « On sait que j’ai accompli déjà ici-bas beaucoup de miracles, éclatants et merveilleux, glorieux et grands. Ce que j’ai fait alors, je le fais encore continuellement, et je le ferai dans les temps à venir. » Nous savons que tout miracle est précédé par des souffrances, des angoisses, des tribulations. C’est pour que nous prenions conscience de notre faiblesse et des sottises que nous commettons à cause de notre péché et, par là, pour que nous devenions humbles et criions à Dieu, implorant son secours et sa grâce. Les miracles surgissent ensuite ; ils proviennent de la haute puissance, sagesse et bonté de Dieu et révèlent sa force et les joies du ciel, autant que cela est possible en cette vie passagère. Ainsi notre foi se fortifie et notre espérance grandit dans l’amour. Voilà pourquoi il plaît à Dieu d’être connu et glorifié par des miracles. Il veut que nous ne soyons pas accablés par la tristesse et les tempêtes qui s’abattent sur nous ; il en est toujours ainsi avant les miracles !

    Julienne de Norwich (1342-après 1416), recluse anglaise
    Révélations de l’amour divin, ch. 36

     

     

     

     

  • « Aussitôt la jeune fille se leva. »

    Le Christ entre dans la maison où se trouve la jeune fille, la prend par la main et lui dit : « Petite fille, je te le dis, lève-toi ! »… Chers jeunes, le monde a besoin de votre réponse personnelle aux paroles de vie du Maître : « Je te le dis, lève-toi ! » Nous voyons comment Jésus vient à la rencontre de l’humanité dans les situations les plus difficiles et les plus pénibles. Le miracle accompli dans la maison de Jaïre nous montre son pouvoir sur le mal. Il est le Seigneur de la vie, le vainqueur de la mort…

    Mais nous ne pouvons pas oublier que, selon ce que nous enseigne la foi, la cause première du mal, de la maladie, de la mort même, c’est le péché en ses différentes formes. Dans le cœur de chacun et de chacune de nous se cache cette maladie qui nous touche tous : le péché personnel, qui s’enracine de plus en plus dans les consciences à mesure que se perd le sens de Dieu. Oui, chers jeunes, veillez à ne pas laisser s’affaiblir en vous le sens de Dieu. On ne peut pas vaincre le mal par le bien si l’on n’a pas ce sens de Dieu, de son action, de sa présence, qui nous invite à parier toujours sur la grâce, sur la vie, contre le péché, contre la mort. Le sort de l’humanité est en jeu…

    Il s’ensuit que nous devons voir les implications sociales du péché pour construire un monde digne de l’homme. Il y a des maux sociaux qui créent une véritable « communion du péché » parce que, en même temps que l’âme, ils abaissent l’Église et d’une certaine manière le monde entier… Chers jeunes, combattez le bon combat de la foi (1Tm 6,12) pour la dignité de l’homme, pour la dignité de l’amour, pour une vie noble, une vie d’enfants de Dieu. Vaincre le péché à l’aide du pardon de Dieu est une guérison, c’est une résurrection. N’ayez pas peur des exigences de l’amour du Christ. Craignez, au contraire, la pusillanimité, la légèreté, la recherche de vos intérêts propres, l’égoïsme, tout ce qui veut faire taire la voix du Christ qui, s’adressant à chacun de nous, répète : « Je te le dis, lève-toi ».

    Bienheureux Jean-Paul II
    Discours aux jeunes du Chili 02/04/1987 (trad. DC 1939, p. 481)

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  • Quatrième dimanche de Carême

    « Je suis venu en ce monde pour une remise en question : pour que ceux qui ne voient pas puissent voir. »

    « Il fit de la boue avec sa salive, et l’appliqua sur les yeux de l’aveugle. » Et la lumière a jailli de la terre, comme au commencement, quand…la ténèbre était répandue sur tout, et qu’il a commandé à la lumière et qu’elle est née des ténèbres (Gn 1,2-3). Ainsi il a guéri un défaut qui existait depuis la naissance, pour montrer que lui, dont la main achevait ce qui manquait à la nature, il était bien celui dont la main avait façonné la création au commencement. Et comme on refusait de croire qu’il était avant Abraham (Jn 8,57), il a prouvé par cette œuvre qu’il était le Fils de celui qui, de sa main, « forma le premier Adam avec la terre » (Gn 2,7).

    Il a fait cela pour ceux qui cherchaient des miracles afin de croire : «Les juifs cherchent des miracles» (1Co 1,22). Ce n’est pas la piscine de Siloé qui a ouvert les yeux de l’aveugle, comme ce n’étaient pas les eaux du Jourdain qui ont purifié Naaman (2R 5,14): c’est le commandement du Seigneur qui accomplit tout. Bien plus, ce n’est pas l’eau de notre baptême, mais les noms de la Trinité qu’on prononce sur elle qui nous purifient. « Il enduisit ses yeux de boue », afin que les pharisiens nettoient l’aveuglement de leur cœur… Ceux qui voyaient la lumière matérielle étaient conduits par un aveugle qui voyait la lumière de l’esprit ; et, dans sa nuit, l’aveugle était conduit par ceux qui voyaient extérieurement, mais étaient spirituellement aveugles.

    L’aveugle a lavé la boue de ses yeux, et il s’est vu lui-même ; les autres ont lavé l’aveuglement de leur cœur, et ils se sont examinés eux-mêmes. Ainsi, en ouvrant extérieurement les yeux d’un aveugle, notre Seigneur ouvrait secrètement les yeux de beaucoup d’autres aveugles… Dans ces quelques mots du Seigneur étaient cachés des trésors admirables, et dans cette guérison, était esquissé un symbole: Jésus, fils du Créateur.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Commentaire du Diatesseron, 16, 28-31 (trad. SC 121, p. 299s)

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