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  • Le mardi saint

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    Le Seigneur s’est revêtu de notre faiblesse pour recouvrir notre inconstance de la fermeté de sa force. Il était venu du ciel en ce monde comme un marchand riche et bienfaisant, et, par un admirable échange avait conclu un marché : prenant ce qui était à nous, il nous accordait ce qui était à lui ; pour ce qui faisait notre honte il donnait l’honneur, pour les douleurs la guérison, pour la mort la vie…

    Le saint apôtre Pierre a fait le premier l’expérience de combien cette humilité a été profitable à tous les croyants. Ébranlé par la tempête violente de son trouble, il est revenu à lui par ce brusque changement, et a retrouvé sa force. Il avait trouvé le remède dans l’exemple du Seigneur… Le serviteur en effet « ne pouvait pas être plus grand que son seigneur ni le disciple que son maître » (Mt 10,24), et il n’aurait pas pu vaincre le tremblement de la fragilité humaine si le vainqueur de la mort n’avait d’abord tremblé. Le Seigneur donc a regardé Pierre (Lc 22,61) ; au milieu des calomnies des prêtres, des mensonges des témoins, des injures de ceux qui le frappaient et le bafouaient, il a rencontré son disciple ébranlé avec ces yeux qui avaient vu son trouble d’avance. La Vérité l’a pénétré de son regard là où son cœur avait besoin de guérison. C’était comme si la voix du Seigneur s’y était fait entendre pour lui dire : « Où vas-tu, Pierre ? Pourquoi te retirer en toi-même ? Reviens à moi, fais-moi confiance et suis-moi. Ce temps-ci est celui de ma Passion, l’heure de ton supplice n’est pas encore venue. Pourquoi craindre maintenant ? Toi aussi tu surmonteras. Ne te laisse pas déconcerté par la faiblesse que j’ai prise. C’est à cause de ce que j’ai pris de toi que j’ai tremblé, mais toi, sois sans crainte à cause de ce que tu tiens de moi. »

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    Sermon 3 sur la Passion, 4-5 ; PL 54, 320-321 (trad. cf Orval et SC 74 bis p. 59)

     

     

     

    Psaume71

     

     

     

     

     

     

  • Le lundi saint

    Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,1-11.

     

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    Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts.
    On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus.
    Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
    Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :
    « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? »
    Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait.
    Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement !
    Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
    Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts.
    Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare,
    parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

     

     

     

    Psaume27

     

     

     

     

  • Dimanche des Rameaux et de la Passion

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    C’est sous deux aspects bien différents que la fête d’aujourd’hui présente aux enfants des hommes celui que notre âme désire (Is 26,9), « le plus beau des enfants des hommes » (Ps 44,3). Il attire notre regard sous les deux aspects ; sous l’un et l’autre nous le désirons et nous l’aimons, car en l’un et l’autre il est le Sauveur des hommes…

    Si on considère en même temps la procession d’aujourd’hui et la Passion, on voit Jésus, d’un côté sublime et glorieux, de l’autre humilié et douloureux. Car dans la procession il reçoit des honneurs royaux, et dans la Passion on le voit châtié comme un malfaiteur. Ici, la gloire et l’honneur l’environnent ; là « il n’a ni apparence ni beauté » (Is 53,2). Ici, il est la joie des hommes et la fierté du peuple ; là, c’est « la honte des hommes et le mépris du peuple » (Ps 21,7). Ici, on l’acclame : « Hosanna au fils de David. Béni soit le roi d’Israël qui vient ! » Là, on hurle qu’il mérite la mort et on se moque de lui parce qu’il s’est fait roi d’Israël. Ici, on accourt vers lui avec des palmes ; là, ils le soufflettent au visage avec leurs paumes, et on frappe sa tête à coups de roseau. Ici, on le comble d’éloges ; là, il est rassasié d’injures. Ici, on se dispute pour joncher sa route avec le vêtement des autres ; là, on le dépouille de ses propres vêtements. Ici, on le reçoit dans Jérusalem comme le roi juste et le Sauveur ; là, il est chassé de Jérusalem comme un criminel et un imposteur. Ici, il est monté sur un âne, entouré d’hommages ; là, il est pendu au bois de la croix, déchiré par les fouets, transpercé de plaies et abandonné par les siens…

    Seigneur Jésus, que ton visage apparaisse glorieux ou humilié, toujours on y voit luire la sagesse. De ton visage rayonne l’éclat de la lumière éternelle (Sg 7,26). Que brille toujours sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage (Ps 4,7) dans les tristesses comme dans les joies… Tu es la joie et le salut de tous, qu’ils te voient monté sur l’âne ou suspendu au bois de la croix.

