Étiquette : Jésus Christ

  • « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir. »

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    Dieu, notre Créateur et notre Rédempteur, s’est choisi Israël comme son peuple et lui a révélé sa Loi, préparant ainsi la venue du Christ… La Loi ancienne est le premier état de la loi révélée. Ses prescriptions morales sont résumées dans les dix commandements, qui posent les fondements de la vocation de l’homme, façonné à l’image de Dieu ; ils interdisent ce qui est contraire à l’amour de Dieu et du prochain, et prescrivent ce qui lui est essentiel. Le décalogue est une lumière offerte à la conscience de tout homme pour lui manifester l’appel et les voies de Dieu, et le protéger contre le mal : « Dieu a écrit sur les tables de la Loi ce que les hommes ne lisaient pas dans leurs cœurs » (S. Augustin).

    Selon la tradition chrétienne, la Loi sainte, spirituelle et bonne (Rm 7,12s) est encore imparfaite. Comme un pédagogue (Ga 3,24) elle montre ce qu’il faut faire, mais ne donne pas de soi la force, la grâce de l’Esprit pour l’accomplir. À cause du péché qu’elle ne peut enlever, elle reste une loi de servitude… Elle est une préparation à l’Évangile.

    La Loi nouvelle ou Loi évangélique est la perfection ici-bas de la loi divine, naturelle et révélée. Elle est l’œuvre du Christ et s’exprime particulièrement dans le Sermon sur la Montagne. Elle est aussi l’œuvre de l’Esprit Saint et, par lui, elle devient la loi intérieure de la charité : « Je conclurai avec la maison d’Israël une alliance nouvelle… Je mettrai mes lois dans leur pensée, je les graverai dans leur cœur, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (He 8,8-10).

    La Loi nouvelle est la grâce du Saint-Esprit donnée aux fidèles par la foi au Christ… Elle « accomplit », affine, dépasse et mène à sa perfection la Loi ancienne. Dans les Béatitudes (Mt 5,3s), elle accomplit les promesses divines en les élevant et les ordonnant au « Royaume des cieux ». Elle s’adresse à ceux qui sont disposés à accueillir avec foi cette espérance nouvelle : les pauvres, les humbles, les affligés, les cœurs purs, les persécutés à cause du Christ, traçant ainsi les voies surprenantes du Royaume.

    Catéchisme de l’Église catholique
    § 1961-1967

     

     

  • « Alors, il se mit à les instruire longuement. »

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    « Indique-moi, toi que mon cœur aime, dit l’Épouse du Cantique des cantiques, où tu fais paître ton troupeau, où tu le mets au repos. » (1,7) Je pense que dans le psaume vingt-deux, le prophète, placé sous la garde du même berger, parle aussi de ce lieu dont parlait l’Épouse quand il dit : « Le Seigneur est mon berger ; rien ne me manquera » (v.1). Il savait que les autres bergers, sous l’effet de la paresse ou de l’inexpérience, faisaient paître leurs troupeaux dans des lieux plus arides. C’est pourquoi il dit du Seigneur, ce berger parfait : « Dans un lieu verdoyant il m’a fait reposer. Il m’a conduit vers une eau qui réconforte » (v.2). Il montre là que ce berger donne à ses brebis des eaux non seulement abondantes, mais encore saines et pures, qui les abreuvent parfaitement…

    Cette formation première, donnée par le pasteur, est celle des commencements ; la suite concerne les progrès et la perfection. Nous venons de parler de prairies et de verdure. Il semble bon de voir ceci dans les évangiles. J’y ai trouvé ce bon berger parlant des pâturages des brebis : il dit qu’il est le berger mais aussi la porte : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage » (Jn 10,9). C’est donc bien lui que l’Épouse questionne… Elle appelle « midi », bien sûr, ces lieux secrets du cœur où l’âme obtient du Verbe de Dieu une lumière plus brillante de science. C’est, en effet, l’heure où le soleil atteint le point le plus haut de sa course. Donc, si le Christ, « Soleil de justice » (Ml 3,20), manifeste à son Église les sublimes secrets de ses vertus, il lui découvre alors des pâturages agréables et des lieux où l’on se repose à midi.

