Étiquette : Epoux

  • « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. »

    Abbaye N.D. de Venière
    Abbaye N.D. de Venière

    Tout est commun entre l’Époux et son épouse, c’est-à dire entre le Christ et l’Église : l’honneur de recevoir la confession et le pouvoir de la rémission des péchés. C’est la raison de cette parole : « Va te montrer au prêtre » (Mt 8,4)… L’Église ne peut rien remettre sans le Christ ; et le Christ ne veut rien remettre sans l’Église. L’Église ne peut rien remettre sinon au pénitent, c’est-à-dire à celui que le Christ a d’abord touché ; et le Christ ne veut pas donner la rémission à ceux qui méprisent l’Église.

    Le Christ, qui est tout-puissant, peut tout par lui-même : baptiser, consacrer l’eucharistie, ordonner, remettre les péchés, et le reste ; mais, puisqu’il est un Époux humble et fidèle, il ne veut rien faire sans son épouse. « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19,6) ; « Ce mystère est grand, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église » (Ep 5,32)… Garde-toi donc de séparer la Tête du corps (Col 1,18), ce qui empêcherait le Christ d’exister tout entier. Car le Christ n’existe nulle part tout entier sans l’Église, tout comme l’Église n’existe nulle part tout entier sans le Christ. En effet, le Christ total, intégral, c’est la Tête et le corps.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171), moine cistercien
    Sermon 11, §11-14 ; PL 194, 1729 ; SC 130 (trad SC p. 243s rev.)

     

     

     

     

  • « L’Epoux est avec eux. »

    Église peuple de Dieu

    Le péché d’Adam s’était communiqué à tout le genre humain, à tous ses enfants… Donc, il est nécessaire que la justice du Christ soit communiquée à tout le genre humain ; de même qu’Adam, par le péché, a fait perdre la vie à sa descendance, de même le Christ, par sa justice, donnera la vie à ses enfants (cf Rm 5,19s)…

    À la fin des temps, le Christ a reçu de Marie une âme et notre chair. Cette chair, il est venu la sauver, il ne l’a pas abandonnée au séjour des morts (Ps 15,10), il l’a unie à son esprit et il l’a faite sienne. Ce sont là les noces du Seigneur, son union à une seule chair, afin que, selon « ce grand mystère », ils soient « deux en une seule chair : le Christ et l’Église » (Ep 5,31). Le peuple chrétien est né de ces noces, sur lesquelles est descendu l’Esprit du Seigneur. Ces semailles venues du ciel se sont aussitôt répandues dans la substance de nos âmes et s’y sont mélangées. Nous nous développons alors dans les entrailles de notre Mère et, en grandissant dans son sein, nous recevons la vie dans le Christ. C’est ce qui a fait dire à l’apôtre Paul : « Le premier Adam avait reçu la vie ; le dernier Adam est un être spirituel qui donne la vie » (1Co 15,45).

    C’est ainsi que le Christ engendre des enfants dans l’Église par ses prêtres, comme le dit le même apôtre : « Dans le Christ, je vous ai engendrés » (1Co 4,15). Et c’est ainsi par l’Esprit de Dieu, le Christ fait naître l’homme nouveau formé dans le sein de sa Mère et mis au monde dans la fontaine baptismale, par les mains du prêtre, avec la foi pour témoin… Il faut donc croire que nous pouvons naître… et que c’est le Christ qui nous donne la vie. L’apôtre Jean le dit : « Tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12).

