Étiquette : âme

  • Viens loger dans la maison de mon âme !

    Comme Zachée le publicain
    Je me suis pas élevé de cette terre vile
    Sur l’arbre élevé de la sagesse,
    Pour ta contemplation divine.

    La courte taille du spirituel
    N’a pas grandi en moi par de bonnes œuvres,
    Tout au contraire elle a diminué sans cesse
    Jusqu’à me faire retourner au lait des enfants.

    De nouveau en prenant la parabole au rebours,
    Je suis monté sur l’arbre du corps pervers,
    En vue de l’amour terrestre au goût suave,
    Comme Zachée aussi sur le figuier.

    De là, grâce à ta parole puissante
    Fais-moi descendre en hâte comme lui ;
    Viens loger dans la maison de mon âme,
    Et, avec Toi, le Père et le Saint-Esprit.

    Fais que le corps qui a causé du tort à mon âme
    Lui rende le quadruple en service,
    Et donne la moitié des biens corporels
    À mon libre arbitre appauvri,

    Afin que selon ta parole salvatrice à lui adressée,
    Je sois digne d’entendre ta voix,
    En étant moi aussi fils d’Abraham,
    Suivant la foi du Patriarche.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Sois le compagnon d’armes de mon âme, ô mon Roi !

    Mon âme, princesse royale,
    Lorsque je suis entré dans le monde par elle,
    Contre les conquérants des ténèbres
    Entra en une guerre farouche.

    Au prime abord, elle ne pensa pas en son esprit
    qu’avec dix mille,
    − Elle-même et les sens de son corps, −
    Elle ne pourrait pas mener le combat. (…)

    Et les témoins me louaient
    Comme une personne qui connaîtrait sa capacité
    Pour entrer en lutte contre un faible adversaire
    Et non point contre un Antagoniste qui me surpassait.

    Mais lorsque mon Ange a envoyé,
    Avant que d’entrer en guerre,
    La volonté de mon libre arbitre
    Pour qu’elle fasse la paix selon la loi,

    Je n’ai point cependant prêté l’oreille au conseil
    De ton commandement donné sous forme de parabole ;
    C’est pourquoi, je suis tombé dans le combat,
    Percé de mille traits inguérissables.

    J’ai vu les autres ayant un corps pareil au mien
    Remporter la victoire dans l’arène ;
    Et j’ai cru que moi aussi comme eux
    Je vaincrais dans le combat singulier.

    Mais lorsque les tentations sont survenues,
    Elles ont révélé mes relâchements ;
    Elles m’ont séparé du groupe des vertueux
    Et m’ont laissé dans celui ces scélérats.

    Mais Toi, ô mon Roi céleste,
    Fils unique du Père tout-puissant,
    Sois le compagnon d’armes de mon âme faible
    Dans le combat spirituel.

    Frappe les mille qui sont à ma gauche,
    Eux qui manifestement luttent avec méchanceté,
    Et les dix mille qui sont à ma droite,
    Eux qui prennent aussi les apparences du bien.

    Fortifie-moi contre leur épée
    Avec l’arme de ta vérité ;
    Et garde ma tête, membre sublime,
    Grâce au casque de ton Signe.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Quel soin prenons-nous de purifier notre âme ?

    Pourquoi une si grande pureté dans Marie ? Parce qu’elle devait loger le Fils de Dieu en ses entrailles. Si elle n’eût pas été plus pure que les anges, le Verbe n’aurait pu venir en elle avec bienséance. Il n’y serait pas venu avec plaisir ; il n’y aurait pu apporter ces dons précieux dont il la remplit au moment qu’il fut conçu en elle. Nous recevons dans le Saint Sacrement de l’autel le même Jésus-Christ que Marie a porté neuf mois dans son sein. Quelle est notre pureté ?

    Quel soin prenons-nous de préparer notre âme ? Que d’ordures ! Nous faisons des fautes la veille, le jour, dans l’action même. Il vient toutefois ! Quelle bonté ! Nous allons à lui ! Quelle témérité ! Mais ce Dieu de bonté vient-il avec plaisir ? Examinons quel doivent être ses sentiments. N’est-il pas rebuté par la vue d’une si grande corruption ? Et nous allons hardiment, impudemment à lui, sans confusion, sans contrition, sans pénitence.

    Je veux tâcher de préparer mon cœur de telle sorte que vous y preniez plaisir, que vous y trouviez vos délices, ô mon Dieu, pour ne point m’opposer aux grâces immenses que je recevrais, si j’avais soin de me purifier, si je savais ce que je perds. Mais, mon Dieu, que mon ignorance justifie peu ma négligence ! (…) Je me mettrai, par mes soins à me purifier, en état de profiter de vos visites et de vous engager à venir à moi avec plaisir. Venez-y, mon Dieu, et vous trouverez, avec votre sainte grâce, mon cœur plus pur et plus net.