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    3e Sermon pour le dimanche des Rameaux ; SC 202 (trad. cf SC, p. 188s et Delhougne, p. 195)

     

     

     

     

  • « Abraham a vu mon jour. »

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    Considérons la récompense qu’Abraham réclame au Seigneur. Il ne demande pas des richesses comme un avare, ni une longue vie comme celui qui craint la mort, ni la puissance, mais il demande un digne héritier de son travail : « Que me donneras-tu, dit-il ? Je m’en vais sans enfants » (Gn 15,2)… Agar a mis au monde un fils, Ismaël, mais Dieu lui dit : « Ce ne sera pas lui ton héritier, mais un autre issu de toi » (Gn 15,4). De quel autre parle-t-il ? Il ne s’agit pas d’Ismaël mais de saint Isaac… Mais dans le fils légitime Isaac, nous pouvons voir le véritable fils légitime, le Seigneur Jésus Christ qui, au début de l’évangile de saint Matthieu, est appelé fils d’Abraham (Mt 1,1). Il s’est montré vrai fils d’Abraham en faisant resplendir la descendance de son ancêtre ; c’est grâce à lui qu’Abraham a regardé vers le ciel et a pu voir sa postérité briller comme les étoiles (Gn 15,5). L’apôtre Paul dit : « Une étoile diffère en éclat d’une autre étoile ; il en est ainsi pour la résurrection des morts » (1Co 15,41). En associant à sa résurrection les hommes que la mort gardait en terre, le Christ leur a donné part au royaume du ciel.

    La filiation d’Abraham s’est propagée uniquement par l’héritage de la foi, qui nous prépare au ciel, nous rapproche des anges, nous élève jusqu’aux étoiles. « Dieu dit : ‘Telle sera ta descendance’ et Abraham crut en Dieu » (Gn 15,6). Il a cru que le Christ par son incarnation serait son héritier. Pour te le faire savoir, le Seigneur a dit : « Abraham a vu mon jour et s’est réjoui ». Dieu l’a considéré comme juste parce qu’il n’a pas demandé d’explication mais a cru sans la moindre hésitation. Il est bon que la foi devance les explications, sinon nous aurions l’air d’en demander au Seigneur notre Dieu, comme à un homme. Quelle inconvenance de croire des hommes quand ils témoignent au sujet d’un autre, et de ne pas croire Dieu quand il parle de lui ! Imitons donc Abraham pour hériter le monde par la justification de la foi, qui l’a fait hériter de la terre.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Abraham, livre I, 19-20 (trad. coll. Pères dans la foi 74, Migne 1999, p. 49)

     

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  • « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je suis. »

     

     

    Le Christ a pris la mort, il l’a attachée à la croix, et les hommes mortels ont été délivrés de la mort. Ce qui était arrivé symboliquement autrefois, le Seigneur le rappelle : « De même que Moïse a élevé le serpent dans le désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que tous ceux qui croient en lui ne périssent pas, mais qu’ils aient la vie éternelle » (Jn 3,14). Mystère profond !… Le Seigneur ordonna en effet à Moïse de fabriquer un serpent d’airain, de l’élever sur un bois au milieu du désert et d’avertir le peuple d’Israël que, si quelqu’un était mordu par un serpent, il regarde le serpent élevé sur le bois. Ils regardaient et ils étaient guéris (Nb 21,6-9).

    Que représentent les serpents qui mordent ? Les péchés qui proviennent de la mortalité de la chair. Et quel est le serpent qui est élevé ? La mort du Seigneur en croix. En effet, comme la mort est venue par le serpent (Gn 3), elle a été symbolisée par l’effigie d’un serpent. La morsure du serpent donne la mort ; la mort du Seigneur donne la vie. Qu’est-ce à dire ? Pour que la mort n’ait plus aucun pouvoir, on regarde la mort. Mais la mort de qui ? La mort de la Vie, si on peut parler de la mort de la Vie, et comme on peut le dire, l’expression est merveilleuse. Est-ce que je vais hésiter à dire ce que le Seigneur a daigné faire pour moi ? Le Christ n’est-il pas la Vie ? Et pourtant le Christ a été crucifié. Le Christ n’est-il pas la Vie ? Et pourtant le Christ est mort. Dans la mort du Christ, la mort a trouvé la mort… ; la plénitude de la Vie a englouti la mort, la mort a été anéantie dans le corps du Christ. C’est ce que nous dirons à la résurrection quand, triomphants, nous chanterons : « Mort, où est ta puissance ? Mort, où est ton aiguillon ? » (1Co 15,55).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Jean, n°12 (trad. Bibliothèque augustinienne, DDB 1969, t. 71, p. 655 rev.)