    Saint Pacien de Barcelone (?-v. 390), évêque
    Homélie sur le baptême ; PL 13, 1092 (trad. bréviaire rev. ; cf SC 410, p.159)

     

     

     

  • Donner du fruit en Celui qui en a donné à la plénitude du temps

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    « Mon bien-aimé est une grappe de raisin de Chypre, dans la vigne d’En-Gaddi » (Ct 1,14)… Cette grappe divine se couvre de fleurs avant la Passion et verse son vin dans la Passion… Sur la vigne, la grappe ne montre pas toujours la même forme, elle change avec le temps : elle fleurit, elle gonfle, elle est achevée, puis, parfaitement mûre, elle va se transformer en vin. La vigne promet donc par son fruit : il n’est pas encore mûr et à point pour donner du vin, mais il attend la plénitude des temps. Toutefois, il n’est pas absolument incapable de nous réjouir. En effet, avant le goût, il charme l’odorat, dans l’attente des biens futurs, et il séduit les sens de l’âme par les parfums de l’espérance. Car l’assurance ferme de la grâce espérée devient jouissance déjà pour ceux qui attendent avec constance. Il en est ainsi du raisin de Chypre qui promet du vin avant de le devenir : par sa fleur — sa fleur c’est l’espérance — il nous donne l’assurance de la grâce future…

    Celui dont la volonté est en harmonie avec celle du Seigneur, parce qu’ « il la médite jour et nuit », devient « un arbre planté près d’un ruisseau, qui donne du fruit en son temps, et jamais son feuillage ne meurt » (Ps 1,1-3). C’est pourquoi la vigne de l’Époux, qui a pris racine dans la terre fertile de Gaddi, c’est-à-dire dans le fond de l’âme, qui est arrosée et enrichie par les enseignements divins, produit cette grappe fleurissante et épanouie dans laquelle elle peut contempler son propre jardinier et son vigneron. Bienheureuse cette terre cultivée dont la fleur reproduit la beauté de l’Epoux ! Puisque celui-ci est la lumière véritable, la vraie vie et la vraie justice…et bien d’autres vertus encore, si quelqu’un, par ses œuvres, devient pareil à l’Époux, lorsqu’il regarde la grappe de sa propre conscience, il y voit l’Epoux lui-même, car il reflète la lumière de la vérité dans une vie lumineuse et sans tache. C’est pourquoi cette vigne féconde dit : « Ma grappe fleurit et bourgeonne » (cf Ct 7,13). L’Epoux est en personne cette vraie grappe qui se montre attachée au bois, dont le sang devient une boisson de salut pour ceux qui exultent dans leur salut.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque
    3ème homélie sur le Cantique des Cantiques (trad. cf. Delhougne, p. 176 et Canevet, Cerf 1992, p. 33)

     

     

     

  • « L’Époux est avec eux. »

    Adam et Eve

    « Regardez, voici l’Époux qui vient ; sortez à sa rencontre » (Mt 25,6)… Cet Époux, c’est le Christ, et l’épouse c’est la nature humaine, créée par Dieu « à son image et à sa ressemblance » (Gn 1,26). Au commencement Dieu l’avait placée dans le lieu le plus digne, le plus beau, le plus riche et le plus fertile de la terre, c’est-à-dire le Paradis. Dieu lui avait soumis toutes les créatures, il l’avait parée de grâce, et lui avait donné un commandement de sorte que, en l’observant, elle soit assurée à jamais de l’union stable et fidèle avec son Époux, libre de toute peine, de toute souffrance et de toute faute.

    Mais alors le malin est venu, l’ennemi infernal, rempli de jalousie envers l’épouse ; il  a pris l’apparence d’un serpent rusé et a trompé la femme, et ensemble ils ont trompé l’homme et ainsi toute la nature humaine. De cette manière, par ses faux conseils, l’ennemi a ravi la nature humaine, l’épouse de Dieu, et elle a été exilée en une terre étrangère, pauvre et misérable, captive et opprimée…

    Mais, lorsque Dieu a vu que le temps était venu et quand les souffrances de sa bien-aimée l’avaient rempli de pitié, il a envoyé son Fils unique sur la terre…, dans le sein de la Vierge Marie. Là le Fils a épousé sa fiancée, notre nature, en l’unissant à sa personne.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier
    Les Noces spirituelles, prologue (trad. cf Orval et Louf, Bellefontaine 1993, p. 30)

