Étiquette : corps du Christ

  • « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. »

    Abbaye N.D. de Venière
    Abbaye N.D. de Venière

    Tout est commun entre l’Époux et son épouse, c’est-à dire entre le Christ et l’Église : l’honneur de recevoir la confession et le pouvoir de la rémission des péchés. C’est la raison de cette parole : « Va te montrer au prêtre » (Mt 8,4)… L’Église ne peut rien remettre sans le Christ ; et le Christ ne veut rien remettre sans l’Église. L’Église ne peut rien remettre sinon au pénitent, c’est-à-dire à celui que le Christ a d’abord touché ; et le Christ ne veut pas donner la rémission à ceux qui méprisent l’Église.

    Le Christ, qui est tout-puissant, peut tout par lui-même : baptiser, consacrer l’eucharistie, ordonner, remettre les péchés, et le reste ; mais, puisqu’il est un Époux humble et fidèle, il ne veut rien faire sans son épouse. « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19,6) ; « Ce mystère est grand, je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église » (Ep 5,32)… Garde-toi donc de séparer la Tête du corps (Col 1,18), ce qui empêcherait le Christ d’exister tout entier. Car le Christ n’existe nulle part tout entier sans l’Église, tout comme l’Église n’existe nulle part tout entier sans le Christ. En effet, le Christ total, intégral, c’est la Tête et le corps.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171), moine cistercien
    Sermon 11, §11-14 ; PL 194, 1729 ; SC 130 (trad SC p. 243s rev.)

     

     

     

     

  • « Le chemin qui conduit à la vie. »

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    Voici quel est le chemin, mes bien-aimés, par lequel nous avons trouvé le salut : Jésus Christ, le grand prêtre qui présente nos offrandes, le protecteur et le soutien de notre faiblesse (He 10,20 ; 7,27 ; 4,15). Par lui nous fixons nos regards sur les hauteurs des cieux ; par lui nous contemplons comme dans un miroir le visage pur et sublime du Père ; par lui se sont ouverts les yeux de notre cœur ; par lui notre intelligence bornée et ténébreuse s’épanouit à la lumière ; par lui, le Maître a voulu nous faire goûter la connaissance immortelle, lui qui est « lumière éclatante de la gloire du Père…, placé bien au-dessus des anges, car il possède par héritage un nom bien plus grand que les leurs » (He 1,3-4)…

    Considérons notre corps : la tête n’est rien sans les pieds, et de même les pieds ne sont rien sans la tête. Les moindres de nos membres sont nécessaires et bienfaisants pour le corps entier ; et même, tous servent le salut du corps entier en collaborant dans une soumission qui les unifie (1Co 12,12s). Assurons donc le salut du corps entier que nous formons dans le Christ Jésus, et que chacun se soumette à son prochain, selon le charisme que celui-ci a reçu. Que le fort se préoccupe du faible, que le faible respecte le fort ; que le riche subventionne le pauvre, que le pauvre rende grâce à Dieu qui lui a donné quelqu’un pour compenser son indigence. Que le sage montre sa sagesse non par des paroles, mais par de bonnes actions ; que l’humble ne se rende pas témoignage à lui-même, mais qu’il en laisse le soin à un autre. Que celui qui est chaste dans sa chair ne s’en vante pas, sachant que c’est un autre qui lui accorde la continence.

    Songeons donc, mes frères, de quelle matière nous sommes nés ; qu’étions-nous donc, quand nous sommes entrés dans le monde ? A partir de quel tombeau, de quelle obscurité, celui qui nous a façonnés et créés nous a-t-il introduits dans ce monde qui lui appartient ? Car il avait préparé ses bienfaits avant même notre naissance. Puisque nous tenons de lui tout cela, nous devons lui rendre grâce pour tout.

    Saint Clément de Rome, pape de 90 à 100 environ
    Lettre aux Corinthiens, § 36-38 (trad. bréviaire)

     

     

  • Solennité du Corps et du Sang du Christ

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    Chers frères et sœurs,

    La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l’histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n’est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l’avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles. Ce qu’Il dit est un événement, l’événement central de l’histoire du monde et de notre vie personnelle.

