Étiquette : Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

  • « Je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. » (Jn 5,30)

    L’obéissance est une vertu qui unit l’homme à Dieu en le soumettant à la volonté divine, manifestée par Dieu lui-même ou ses représentants. On a pu dire de cette vertu qu’elle est presque théologale. En fait, elle se rattache à la vertu de justice qui nous fait rendre à Dieu ce qui lui est dû. Dieu a des droits souverains sur nous qui sommes ses créatures. La soumission à son bon vouloir et l’exécution en tous ses détails de la mission qu’il nous a confiée sont pour nous un devoir que nous impose sa souveraineté absolue.

    D’ailleurs le plan à la réalisation duquel il nous demande de travailler est infiniment sage. Il doit procurer à la fois la gloire de Dieu et notre bonheur. Il n’y a rien que de hautement raisonnable, sage et sain en tout ce que Dieu exige de nous : ce Maître absolu n’exerce son pouvoir que pour notre bien et en respectant notre liberté. La sagesse des desseins de Dieu, aussi bien que son souverain pouvoir, fondent donc notre obéissance. (…)

    C’est par l’obéissance que l’homme capte cette lumière [pratique qui nous indique la volonté de Dieu] et la fait entrer dans sa vie. L’obéissance marche toujours dans la lumière. Elle n’impose à l’intelligence la soumission qu’afin de lui faire dépasser ses lumières propres, qui ne peuvent être que limitées, pour la faire entrer dans la grande lumière de Dieu. Mystérieusement mais sûrement, elle indique à l’âme les sentiers que lui a tracés la Sagesse et la conduit en ces régions que cette Sagesse lui a fixées comme demeure d’éternité.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

     

     

     

  • Le règne de Dieu est comme la semence qui germe et grandit

    Nous ne pouvons pas demander à la grâce divine de révéler toutes ses virtualités pendant la période de croissance. La semence qui meurt, la tige délicate qui monte, ne disent pas exactement ce qu’elles portent en elles. Toute germination et toute croissance se font dans le chaos, ou du moins dans le mystère. Le plein épanouissement seul étale les propriétés de la vie et la qualité du fruit.

    Après les périodes obscures qui nous ont dissimulé quelques-unes de ses propriétés, la grâce, dans l’union transformante, doit découvrir ses richesses essentielles, et nous montrer qu’elle réalise une transformation par ressemblance d’amour au Christ Jésus. L’épanouissement extérieur du Christ Jésus dans les âmes prendra des formes diverses, car cette grâce du Christ est, en effet, multiforme et brille en des reflets différents, mais la transformation dans le Christ doit être réelle et profonde et doit s’affirmer par la ressemblance que crée l’amour dans la volonté, les pensées, les sentiments et dans l’activité extérieure. (…)

    Divinisation de la nature humaine pour que nous soyons des enfants de Dieu, incarnation de la vie divine pour que nous soyons des chrétiens, tel est le double réalisme que nous devons exiger de l’union transformante pour la reconnaître vraie et authentiquement chrétienne.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

     

     

  • Dieu donne aux humbles la grâce de la contemplation

    La contemplation surnaturelle est un don gratuit de la miséricorde divine. Dieu seul en effet peut mettre en action les dons du Saint-Esprit qui la produisent en perfectionnant la foi en son exercice. (…)

    L’humilité seule peut prétendre attirer les dons de la miséricorde divine, car Dieu résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles. Pour parvenir à la contemplation, une attitude humble sera plus utile que les efforts les plus violents. Cette attitude d’humilité consistera pratiquement à « nous tenir comme des pauvres nécessiteux, en présence d’un grand et riche monarque », à nous porter aux formes modestes des oraisons actives et à y attendre dans un patient et paisible labeur que Dieu nous élève aux oraisons passives : « Lorsque vous êtes invités à un repas de noces, dit Notre-Seigneur, ne vous mettez pas à la première place… mais à la dernière, afin que lorsque votre hôte viendra, il vous dise : Mon ami, montez plus haut ! Alors vous serez honoré devant tous les invités. Car celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera exalté. » (Lc 14, 8-11) La parabole évangélique s’applique à la lettre à la vie d’oraison : pour mériter d’être élevé à la contemplation il faut humblement se mettre à la dernière place parmi les spirituels. En cette dernière place il est bon de désirer les moyens plus élevés et plus rapides pour parvenir à l’union parfaite, mais en se gardant de tout effort présomptueux pour se les procurer soi-même. (…)

    Telle fut l’oraison parfaite de la Vierge Marie, tout illuminée et embrasée des feux divins, mais dont la foi paisible et ardente semblait ignorer les richesses qu’elle possédait, pour aller toujours plus loin dans l’ombre lumineuse de l’Esprit Saint qui l’enveloppait et la pénétrait.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus