Étiquette : carême

  • « Lui qui était dans la condition de Dieu (…) se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. » (Ph 2,6-7)

    Le Seigneur Jésus, Sauveur de tous, « se fait tout à tous » (1Co 9,22), de manière à se révéler plus petit que les petits, plus grand que les grands. Pour sauver une âme surprise en adultère et accusée par les démons, il s’abaisse jusqu’à écrire du doigt sur la terre (…). Il est lui-même cette sainte et sublime échelle que le voyageur Jacob a vue dans son sommeil (Gn 28,12), l’échelle dressée de la terre jusqu’à Dieu et tendue par Dieu à la terre. Quand il le veut, il monte jusqu’à Dieu, parfois accompagné de quelques-uns, parfois sans qu’aucun homme puisse le suivre. Et quand il le veut, il rejoint la foule des hommes, guérit les lépreux, mange avec les publicains et les pécheurs, touche les malades pour les guérir.

    Bienheureuse est l’âme qui peut suivre le Seigneur Jésus partout où il va, montant dans le repos de la contemplation et d’autre part descendant par l’exercice de la charité, le suivant jusqu’à s’abaisser dans le service, à aimer la pauvreté, à supporter la fatigue, le travail, les pleurs, la prière, et finalement la compassion et la passion. Car il est venu pour obéir jusqu’à la mort, pour servir, non pour être servi, et donner, non de l’or ou de l’argent, mais son enseignement et son assistance à la multitude, sa vie pour la multitude (Mc 10,45). (…)

    Que ce soit donc pour vous le modèle de la vie, frères : (…) suivre le Christ en montant vers le Père, (…) suivre le Christ en descendant vers le frère, ne refusant aucun exercice de charité, se faisant tout à tous.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171)

     

     

     

  • Par sa croix le Christ rassemble les hommes divisés et dispersés

    Le Christ a scellé en son sang un pacte nouveau, c’est-à-dire la Nouvelle Alliance (1Co 11,25), en appelant d’entre les juifs et les païens une multitude qui s’unirait non pas selon la chair mais dans l’Esprit, afin de constituer le nouveau Peuple de Dieu… : « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis… ; eux qui jadis n’étaient pas un peuple sont maintenant le peuple de Dieu » (1P 2,9-10)…

    Ce peuple messianique, s’il ne comprend pas effectivement tous les hommes et n’apparaît parfois que comme un petit troupeau, n’en est pas moins au sein de toute l’humanité le germe très fort d’unité, d’espérance et de salut. Établi par le Christ en communion de vie, de charité et de vérité, il s’en sert comme l’instrument pour la rédemption de tous les hommes, et il est envoyé au monde entier comme lumière du monde et sel de la terre (Mt 5,13s)… Dieu a convoqué la communauté de ceux qui regardent avec foi vers Jésus, auteur du salut, principe d’unité et de paix, et il en a fait l’Église, afin qu’elle soit pour tous et pour chacun le sacrement visible de cette unité salvifique.

    Cette Église qui doit s’étendre à toute la terre et entrer dans l’histoire humaine, domine en même temps les époques et les frontières des peuples. Dans sa marche au milieu des embûches et des tribulations qu’elle rencontre, elle est soutenue par le secours de la grâce divine que le Seigneur lui a promise, pour que dans la faiblesse de la condition humaine, elle ne cesse pas d’être parfaitement fidèle, mais demeure la digne épouse de son Seigneur, et ne cesse de se renouveler sous l’action de l’Esprit Saint, jusqu’à ce que, par la croix, elle parvienne à la lumière qui ne connaît pas de déclin.

    Concile Vatican II
    Constitution dogmatique sur l’Eglise « Lumen Gentium », § 9

     

     

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    Mes enfants,
     
    Merci de me lire et de m’accorder vos prières. Il faut en ces temps de jeûne et de prière, accentuer vos efforts d’Amour et de Paix.
    Mes enfants, il faut prier pour tous vos frères qui sont dans l’ennui et la tourmente de l’incertitude et du découragement. Priez, Priez, Priez afin que l’Esprit de Dieu apporte son souffle de repos sur ces êtres. Mes enfants, ne laissez pas votre esprit s’égarer en d’illusoires supputations et suppositions d’un avenir que vous ne connaissez pas et que vous cherchez tant à deviner. Vous devez infléchir votre pensée dans la confiance en l’Éternel, Notre Père et Seigneur. Le vagabondage de l’esprit n’est que le reflet de désirs intérieurs et souvent peu conciliables avec votre avenir. Unissez-vous dans une prière ferme et sans détour. Approfondissez par la réflexion les paroles Divines et réalisez la portée de ces messages pour vous guider vous-mêmes, avant de vouloir gérer un itinéraire utopique pour autrui.
     