    Ces paroles sont inépuisables. Je voudrais méditer avec vous uniquement un seul aspect. Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le pain et le vin. À travers chacun de ces deux signes, il se donne entièrement, et non pas uniquement une partie de lui. Le Ressuscité n’est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s’approche de nous et s’unit à nous. Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le mystère de Jésus Christ. Au cours de la procession et dans l’adoration, nous regardons l’Hostie consacrée, – le type le plus simple de pain et de nourriture, composé uniquement d’un peu de farine et d’eau. Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels le Seigneur a accordé en premier lieu sa préférence. La prière à travers laquelle l’Église, au cours de la liturgie de la Messe, remet ce pain au Seigneur, le définit comme le fruit de la terre et du travail de l’homme. Celui-ci contient les peines de l’homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain. Toutefois, le pain n’est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons ; c’est le fruit de la terre et donc également un don. Car le fait que la terre porte des fruits n’est pas seulement l’un de nos mérites ; seul le Créateur pouvait lui conférer la fertilité. Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette prière de l’Église, en disant : le pain est fruit à la fois de la terre et du ciel. Il suppose la synergie des forces de la terre et des dons d’en haut, c’est-à-dire du soleil et de la pluie. Et l’eau aussi, dont nous avons besoin pour préparer le pain, nous ne pouvons pas la produire seuls. À une période où l’on parle de désertification et où nous entendons toujours plus de mises en garde contre le danger qu’hommes et bêtes meurent de soif dans les imagesrégions privées d’eau – en cette période, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l’eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls. Alors, en y regardant de plus près, ce petit morceau d’hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l’homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l’existence de l’homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. […]

    Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création : la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion : la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée ; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé : ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

    En la fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain. Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d’Israël au cours des quarante années passées dans le désert. L’Hostie est notre manne à travers laquelle le Seigneur nous nourrit – c’est véritablement le pain du ciel à travers lequel Il se donne lui-même.

    Au cours de la procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions : Guide-nous sur les routes de notre histoire ! Montre toujours à nouveau le droit chemin à l’Église et à ses pasteurs ! Regarde l’humanité qui souffre, qui erre dans l’incertitude parmi tant d’interrogations ; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente ! Donne aux hommes du pain pour le corps et pour l’âme ! Donne-leur du travail ! Donne-leur la lumière ! Donne-toi à eux ! Purifie-nous et sanctifie-nous tous ! Fais-nous comprendre que ce n’est qu’à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et atteindre sa pleine réalisation. Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Église, unis l’humanité déchirée ! Donne-nous ton salut ! Amen !

    Pour lire l’homélie complète :

    >>>Solennité du Corps et du Sang du Christ
    [Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

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    SÉQUENCE

    Sion, célèbre ton Sauveur,
    Chante ton chef et ton pasteur
    Par des hymnes et des chants.

    Tant que tu peux, tu dois oser,
    Car il dépasse tes louanges,
    Tu ne peux trop le louer.

    Le Pain vivant, le Pain de vie,
    Il est aujourd’hui proposé
    Comme objet de tes louanges.

    Au repas sacré de la Cène,
    Il est bien vrai qu’il fut donné
    Au groupe des douze frères.

    Louons-le à voix pleine et forte,
    Que soit joyeuse et rayonnante
    L’allégresse de nos coeurs !

    C’est en effet la journée solennelle
    Où nous fêtons de ce banquet divin
    La première institution.

    À ce banquet du nouveau Roi,
    La Pâque de la Loi nouvelle
    Met fin à la Pâque ancienne.

    L’ordre ancien le cède au nouveau,
    La réalité chasse l’ombre,
    Et la lumière, la nuit.

    Ce que fit le Christ à la Cène,
    Il ordonna qu’en sa mémoire
    Nous le fassions après lui.

    Instruits par son précepte saint,
    Nous consacrons le pain, le vin,
    En victime de salut.

    C’est un dogme pour les chrétiens
    Que le pain se change en son corps,
    Que le vin devient son sang.

    Ce qu’on ne peut comprendre et voir,
    Notre foi ose l’affirmer,
    Hors des lois de la nature.