    Car lorsqu’elle en est encore aux commencements de son instruction et qu’elle ne reçoit de lui que les premiers commencements de la connaissance, le prophète dit : « Dieu la secourra le matin, au lever du jour » (Ps 45,6). Mais parce qu’elle recherche à présent des biens plus parfaits et désire des réalités supérieures, elle demande la lumière de la connaissance à son midi.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Commentaire sur le Cantique des cantiques, II, 4, 17s (trad. Brésard, 2000 ans B, p. 196 rev ; cf SC 375, p. 341)

     

     

     

     

  • « Si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »

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    Le Seigneur lui-même est un grain de moutarde… Si le Christ est un grain de moutarde, comment est-il le plus petit et comment grandit-il ? Ce n’est pas en sa nature, mais selon son apparence qu’il redevient grand. Vous voulez savoir comment il est le moindre ? « Nous l’avons vu, et il n’avait ni prestance ni beauté » (Is 53,2). Apprenez qu’il est le plus grand : « Il resplendit de beauté plus que les enfants des hommes » (Ps 44,3). En effet celui qui n’avait ni éclat ni beauté est devenu supérieur aux anges (Hé 1,4), dépassant toute la gloire des prophètes d’Israël… Il est la moindre de toutes les semences, parce qu’il n’est pas venu avec la royauté, ni avec les richesses, ni avec la sagesse de ce monde. Or soudain, comme un arbre, il a épanoui la cime élevée de sa puissance, si bien que nous disons : « Sous son ombre désirée je me suis assis » (Ct 2,3).

    Souvent, à mon avis, il paraissait à la fois arbre et graine. Il est graine quand on dit : « N’est-il pas le fils de Joseph le charpentier ? » (Mt 13,55). Mais au cours même de ces paroles il a soudain grandi… : « D’où lui vient, disaient-ils, cette sagesse ? » (v. 54). Il est donc graine en son apparence, arbre par sa sagesse. Dans la frondaison de ses branches pourront se reposer en sécurité l’oiseau de nuit en sa demeure, le passereau solitaire sur le toit (Ps 101,8), celui qui a été enlevé jusqu’au paradis (2Co 12,4), celui qui « sera enlevé dans les airs sur les nuées » (1Th 4,17). Là reposent également les puissances et les anges des cieux et tous ceux à qui leurs actions spirituelles ont permis de prendre leur vol. Saint Jean y a reposé quand il était appuyé sur la poitrine de Jésus (Jn 13,25)…

    Et nous « qui étions loin » (Ep 2,13), rassemblés du milieu des nations, longtemps ballottés dans le vide du monde par les tempêtes de l’esprit du mal, déployant les ailes des vertus nous dirigeons notre vol pour que cette ombre des saints nous abrite de la chaleur accablante de ce monde. Déjà nous reprenons vie dans la paix et la sécurité de ce séjour du moment que notre âme, courbée auparavant sous le poids des péchés, est « arrachée, comme le passereau, au filet des chasseurs » (Ps 123,7) et s’est transportée sur les branches et les montagnes du Seigneur (cf Ps 10,1).

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de St Luc, 7, 183s (trad. cf SC 52, p. 77)

     

     

     

  • La graine de moutarde

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    Voyons pourquoi le Royaume des cieux est comparé à une graine de moutarde ; un autre passage évoquant la graine de moutarde me revient ; elle est comparée à la foi quand le Seigneur dit : « Si vous avez de la foi comme une graine de moutarde, vous direz à cette montagne : Va te jeter dans la mer » (Mt 17,20)… Si donc le Royaume des cieux est comme une graine de moutarde et la foi comme une graine de moutarde, la foi est assurément le Royaume des cieux et le Royaume des cieux est la foi. Avoir la foi, c’est avoir le Royaume des cieux… C’est pourquoi Pierre, qui avait vraiment la foi, a reçu les clefs du Royaume des cieux pour l’ouvrir également aux autres (Mt 16,19).

