Étiquette : Eglise

  • « Venez au repas de noce. »

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    Les femmes ne sont pas aussi étroitement unies à leurs maris que l’Eglise au Fils de Dieu. Quel autre époux que notre Seigneur est jamais mort pour son épouse, et quelle épouse a jamais choisi comme époux un crucifié ? Qui a jamais donné son sang en présent à son épouse, sinon celui qui est mort sur la croix et a scellé son union nuptiale par ses blessures ? Qui a-t-on jamais vu mort, gisant au banquet de ses noces, avec, à son côté, son épouse qui l’étreint pour être consolée ? A quelle autre fête, à quel autre banquet, a-t-on distribué aux convives, sous la forme du pain, le corps de l’époux ?

    La mort sépare les épouses de leurs maris, mais ici elle unit l’Epouse à son Bien-aimé. Il est mort sur la croix, a laissé son corps à sa glorieuse Epouse, et maintenant, à sa table, chaque jour, elle le prend en nourriture… Elle s’en nourrit sous la forme du pain qu’elle mange et sous la forme du vin qu’elle boit, afin que le monde reconnaisse qu’ils ne sont plus deux, mais un seul.

    Saint Jacques de Saroug (v. 449-521), moine et évêque syrien
    Homélie sur le voile de Moïse (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 296)

     

     

     

  • « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. »

    Abbaye N.D. de Venière
    Abbaye N.D. de Venière

    Tout est commun entre l’Époux et son épouse, c’est-à dire entre le Christ et l’Église : l’honneur de recevoir la confession et le pouvoir de la rémission des péchés. C’est la raison de cette parole : « Va te montrer au prêtre » (Mt 8,4)… L’Église ne peut rien remettre sans le Christ ; et le Christ ne veut rien remettre sans l’Église. L’Église ne peut rien remettre sinon au pénitent, c’est-à-dire à celui que le Christ a d’abord touché ; et le Christ ne veut pas donner la rémission à ceux qui méprisent l’Église.

    Le Christ, qui est tout-puissant, peut tout par lui-même : baptiser, consacrer l’eucharistie, ordonner, remettre les péchés, et le reste ; mais, puisqu’il est un Époux humble et fidèle, il ne veut rien faire sans son épouse. « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19,6) ; « Ce mystère est grand, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église » (Ep 5,32)… Garde-toi donc de séparer la Tête du corps (Col 1,18), ce qui empêcherait le Christ d’exister tout entier. Car le Christ n’existe nulle part tout entier sans l’Église, tout comme l’Église n’existe nulle part tout entier sans le Christ. En effet, le Christ total, intégral, c’est la Tête et le corps.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171), moine cistercien
    Sermon 11, §11-14 ; PL 194, 1729 ; SC 130 (trad SC p. 243s rev.)

     

     

     

     

  • « Moi, je suis le pain de la vie. »

    CandleL’Église vit de l’eucharistie. Cette vérité n’exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l’Église. Dans la joie, elle fait l’expérience, sous de multiples formes, de la réalisation continuelle de la promesse : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Mais, dans l’eucharistie, par la transformation du pain et du vin en corps et sang du Seigneur, elle jouit de cette présence avec une intensité unique. Depuis que, à la Pentecôte, l’Église, peuple de la Nouvelle Alliance, a commencé son pèlerinage vers la patrie céleste, ce sacrement divin a continué à marquer ses journées, les remplissant d’espérance confiante.

    À juste titre, le Concile Vatican II a proclamé que le sacrifice eucharistique est « source et sommet de toute la vie chrétienne » (LG 11). « La très sainte eucharistie contient en effet l’ensemble des biens spirituels de l’Église, à savoir le Christ lui-même, notre Pâque, le pain vivant (1Co 5,7; Jn 6,51), qui par sa chair, vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante, procure la vie aux hommes » (Vatican II PO 5). C’est pourquoi l’Église a le regard constamment fixé sur son Seigneur, présent dans le sacrement de l’autel, dans lequel elle découvre la pleine manifestation de son immense amour.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Encyclique « Ecclesia de Eucharistia », 1 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • Laudato si