    Saint Claude la Colombière (1641-1682)

     

     

     

  • Le vêtement de l’âme

    Lorsque les énergies de l’âme arrachent de l’esprit de l’homme les envies charnelles, le désir de Dieu soupire en lui. L’âme entrelace alors ces soupirs – la prière intérieure– comme l’abeille construit dans sa ruche un rayon de miel, ainsi se construit le palais intérieur de Dieu en l’âme. (…) Les énergies de l’âme sont d’une force immense, parce que l’homme sait et sent Dieu par leur intermédiaire, quelle que soit sa dépendance des désirs de la chair.

    Le Créateur de la terre a fait de l’âme un véritable atelier, elle est pour l’homme l’instrument de toutes ses œuvres. Dieu l’a créée en conformité avec lui-même. Cette âme, œuvre de Dieu en personne, lui qui agit jusqu’au dernier jour du monde, est pour chaque homme comme une présence sacrée, divine, invisible. Après le dernier jour du monde, lorsque l’homme se sera totalement transformé en esprit, il aura une vision parfaite de la sainte divinité, de tous les esprits et de toutes les âmes.

    L’âme est une énergie fructifiante, elle communique à l’homme entier son mouvement et sa vie. Comme l’homme porte un vêtement de tissus, de même l’âme se revêt de toutes les œuvres qu’elle réalise. Elle s’en sert de couverture, les bonnes comme les mauvaises. Les œuvres bonnes, lorsqu’elle aura quitté ce corps, resplendiront en elle comme un vêtement entièrement décoré avec l’éclat de l’or le plus pur, mais les mauvaises sentiront mauvais comme un habit souillé d’immondices !

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

     

     

     

  • Jésus se donne aux âmes simples

    Jésus se plaît à se donner aux âmes simples ; efforçons-nous d’acquérir cette belle vertu, accordons-lui un grand prix.

    Jésus a dit : « Si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » (Mt 18, 3) Mais avant de nous l’enseigner avec des mots, lui-même l’avait pratiqué dans les faits. Il se fit enfant et nous donna l’exemple de cette simplicité qu’il enseigna ensuite avec des paroles.

    Explorons notre cœur, en tenant au loin toute prudence terrestre. Efforçons-nous d’avoir un esprit toujours pur dans ses pensées, toujours droit dans ses idées, toujours saint dans ses intentions. Gardons toujours une volonté qui ne recherche rien d’autre que Dieu et sa gloire.

    Si nous nous efforçons d’aller de l’avant dans cette belle vertu, Celui qui nous l’a enseignée nous enrichira toujours de nouvelles lumières et de plus grandes faveurs célestes.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

     

     

     

  • Fête de sainte Marie-Madeleine, disciple du Seigneur

    Le retour de l’âme, c’est « sa conversion au » Verbe, pour qu’il la reforme et la rende conforme à lui-même. En quoi ? En l’amour (…).

    Une telle conformité marie l’âme au Verbe. Déjà semblable à lui par nature, elle se rend aussi semblable à lui par volonté en l’aimant comme il l’aime. Si elle aime parfaitement, son mariage est consommé. Quoi de plus joyeux que cette conformité ? Quoi de plus désirable que cet amour ? (…)

    L’amour de l’Époux, ou mieux l’Époux qui est amour, ne demande qu’amour réciproque et fidélité. Qu’il soit donc permis à la bien-aimée d’aimer en retour. Comment n’aimerait-elle pas, elle qui est l’épouse, et l’épouse de l’Amour ? Comment l’Amour ne serait-il pas aimé ?

    Saint Bernard (1091-1153)

     

     

     

  • Dieu au-dedans de l’âme

    Après avoir cherché Dieu en beaucoup d’endroits, saint Augustin le trouva au-dedans de lui-même. Croyez-vous qu’il importe peu à une âme qui se distrait facilement, de comprendre cette vérité, et de savoir qu’elle n’a pas besoin de monter au ciel pour parler à son Père éternel, et trouver ses délices auprès de lui ? Non, elle n’a pas besoin d’élever la voix pour lui parler, car il est tellement près que si bas qu’on lui parle, il entend. À quoi bon avoir des ailes pour aller à sa recherche ? elle n’a qu’à se mettre dans la solitude et à le considérer au-dedans d’elle-même. Qu’elle s’humilie profondément ! Qu’elle lui parle comme à un père ! Qu’elle lui présente ses suppliques comme à un père ! Qu’elle lui expose ses épreuves et le conjure d’y porter remède ! mais qu’elle comprenne bien qu’elle n’est pas digne d’être sa fille ! (…)

