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  • « L’œuvre de Dieu c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    La-foi

    Les sens sont curieux : la foi ne veut rien connaître, elle…voudrait passer toute sa vie immobile au pied du tabernacle. Les sens aiment la richesse et l’honneur ; la foi les a en horreur… : « Bienheureux les pauvres » (Mt 5,3). Elle adore la pauvreté et l’abjection dont Jésus se couvrit toute sa vie comme d’un vêtement qui fut inséparable de lui… Les sens s’effraient de ce qu’ils appellent les dangers, de ce qui peut amener la douleur ou la mort ; la foi ne s’effraie de rien, elle sait qu’il ne lui arrivera que ce que Dieu voudra — « tous les cheveux de votre tête sont comptés » (Mt 10,30) — et que ce que Dieu voudra sera toujours pour son bien — « Tout ce qui arrive est pour le bien des élus » (Rm 8,28). Ainsi, quoi qu’il puisse arriver, peine ou joie, santé ou maladie, vie ou mort, elle est contente d’avance et n’a peur de rien… Les sens sont inquiets du lendemain, se demandent comment on vivra demain ; la foi est sans nulle inquiétude…

    La foi éclaire tout d’une lumière nouvelle, autre que la lumière des sens, ou plus brillante ou différente. Ainsi celui qui vit de foi a l’âme pleine de pensées nouvelles, de goûts nouveaux, de jugements nouveaux ; ce sont des horizons nouveaux qui s’ouvrent devant lui, horizons merveilleux qui sont éclairés d’une lumière céleste et beaux de la beauté divine. Enveloppé de ces vérités toutes nouvelles dont le monde ne se doute pas, il commence nécessairement une vie toute nouvelle, opposée au monde à qui ses actes semblent une folie. Le monde est dans les ténèbres, dans une nuit profonde. L’homme de foi est en pleine lumière, le chemin lumineux où il marche n’apparaît pas aux yeux des hommes ; il leur semble vouloir marcher dans le vide comme un fou.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Notes de retraite, Nazareth, nov. 1897 (Œuvres spirituelles, Seuil 1958, p. 523)

     

     

  • Chaire de saint Pierre, Apôtre, fête

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    Rien n’échappait à la sagesse et à la puissance du Christ : les éléments de la nature étaient à son service, les esprits lui obéissaient, les anges le servaient… Et pourtant dans tout l’univers, Pierre seul est choisi pour présider à l’appel de tous les peuples, à la direction de tous les apôtres et de tous les Pères de l’Église. Ainsi, bien qu’il y ait dans le peuple de Dieu beaucoup de prêtres et beaucoup de pasteurs, Pierre en personne les gouvernerait tous, alors que le Christ les gouverne aussi à titre de chef…

    Le Seigneur demande à tous les apôtres quelle est l’opinion des hommes à son sujet. Et ils disent tous la même chose aussi longtemps qu’ils exposent les doutes venus de l’ignorance humaine. Mais lorsque le Seigneur exige de connaître le sentiment des disciples eux-mêmes, le premier à confesser le Seigneur est celui qui est le premier dans la dignité d’apôtre. Comme il avait dit : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », Jésus lui répond : « Heureux es-tu, Simon, fils de Yonas, car ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » C’est-à-dire : heureux es-tu parce que c’est mon Père qui t’a enseigné ; l’opinion de la terre ne t’a pas égaré, mais c’est une inspiration du ciel qui t’a instruit ; ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont permis de me découvrir, mais celui dont je suis le Fils unique.

    « Et moi, je te le déclare », c’est-à-dire : de même que mon Père t’a manifesté ma divinité, de même moi je te fais connaître ta supériorité. « Tu es Pierre », c’est-à-dire : Moi je suis le rocher inébranlable, la pierre d’angle qui de deux peuples n’en fait qu’un seul (Ep 2,14), le fondement en dehors duquel personne ne peut en poser d’autre (1Co 3,11), mais toi aussi, tu es pierre, car tu es solide par ma force, et ce que j’ai en propre par ma puissance, tu l’as en commun avec moi du fait que tu y participes. « Sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise »… Sur la solidité de ce fondement, dit-il, je construirai un temple éternel, et mon Eglise, dont le sommet doit être introduit au ciel, s’élèvera sur la fermeté de cette foi.

