Étiquette : carême

  • Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,8-14.

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    Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière
    – or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité –
    et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur.
    Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt.
    Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même d’en parler.
    Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière,
    et tout ce qui devient manifeste est lumière. C’est pourquoi l’on dit : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

     

     

     

  • Union de prière

     

    En union de prière, tous les soirs à 18h35 pour les Stes âmes du Purgatoire, tous les jours pour les neuvaines d’Ardouane, et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde.

     

     

  • Vivre pour le louer

    Pour chacune de nous, pourvu qu’elle soit saine et valide, le jeûne devrait être perpétuel. Les jeudis ordinaires, le jeûne est laissé au gré de chaque sœur, et celle qui préférerait ne pas jeûner doit être laissée libre. Quant à nous qui nous portons bien, nous jeûnons tous les jours sauf le dimanche et le jour de Noël. Nous ne sommes pas non plus obligées de jeûner durant le temps pascal, ainsi que nous le savons par un billet de saint François, ni aux fêtes de sainte Marie et des saints Apôtres, à moins qu’elles ne tombent un vendredi. Comme je l’ai dit plus haut, nous qui sommes bien portantes et valides, nous nous contentons chaque jour des seuls aliments permis en carême.

    Cependant, nous n’avons pas un corps d’acier ni une solidité de granit ; nous sommes faibles et sujettes aux infirmités de la nature. Aussi je te prie, sœur bien-aimée, de modérer avec sagesse et discernement la rigueur exagérée de ton abstinence dont j’ai eu des échos. Et je te demande dans le Seigneur de vivre pour le louer, de rendre raisonnables les hommages que tu lui rends, et de toujours assaisonner ton sacrifice du sel de la sagesse.

    Je te souhaite une santé aussi bonne que je puis le désirer pour moi-même.

    Sainte Claire d’Assise (1193-1252)

     

     

     

  • Le mercredi des Cendres

    Nous entamons aujourd’hui les saints quarante jours du carême, et il nous faut examiner attentivement pourquoi cette abstinence est observée pendant quarante jours. Moïse, pour recevoir la Loi une seconde fois, a jeûné quarante jours (Ex 34,28). Élie, dans le désert, s’est abstenu de manger quarante jours (1R 19,8). Le Créateur des hommes lui-même, venant parmi les hommes, n’a pas pris pas la moindre nourriture pendant quarante jours (Mt 4,2). Efforçons-nous, nous aussi, autant que cela nous est possible, de refréner notre corps par l’abstinence en ce temps annuel des saints quarante jours (…), afin de devenir, selon le mot de Paul, « une hostie vivante » (Rm 12,1). L’homme est une offrande à la fois vivante et immolée (cf Ap 5,6) lorsque, sans quitter cette vie, il fait cependant mourir en lui les désirs de ce monde.

    C’est la satisfaction de la chair qui nous a entraînés au péché (Gn 3,6) ; que la chair mortifiée nous ramène au pardon. L’auteur de notre mort, Adam, a transgressé les préceptes de vie en mangeant le fruit défendu de l’arbre. Il faut donc que nous, qui sommes déchus des joies du Paradis par le fait de la nourriture, nous nous efforcions de les reconquérir par l’abstinence.

    Mais que personne ne s’imagine que seule cette abstinence nous suffise. Le Seigneur dit par la bouche du prophète : « Le jeûne que je préfère ne consiste-t-il pas plutôt en ceci ? Partager ton pain avec l’affamé, recevoir chez toi les pauvres et les vagabonds, habiller celui que tu vois sans vêtement, et ne pas mépriser ton semblable » (Is 58,6-7). Voilà le jeûne que Dieu approuve (…) : un jeûne réalisé dans l’amour du prochain et imprégné de bonté. Prodigue donc aux autres ce que tu retires à toi-même; ainsi, ta pénitence corporelle soulagera le bien-être corporel de ton prochain qui est dans le besoin.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • Samedi Saint (Veillée Pascale)

