Étiquette : baptême

  • Le signe de Jonas

    Le signe de Jonas

    Vous avez été conduits par la main à la piscine baptismale, comme le Christ de la croix à son tombeau qui est là devant vous [dans cette église du Saint Sépulcre]. Après avoir confessé votre foi au Père, au Fils et au Saint-Esprit, vous avez été immergés trois fois dans l’eau et vous en avez émergé : c’était le symbole des trois jours du Christ au tombeau. De même que notre Sauveur a passé trois jours et trois nuits au cœur de la terre, de même vous aussi en sortant de l’eau après votre immersion, vous avez imité le Christ… Quand vous avez été immergés, vous étiez dans la nuit, vous ne voyiez plus rien ; mais en sortant de l’eau vous vous trouviez comme en plein jour. Dans un même mouvement, vous mouriez et vous naissiez ; cette eau qui sauve a été à la fois votre tombe et votre mère…

    Étrange paradoxe ! Nous ne sommes pas vraiment morts, nous n’avons pas été vraiment ensevelis, nous n’avons pas été vraiment crucifiés et ressuscités ; mais si notre imitation n’est qu’une image, le salut, lui, est une réalité. Le Christ a été réellement crucifié, réellement enseveli et véritablement il est ressuscité, et toute cette grâce nous est donnée afin que, participant à ses souffrances en les imitant, nous gagnions en réalité le salut. Quel immense amour des hommes ! Le Christ a reçu les clous sur ses mains pures, et il a souffert ; et à moi, sans souffrance et sans peine, il accorde par cette participation la grâce du salut…

    Nous le savons bien : si le baptême nous purifie de nos péchés et nous donne l’Esprit Saint, il est aussi la réplique de la Passion du Christ. C’est pourquoi Paul proclame : « Ne le savez-vous pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême »… Tout ce que le Christ a enduré, c’est pour nous et pour notre salut, en réalité et non en apparence… Et nous, nous devenons participants à ses souffrances. C’est pourquoi Paul continue à proclamer : « Si nous sommes devenus un même être avec le Christ, par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Rm 6,3-5).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Fête du Baptême de Notre Seigneur

    Le Père céleste s’est chargé de nous fixer, (…) notre idéal de sainteté. Il nous a prédestinés à devenir semblables, non à une créature quelconque, ni à un ange, mais à son Fils, (…). Saint Paul nous révèle cette pensée du Père quand il dit : « Il les a prédestinés à être semblables à l’image de son Fils » (Rm 8,29). Dieu nous assigne un modèle divin de perfection. Il désire retrouver en nous les traits de son Fils incarné, et, par là même, voir notre âme resplendir du reflet de sa sainteté à lui. (…)

    Si Dieu, océan de perfection, est incompréhensible pour toute intelligence créée, lui-même saisit d’un coup, en son infinité, la plénitude des ses grandeurs ; il exprime sa connaissance dans une pensée, dans une parole unique, son Verbe. À ce Verbe, il communique toute sa vie divine, toute sa lumière, tout ce qu’il est. Cette génération au sein du Père, étant la vie même de Dieu, n’a jamais commencé et ne finira jamais. En ce moment où je vous parle, le Père, dans une exultation infinie, dit à son Fils : « Vous êtes mon Fils ; aujourd’hui ‒ c’est-à-dire dans un présent éternel, ‒ je vous engendre » (Ps 2,7). Ce Fils, le Père nous l’a donné pour modèle et source de toute sainteté. « En lui résident tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu » (Col 2,3). Une éternité de contemplation ne suffira pas à épuiser la connaissance de ce mystère et à remercier Dieu de ce bienfait. (…)

    Si, comme l’écrit saint Thomas d’Aquin, « la filiation naturelle et éternelle du Verbe dans le sein du Père est l’exemplaire sublime de notre filiation adoptive » (Sermo, XXXI, 3), la sainteté propre à l’humanité du vrai Fils unique de Dieu devra, elle aussi, servir de modèle à la sainteté des fils d’adoption.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • « C’est toi mon Fils bien-aimé ; en toi j’ai mis tout mon amour. »