     

     

  • « Venez au repas de noce ! »

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    « Appelez ceux qui sont invités à la noce, tout est prêt. » Mais les invités s’excusent : « l’un s’en alla à son champ, l’autre à son commerce »… Cet affairement étonnant et cette agitation continuelle qui remuent le monde, on ne les voit malheureusement que trop dans le monde entier. Ce qu’on a de vêtements, de nourriture, de constructions et de beaucoup de choses est tellement prodigieux que la tête vous en tourne : la moitié suffirait amplement. Cette vie ne devrait être qu’un passage vers l’éternité… De toutes nos forces nous devons nous arracher à cette exubérance d’activité et de multiplicité, à tout ce qui n’est pas besoin absolu, et nous recueillir en nous-mêmes, nous attacher à notre vocation, considérer où, comment, et de quelle manière le Seigneur nous a appelés, l’un à la contemplation intérieure, l’autre à l’action, et un troisième…au repos intérieur, dans le calme silence des ténèbres divines, dans l’unité de l’esprit.

    Même ces derniers, Dieu les appelle parfois à l’action extérieure, parfois à l’intérieure, selon son bon plaisir, mais l’homme n’est pas attentif à son appel… Si l’homme appelé intérieurement au silence noble et calme voulait à cause de cela s’abstenir continuellement de toute œuvre de charité, ce ne serait pas bien ; et malheureusement, aujourd’hui très rares sont ceux qui veulent faire des œuvres de charité extraordinaires… L’Évangile raconte que le maître a trouvé un de ses hôtes assis au festin sans le vêtement de noce… Le vêtement qui manquait à ce convive, c’est la pure, vraie, et divine charité, cette intention véritable de chercher Dieu qui exclut tout amour de soi et tout ce qui est étranger à Dieu, qui ne veut que Dieu… À ceux qui se cherchent eux-mêmes notre Seigneur dit : « Ami, comment es-tu venu ici sans l’habit de la vraie charité ? » Ils ont recherché les dons de Dieu plutôt que Dieu lui-même.

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 74, en l’honneur de sainte Cordula (trad. Cerf 1991, p. 603 rev.)

     

     

     

     

  • La grandeur de Jean le Baptiste

    jbapti_byzan_006Ce qui a fait la grandeur de Jean, ce qui l’a rendu si grand entre les grands, c’est qu’il a mis le comble à ses vertus…en y ajoutant la plus grande de toutes, l’humilité. Alors qu’on le considérait comme le plus élevé de tous, il a mis au-dessus de lui, spontanément et avec l’empressement de l’amour, Celui qui est le plus humble de tous, et même tellement au-dessus de lui qu’il se déclare indigne de lui enlever ses sandales (Mt 3,11).

    Que d’autres donc s’émerveillent de ce que Jean ait été prédit par les prophètes, annoncé par un ange…, né de parents si saints et si nobles, quoique âgés et stériles…, qu’il ait préparé la voie du Rédempteur dans le désert, qu’il ait ramené les cœurs des pères vers les fils et ceux des fils vers les pères (Lc 1,17), qu’il ait été jugé digne de baptiser le Fils, d’entendre le Père, de voir le Saint Esprit (Lc 3,22), qu’enfin, il ait combattu jusqu’à la mort pour la vérité et que, pour être précurseur du Christ jusque dans le séjour des morts, il ait été martyr du Christ avant sa Passion. Que d’autres s’émerveillent de tout cela…

    Quant à nous, mes frères, c’est son humilité qui nous est proposée comme objet non seulement d’admiration, mais aussi d’imitation. Elle l’a incité à ne pas vouloir passer pour grand, alors qu’il le pouvait… En effet, ce fidèle « ami de l’Époux » (Jn 3,29), qui aimait son Seigneur plus que lui-même, souhaitait « diminuer » pour que « lui il grandisse » (v. 30). Il s’efforçait d’augmenter la gloire du Christ en se faisant lui-même plus petit, exprimant par toute sa conduite ce que dirait l’apôtre Paul : « Ce n’est pas nous-mêmes que nous prêchons, mais le Seigneur Jésus Christ » (2Co 4,5).