     

  • « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

    sangiovanirotondopadrepioLe plus bel acte de foi est celui qui jaillit sur tes lèvres en pleine obscurité, parmi les sacrifices, les souffrances, le suprême effort d’une ferme volonté de faire le bien. Comme la foudre, cet acte de foi déchire les ténèbres de ton âme ; au milieu des éclairs de l’orage, il t’élève et te conduit à Dieu.

    La foi vive, la certitude inébranlable et l’adhésion inconditionnelle à la volonté du Seigneur, voilà la lumière qui éclaire les pas du peuple de Dieu au désert. C’est cette même lumière qui resplendit à chaque instant en tout esprit agréable au Père. C’est cette lumière aussi qui a conduit les mages et leur a fait adorer le Messie nouveau-né. C’est l’étoile prophétisée par Balaam (Nb 24,17), le flambeau qui guide les pas de tout homme qui cherche Dieu.

    Or cette lumière, cette étoile, ce flambeau, sont également ce qui illumine ton âme, ce qui dirige tes pas pour t’empêcher de chanceler, ce qui fortifie ton esprit dans l’amour de Dieu. Tu ne le vois pas, tu ne le comprends pas, mais ce n’est pas nécessaire. Tu ne verras que ténèbres, certes non pas celles des fils de perdition, mais bien plutôt celles qui entourent le Soleil éternel. Tiens pour assuré que ce Soleil resplendit dans ton âme ; le prophète du Seigneur a chanté à son sujet : « À ta lumière je verrai la lumière » (Ps 35,10).

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin
    CE,57 ; Ep 3,400s (trad. Une pensée, Mediaspaul 1991, p. 70)

     

     

     

  • Jean Baptiste, témoin de la foi

    Saint-Jean-Baptiste

    Je veux proposer de nouveau à tous, afin qu’il ne soit jamais oublié, le grand signe d’espérance constitué par les nombreux témoins de la foi chrétienne qui ont vécu au [vingtième] siècle, à l’Est comme à l’Ouest. Ils ont su vivre l’Évangile dans des situations d’hostilité et de persécution, souvent jusqu’à l’épreuve finale de l’effusion du sang.

    Ces témoins, en particulier ceux qui ont affronté l’épreuve du martyre, sont un signe éloquent et grandiose, qu’il nous est demandé de contempler et d’imiter. Ils attestent à nos yeux la vitalité de l’Église ; ils nous apparaissent comme une lumière pour l’Église et pour l’humanité, car ils ont fait resplendir dans les ténèbres la lumière du Christ. Appartenant à diverses confessions chrétiennes, ils resplendissent de ce fait comme un signe d’espérance pour le cheminement œcuménique, dans la certitude que leur sang est aussi une sève d’unité pour l’Église.

    Plus radicalement encore, ils nous disent que le martyre est l’incarnation suprême de l’Évangile de l’espérance. En effet, les martyrs annoncent cet Évangile et en témoignent par leur vie jusqu’à l’effusion du sang, car ils sont certains de ne pas pouvoir vivre sans le Christ et ils sont prêts à mourir pour lui, dans la conviction que Jésus est le Seigneur et le Sauveur des hommes et qu’en lui seulement l’homme peut donc trouver la véritable plénitude de la vie. De cette façon, selon l’avertissement de l’apôtre Pierre, ils se montrent « prêts à rendre compte de l’espérance qui est en eux » (1P 3,15). En outre, les martyrs célèbrent l’Évangile de l’espérance car l’offrande de leur vie est la manifestation la plus grande et la plus radicale de ce « sacrifice vivant, saint et accepté par Dieu, qui constitue le véritable culte spirituel » (Rm 12,1), origine, âme et sommet de toute célébration chrétienne. Enfin, ils servent l’Évangile de l’espérance parce que, par leur martyre, ils expriment au plus haut degré l’amour et le service de l’homme, en ce qu’ils démontrent que l’obéissance à la loi évangélique engendre une vie morale et une convivialité qui honorent et promeuvent la dignité et la liberté de chaque personne.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Exhortation apostolique « Ecclesia in Europa » §13 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »

    femme-bilique1Dans la parabole du semeur, saint Luc rapporte ces paroles par lesquelles Jésus explique la signification de « la bonne terre » : « Ce sont ceux qui, ayant entendu la parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur persévérance » (Lc 8,15)… Ce « cœur bon et généreux », en référence à la parole écoutée et gardée, constitue un portrait implicite de la foi de la Vierge Marie. Le même évangéliste nous parle de la mémoire de Marie, de la manière dont elle conservait dans son cœur tout ce qu’elle écoutait et voyait (2,19.51), de façon à ce que la parole porte du fruit dans sa vie. La Mère du Seigneur est l’icône parfaite de la foi, comme dira sainte Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1,45).