    Nous les mortels, nous devons dormir pour réparer nos forces et donc interrompre notre vie par cette image de la mort, qui nous laisse au moins des bribes de vie. Ainsi, tous ceux qui veillent dans la chasteté, l’innocence et la ferveur se préparent sans nul doute à la vie des anges ; contre ce fardeau de mort, ils trouvent grâce dans l’éternité… Maintenant, mes frères, écoutez les quelques mots que je vais dire sur la veille que nous accomplissons cette nuit…

    Notre Seigneur Jésus Christ est ressuscité d’entre les morts le troisième jour : nul chrétien n’a de doute là-dessus. Les saints évangiles attestent que l’événement s’est produit en cette nuit… Ce n’est pas de la lumière aux ténèbres mais des ténèbres à la lumière que nous nous efforçons de monter. L’apôtre Paul nous y engage : « La nuit est bien avancée ; le jour est arrivé. Laissons là les œuvres de ténèbres et revêtons les armes de lumière » (Rm 13,12)… Nous veillons donc en cette nuit où le Seigneur est ressuscité et où il a commencé en sa propre chair la vie dont je vous parlais à l’instant, qui ne connaît ni mort ni sommeil. Et cette chair qu’il a relevée du tombeau ne mourra plus, et ne retombera plus sous la loi de la mort.

    Les femmes qui l’aimaient sont venues à l’aube visiter son tombeau ; au lieu de trouver son corps, elles entendirent des anges leur annoncer la résurrection. Il est donc clair qu’il est ressuscité la nuit qui précédait cette aube. Ainsi, celui dont nous célébrons la résurrection en nos veilles prolongées, celui-là nous donnera de régner avec lui dans une vie sans fin. Et quand bien même, à l’heure où nous veillons, son corps soit encore dans la tombe et qu’il ne soit pas encore ressuscité, notre veille garderait tout son sens : car il a dormi pour que nous veillions, Lui qui est mort pour que nous vivions.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • Vendredi Saint : Célébration de la Passion du Seigneur

    « Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu. » (Jn 1,1) Il est identique à lui-même ; ce qu’il est, il l’est toujours ; il ne peut changer, il est l’être. C’est le nom qu’il fit connaître à son serviteur Moïse : « Je suis celui qui suis » et « Tu diras : Celui qui est, m’a envoyé » (Ex 3,14)… Qui peut le comprendre ? Ou qui pourra parvenir à lui –- à supposer qu’il dirige toutes les forces de son esprit pour atteindre tant bien que mal celui qui est ? Je le comparerai à un exilé, qui de loin voit sa patrie : la mer l’en sépare ; il voit où aller, mais n’a pas le moyen d’y aller. Ainsi nous voulons parvenir à ce port définitif qui sera nôtre, là où est celui qui est, car lui seul est toujours le même, mais l’océan de ce monde nous coupe la voie…

    Pour nous donner le moyen d’y aller, celui qui nous appelle est venu de là-bas ; il a choisi un bois pour nous faire traverser la mer : oui, nul ne peut traverser l’océan de ce monde que porté par la croix du Christ. Même un aveugle peut étreindre cette croix ; si tu ne vois pas bien où tu vas, ne la lâche pas : elle te conduira d’elle-même. Voilà mes frères ce que j’aimerais faire entrer dans vos cœurs : si vous voulez vivre dans l’esprit de piété, dans l’esprit chrétien, attachez-vous au Christ tel qu’il s’est fait pour nous, afin de le rejoindre tel qu’il est, et tel qu’il a toujours été. C’est pour cela qu’il est descendu jusqu’à nous, car il s’est fait homme afin de porter les infirmes, de leur faire traverser la mer et de leur faire aborder dans la patrie, où il n’est plus besoin de navire parce qu’il n’y a plus d’océan à passer. À tout prendre, mieux vaudrait ne pas voir par l’esprit celui qui est, mais embrasser la croix du Christ, que le voir par l’esprit et mépriser la croix. Puissions-nous, pour notre bonheur, à la fois voir où nous allons et nous cramponner au navire qui nous emporte… ! Certains y ont réussi, et ils ont vu ce qu’il est. C’est parce qu’il l’a vu que Jean a dit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était face à Dieu, et le Verbe était Dieu. » Ils l’ont vu ; et pour parvenir à ce qu’ils voyaient de loin, ils se sont attachés à la croix du Christ, ils n’ont pas méprisé l’humilité du Christ.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • Jeudi Saint