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    3e Sermon pour la nativité de Jean Baptiste ; SC 202 (trad. cf SC p. 343)

     

     

     

  • « Alors ils jeûneront. »

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    « Pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur avait répondu : « Les invités à la noce peuvent-ils être en deuil tant que l’époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’époux leur aura été enlevé : c’est alors qu’ils jeûneront. » Le temps du carême, en effet, nous rappelle que l’époux nous a été enlevé. Il a été enlevé, arrêté, emprisonné, souffleté, flagellé, couronné d’épines, crucifié. Le jeûne du carême est l’expression de notre solidarité avec le Christ… « Mon amour a été crucifié, et la flamme du désir pour les choses matérielles est éteinte en moi », écrivait saint Ignace, évêque d’Antioche [au tournant des 1er et 2e siècles]…

    La nourriture et la boisson sont indispensables à l’homme pour vivre. Il s’en sert et il doit s’en servir, mais il ne lui est pas permis d’en abuser d’une façon ou d’une autre. L’abstention traditionnelle de nourriture et de boisson a non seulement pour but de donner à la vie de l’homme l’équilibre qui lui est nécessaire, mais aussi de le détacher de ce que l’on pourrait appeler « la mentalité de consommation ». Cette mentalité est devenue aujourd’hui une des caractéristiques de la civilisation et, en particulier, de la civilisation occidentale… L’homme orienté vers les biens matériels…en abuse bien souvent.

    Il ne s’agit pas ici que de nourriture et de boisson. Lorsque l’homme est orienté exclusivement vers la possession et l’usage des biens matériels, c’est-à-dire vers les choses, c’est alors toute la civilisation qui est mesurée selon la quantité et la qualité des choses qu’elle peut fournir à l’homme, et non selon l’homme, à la mesure de l’homme. Cette civilisation, en effet, fournit les biens matériels non seulement pour qu’ils servent à l’homme, à ses activités créatrices et utiles mais, et toujours plus, pour satisfaire et exciter ses sens, pour le plaisir d’un instant, pour des sensations de plus en plus multiples, [par exemple, par] les médias audiovisuels… L’homme d’aujourd’hui doit donc jeûner c’est-à-dire s’abstenir non seulement de nourriture et de boisson, mais de beaucoup d’autres moyens de consommation, de stimulations et de satisfactions des sens.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Audience générale du 21/03/1979 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Voici l’Époux qui vient ; sortez à sa rencontre. » (Mt 25,6)

    Vêtement-des-noces-210x300Lorsque pour Dieu le temps semblait venu de prendre en pitié la souffrance de l’humanité, sa bien-aimée, il a envoyé son Fils unique sur terre dans ce palais somptueux et ce temple glorieux qu’était le sein de la Vierge Marie. C’est là qu’il a épousé notre nature et l’a unie à sa personne, à partir du sang très pur de la noble Vierge. Le prêtre célébrant les noces a été l’Esprit Saint, l’ange Gabriel en a publié les bans, et la glorieuse Vierge a donné son consentement. Voilà de quelle façon le Christ, notre époux fidèle, s’est uni à notre nature, nous a visités dans une terre étrangère et nous a enseignés d’une manière céleste et avec une fidélité parfaite.