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    (…) Cette fois, nous sommes plus que jamais au pied du mur?: il s’agit d’embrasser dans un même mouvement l’avenir de la planète et celui de la communauté des hommes. Leur maison Terre est en feu. Ils doivent s’emparer de son destin, pour que le leur continue.
    (…) Tous les membres de la famille humaine sont désormais dans le même bateau. La dégradation visible et invisible de la planète menace jusqu’à sa survie. Il est temps de regarder les choses en face et d’organiser le sauvetage, au plan mondial.
    (…) Contemplation, admiration, communauté… En listant les clés rafraîchissantes propres à nous sortir de l’impasse, le pape François nous aide à prendre de la hauteur, et nous donne des forces pour changer. Nul esprit de fatalité dans ces pages, mais une solide confiance dans la créativité de l’amour. L’humanité confrontée aux limites de sa maison commune est capable d’intérioriser les exigences d’une fraternité universelle. Dieu aidant. C’est là que se situe toute la différence entre cette encyclique et les alertes désespérées qui risquent de tétaniser plus que de mobiliser. C’est à partir de l’émerveillement pour la beauté de la création, en puisant ses forces dans la transcendance, et dans le Christ qui récapitule toute la Création, que sera trouvé le ressort du changement. Il est spirituel. Ce supplément d’âme est indispensable pour accueillir joyeusement la perspective d’une sobriété heureuse et partagée.

    Tugdual Derville?, ?co-initiateur du Courant pour une Écologie Humaine
    « Laudato Si, un douloureux éblouissement? » (extraits)
    famillechretienne.fr 18/06/2015

    * « Loué sois-tu », encyclique du pape François sur l’écologie. Bayard, Cerf, Mame, pour l’édition officielle de la Conférence des évêques de France.

     

  • « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

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    Il y a bien des gens qui, pour avoir l’extérieur bien composé et l’intérieur rempli de grands sentiments de Dieu, s’arrêtent à cela…; ils se contentent des doux entretiens qu’ils ont avec Dieu dans l’oraison… Ne nous trompons pas : toute notre tâche consiste à passer aux actes. Et cela est tellement vrai que l’apôtre saint Jean nous déclare qu’il n’y a que nos œuvres qui nous accompagnent dans l’autre vie (Ap 14,13). Faisons donc réflexion à cela ; d’autant plus qu’en ce siècle il y en a beaucoup qui semblent vertueux, et qui en effet le sont, qui néanmoins inclinent à une voie douce et molle plutôt qu’à une dévotion laborieuse et solide.

    L’Église est comparée à une grande moisson qui requiert des ouvriers, mais des ouvriers qui travaillent. Il n’y a rien de plus conforme à l’Évangile que d’amasser, d’un côté, des lumières et des forces pour son âme dans l’oraison, dans la lecture et dans la solitude, et d’aller ensuite faire part aux hommes de cette nourriture spirituelle. C’est faire comme notre Seigneur a fait, et, après lui, ses apôtres ; c’est joindre l’office de Marthe à celui de Marie ; c’est imiter la colombe, qui digère à moitié la pâture qu’elle a prise et puis met le reste par son bec dans celui de ses petits pour les nourrir. Voilà comme nous devons faire, voilà comme nous devons témoigner à Dieu par nos œuvres comme nous l’aimons. Toute notre tâche consiste à passer aux actes.

    Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre, fondateur de communautés religieuses
    Entretiens spirituels aux Missionnaires, fragment 171 (Seuil 1960 p. 908 et Orval)

     

     

     

  • « L’Epoux est avec eux. »

    Église peuple de Dieu

    Le péché d’Adam s’était communiqué à tout le genre humain, à tous ses enfants… Donc, il est nécessaire que la justice du Christ soit communiquée à tout le genre humain ; de même qu’Adam, par le péché, a fait perdre la vie à sa descendance, de même le Christ, par sa justice, donnera la vie à ses enfants (cf Rm 5,19s)…

    À la fin des temps, le Christ a reçu de Marie une âme et notre chair. Cette chair, il est venu la sauver, il ne l’a pas abandonnée au séjour des morts (Ps 15,10), il l’a unie à son esprit et il l’a faite sienne. Ce sont là les noces du Seigneur, son union à une seule chair, afin que, selon « ce grand mystère », ils soient « deux en une seule chair : le Christ et l’Église » (Ep 5,31). Le peuple chrétien est né de ces noces, sur lesquelles est descendu l’Esprit du Seigneur. Ces semailles venues du ciel se sont aussitôt répandues dans la substance de nos âmes et s’y sont mélangées. Nous nous développons alors dans les entrailles de notre Mère et, en grandissant dans son sein, nous recevons la vie dans le Christ. C’est ce qui a fait dire à l’apôtre Paul : « Le premier Adam avait reçu la vie ; le dernier Adam est un être spirituel qui donne la vie » (1Co 15,45).