    Marie Mère des hommes – Mars 1995
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  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,8-14.

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    Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière
    – or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité –
    et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur.
    Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt.
    Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même d’en parler.
    Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière,
    et tout ce qui devient manifeste est lumière. C’est pourquoi l’on dit : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

     

     

     

  • Union de prière

     

    En union de prière, tous les soirs à 18h35 pour les Stes âmes du Purgatoire, tous les jours pour les neuvaines d’Ardouane, et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde.

     

     

  • Vivre pour le louer

    Pour chacune de nous, pourvu qu’elle soit saine et valide, le jeûne devrait être perpétuel. Les jeudis ordinaires, le jeûne est laissé au gré de chaque sœur, et celle qui préférerait ne pas jeûner doit être laissée libre. Quant à nous qui nous portons bien, nous jeûnons tous les jours sauf le dimanche et le jour de Noël. Nous ne sommes pas non plus obligées de jeûner durant le temps pascal, ainsi que nous le savons par un billet de saint François, ni aux fêtes de sainte Marie et des saints Apôtres, à moins qu’elles ne tombent un vendredi. Comme je l’ai dit plus haut, nous qui sommes bien portantes et valides, nous nous contentons chaque jour des seuls aliments permis en carême.

    Cependant, nous n’avons pas un corps d’acier ni une solidité de granit ; nous sommes faibles et sujettes aux infirmités de la nature. Aussi je te prie, sœur bien-aimée, de modérer avec sagesse et discernement la rigueur exagérée de ton abstinence dont j’ai eu des échos. Et je te demande dans le Seigneur de vivre pour le louer, de rendre raisonnables les hommages que tu lui rends, et de toujours assaisonner ton sacrifice du sel de la sagesse.

    Je te souhaite une santé aussi bonne que je puis le désirer pour moi-même.

    Sainte Claire d’Assise (1193-1252)

     

     

     

  • Le mercredi des Cendres

    Nous entamons aujourd’hui les saints quarante jours du carême, et il nous faut examiner attentivement pourquoi cette abstinence est observée pendant quarante jours. Moïse, pour recevoir la Loi une seconde fois, a jeûné quarante jours (Ex 34,28). Élie, dans le désert, s’est abstenu de manger quarante jours (1R 19,8). Le Créateur des hommes lui-même, venant parmi les hommes, n’a pas pris pas la moindre nourriture pendant quarante jours (Mt 4,2). Efforçons-nous, nous aussi, autant que cela nous est possible, de refréner notre corps par l’abstinence en ce temps annuel des saints quarante jours (…), afin de devenir, selon le mot de Paul, « une hostie vivante » (Rm 12,1). L’homme est une offrande à la fois vivante et immolée (cf Ap 5,6) lorsque, sans quitter cette vie, il fait cependant mourir en lui les désirs de ce monde.

    C’est la satisfaction de la chair qui nous a entraînés au péché (Gn 3,6) ; que la chair mortifiée nous ramène au pardon. L’auteur de notre mort, Adam, a transgressé les préceptes de vie en mangeant le fruit défendu de l’arbre. Il faut donc que nous, qui sommes déchus des joies du Paradis par le fait de la nourriture, nous nous efforcions de les reconquérir par l’abstinence.

    Mais que personne ne s’imagine que seule cette abstinence nous suffise. Le Seigneur dit par la bouche du prophète : « Le jeûne que je préfère ne consiste-t-il pas plutôt en ceci ? Partager ton pain avec l’affamé, recevoir chez toi les pauvres et les vagabonds, habiller celui que tu vois sans vêtement, et ne pas mépriser ton semblable » (Is 58,6-7). Voilà le jeûne que Dieu approuve (…) : un jeûne réalisé dans l’amour du prochain et imprégné de bonté. Prodigue donc aux autres ce que tu retires à toi-même; ainsi, ta pénitence corporelle soulagera le bien-être corporel de ton prochain qui est dans le besoin.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • Samedi Saint (Veillée Pascale)

    Nous les mortels, nous devons dormir pour réparer nos forces et donc interrompre notre vie par cette image de la mort, qui nous laisse au moins des bribes de vie. Ainsi, tous ceux qui veillent dans la chasteté, l’innocence et la ferveur se préparent sans nul doute à la vie des anges ; contre ce fardeau de mort, ils trouvent grâce dans l’éternité… Maintenant, mes frères, écoutez les quelques mots que je vais dire sur la veille que nous accomplissons cette nuit…

    Notre Seigneur Jésus Christ est ressuscité d’entre les morts le troisième jour : nul chrétien n’a de doute là-dessus. Les saints évangiles attestent que l’événement s’est produit en cette nuit… Ce n’est pas de la lumière aux ténèbres mais des ténèbres à la lumière que nous nous efforçons de monter. L’apôtre Paul nous y engage : « La nuit est bien avancée ; le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière » (Rm 13,12)… Nous veillons donc en cette nuit où le Seigneur est ressuscité et où il a commencé en sa propre chair la vie dont je vous parlais à l’instant, qui ne connaît ni mort ni sommeil. Et cette chair qu’il a relevée du tombeau ne mourra plus, et ne retombera plus sous la loi de la mort.