    Il a peiné et combattu contre notre ennemi comme un champion valeureux ; il a détruit la prison et remporté la victoire. Par sa mort, il a détruit notre mort ; il nous a rachetés par son sang ; il nous a libérés, dans le baptême, par l’eau de son côté (Jn 19,34). Par ses sacrements et ses dons, il a fait de nous des riches, afin que parés de toutes sortes de vertus, nous sortions, comme il le dit dans l’Évangile (Mt 25,6), et que nous le rencontrions dans le palais de sa gloire, pour y jouir de lui sans fin, pour l’éternité.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381), chanoine régulier
    Les Noces spirituelles, prologue (trad. cf Orval et Louf, Bellefontaine 1993, p. 30)

     

     

     

  • « Au milieu de vous et au-dedans de vous »

    « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous », dit le Seigneur. Reviens donc à Dieu de tout ton cœur, oublie ce monde misérable, et ton âme trouvera le repos. Apprends à te détacher des choses extérieures et à te tourner vers celles du dedans, et tu verras venir en toi le Royaume de Dieu. Car le Royaume de Dieu « c’est la paix et la joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17).

    Cette joie n’est pas donnée aux hommes sans foi. Le Christ viendra à toi et te fera sentir sa consolation, si tu lui as préparé au-dedans de toi une demeure digne de lui. « Toute sa gloire » et sa beauté « sont intérieures » (Ps 44,14 Vulg) : c’est là qu’il se plaît à habiter. Dieu visite souvent l’homme intérieur ; il lui accorde la douceur de sa parole et de ses consolations, une paix inépuisable, et une familiarité qui confond. Courage donc : prépare ton cœur pour cet Époux, afin qu’il daigne venir habiter en toi. Car « si quelqu’un m’aime, dit-il, il gardera à ma parole ; alors nous viendrons chez lui et nous établirons en lui notre demeure » (Jn 14,23).

    Imitation de Jésus Christ, traité spirituel du 15ème siècle
    II, ch. 1,1-2

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  • « Pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? »

    Ce passage de l’Évangile…nous montre vraiment qui est le Christ et vraiment qui est l’Église…, afin que nous comprenions bien quelle Épouse ce divin Époux a choisie et qui est l’Époux de cette sainte Épouse… Dans cette page nous pouvons lire leur acte de mariage…

    Tu as appris que le Christ est le Verbe, la Parole de Dieu, uni à une âme humaine et à un corps humain… Ici, les disciples ont cru voir un esprit ; ils ne croyaient pas que le Seigneur avait un corps véritable. Mais comme le Seigneur connaissait le danger de telles pensées, il s’empresse de les arracher de leur cœur… : « Pourquoi ces pensées montent-elles dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds ; touchez et voyez qu’un esprit n’a ni chair ni os comme vous voyez que j’en ai ». Et toi, à ces mêmes pensées folles, oppose avec fermeté la règle de foi que tu as reçue… Le Christ est vraiment le Verbe, le Fils unique égal au Père, uni à une âme vraiment humaine et à un vrai corps pur de tout péché. C’est ce corps qui est mort, ce corps qui est ressuscité, ce corps qui a été attaché à la croix, ce corps qui a été déposé dans le tombeau, ce corps qui est assis dans les cieux. Notre Seigneur voulait persuader à ses disciples que ce qu’ils voyaient, c’était vraiment des os et de la chair… Pourquoi a-t-il voulu me convaincre de cette vérité ? Parce qu’il savait à quel point c’est pour mon bien de la croire et combien j’avais à perdre si je n’y croyais pas. Croyez donc, vous aussi : c’est lui l’Époux !

    Écoutons maintenant ce qui est dit concernant l’Épouse… : « Il fallait que le Christ souffre et qu’il ressuscite d’entre les morts le troisième jour, et qu’on proclame en son nom le repentir et la rémission des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem ». Voilà l’Épouse… : l’Église est répandue par toute la terre, elle a pris tous les peuples dans son sein… Les apôtres voyaient le Christ et croyaient à l’Église, qu’ils ne voyaient pas. Pour nous, nous voyons l’Église ; croyons donc en Jésus Christ, que nous ne voyons pas, et en nous attachant ainsi à ce que nous voyons, nous parviendrons à celui que nous ne voyons pas encore.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 238

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