    C’est ainsi que le Christ engendre des enfants dans l’Église par ses prêtres, comme le dit le même apôtre : « Dans le Christ, je vous ai engendrés » (1Co 4,15). Et c’est ainsi par l’Esprit de Dieu, le Christ fait naître l’homme nouveau formé dans le sein de sa Mère et mis au monde dans la fontaine baptismale, par les mains du prêtre, avec la foi pour témoin… Il faut donc croire que nous pouvons naître… et que c’est le Christ qui nous donne la vie. L’apôtre Jean le dit : « Tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1,12).

    Saint Pacien de Barcelone (?-v. 390), évêque
    Homélie sur le baptême ; PL 13, 1092 (trad. bréviaire rev. ; cf SC 410, p.159)

     

     

     

  • « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. »

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    Le Seigneur Jésus, avant de donner librement sa vie pour le monde, a organisé le ministère apostolique et promis d’envoyer le Saint Esprit afin que ce ministère et cette mission soient associés toujours et partout pour réaliser l’œuvre du salut. À toutes les époques, c’est le Saint Esprit qui unifie l’Église tout entière dans la communion et le ministère…

    Dès le début de son ministère, le Seigneur Jésus « appelle à lui ceux qu’il voulait…, et en institua douze pour être ses compagnons et pour les envoyer prêcher » (Mc 3,13). Les apôtres ont été ainsi les germes de l’Israël nouveau et en même temps l’origine de la hiérarchie. Puis, lorsqu’il eut en une seule fois, par sa mort et sa résurrection, accompli en sa personne les mystères de notre salut et de la restauration du monde, le Seigneur, qui avait reçu tout pouvoir au ciel et sur la terre (Mt 28,18), a fondé son Église comme le sacrement du salut, avant d’être enlevé au ciel. De même qu’il avait été envoyé lui-même par le Père (Jn 20,21), il a envoyé ses apôtres dans le monde entier en leur donnant cet ordre : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés » (Mt 28,19s).

    C’est de là que découle pour l’Église le devoir de propager la foi et le salut apportés par le Christ : en vertu du mandat exprès que les apôtres ont laissé en héritage à l’ordre des évêques, assisté par les prêtres et uni au successeur de Pierre, pasteur suprême de l’Église ; et aussi en vertu de l’influx vital que le Christ communique à ses membres… Voici par quelle activité l’Église accomplit sa mission ; elle obéit à l’ordre du Christ en étant mue par la grâce de l’Esprit Saint et par la charité. Effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, elle les conduit à la foi, à la liberté et à la paix du Christ par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce. C’est ainsi qu’elle se manifeste à eux comme une route libre et sûre pour les faire participer en plénitude au mystère du Christ.

    Concile Vatican II
    Décret sur l’activité missionnaire de l’Église « Ad Gentes », § 4-5

     

     

  • Prière mariale

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    Le Pape [Jean-Paul II] connaissait la puissance de la prière mariale, qui peut faire changer le cours de l’Histoire, déjouer les projets de guerres, de massacres. Faire taire la folie des armes. Toucher, attendrir le cœur même de la personne la plus habitée par l’orgueil, la suffisance. Ouvrir les cœurs au pardon, à l’Amour de Dieu et du prochain. Il connaissait très bien les innombrables interventions de Notre Dame à travers l’Histoire, venue sauver les chrétiens qui, à genoux, imploraient avec confiance et persévérance son aide. Il savait combien de fois Notre Dame a évité que l’Humanité tombe dans l’abîme, le gouffre du néant et de l’autodestruction. A travers le monde, émouvantes sont les milliers et milliers de pages relatant une intervention directes de Marie.
    Le Pape le savait. Habitait intensément l’âme du Saint-Père Jean-Paul II cette certitude que Notre Dame peut, désire et même veut intervenir pour sauver son peuple pécheur, en marche vers le Ciel, suivant la Mission qui lui a été confiée, comme Mère de Dieu, Mère de l’Église. Pour notre génération aussi. Il suffit, il suffit simplement de l’implorer. de lui demander. De la laisser faire. De lui laisser toute l’initiative. L’Église implore pour vivre une nouvelle effusion de l’Esprit Saint, l’Église implore à genoux. Oui, à genoux, face aux puissances du Mal, de Babel, qui semblent vouloir l’emporter sur la paix. Notre Dame va librement exercer sa Maternité Divine en agissant sur le cours de l’Histoire, combattre le démon et remporter des victoires. Aujourd’hui encore. En suis-je vraiment convaincu ?
    (…) Jean-Paul II a ouvert son cœur en ces termes : « Ave Maria ! C’est un salut et une imploration…. (…) Une telle méditation donne un souffle d’une incalculable vigueur aux paroles prononcées par nos lèvres… » Avant d’ajouter, en s’adressant aux hommes de notre temps, à notre génération : « Qui que tu sois, quelle que soit ta condition de vie, Dieu t’aime ! Il t’aime totalement. L’homme est appelé à la communion avec le Créateur. L’aspiration irrépressible à la vérité et au bonheur nous le rappelle continuellement. L’homme a besoin de Dieu ».