    Les femmes qui l’aimaient sont venues à l’aube visiter son tombeau ; au lieu de trouver son corps, elles entendirent des anges leur annoncer la résurrection. Il est donc clair qu’il est ressuscité la nuit qui précédait cette aube. Ainsi, celui dont nous célébrons la résurrection en nos veilles prolongées, celui-là nous donnera de régner avec lui dans une vie sans fin. Et quand bien même, à l’heure où nous veillons, son corps soit encore dans la tombe et qu’il ne soit pas encore ressuscité, notre veille garderait tout son sens : car il a dormi pour que nous veillions, Lui qui est mort pour que nous vivions.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • Vendredi Saint : Célébration de la Passion du Seigneur

    « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu. » (Jn 1,1) Il est identique à lui-même ; ce qu’il est, il l’est toujours ; il ne peut changer, il est l’être. C’est le nom qu’il fit connaître à son serviteur Moïse : « Je suis celui qui suis » et « Tu diras : Celui qui est, m’a envoyé » (Ex 3,14)… Qui peut le comprendre ? Ou qui pourra parvenir à lui –- à supposer qu’il dirige toutes les forces de son esprit pour atteindre tant bien que mal celui qui est ? Je le comparerai à un exilé, qui de loin voit sa patrie : la mer l’en sépare ; il voit où aller, mais n’a pas le moyen d’y aller. Ainsi nous voulons parvenir à ce port définitif qui sera nôtre, là où est celui qui est, car lui seul est toujours le même, mais l’océan de ce monde nous coupe la voie…

    Pour nous donner le moyen d’y aller, celui qui nous appelle est venu de là-bas ; il a choisi un bois pour nous faire traverser la mer : oui, nul ne peut traverser l’océan de ce monde que porté par la croix du Christ. Même un aveugle peut étreindre cette croix ; si tu ne vois pas bien où tu vas, ne la lâche pas : elle te conduira d’elle-même. Voilà mes frères ce que j’aimerais faire entrer dans vos cœurs : si vous voulez vivre dans l’esprit de piété, dans l’esprit chrétien, attachez-vous au Christ tel qu’il s’est fait pour nous, afin de le rejoindre tel qu’il est, et tel qu’il a toujours été. C’est pour cela qu’il est descendu jusqu’à nous, car il s’est fait homme afin de porter les infirmes, de leur faire traverser la mer et de leur faire aborder dans la patrie, où il n’est plus besoin de navire parce qu’il n’y a plus d’océan à passer. À tout prendre, mieux vaudrait ne pas voir par l’esprit celui qui est, mais embrasser la croix du Christ, que le voir par l’esprit et mépriser la croix. Puissions-nous, pour notre bonheur, à la fois voir où nous allons et nous cramponner au navire qui nous emporte… ! Certains y ont réussi, et ils ont vu ce qu’il est. C’est parce qu’il l’a vu que Jean a dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était face à Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ils l’ont vu ; et pour parvenir à ce qu’ils voyaient de loin, ils se sont attachés à la croix du Christ, ils n’ont pas méprisé l’humilité du Christ.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • Jeudi Saint

    Dieu est charité (1 Jn 4, 8). Et celui qui entreprendrait de le définir serait un aveugle voulant compter les grains de sable de la mer.

    La charité quant à sa nature, est une ressemblance avec Dieu, pour autant qu’il est possible aux mortels de lui ressembler ; quant à son activité, c’est une ivresse de l’âme ; quant à sa vertu propre, c’est la source de la foi, un abîme de patience, un océan d’humilité.

    La charité est avant tout le rejet de toute pensée d’inimitié, car la charité ne pense pas le mal. La charité, l’impassibilité et l’adoption filiale ne se distinguent que par le nom. Comme la lumière, le feu et la flamme concourent à un seul effet, il en est de même pour ces trois réalités.

    Celui qui a parfaitement uni à Dieu sa sensibilité profonde est initié par lui au mystère de ses paroles ; mais sans cette union, il est difficile de parler de Dieu.

    Si le visage d’un être aimé produit dans tout notre être un changement manifeste et nous rend joyeux, gais et insouciants, que ne fera pas la face du Seigneur dans une âme pure quand il viendra y demeurer.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)