    L’une et l’autre de ces espèces,
    Qui ne sont que de purs signes,
    Voilent un réel divin.

    Sa chair nourrit, son sang abreuve,
    Mais le Christ tout entier demeure
    Sous chacune des espèces.

    On le reçoit sans le briser,
    Le rompre ni le diviser ;
    Il est reçu tout entier.

    Qu’un seul ou mille communient,
    Il se donne à l’un comme aux autres,
    Il nourrit sans disparaître.

    Bons ou mauvais le consomment,
    Mais pour un sort bien différent,
    Pour la vie ou pour la mort.

    Mort des pécheurs, vie pour les justes ;
    Vois : ils prennent pareillement ;
    Quel résultat différent !

    Si l’on divise les espèces,
    N’hésite pas, mais souviens-toi
    Qu’il est présent dans un fragment
    Aussi bien que dans le tout.

    Le signe seul est partagé,
    Le Christ n’est en rien divisé,
    Ni sa taille ni son état
    N’ont en rien diminué.

    Le voici, le pain des anges,
    Il est le pain de l’homme en route,
    Le vrai pain des enfants de Dieu,
    Qu’on ne peut jeter aux chiens.

    D’avance il fut annoncé
    Par Isaac en sacrifice,
    Par l’agneau pascal immolé,
    Par la manne de nos pères.

    Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
    Ô Jésus, aie pitié de nous,
    Nourris-nous et protège-nous,
    Fais-nous voir les biens éternels
    Dans la terre des vivants.

    Toi qui sais tout et qui peux tout,
    Toi qui sur terre nous nourris,
    Conduis-nous au banquet du ciel
    Et donne-nous ton héritage,
    En compagnie de tes saints. Amen.

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

     

     

     

  • La vie communautaire : « Vous êtes tous frères »

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    Quoi qu’ils fassent, les frères doivent se montrer charitables et joyeux les uns avec les autres. Celui qui travaille parlera ainsi de celui qui prie : « Le trésor que mon frère possède, je l’ai, moi aussi, puisqu’il nous est commun. » De son côté, celui qui prie dira de celui qui lit : « Le bénéfice qu’il tire de sa lecture m’enrichit, moi aussi. » Et celui qui travaille dira encore : « C’est dans l’intérêt de la communauté que j’accomplis ce service. »

    Les multiples membres du corps ne forment qu’un seul corps et ils se soutiennent mutuellement en remplissant chacun sa tâche. L’œil voit pour tout le corps ; la main travaille pour les autres membres ; le pied, en marchant, les porte tous ; un membre souffre dès qu’un autre souffre. Voilà comment les frères doivent se comporter les uns avec les autres (cf. Rm 12, 4-5). Celui qui prie ne jugera pas celui qui travaille parce qu’il ne prie pas. Celui qui travaille ne jugera pas celui qui prie… Celui qui sert ne jugera pas les autres. Au contraire, chacun, quoi qu’il fasse, agira pour la gloire de Dieu (cf. 1Co 10,31 ; 2Co 4,15)…

    Ainsi une grande concorde et une sereine harmonie formeront « le lien de la paix » (Ép 4,3), qui les unira entre eux et les fera vivre avec transparence et simplicité sous le regard bienveillant de Dieu. L’essentiel, évidemment, c’est de persévérer dans la prière. D’ailleurs une seule chose est requise : chacun doit posséder en son cœur ce trésor qu’est la présence vivante et spirituelle du Seigneur. Qu’il travaille, prie ou lise, chacun doit pouvoir se dire en possession de ce bien impérissable qu’est le Saint Esprit.

     

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390), moine
    Troisième Homélie, 1-3 ; PG 34, 467-470 (trad. Orval)

     

     

  • Jésus se donne entièrement, jusqu’à donner son corps et son sang.

    St Sacrement

    Les immenses bienfaits dont le Seigneur a largement comblé le peuple chrétien élèvent celui-ci à une dignité inestimable. Il n’y a pas, en effet, et il n’y a jamais eu de nation dont les dieux soient aussi proches que notre Dieu l’est de nous (cf Dt 4,7). Le Fils unique de Dieu, dans le dessein de nous rendre participants de sa divinité, a assumé notre nature et s’est fait homme pour diviniser les hommes. Tout ce qu’il nous a emprunté, il l’a mis au service de notre salut. Car, pour notre réconciliation, il a offert son corps à Dieu le Père sur l’autel de la croix ; et il a répandu son sang comme rançon pour nous racheter de notre condition d’esclaves et pour nous purifier de tous nos péchés par le bain de régénération.