    Sur les rives du Jourdain, Jésus se présente avec une humilité extraordinaire, qui rappelle la pauvreté et la simplicité de l’Enfant déposé dans la crèche, et anticipe les sentiments avec lesquels, au terme de ses jours terrestres, il arrivera à laver les pieds des disciples et subira l’humiliation terrible de la croix. Le Fils de Dieu, lui qui est sans péché, se place parmi les pécheurs, montre la proximité de Dieu sur le chemin de conversion de l’homme. Jésus assume sur ses épaules le poids de la faute de l’humanité tout entière et commence sa mission en se mettant à notre place, à la place des pécheurs, dans la perspective de la croix.

    Tandis que, recueilli en prière après le baptême, il sort de l’eau, les cieux s’ouvrent. C’est le moment attendu par la foule des prophètes. « Ah, si tu déchirais les cieux et descendais », avait invoqué Isaïe (63,19). A ce moment…, cette prière est exaucée. En effet, « le ciel s’ouvrit et l’Esprit Saint descendit sur lui » ; on entendit des paroles jamais entendues auparavant : « Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur »… Le Père, le Fils et le Saint Esprit descendent parmi les hommes et nous révèlent leur amour qui sauve. Si ce sont les anges qui apportent aux bergers l’annonce de la naissance du Sauveur et l’étoile aux mages venus d’Orient, à présent c’est la voix du Père qui indique aux hommes la présence dans le monde de son Fils et qui invite à se tourner vers la résurrection, vers la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

    Benoît XVI

  • « Veux-tu guérir ? » Le carême conduit au baptême

    Nous lisons dans l’Ancien Testament qu’au temps de Noé, comme tout le genre humain était gagné par le péché, les cataractes du ciel se sont ouvertes et que pendant quarante jours les eaux de la pluie se sont abattues… C’était symbolique : il s’agit moins d’un déluge que d’un baptême. C’est bien un baptême qui a emporté la méchanceté des pécheurs et épargné la droiture de Noé. Ainsi donc, comme à cette époque, aujourd’hui le Seigneur nous a donné le carême pour que les cieux s’ouvrent pendant le même nombre de jours, pour nous inonder de l’ondée de la miséricorde divine. Une fois lavés dans les eaux du baptême qui sauvent, ce sacrement nous illumine ; comme autrefois, les eaux emportent le mal de nos fautes et affermissent la droiture de nos vertus.

    La situation aujourd’hui est la même qu’au temps de Noé. Le baptême est déluge pour le pécheur et consécration pour ceux qui sont fidèles. Dans le baptême, le Seigneur sauve la justice et détruit l’injustice. Nous le voyons dans l’exemple d’un seul et même homme : l’apôtre Paul, avant d’être purifié par les commandements spirituels, était un persécuteur et un blasphémateur (1Tm 1,13). Une fois baigné de la pluie céleste du baptême, le blasphémateur est mort, le persécuteur est mort, Saul est mort. Alors prend vie l’apôtre, le juste, Paul… Quiconque vit religieusement le carême et observe les prescriptions du Seigneur voit mourir en lui le péché et vivre la grâce…; il meurt comme pécheur et vit comme juste.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

     

     

     

     

  • Le Carême conduit à la résurrection du baptême

    Naaman était Syrien, il avait la lèpre et ne pouvait être purifié par personne. Alors une jeune captive dit qu’il y avait un prophète en Israël qui pourrait le purifier du fléau de la lèpre… Apprends maintenant qui est cette jeune fille d’entre les captifs : la jeune assemblée d’entre les nations, c’est-à-dire l’Église du Seigneur, humiliée auparavant par la captivité du péché, alors qu’elle ne possédait pas encore la liberté de la grâce. C’est à son conseil que ce vain peuple des nations a écouté la parole des prophètes dont il avait douté longtemps. Ensuite, dès qu’il a cru qu’il fallait obéir, il a été lavé de toute l’infection de ses méfaits. Naaman avait douté avant d’être guéri ; toi, tu es déjà guéri, c’est pourquoi tu ne dois pas douter.