    Apprécions maintenant quelle est la portée de la comparaison. Cette graine est à coup sûr une chose commune et simple, mais si on la broie, elle répand sa force. De même la foi semble simple de prime abord, mais foulée par l’adversité, elle répand sa force… Grains de moutarde, nos martyrs Félix, Nabor et Victor : ils avaient le parfum de la foi, mais on les ignorait. La persécution est venue, ils ont déposé les armes, ont tendu le cou et, abattus par le glaive, ont répandu la beauté de leur martyre « jusqu’aux confins de la terre » (Ps 18,5)…

    Mais le Seigneur lui-même est une graine de moutarde : tant qu’il n’avait pas subi d’atteinte, le peuple ne le connaissait pas ; il a choisi d’être broyé…; il a choisi d’être pressé, si bien que Pierre a dit : « Les foules te pressent » (Lc 8,45) ; il a choisi d’être semé, comme le grain « que quelqu’un prend pour le jeter dans son jardin ». Car c’est dans un jardin que le Christ a été arrêté et enseveli ; il a grandi dans ce jardin, il y est même ressuscité… Donc vous aussi, semez le Christ dans votre jardin… Semez le Seigneur Jésus : il est grain quand on l’arrête, arbre quand il ressuscite, arbre ombrageant le monde ; il est grain quand on l’ensevelit en terre, arbre quand il s’élève au ciel.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, VII, 176-180 ; SC 52 (trad. cf SC p. 74)

     

     

     

  • « Et vous, que dites-vous? Pour vous, qui suis-je »

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    Le Christ ! Je sens la nécessité de l’annoncer, je ne peux pas le taire : « Malheur à moi, si je n’annonçais pas l’Évangile ! » (1Co 9,16) Je suis envoyé par lui pour cela ; je suis apôtre, je suis témoin. Plus est loin le but et difficile la mission, plus est pressant l’amour qui m’y pousse (2Co 5,14). Je dois proclamer son nom : Jésus est le Christ, Fils du Dieu vivant (Mt 16,16). Il est celui qui nous a révélé le Dieu invisible, il est le premier-né de toute créature, il est le fondement de toute chose (Col 1,15s). Il est le Maître de l’humanité et le Rédempteur : il est né, il est mort, il est ressuscité pour nous ; il est le centre de l’histoire et du monde. Il est celui qui nous connaît et qui nous aime ; il est le compagnon et l’ami de notre vie. Il est l’homme de la douleur et de l’espérance ; il est celui qui doit venir et qui sera un jour notre juge et aussi, nous l’espérons, la plénitude éternelle de notre existence, notre béatitude.

    Je n’en finirais plus de parler de lui : il est la lumière, il est la vérité ; bien plus, il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Pain, la Source d’eau vive répondant à notre faim et à notre soif (Jn 6,35 ;7,38) ; il est le Pasteur, notre guide, notre exemple, notre réconfort, notre frère. Comme nous, et plus que nous, il a été petit, pauvre, humilié, travailleur, malheureux et patient. Pour nous, il a parlé, il a accompli des miracles, il a fondé un Royaume nouveau où les pauvres sont bienheureux, où la paix est le principe de la vie ensemble, où ceux qui ont le cœur pur et ceux qui pleurent sont exaltés et consolés, où ceux qui aspirent à la justice sont exaucés, où les pécheurs peuvent être pardonnés, où tous sont frères.

    Jésus Christ : vous en avez entendu parler, et même, pour la plupart, vous êtes déjà des siens, vous êtes chrétiens. Eh bien ! À vous, chrétiens, je répète son nom, à tous je l’annonce : Jésus Christ est « le commencement et la fin, l’alpha et l’oméga » (Ap 21,6). Il est le roi du monde nouveau ; il est le secret de l’histoire, la clé de notre destin ; il est le Médiateur, le pont entre la terre et le ciel… ; le Fils de l’homme, le Fils de Dieu…, le Fils de Marie… Jésus Christ ! Souvenez-vous : c’est l’annonce que nous faisons pour l’éternité, c’est la voix que nous faisons résonner par toute la terre (Rm 10,18) et pour toute la suite des siècles.

    Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978
    Homélie à Manille, 29/11/70 (trad. DC 1576, p.1115 © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête. »

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    Ô mon Seigneur Jésus, voici donc cette divine pauvreté ! Comme il faut que ce soit vous qui m’en instruisiez ! Vous l’avez tant aimée ! … Dans votre vie mortelle, vous avez fait d’elle votre compagne fidèle. Vous l’avez laissée en héritage à vos saints, à tous ceux qui veulent vous suivre, à tous ceux qui veulent être vos disciples. Vous l’avez enseignée par les exemples de toute votre vie ; vous l’avez glorifiée, béatifiée, proclamée nécessaire par vos paroles. Vous avez choisi pour parents de pauvres ouvriers ; vous êtes né dans une grotte servant d’étable ; vous avez été pauvre dans les travaux de votre enfance. Vos premiers adorateurs sont des bergers. À votre Présentation au Temple, on a offert le don des pauvres. Vous avez vécu trente ans pauvre ouvrier, dans ce Nazareth que j’ai le bonheur de fouler, où j’ai la joie…de ramasser du fumier.

    Puis pendant votre vie publique, vous avez vécu d’aumônes au milieu de pauvres pêcheurs que vous aviez pris comme compagnons. « Sans une pierre pour poser votre tête ». Sur le Calvaire, vous avez été dépouillé de vos vêtements, votre seule possession, et les soldats les ont joués entre eux. Vous êtes mort nu, et vous avez été enseveli par aumône, par des étrangers. « Bienheureux les pauvres ! » (Mt 5,3)

    Mon Seigneur Jésus, comme il sera vite pauvre celui qui, vous aimant de tout son cœur, ne pourra souffrir d’être plus riche que son Bien-aimé !

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Retraite à Nazareth (Ecrits spirituels, Gigord 1923, p. 104)

     

     

     

  • « Celui qui regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

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    Mes très chers, Paul, l’apôtre des païens, ne contredit pas notre foi lorsqu’il dit : « Même si nous avons connu le Christ selon la chair nous ne le connaissons plus ainsi à présent » (2Co 5,16). La résurrection du Seigneur n’a pas mis fin à sa chair, elle l’a transformée. Le surcroît de sa puissance n’a pas détruit sa substance ; la qualité a changé ; la nature n’a pas été anéantie. On avait cloué ce corps en croix : il est devenu inaccessible à la souffrance. On l’avait mis à mort : il est devenu éternel. On l’avait meurtri : il est de venu incorruptible. Et l’on peut bien dire en effet que la chair du Christ n’est plus celle que l’on avait connue ; car il n’y a plus trace en elle de souffrance ou de faiblesse. Elle reste la même en son essence, mais elle n’est plus la même sous le rapport de la gloire. Pourquoi s’étonner d’ailleurs que saint Paul s’exprime ainsi à propos du corps de Jésus Christ lorsque, parlant de tous les chrétiens qui vivent selon l’esprit, il dit : « Nous ne connaissons plus désormais personne selon la chair ».

    Il veut dire par là que notre résurrection a commencé en Jésus Christ. En lui, qui est mort pour tous, toute notre espérance a pris corps. Point de doute en nous ni de réticence, point d’attente déçue : les promesses ont commencé à s’accomplir et nous voyons déjà, avec les yeux de la foi, les grâces dont elles nous combleront demain. Notre nature a été élevée ; alors, dans la joie, nous possédons déjà l’objet de notre foi.