    Afin que demeure parmi nous le continuel souvenir d’un si grand bienfait, il a laissé aux croyants son corps en nourriture et son sang en breuvage sous les espèces du pain et du vin. O admirable et précieux festin qui apporte le salut et contient la douceur en plénitude ! Que pourrait-on trouver de plus précieux que ce repas où ce n’est pas la chair des veaux et des boucs, mais le Christ vrai Dieu qui nous est offert ?

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Leçons pour la fête du Corps du Christ (trad. Orval)

     

     

     

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 2,13-22.

    Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
    Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
    Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs,
    et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
    Ses disciples se rappelèrent cette parole de l’Écriture : L’amour de ta maison fera mon tourment.
    Les Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
    Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
    Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
    Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps.
    Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

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    Salomon, parce qu’il était prophète, a fait un temple de pierre et de bois…pour le Dieu vivant qui a fait le ciel et la terre, et dont la demeure est aux cieux… Pourquoi Dieu a-t-il demandé qu’un temple soit bâti ? Était-il privé de demeure ? Écoutez le discours d’Étienne, au moment de sa Passion : « Salomon, dit-il, lui construisit une maison, mais le Très-Haut n’habite pas les temples faits de main d’homme » (Ac 7,48). Pourquoi dès lors a-t-il bâti ou fait bâtir un temple ? Pour préfigurer le corps du Christ. Le premier temple n’était qu’une ombre (Col 2,17) : quand la lumière vient, l’ombre s’enfuit. Cherches-tu maintenant le temple construit par Salomon ? C’est une ruine que tu trouves. Pourquoi ce temple n’est-il que ruine ? Parce que la réalité qu’il annonçait s’est accomplie. Le vrai temple, le corps du Seigneur, est tombé aussi, mais il s’est relevé, et si bien relevé qu’il ne pourra jamais plus tomber…

    Et nos corps à nous ? Ils sont membres du Christ. Écoutez saint Paul : « Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres du Christ ? » (1Co 6,15) Lorsqu’il dit : « Vos corps sont les membres du Christ », qu’est-ce à dire, sinon que nos corps, joints à notre tête qui est le Christ (Col 1,18), font ensemble un temple unique, le temple de Dieu ? Avec le corps du Christ, nos corps sont ce temple… Laissez-vous construire dans l’unité, pour ne pas tomber en ruine en restant séparés.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon Morin n°3, 4 ; PLS 2, 664 (trad. Solesmes, Lectionnaire, t. 3, p. 916 rev.)

  • Solennité du Corps et du Sang du Christ

    Virgo Mater Adoratrix[2]

    Chers frères et sœurs,

    La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l’histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n’est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l’avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles. Ce qu’Il dit est un événement, l’événement central de l’histoire du monde et de notre vie personnelle.

    Ces paroles sont inépuisables. Je voudrais méditer avec vous uniquement un seul aspect. Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le pain et le vin. À travers chacun de ces deux signes, il se donne entièrement, et non pas uniquement une partie de lui. Le Ressuscité n’est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s’approche de nous et s’unit à nous. Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le mystère de Jésus Christ. Au cours de la procession et dans l’adoration, nous regardons l’Hostie consacrée, – le type le plus simple de pain et de nourriture, composé uniquement d’un peu de farine et d’eau. Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels le Seigneur a accordé en premier lieu sa préférence. La prière à travers laquelle l’Église, au cours de la liturgie de la Messe, remet ce pain au Seigneur, le définit comme le fruit de la terre et du travail de l’homme. Celui-ci contient les peines de l’homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain. Toutefois, le pain n’est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons ; c’est le fruit de la terre et donc également un don. Car le fait que la terre porte des fruits n’est pas seulement l’un de nos mérites ; seul le Créateur pouvait lui conférer la fertilité. Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette prière de l’Église, en disant : le pain est fruit à la fois de la terre et du ciel. Il suppose la synergie des forces de la terre et des dons d’en haut, c’est-à-dire du soleil et de la pluie. Et l’eau aussi, dont nous avons besoin pour préparer le pain, nous ne pouvons pas la produire seuls. À une période où l’on parle de désertification et où nous entendons toujours plus de mises en garde contre le danger qu’hommes et bêtes meurent de soif dans les régions privées d’eau – en cette période, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l’eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls. Alors, en y regardant de plus près, ce petit morceau d’hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l’homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l’existence de l’homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. […]

    Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création : la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion : la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée ; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé : ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

    En la fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain. Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d’Israël au cours des quarante années passées dans le désert. L’Hostie est notre manne à travers laquelle le Seigneur nous nourrit – c’est véritablement le pain du ciel à travers lequel Il se donne lui-même.

    Au cours de la procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions : Guide-nous sur les routes de notre histoire ! Montre toujours à nouveau le droit chemin à l’Église et à ses pasteurs ! Regarde l’humanité qui souffre, qui erre dans l’incertitude parmi tant d’interrogations ; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente ! Donne aux hommes du pain pour le corps et pour l’âme ! Donne-leur du travail ! Donne-leur la lumière ! Donne-toi à eux ! Purifie-nous et sanctifie-nous tous ! Fais-nous comprendre que ce n’est qu’à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et atteindre sa pleine réalisation. Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Église, unis l’humanité déchirée ! Donne-nous ton salut ! Amen !

    Pour lire l’Homélie complète :

    >>>Solennité du Corps et du Sang du Christ
    [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienPortugais]

     

    Messe et Procession Eucharistique
    Extraits de l’Homélie du Pape Benoît XVI
    Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran
    Jeudi 15 juin 2006

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

  • « Il institua les Douze. »

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    Le Seigneur Jésus, « que le Père a consacré et envoyé dans le monde », fait participer tout son Corps mystique à l’onction de l’Esprit qu’il a reçue : en lui, tous les chrétiens deviennent un « sacerdoce saint et royal », « offrant des sacrifices spirituels à Dieu par Jésus Christ, » et « proclament les hauts faits de celui qui les a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » Il n’y a donc aucun membre qui n’ait sa part dans la mission du Corps tout entier ; bien au contraire, chacun doit « sanctifier Jésus dans son cœur » et rendre témoignage à Jésus par l’esprit de prophétie.

    Mais le même Seigneur, voulant rassembler les chrétiens en un seul corps où « tous les membres n’ont pas la même fonction », a établi parmi eux des ministres qui, dans la communauté des chrétiens, seraient investis, par l’ordination, du pouvoir sacré d’offrir le sacrifice et de remettre les péchés et y exerceraient publiquement pour les hommes au nom du Christ la fonction sacerdotale. C’est ainsi que le Christ a envoyé ses apôtres comme lui-même avait été envoyé par le Père ; puis, par les apôtres eux-mêmes, il a fait participer à sa consécration et à sa mission les évêques, leurs successeurs. Leur fonction ministérielle a été transmise ensuite aux prêtres à un degré subordonné ; ceux-ci sont donc établis dans l’ordre du presbytérat pour être des coopérateurs de l’ordre épiscopal dans l’accomplissement de la mission apostolique confiée par le Christ.

    La fonction des prêtres, en tant qu’elle est unie à l’ordre épiscopal, participe à l’autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son Corps. C’est pourquoi le sacerdoce des prêtres, s’il suppose les sacrements de l’initiation de tous les chrétiens, est cependant conféré par un sacrement particulier qui, par l’onction du Saint Esprit, les marque d’un caractère spécial et les configure au Christ Prêtre pour les rendre capables d’agir au nom du Christ Tête en personne.

