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  • « Moi non plus, je ne te condamne pas… Moi, je suis la lumière du monde. » (Jn 8,11-12)

    « Moi non plus, je ne te condamne pas… Moi, je suis la lumière du monde. » (Jn 8,11-12)

    Mon Dieu qui aimes pardonner, mon Créateur,
    fais grandir sur moi l’éclat de ta lumière inaccessible
    pour emplir mon cœur de joie.
    Ne t’irrite pas ; ne m’abandonne pas !
    Mais fais resplendir mon âme de ta lumière,
    car ta lumière, mon Dieu, c’est toi…

    Je me suis écarté de la route droite, de la route divine,
    et je suis tombé lamentablement de la gloire qui m’avait été donnée.
    J’ai été dépouillé de la robe lumineuse, la robe divine,
    et, tombé dans les ténèbres, je gis maintenant dans les ténèbres,
    et je ne sais pas que je suis privé de lumière…
    Car si tu as brillé d’en haut, si tu es apparu dans l’obscurité,
    si tu es venu dans le monde, ô Miséricordieux,
    si tu as voulu vivre avec les hommes,
    selon notre condition, par amour pour l’homme,
    si…tu t’es dit la Lumière du monde (Jn 8,12)
    et que nous, nous ne te voyons pas,
    n’est-ce pas que nous sommes totalement aveugles
    et plus malheureux que des aveugles, ô mon Christ ?…

    Mais toi, qui es tous les biens, tu les donnes sans cesse
    à tes serviteurs, à ceux qui voient ta lumière…
    Qui te possède, réellement possède en toi toute chose.
    Que je ne sois pas privé de toi, Maître ! que je ne sois pas privé de toi, Créateur !
    Que je ne sois pas privé de toi, Miséricordieux, moi l’humble étranger…
    Je t’en prie, place-moi avec toi,
    même si j’ai multiplié les péchés plus que tous les hommes.
    Reçois ma prière comme celle du publicain (Lc 18,13),
    comme celle de la prostituée, Maître, même si je ne pleure pas comme elle (Lc 7,38)…
    N’es-tu pas source de pitié, fontaine de miséricorde
    et fleuve de bonté : à ce titre, aie pitié de moi !
    Oui, toi qui as eu les mains, toi qui as eu les pieds cloués sur la croix,
    et ton côté percé par la lance, Très Compatissant,
    aie pitié de moi et arrache-moi au feu éternel…
    Qu’en ce jour je me tienne sans condamnation devant toi
    pour être accueilli dans ta salle des noces
    où je partagerai ton bonheur, mon bon Maître,
    dans la joie inexprimable, pour tous les siècles. Amen.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)