    Que le peuple de Dieu prenne donc conscience qu’il est « une création nouvelle dans le Christ » (2Co 5,17). Qu’il comprenne bien qui l’a choisi, et qui il a lui-même choisi. Que l’être renouvelé ne retourne pas à l’instabilité de son ancien état. Que « celui qui a mis la main à la charrue » ne cesse de travailler, qu’il veille au grain qu’il a semé, qu’il ne se retourne pas vers ce qu’il a abandonné. Telle est la voie du salut ; telle est la manière d’imiter la résurrection commencée dans le Christ.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 71, pour le résurrection de Seigneur ; PL 54, 388 (trad. Année en fêtes, Migne 2000, p.363 rev. ; cf Orval)

     

     

     

  • « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10,11)

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    Ce qui par-dessus tout nous attire la bienveillance d’en haut, c’est la sollicitude envers le prochain. C’est pourquoi le Christ exige cette disposition de Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Et Jésus de lui dire : Pais mes brebis. » Pourquoi, laissant de côté les autres apôtres, Jésus s’adresse-t-il à Pierre à leur sujet ? C’est que Pierre était le premier parmi les apôtres, leur porte-parole, le chef de leur collège, si bien que Paul lui-même est venu un jour le consulter de préférence aux autres (Ga 1,18). Pour bien montrer à Pierre qu’il devait avoir confiance et que son reniement était effacé, Jésus lui donne maintenant la primauté parmi ses frères. Il ne mentionne pas son reniement et ne lui fait pas honte du passé. « Si tu m’aimes, lui dit-il, sois à la tête de tes frères ; et le fervent amour que tu m’as toujours manifesté avec tant de joie, prouve-le maintenant. La vie que tu te disais sur le point de donner pour moi, donne-la pour mes brebis »…

    Mais Pierre est troublé à la pensée qu’il pourrait avoir l’impression d’aimer tout en n’aimant pas réellement. Autant, se dit-il, j’étais sûr de moi et affirmatif dans le passé, autant je suis confondu maintenant. Jésus l’interroge trois fois, et trois fois il lui donne le même ordre. Il lui montre ainsi quel prix il attache au soin de ses brebis, puisqu’il en fait la plus grande preuve d’amour envers lui.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Jean, n°88 ; PG 59, 477 (trad. Orval)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,6-14.

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    Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
    Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
    Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
    Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
    Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
    Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
    Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père,
    et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils.
    Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

     

     

     

  • « Personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

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    « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » Le Christ semble nous dire par là : « Par où veux-tu passer ? Je suis le chemin. Où veux-tu arriver ? Je suis la vérité. Où veux-tu demeurer ? Je suis la vie. » Marchons donc en toute sécurité sur le chemin ; et en dehors du chemin, craignons les pièges, car sur le chemin l’ennemi n’ose pas attaquer — le chemin, c’est le Christ — mais en dehors du chemin il dresse ses pièges…

    Notre chemin, c’est le Christ dans son humilité ; le Christ vérité et vie, c’est le Christ dans sa grandeur, dans sa divinité. Si tu marches dans le chemin de l’humilité, tu parviendras au Très-Haut ; si dans ta faiblesse tu ne méprise pas l’humilité, tu demeureras plein de force dans le Très-Haut. Pourquoi le Christ a-t-il pris le chemin de l’humilité ? C’est à cause de ta faiblesse qui était là comme un obstacle insurmontable ; c’est pour t’en délivrer qu’un si grand médecin est venu vers toi. Tu ne pouvais pas aller à lui ; il est venu jusqu’à toi. Il est venu t’enseigner l’humilité, ce chemin du retour, car c’est l’orgueil qui nous empêchait de revenir vers la vie qu’il nous avait fait perdre…

    Alors Jésus, devenu notre chemin, nous crie : « Entrez par la porte étroite ! » (Mt 7,13) L’homme s’efforce d’entrer, mais l’enflure de l’orgueil nous en empêche. Acceptons le remède de l’humilité, buvons ce médicament amer mais salutaire… L’homme enflé d’orgueil demande : « Comment pourrai-je entrer ? » Le Christ nous répond : « Je suis le chemin, entre par moi. Je suis la porte (Jn 10,7), pourquoi chercher ailleurs ? » Pour que tu ne t’égares pas, il s’est fait tout pour toi, et il te dit : « Sois humble, sois doux » (Mt 11,29).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
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