    Concile Vatican II
    Décret sur le ministère et la vie des prêtres « Presbyterorum ordinis », § 2

    (Références bibliques : Jn 10,36; Ep 5,30; Mt 3,16; Lc 4,18; 1P 2,5.9; 3,15; Ap 19,10; Rm 12,4; Jn 20,21)

     

     

     

     

  • Solennité du Corps et du Sang du Christ

    Messe et Procession Eucharistique
    Extraits de l’Homélie du Pape Benoît XVI
    Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran
    Jeudi 15 juin 2006

     

    Chers frères et sœurs,

    La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains, et, ayant prononcé la Bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est mon corps ». Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous. Et il dit: « Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24). Toute l’histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n’est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l’avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles.

    Ce qu’Il dit est un événement, l’événement central de l’histoire du monde et de notre vie personnelle.

    Ces paroles sont inépuisables. Je voudrais méditer avec vous uniquement un seul aspect. Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le pain et le vin. A travers chacun de ces deux signes, il se donne entièrement, et non pas uniquement une partie de lui. Le Ressuscité n’est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s’approche de nous et s’unit à nous. Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le mystère de Jésus Christ. Au cours de la procession et dans l’adoration, nous regardons l’Hostie consacrée, – le type le plus simple de pain et de nourriture, composé uniquement d’un peu de farine et d’eau. Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels le Seigneur a accordé en premier lieu sa préférence. La prière à travers laquelle l’Église, au cours de la liturgie de la Messe, remet ce pain au Seigneur, le définit comme le fruit de la terre et du travail de l’homme. Celui-ci contient les peines de l’homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain. Toutefois, le pain n’est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons; c’est le fruit de la terre et donc également un don. Car le fait que la terre porte des fruits n’est pas seulement l’un de nos mérites; seul le Créateur pouvait lui conférer la fertilité. Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette prière de l’Église, en disant: le pain est fruit à la fois de la terre et du ciel. Il suppose la synergie des forces de la terre et des dons d’en haut, c’est-à-dire du soleil et de la pluie. Et l’eau aussi, dont nous avons besoin pour préparer le pain, nous ne pouvons pas la produire seuls. A une période où l’on parle de désertification et où nous entendons toujours plus de mises en garde contre le danger qu’hommes et bêtes meurent de soif dans les régions privées d’eau – en cette période, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l’eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls. Alors, en y regardant de plus près, ce petit morceau d’Hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l’homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l’existence de l’homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. […]

    Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l’aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la création: la fête de joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l’évoquant à travers ce signe. Mais le vin parle également de la Passion: la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé: ce n’est qu’à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

    En la fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain. Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d’Israël au cours des quarante années passées dans le désert. L’Hostie est notre manne à travers laquelle le Seigneur nous nourrit – c’est véritablement le pain du ciel à travers lequel Il se donne lui-même.

    Au cours de la procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions : Guide-nous sur les routes de notre histoire! Montre toujours à nouveau le droit chemin à l’Église et à ses Pasteurs! Regarde l’humanité qui souffre, qui erre dans l’incertitude parmi tant d’interrogations; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente! Donne aux hommes du pain pour le corps et pour l’âme! Donne-leur du travail! Donne-leur la lumière! Donne-toi à eux! Purifie-nous et sanctifie-nous tous! Fais-nous comprendre que ce n’est qu’à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et atteindre sa pleine réalisation. Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Église, unis l’humanité déchirée! Donne-nous ton salut! Amen!

    Pour lire l’Homélie complète :

    >>>Solennité du Corps et du Sang du Christ
    [AllemandAnglaisEspagnolFrançaisItalienPortugais]

     

    Source principale : vatican.va (« Rév. x gpm »).

     

     

     

  • Précieux Sang

    Mes enfants, priez en ces temps, pour soulager les blessures de mon Fils, que Son Sang ne se déverse pas sans que vous ne l’ayez bu, pour qu’Il inonde votre cœur de la très grande force d’Amour et de Paix que Jésus répand sur vous. C’est Son Corps et Son Sang qu’il vous tend chaque jour pour vous éveiller et vous attacher à Son Père pour l’éternité.

    Soyez heureux et remerciant, mes enfants, qu’autrui bénéficie de votre gratitude et de votre Amour et Paix. Merci, mes enfants, de prier en chaque jour, dans votre attitude, vos gestes, votre parler, car tout votre être et ce qui s’en dégage doit être ressemblance à l’Amour Divin.

    Marie Mère des hommes – février 2007

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