    Dieu est charité (1 Jn 4, 8). Et celui qui entreprendrait de le définir serait un aveugle voulant compter les grains de sable de la mer.

    La charité quant à sa nature, est une ressemblance avec Dieu, pour autant qu’il est possible aux mortels de lui ressembler ; quant à son activité, c’est une ivresse de l’âme ; quant à sa vertu propre, c’est la source de la foi, un abîme de patience, un océan d’humilité.

    La charité est avant tout le rejet de toute pensée d’inimitié, car la charité ne pense pas le mal. La charité, l’impassibilité et l’adoption filiale ne se distinguent que par le nom. Comme la lumière, le feu et la flamme concourent à un seul effet, il en est de même pour ces trois réalités.

    Celui qui a parfaitement uni à Dieu sa sensibilité profonde est initié par lui au mystère de ses paroles ; mais sans cette union, il est difficile de parler de Dieu.

    Si le visage d’un être aimé produit dans tout notre être un changement manifeste et nous rend joyeux, gais et insouciants, que ne fera pas la face du Seigneur dans une âme pure quand il viendra y demeurer.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)

     

     

     

     

     

  • Mercredi Saint

    Lorsqu’il s’est séparé de sa mère, Jésus s’est choisi des amis humains — les douze apôtres — comme s’il avait désiré mettre en eux sa sympathie. Il les a choisis, dit-il, pour être « non pas des serviteurs, mais des amis » (Jn 15,15). Il en a fait ses confidents ; il leur a confié des choses qu’il n’a pas dites aux autres. C’était sa volonté de les favoriser, de leur montrer toute sa générosité, comme un père envers des enfants préférés. Par ce qu’il leur a révélé, il les a comblés plus que les rois, les prophètes, les sages de l’Ancienne Alliance. Il les a appelés « ses petits enfants » (Jn 13,33) ; pour leur conférer ses dons, il les a préférés « aux sages et aux savants » de ce monde (Mt 11,25). Il a manifesté sa joie et il les a loués de ce qu’ils sont restés avec lui dans ses épreuves (Lc 22,28), et comme signe de reconnaissance, il leur annonce qu’ils siégeront un jour sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël (v. 30). Il a trouvé un réconfort dans leur amitié à l’approche de son épreuve suprême.

    Il les a rassemblés autour de lui à la dernière Cène, comme pour être soutenu par eux à cette heure solennelle. « J’ai désiré d’un grand désir, leur dit-il, manger cette Pâque avec vous avant de souffrir » (Lc 22,15). Il y avait donc entre le Maître et ses disciples un échange d’affection, une sympathie profonde. Mais c’était sa volonté que ses amis l’abandonnent, le laissent seul — une volonté vraiment digne d’adoration. L’un l’a trahi ; l’autre l’a renié ; le reste s’est enfui, le laissant aux mains de ses ennemis… Il a donc été seul quand il a foulé le pressoir. Oui, Jésus tout-puissant et bienheureux, envahi dans son âme par la pleine gloire de la nature divine, a voulu soumettre son âme à toutes les infirmités de notre nature. Comme il s’était réjoui de l’amitié des siens, il a accepté la désolation de leur abandon. Et quand il l’a voulu, il a choisi de se priver de la lumière de la présence de Dieu.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890)