    En Marie, Fille de Sion, s’accomplit la longue histoire de foi de l’Ancien Testament, avec le récit de la vie de beaucoup de femmes fidèles, à commencer par Sara, femmes qui, à côté des patriarches, étaient le lieu où la promesse de Dieu s’accomplissait et la vie nouvelle s’épanouissait. À la plénitude des temps, la parole de Dieu s’est adressée à Marie, et elle l’a accueillie avec tout son être, dans son cœur, pour qu’elle prenne chair en elle et naisse comme lumière pour les hommes… En la mère de Jésus, en effet, la foi a porté tout son fruit, et quand notre vie spirituelle donne du fruit, nous sommes remplis de joie, ce qui est le signe le plus clair de la grandeur de la foi. Dans sa vie, Marie a accompli le pèlerinage de la foi en suivant son fils (Vatican II, LG 58). Ainsi, en Marie, le chemin de foi de l’Ancien Testament est assumé dans le fait de suivre Jésus, et il se laisse transformer par lui, en entrant dans le regard même du Fils de Dieu incarné.

    Pape François
    Encyclique « Lumen fidei / La Lumière de la foi », § 58 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. »

    TOURNESOLAussi longtemps que nous vivrons, quand en notre folie nous tournons notre regard vers ce qui est réprouvé, notre Seigneur Dieu nous touche avec tendresse et nous appelle avec une grande joie, en disant en notre âme : « Laisse là ce que tu aimes, mon enfant très cher. Tourne-toi vers moi ; je suis tout ce que tu veux. Réjouis-toi dans ton sauveur et dans ton salut. » Je suis sûre que l’âme perspicace par la grâce verra et sentira que notre Seigneur opère ainsi en nous. Car si cette œuvre concerne l’humanité en général, tout homme en particulier n’en est pas exclu…

    Qui plus est, Dieu a éclairé spécialement mon intelligence et m’a enseigné sur la façon dont il opère les miracles : « On sait que j’ai accompli déjà ici-bas beaucoup de miracles, éclatants et merveilleux, glorieux et grands. Ce que j’ai fait alors, je le fais encore continuellement, et je le ferai dans les temps à venir. » Nous savons que tout miracle est précédé par des souffrances, des angoisses, des tribulations. C’est pour que nous prenions conscience de notre faiblesse et des sottises que nous commettons à cause de notre péché et, par là, pour que nous devenions humbles et criions à Dieu, implorant son secours et sa grâce. Les miracles surgissent ensuite ; ils proviennent de la haute puissance, sagesse et bonté de Dieu et révèlent sa force et les joies du ciel, autant que cela est possible en cette vie passagère. Ainsi notre foi se fortifie et notre espérance grandit dans l’amour. Voilà pourquoi il plaît à Dieu d’être connu et glorifié par des miracles. Il veut que nous ne soyons pas accablés par la tristesse et les tempêtes qui s’abattent sur nous ; il en est toujours ainsi avant les miracles !

    Julienne de Norwich (1342-après 1416), recluse anglaise
    Révélations de l’amour divin, ch. 36

     

     

     

     

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    « Marie, qui est la mère du Christ et aussi notre mère, nous ouvre la porte de sa maison, nous aide à entrer dans la volonté de son Fils. C’est la foi, ainsi, qui nous donne une maison en ce monde, qui nous unit en une seule famille et qui nous rend tous frères et sœurs (…) En contemplant Marie, nous devons nous demander si nous aussi nous voulons être ouverts au Seigneur, si nous voulons offrir notre vie pour qu’elle soit une demeure pour Lui ; ou si nous avons peur que la présence du Seigneur puisse être une limite à notre liberté, et si nous voulons nous réserver une part de notre vie qui n’appartienne qu’à nous-mêmes. (…) Tant de difficultés que vit notre monde à la recherche de la sérénité et de la paix, les problèmes de tant de familles qui regardent l’avenir avec préoccupation, les désirs des jeunes qui s’ouvrent à la vie, les souffrances de ceux qui attendent des gestes et des choix de solidarité et d’amour. »
    Benoît XVI  sur Notre-Dame de Lorette
    zenit, Marie de Nazareth
  • « Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : ‘ Mon fils, tes péchés sont pardonnés ’. »