    C’est pour cela qu’on t’a déjà dit de ne pas croire seulement ce que tu voyais en t’approchant du baptistère, de peur que tu ne dises : « C’est là ‘le grand mystère que l’œil n’a pas vu ni l’oreille entendu et qui n’est pas monté au cœur de l’homme’ ? (1Co 2,9) Je vois de l’eau, que je voyais tous les jours ; peuvent-elles me purifier, ces eaux dans lesquelles je suis souvent descendu sans être jamais purifié ? » Apprends par là que l’eau ne purifie pas sans l’Esprit. C’est pour cela que tu as lu que « trois témoins au baptême ne font qu’un : l’eau, le sang et l’Esprit » (1Jn 5,7-8). Car si tu en retires un, il n’y a plus de sacrement du baptême. En effet, qu’est-ce que l’eau sans la croix du Christ ? Un élément ordinaire sans aucun effet sacramentel. Et de même, sans eau il n’y a pas de mystère de la régénération. « À moins d’être né de nouveau de l’eau et de l’Esprit, on ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu » (Jn 3,5). Le catéchumène croit en la croix du Seigneur Jésus dont il est marqué ; mais s’il n’a pas été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, il ne peut pas recevoir la rémission de ses péchés ni puiser le don de la grâce spirituelle.

    Donc ce Syrien s’est plongé sept fois dans la Loi ; toi, tu as été baptisé au nom de la Trinité. Tu as confessé le Père…, tu as confessé le Fils, tu as confessé l’Esprit Saint… Tu es mort au monde et ressuscité pour Dieu et, en quelque sorte, enseveli en même temps dans cet élément du monde ; mort au péché, tu es ressuscité pour la vie éternelle (Rm 6,4).

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

  • Fête du Baptême de Notre Seigneur

    Jésus a sanctifié le baptême en se faisant baptiser lui-même. Si le Fils de Dieu a été baptisé, quel homme pieux mépriserait le baptême ? Or il a été baptisé non pas pour recevoir le pardon de péchés quelconques – car il était sans péché – mais il a été baptisé sans péché pour conférer une grâce et une dignité divines aux baptisés. Voici comment : « puisque les enfants avaient en partage une nature de chair et de sang » (He 2,14) pour que, participants désormais de sa présence corporelle, nous devenions aussi participants de sa grâce divine : de la même façon, Jésus fut baptisé afin qu’une participation de plus nous conférât à la fois l’honneur et le salut. (…)

    Tu descends dans l’eau chargé de tes péchés, mais l’invocation de la grâce appose son sceau sur ton âme et ne permet pas que tu sois avalé par le terrible dragon. Descendu mort dans le péché, tu remontes vivifié dans la justice. Si en effet tu as été greffé sur la ressemblance de la mort du Sauveur, tu sera aussi jugé digne de la résurrection. Comme Jésus, en effet, a souffert pour avoir pris sur lui les fautes de la terre entière, pour qu’ayant mis le péché à mort, il te ressuscitât dans la justice, de même, descendu toi aussi dans l’eau, et, d’une certaine manière, enseveli dans les eaux comme lui dans le rocher, tu ressuscites « marchant dans une vie renouvelée » (Rm 6,2).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • « Veux-tu guérir ? » : le carême conduit les catéchumènes à la piscine du baptême