     

     

     

  • Cinquième dimanche de Carême

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    Étant Dieu véritable, tu connaissais, Seigneur, le sommeil de Lazare et tu l’as prédit à tes disciples… Étant dans la chair, toi qui es pourtant sans limite, tu viens à Béthanie. Vrai homme, tu pleures sur Lazare ; vrai Dieu, par ta volonté tu ressuscites ce mort de quatre jours. Aie pitié de moi, Seigneur ; nombreuses sont mes transgressions. De l’abîme des maux, je t’en supplie, ramène-moi. C’est vers toi que j’ai crié ; écoute-moi, Dieu de mon salut.

    Pleurant sur ton ami, dans ta compassion tu as mis fin aux larmes de Marthe, et par ta Passion volontaire tu as essuyé toute larme du visage de ton peuple (Is 25,8). « Dieu de nos Pères, tu es béni. » (Esd 7,27) Gardien de la vie, tu as appelé un mort comme s’il dormait. Par une parole tu as déchiré le ventre des enfers et tu as ressuscité celui qui s’est mis à chanter : « Dieu de nos Pères, tu es béni ». Moi, étranglé par les liens de mes péchés, relève-moi aussi et je chanterai : « Dieu de nos Pères, tu es béni »…

    Dans sa reconnaissance Marie t’apporte, Seigneur, un vase de myrrhe comme un dû pour son frère (Jn 12,3), et elle te chante dans tous les siècles. Comme mortel, tu invoques le Père ; comme Dieu, tu réveilles Lazare. C’est pourquoi nous te chantons, ô Christ, pour les siècles des siècles… Tu réveilles Lazare, un mort de quatre jours ; tu le fais surgir du tombeau, le désignant ainsi comme témoin véridique de ta résurrection le troisième jour. Tu marches, tu pleures, tu parles, mon Sauveur, montrant ta nature humaine ; mais en réveillant Lazare tu révèles ta nature divine. De manière indicible, Seigneur mon Sauveur, selon tes deux natures, souverainement, tu as accompli mon salut.

    Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l’Église
    Triode des Matines du Samedi de Lazare, Odes 6-9 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 148 rev.)

     

     

     

  • Docteur des âmes

     

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    Ma conversion est arrivée de manière très inattendue. Je ne la demandais pas, je ne la souhaitais pas. J’étais jeune et bien dans ma peau. Pas besoin de savoir qui faisait tourner le monde. J’étais heureux, tout me réussissait. (…) En un instant, j’ai eu la certitude, formidable, de la non-existence de Dieu. Le temps d’aller noter cette découverte sur mon carnet, j’en suis arrivé à l’illumination contraire. J’ai expérimenté la visite, « le frôlement » de quelqu’un que j’ai appelé Dieu par manque de vocabulaire et qui me manifestait son existence, sa présence, son amour, sa miséricorde. J’ai passé la nuit entière dans une prière sans mots…
    Cette « illumination » a provoqué une telle plénitude, une telle sensation de bien-être, de toucher à un bonheur apaisant que cela ne pouvait venir que de Dieu. Je ne vois pas comment on peut fabriquer soi-même une joie aussi pure. J’ai donc fait place à cet être infini et proche. Le Christ ne s’est pas imposé d’emblée. Je me suis d’abord tourné vers les autres religions monothéistes. J’étais attiré par le judaïsme et l’islam. Puis j’ai progressivement découvert la Trinité. Les Évangiles sont alors devenus mes protéines quotidiennes.
    C’est par la messe que je me suis rapproché du Christ. La présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie ne m’étonne pas de la part du « visiteur du soir » qui m’a cherché alors que je ne le cherchais pas. Cet être immense veut, à l’invocation du prêtre, se donner à l’homme dans le pain ! On reconnaît la faim inouïe de Dieu envers l’homme.
    Et puis la Résurrection m’a bouleversé. C’est la plus grande nouvelle de l’histoire de l’humanité et nous sommes détenteurs de ce message fou et foudroyant : « la mort n’existe pas ». Vous imaginez cette dépêche au journal de 20 heures ? Voilà ce qu’a annoncé Marie de Magdala un dimanche matin. Quelle joie ! L’Évangile est rempli de cette joie. Et c’est pour moi devenu une attitude fondamentale.

    Témoignage de Didier Decoin, écrivain.
    «J’ai senti le frôlement de quelqu’un que j’ai appelé Dieu»
    croire.com 13/03/2017

     

     

     

  • « Vous scrutez les Écritures… ; or ce sont elles qui me rendent témoignage. »

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    La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert, qui devient pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle : « Ils ont mangé un aliment spirituel, et ils ont bu un breuvage spirituel » (1Co 10,3 ; Ex 17,1s).

    Que celui qui obtient en partage une de ces richesses n’aille pas croire qu’il n’y a dans la parole de Dieu que ce qu’il y trouve ; qu’il se rende compte plutôt qu’il n’a été capable d’y découvrir qu’une seule chose parmi bien d’autres. Enrichi par la parole, qu’il ne croie pas que celle-ci est appauvrie ; incapable d’épuiser sa richesse, qu’il rende grâces pour sa grandeur. Réjouis-toi, parce que tu es rassasié, mais ne t’attriste pas de ce que la richesse de la parole te dépasse.