     

    Abbé Hubert Lelièvre, Famille Missionnaire l’Evangile de la Vie #FMEDV.
    Extraits de  » Une recette de saint Jean-Paul II pour se simplifier la vie »
    5 mai 2015 zenit.org

     

     

     

     

  • « En ce temps déjà, le centuple… et dans le monde à venir, la vie éternelle »

     

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    Ces doctrines [sociales de l’Eglise] pourraient diminuer la distance que l’orgueil se plaît à maintenir entre riches et pauvres, mais la simple amitié c’est encore trop peu : si l’on obéit aux préceptes du christianisme, c’est dans l’amour fraternel que s’opérera l’union. De part et d’autre, on saura et on comprendra que les hommes sont absolument tous issus de Dieu, leur père commun ; que Dieu est leur unique et commune fin, et que lui seul est capable de communiquer aux anges et aux hommes un bonheur parfait et absolu. Tous ils ont été également rachetés par Jésus Christ et rétablis par lui dans leur dignité d’enfants de Dieu, et ainsi un véritable lien de fraternité les unit, soit entre eux, soit au Christ leur Seigneur, qui est « le premier-né de beaucoup de frères » (Rm 8,29). Ils sauront enfin que tous les biens de la nature, tous les trésors de la grâce appartiennent en commun et indistinctement à tout le genre humain, et qu’il n’y a que les indignes qui soient déshérités des biens célestes. « Si vous êtes fils, vous êtes aussi héritiers : héritiers de Dieu, cohéritiers de Jésus-Christ » (Rm 8,17).

    Léon XIII, pape de 1878 à 1903
    Encyclique Rerum novarum, 21

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 17,11b-19.

    En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
    Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
    Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
    Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.
    Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.
    Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
    Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
    De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
    Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité.

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    Frères, qui donc serait assez criminel et assez forcené dans sa passion de discorde, pour s’imaginer qu’on puisse mettre en cause et pour oser lui-même déchirer l’unité de Dieu, le vêtement du Seigneur, l’Église du Christ ? (cf Jn 19,24) Dans son Évangile, Dieu ne fait-il pas entendre cet avertissement : « Il y aura un seul troupeau et un seul berger » ? (Jn 10,16) Quelqu’un pense-t-il après cela que dans un même lieu il puisse y avoir normalement plusieurs bergers et plusieurs troupeaux ? Voyez comment l’apôtre Paul nous recommande pareillement cette unité : « Mes frères, je vous exhorte au nom de notre Seigneur Jésus Christ à être tous vraiment d’accord ; qu’il n’y ait pas de division entre vous ; soyez bien unis dans le même esprit et dans les mêmes sentiments » (1Co 1,10). « Supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix » (Ep 4,2-3).

    Toi donc, crois-tu pouvoir rester debout et en vie si tu abandonnes l’Église pour établir ta demeure ailleurs et éloigner d’elle ton foyer ?… A propos de la Pâque n’est-il pas dit dans l’Exode que l’agneau, immolé en préfiguration du Christ, doit être mangé dans une seule et même maison ? (Ex 12,46) La chair du Christ, la chose sainte du Seigneur, on ne peut la jeter dehors ; pour les croyants, il n’y a pas d’autre demeure que l’Église une. Cette maison, cette demeure d’une famille unie, est désignée par l’Esprit Saint quand il dit dans un psaume : « Dieu fait habiter dans une même maison des cœurs unanimes » (cf 86,7). C’est dans la maison de Dieu, dans l’Église du Christ, qu’habitent ces cœurs unanimes ; c’est là qu’ils peuvent demeurer dans la paix et dans la simplicité.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    L’Unité de l’Église, § 8 (trad. cf coll. Pères dans la foi, n°9, p. 32)