    Le nombre de quarante, frères très chers, a une valeur symbolique, liée au mystère de notre salut. En effet, lorsque dans les premiers temps, la méchanceté des hommes eut envahi la surface de la terre, c’est pendant quarante jours que Dieu a fait tomber les eaux du ciel et a inondé la terre entière sous les pluies du déluge (Gn 7). Dès cette époque, l’histoire du salut était donc annoncée symboliquement : pendant quarante jours, la pluie est tombée pour purifier le monde. Maintenant, c’est aussi pendant les quarante jours du carême que la miséricorde est offerte aux hommes pour qu’ils se purifient…

    Oui, le déluge est le symbole du baptême ; ce qui s’est produit alors s’accomplit encore aujourd’hui… Quand les péchés de toute la terre ont disparu, noyés au fond de l’abîme, la sainteté a pu s’élever tout près du ciel ; voilà ce qui se réalise maintenant aussi dans l’Église du Christ… Portée par l’eau du baptême, elle s’élève près du ciel ; les superstitions et les idoles sont englouties, et sur terre se répand la foi, jaillie de l’arche du Sauveur… Certes, nous-mêmes sommes pécheurs…, et ce monde sera détruit. Seuls échapperont à la ruine ceux que l’arche portera enfermés en son sein. Cette arche, c’est l’Église… Oui, nous vous l’annonçons, ce monde fera naufrage ; c’est pourquoi nous vous exhortons, vous, tous les hommes, à vous réfugier dans ce sanctuaire.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

     

     

     

  • Le Carême conduit au baptême

    Tu t’es approché, tu as vu la fontaine baptismale, tu as vu aussi l’évêque près de la fontaine. Et sans doute est-il tombé dans ton âme la même pensée qui s’est insinuée en celle de Naaman, le Syrien. Car, bien qu’il ait été purifié, il avait cependant douté d’abord… Je crains que quelqu’un ait dit : « C’est tout ? » Oui, c’est vraiment tout : là est toute innocence, toute piété, toute grâce, toute sainteté. Tu as vu ce que tu as pu voir des yeux de ton corps… ; ce qu’on ne voit pas est bien plus grand…, car ce qu’on ne voit pas est éternel… Quoi de plus étonnant que la traversée de la Mer Rouge par les Israélites, pour ne parler à présent que du baptême ? Et pourtant ceux qui l’ont traversé sont tous morts dans le désert. Au contraire, celui qui traverse la fontaine baptismale, c’est-à-dire celui qui passe des biens terrestres à ceux du ciel…, ne meurt pas mais ressuscite.

    Naaman était lépreux… À son arrivée, le prophète lui a dit : « Va, descends dans le Jourdain, baigne-toi et tu seras guéri. » Il s’est mis à réfléchir en lui-même et s’est dit : « C’est tout ? Je suis venu de Syrie jusqu’en Judée et on me dit : Va au Jourdain, baigne-toi et tu seras guéri. Comme s’il n’y avait pas des fleuves meilleurs dans mon pays ! » Ses serviteurs lui disent : « Maître, pourquoi ne fais-tu pas ce que dit le prophète ? Fais-le plutôt et essaie. » Alors il s’est rendu au Jourdain, s’est baigné et en est sorti guéri.

    Qu’est-ce que cela signifie ? Tu as vu de l’eau, mais toute eau ne guérit pas ; par contre, l’eau qui a la grâce du Christ guérit. Il y a une différence entre l’élément et la sanctification, entre l’acte et l’efficacité. L’acte s’accomplit avec de l’eau, mais l’efficacité vient de l’Esprit Saint. L’eau ne guérit pas si l’Esprit Saint n’est descendu et n’a consacré cette eau. Tu as lu que lorsque notre Seigneur Jésus Christ a institué le rite du baptême, il est venu à Jean et celui-ci lui a dit : « C’est moi qui dois être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ? » (Mt 3,14)… Le Christ est descendu ; Jean qui baptisait était à ses côtés ; et voici que, telle une colombe, descendit l’Esprit Saint… Pourquoi le Christ est-il descendu le premier et ensuite l’Esprit Saint ? Pour quelle raison ? Pour que le Seigneur ne paraisse pas avoir besoin du sacrement de la sanctification : c’est lui qui sanctifie, et c’est aussi l’Esprit qui sanctifie.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