    Celui qui a soif se réjouit de boire, mais il ne s’attriste pas de son impuissance à épuiser la source. Mieux vaut que la source apaise ta soif, plutôt que ta soif n’épuise la source. Si ta soif est étanchée sans que la source soit tarie, tu pourras y boire à nouveau, chaque fois que tu auras soif. Si, au contraire, en te rassasiant, tu épuisais la source, ta victoire deviendrait ton malheur. Rends grâces pour ce que tu as reçu et ne murmure pas pour ce qui demeure inutilisé. Ce que tu as pris et emporté est ta part ; mais ce qui reste est aussi ton héritage.

    Saint Ephrem (v. 306-373), diacre en Syrie, docteur de l’Église
    Commentaire de l’Évangile concordant, 1, 18-19 ; SC 121 (trad. SC, p. 52-53)

     

     

     

  • « Mon Père, jusqu’à maintenant, est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre. »

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    Nous voudrions expliquer comment sont également vrais deux textes : celui de la Genèse où il est écrit que Dieu se reposa le septième jour de toutes ses œuvres et celui de l’Évangile où le Seigneur, par qui toutes choses ont été faites, dit : « Mon Père est à l’œuvre jusqu’à maintenant, et moi aussi je suis à l’œuvre »… L’observation du sabbat a été prescrite aux juifs pour préfigurer le repos spirituel que Dieu promettait aux fidèles qui feraient de bonnes œuvres. Repos dont le Seigneur Jésus Christ… a confirmé le mystère par sa sépulture. Car c’est le jour du sabbat qu’il a reposé dans le tombeau… lorsqu’il avait consommé toutes ses œuvres…

    On peut penser que Dieu s’est reposé d’avoir créé les divers genres de créatures, parce qu’il n’a plus créé ensuite de nouveaux genres, mais… que, même en ce septième jour, il n’a pas cessé de gouverner le ciel, la terre et tous les autres êtres qu’il avait créés ; sinon, ils auraient aussitôt sombré dans le néant. Car la puissance du Créateur, la force du Tout-Puissant, est la cause par laquelle subsiste toute créature… Il n’en est pas en effet de Dieu comme d’un architecte : la maison est achevée, celui-ci s’en va et… l’œuvre subsiste ; au contraire, le monde ne pourrait subsister, ne serait-ce l’instant d’un clin d’œil, si Dieu lui retirait son appui…

    C’est ce que dit l’apôtre Paul quand il est venu annoncer Dieu aux Athéniens : « En lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17,28)… En effet, nous ne sommes pas en Dieu comme sa propre substance, au sens où il est dit qu’« il a la vie en lui-même » ; mais, puisque nous sommes autre chose que lui, nous ne pouvons être en lui que parce qu’il agit ainsi : « Sa Sagesse s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre et elle gouverne l’univers » (Sg 8,1)…

    Les œuvres bonnes que Dieu a faites (Gn 1,31), nous les voyons ; son repos, nous le verrons après avoir accompli nos bonnes œuvres.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    La Genèse au sens littéral, 4, 11-13 [21-24] (trad. Bibliothèque Augustinienne, t. 48, DDB 1972, p. 307s rev.)

     

     

     

  • Carême

    Psaume 46

     

    Ce temps de retraite, ce temps de Carême, cette marche vers Pâques, doit être aussi un temps de relation, d’intimité, d’amitié avec le Seigneur. En d’autres termes : un temps de renouvellement de notre prière.
    Lorsqu’il priait, le curé d’Ars disait : « Je l’avise et il m’avise. » Le temps de prière est une vraie discussion avec le Seigneur ; c’est une conversation, il nous répond. Il est important que tout ce qui fait notre vie puisse entrer dans le dialogue de prière, dans ce dialogue avec le Seigneur. Rien de ce que nous vivons n’est étranger au souci de Dieu. Ne laissez pas de côté une partie de votre vie. Dieu s’intéresse à tout nous-mêmes, à toute notre vie. Sinon Dieu n’aurait pas pris la condition humaine pour nous sauver.
    Avec un ami, on parle, on discute, on écoute, on est présent, on regarde… Aujourd’hui, simplement, durant ce temps de prière, parlez au Seigneur comme à un ami. Ouvrez votre cœur et entrez dans son amour. Regardez-le qui vous regarde et laissez-vous aimer et saisir par lui. Cette contemplation sera votre nourriture.

    Mgr Jérôme Beau, Évêque Auxiliaire de Paris et Directeur de l’Œuvre des Vocations
    « Dieu s’intéresse t-il donc à ma vie ? »