     

     

     

  • Lundi Saint

    Je vous ai déjà parlé de deux parfums spirituels : celui de la contrition, qui s’étend à tous les péchés –- il est symbolisé par le parfum que la pécheresse a répandu sur les pieds du Seigneur : « toute la maison fut remplie de cette odeur » ; il y a aussi celui de la dévotion qui renferme tous les bienfaits de Dieu… Mais il y a un parfum qui l’emporte de loin sur ces deux-là ; je l’appellerai le parfum de la compassion. Il se compose, en effet, des tourments de la pauvreté, des angoisses où vivent les opprimés, des inquiétudes de la tristesse, des fautes des pécheurs, bref de toute la peine des hommes, même nos ennemis. Ces ingrédients semblent indignes, et pourtant le parfum où ils entrent est supérieur à tous les autres. C’est un baume qui guérit : « Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Mt 5,7).

    Ainsi, un grand nombre de misères réunies sous un regard compatissant sont les essences précieuses… Heureuse l’âme qui a pris soin de faire provision de ces aromates, d’y répandre l’huile de la compassion et de les faire cuire au feu de la charité ! Qui est, à votre avis, « cet homme heureux qui a pitié d’autrui et qui prête son bien » (Ps 111,5), enclin à la compassion, prompt à secourir son prochain, plus content de donner que de recevoir ? Cet homme qui pardonne aisément, résiste à la colère, ne consent pas à la vengeance, et en toutes choses regarde comme siennes les misères des autres ? Quelle que soit cette âme imprégnée de la rosée de la compassion, au cœur débordant de pitié, qui se fait toute à tous, qui n’est pour elle-même qu’un vase fêlé où rien n’est jalousement gardé, cette âme si bien morte à elle-même qu’elle vit uniquement pour autrui, elle a le bonheur de posséder ce troisième parfum qui est le meilleur. Ses mains distillent un baume infiniment précieux (cf Ct 5,5), qui ne tarira pas dans l’adversité et que les feux de la persécution n’arriveront pas à dessécher. Car Dieu se souviendra toujours de ses sacrifices.

    Saint Bernard (1091-1153)

     

     

     

     

  • « Voici ton roi qui vient vers toi. » (Za 9,9 ; Mt 21,5)

    Les-rameaux

    Venez, gravissons ensemble le mont des Oliviers ; allons à la rencontre du Christ. Il revient aujourd’hui de Béthanie et il s’avance de son plein gré vers sa sainte et bienheureuse passion, afin de mener à son terme le mystère de notre salut. Il vient donc, faisant route vers Jérusalem, lui qui est venu du ciel pour nous, alors que nous gisions au plus bas, afin de nous élever avec lui, comme le dit l’Écriture, « au-dessus de toutes les puissances et de tous les êtres qui nous dominent, quel que soit leur nom » (Ep 1,21). Mais il vient sans ostentation et sans faste. Car, dit le prophète, « il ne protestera pas, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix » (Is 42,2). Il sera doux et humble, il fera son entrée modestement…

    Alors, courons avec lui qui se hâte vers sa passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour étendre sur son chemin, comme eux ils l’ont fait, des rameaux d’olivier, des vêtements ou des palmes. C’est nous-mêmes qu’il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, par l’humilité du cœur et la droiture de l’esprit, afin d’accueillir le Verbe qui vient (Jn 1,9), afin que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir.

    Car il se réjouit de se montrer à nous ainsi dans toute sa douceur, lui qui est doux, « lui qui monte au-dessus du couchant » (Ps 56,12), c’est-à-dire au-dessus de notre condition dégradée. Il est venu pour devenir notre compagnon, nous élever et nous ramener vers lui par la parole qui nous unit à Dieu.

    Saint André de Crète (660-740), moine et évêque
    Homélie pour le Dimanche des Rameaux PG 97, 989-993 (trad. bréviaire)