     

  • La tentation après le baptême

    Si, après le baptême, tu es attaqué par le persécuteur, le tentateur de la lumière, tu auras matière à victoire. Il t’attaquera certainement, puisqu’il s’en est pris au Verbe, mon Dieu, trompé par l’apparence humaine qui lui dérobait la lumière incréée. Ne redoute pas le combat. Oppose-lui l’eau du baptême, oppose-lui l’Esprit Saint dans lequel s’éteignent tous les traits enflammés lancés par le Malin. (…)

    S’il t’expose le besoin qui t’accable — il n’a pas manqué de le faire à Jésus —, s’il te rappelle que tu as faim, n’aie pas l’air d’ignorer ses propositions. Apprends-lui ce qu’il ne connaît pas ; oppose-lui la Parole de vie, ce vrai Pain envoyé du ciel et qui donne la vie au monde.

    S’il te tend le piège de la vanité — il en usa contre le Christ, lors qu’il le fit monter sur le pinacle du Temple et lui dit : « Jette-toi en bas » pour lui faire manifester sa divinité —, prends garde de ne pas déchoir pour avoir voulu t’élever. (…)

    S’il te tente par l’ambition en te montrant, dans une vision instantanée, tous les royaumes de la terre comme soumis à son pouvoir et s’il exige de toi l’adoration, méprise-le : ce n’est qu’un pauvre frère. Dis-lui, confiant dans le sceau divin : « Je suis, moi aussi, l’image de Dieu ; je n’ai pas encore été, comme toi, précipité du haut de ma gloire à cause de mon orgueil ! Je suis revêtu du Christ ; je suis devenu un autre Christ par mon baptême ; c’est à toi de m’adorer. » Il s’en ira, j’en suis sûr, vaincu et mortifié par ces paroles. Venant d’un homme illuminé par le Christ, elles seront ressenties par lui comme si elles émanaient du Christ, la lumière suprême. Voilà les bienfaits qu’apporte l’eau du baptême à ceux qui reconnaissent sa force.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

     

     

     

  • L’origine du Carême : accompagner les catéchumènes vers le baptême à Pâques

    Après ce temps consacré à l’observance du jeûne, l’âme, purifiée et épuisée, parvient au baptême. Elle reprend des forces en se plongeant dans les eaux de l’Esprit ; tout ce qui avait été brûlé par les flammes des maladies renaît de la rosée de la grâce du ciel. Abandonnant la nature périssable du vieil homme (Ep 4,22), le nouveau baptisé reçoit une nouvelle jeunesse… Par une nouvelle naissance, il renaît autre, alors qu’il est le même que celui qui avait péché.

    Par un jeûne ininterrompu de quarante jours et de quarante nuits, Élie a mérité de mettre fin, grâce à l’eau du ciel, à une sécheresse longue et pénible de la terre entière (1R 19,8; 18,41) ; il a étanché la soif brûlante du sol, en lui apportant une pluie abondante. Ces faits se sont produits pour nous servir d’exemple, pour que nous méritions, après un jeûne de quarante jours, la pluie bénie du baptême, afin que l’eau du ciel arrose toute la terre, aride depuis longtemps chez nos frères du monde entier. Le baptême comme une rosée du salut mettra fin à la longue stérilité du monde païen. En effet, c’est de sécheresse et d’aridité spirituelle que souffre quiconque n’a pas été baigné de la grâce du baptême.

    Par un jeûne du même nombre de jours et de nuits, le saint Moïse a mérité de parler à Dieu, de demeurer, de séjourner avec lui, de recevoir de ses mains les préceptes de la Loi (Ex 24,18)… Nous aussi, frères très chers, jeûnons avec ferveur pendant toute cette période, pour que…à nous aussi les cieux s’ouvrent et le séjour des morts se ferme.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420)