    Ste SophieLa souffrance nous rappelle que le service rendu par la foi au bien commun est toujours service d’espérance, qui regarde en avant, sachant que c’est seulement de Dieu, de l’avenir qui vient de Jésus ressuscité, que notre société peut trouver ses fondements solides et durables. En ce sens, la foi est reliée à l’espérance parce que, « même si notre demeure terrestre, notre corps, vient à être détruite », nous avons « une demeure éternelle » que Dieu a désormais inaugurée dans le Christ, dans son corps (2Co 4,16s). Le dynamisme de la foi, de l’espérance et de la charité nous fait ainsi embrasser les préoccupations de tous les hommes, dans notre marche vers « cette ville, dont Dieu est l’architecte et le bâtisseur » (He 11,10), parce que « l’espérance ne déçoit pas » ( Rm 5,5).

    Dans l’unité avec la foi et la charité, l’espérance nous projette vers un avenir certain, qui se situe dans une perspective différente des propositions illusoires des idoles du monde, mais qui donne un nouvel élan et de nouvelles forces à la vie quotidienne. Ne nous faisons pas voler l’espérance, ne permettons pas qu’elle soit rendue vaine par des solutions et des propositions immédiates qui nous arrêtent sur le chemin, qui « fragmentent » le temps, le transformant en moments ; c’est le temps qui gouverne les moments, qui les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne, d’un processus. L’espace fossilise le cours des choses, le temps projette au contraire vers l’avenir et incite à marcher avec espérance.

    Pape François
    Encyclique « Lumen fidei / La Lumière de la foi », § 57 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

     

  • La foi, une force de consolation dans la souffrance

    lumière de la foiLe chrétien sait que la souffrance ne peut pas être éliminée, mais qu’elle peut recevoir un sens, devenir acte d’amour, confiance entre les mains de Dieu qui ne nous abandonne pas et, de cette manière, être une étape de croissance de la foi et de l’amour… La lumière de la foi ne nous fait pas oublier les souffrances du monde. Pour combien d’hommes et de femmes de foi, les personnes qui souffrent ont été des médiatrices de lumière ! Ainsi le lépreux pour saint François d’Assise, ou pour la Bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, ses pauvres. Ils ont compris le mystère qui est en eux. En s’approchant d’eux, ils n’ont certes pas effacé toutes leurs souffrances, ni n’ont pu leur expliquer tout le mal. La foi n’est pas une lumière qui dissiperait toutes nos ténèbres, mais la lampe qui guide nos pas dans la nuit, et cela suffit pour le chemin.

    À l’homme qui souffre, Dieu ne donne pas un raisonnement qui explique tout, mais il offre sa réponse sous la forme d’une présence qui accompagne, d’une histoire de bien qui s’unit à chaque histoire de souffrance pour ouvrir en elle une trouée de lumière. Dans le Christ, Dieu a voulu partager avec nous cette route et nous offrir son regard pour y voir la lumière. Le Christ est celui qui, en ayant supporté la souffrance, « est l’origine de notre foi et la porte à la perfection » (He 12,2).

    Pape François
    Encyclique « Lumen fidei / La Lumière de la foi », § 56-57 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

     

  • Première lettre de saint Jean 4,19-21.5,1-4.

    m_mes bien-aimés, nous aimons parce que Dieu lui-même nous a aimés le premier.
    Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas.
    Et voici le commandement que nous avons reçu de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère.
    Tout homme qui croit que Jésus est le Christ, celui-là est vraiment né de Dieu ; tout homme qui aime le Père aime aussi celui qui est né de lui.
    Nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu lorsque nous aimons Dieu et que nous accomplissons ses commandements.
    Car l’amour de Dieu, c’est cela : garder ses commandements. Ses commandements ne sont pas un fardeau,
    puisque tout être qui est né de Dieu est vainqueur du monde. Et ce qui nous a fait vaincre le monde, c’est notre foi.