    L’important pour nous, c’est de lui faire un don absolu de notre âme après l’avoir débarrassé de tout objet créé, pour qu’il puisse en disposer comme d’un bien propre. Puisque sa Majesté a raison de le vouloir ainsi, ne lui refusons point ce qu’elle demande. Dieu ne force pas notre volonté ; il prend ce que nous lui donnons. Mais il ne se donne pas complètement, tant que nous ne nous sommes donnés à lui d’une manière absolue.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)

     

     

     

  • Tout quitter pour le suivre

    Depuis quarante ans déjà Claire, selon la comparaison employée par saint Paul (1Co 9,24), menait la course dans le stade de la très grande pauvreté. Elle approchait du but de sa vocation céleste et de la récompense promise au vainqueur… La divine Providence se hâtait d’accomplir ce qu’elle avait prévu pour Claire : le Christ veut introduire dans son palais royal la petite pauvre au terme de son pèlerinage. Quant à elle, elle aspirait de tout l’élan de son désir… à contempler, régnant là-haut dans sa gloire, le Christ qu’elle avait imité sur terre dans sa pauvreté…

    Toutes ses filles étaient réunies autour du lit de leur mère… S’adressant alors à elle-même, Claire dit à son âme : « Pars en toute sécurité, car tu as bon guide pour la route. Pars, car celui qui t’a créée t’a aussi sanctifiée ; il t’a toujours gardée et aimée d’un tendre amour, comme une mère aime son enfant. Sois béni, Seigneur, toi qui m’as créée ! » Une sœur lui demanda à qui elle s’adressait. Claire répondit : « À mon âme bénie ». Son guide pour la route n’était pas loin. En effet, se tournant vers l’une de ses filles, elle dit : « Vois-tu le Roi de gloire que j’aperçois ? »…

    Bénie soit sa sortie de cette vallée de misère, sortie qui fut pour elle l’entrée dans la vie bienheureuse ! En récompense de ses jeûnes d’ici-bas, elle connaît maintenant la joie qui règne à la table des saints ; en échange des guenilles et des cendres, elle est entrée en possession de la béatitude du Royaume des cieux où elle est revêtue de la robe de gloire éternelle.

    Thomas de Celano (v. 1190-v. 1260)

     

     

     

  • L’âme innocente et pleine d’enfantine confiance est une adoration agréable à Dieu

    Sois adoré notre Créateur et Seigneur.
    Univers entier, loue humblement Ton Seigneur,
    Remercie ton Créateur autant que tes forces le permettent.
    Et loue Son inconcevable miséricorde divine.

    Viens toute la terre verdoyante,
    Viens aussi toi, mer insondable,
    Que ta gratitude se change en un chant agréable
    Et chante comme est grande la miséricorde divine.

    Viens beau et rayonnant soleil,
    Viens devant Lui, limpide aurore,
    Unissez-vous en un hymne, que vos voix pures
    Chantent harmonieusement la grande miséricorde divine.

    Venez, montagnes et plaines, bois bruyants et fourrés,
    Venez, ravissantes fleurs matinales,
    Que votre parfum unique
    Glorifie et adore la miséricorde divine.

    Venez, toutes les beautés de la terre,
    Dont l’homme ne s’étonnera jamais assez,
    Venez adorer Dieu en harmonie,
    Louez l’inconcevable miséricorde divine.

    Viens, beauté impérissable de toute la terre,
    Et adore très humblement ton Créateur,
    Car tout est contenu dans Sa miséricorde,
    Tout dit d’une voix puissante combien est grande la miséricorde de Dieu.

    Mais au-dessus de toutes ces beautés,
    Une âme innocente et pleine d’enfantine confiance,
    Qui par la grâce s’unit étroitement avec Lui,
    Est une adoration plus agréable à Dieu.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • « C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. » (Jn 6, 63)

    L’âme, du commencement à la fin de toute action, doit vénérer avec un zèle égal les sept dons de l’Esprit Saint. Au commencement de son action, elle accueille la sagesse, qu’elle possède au terme de la crainte et conserve au milieu du courage –force du cœur–, elle se garde dans les choses célestes par l’intelligence et le conseil et s’entoure dans les choses terrestres de science et de piété : celles-ci doivent être accueillies avec grand respect, car elles sont son soutien. Que l’âme veille donc d’abord à s’ouvrir à la Sagesse pour se refermer, au terme de son action, avec la timidité et la pudeur ; que, dans l’intervalle, elle s’arme de fermeté grâce à la parure de l’intelligence et du conseil, qu’elle se fortifie également par la science et la pitié.

    Le mouvement de l’âme raisonnable et l’action du corps, selon ses cinq sens, suivent un seul et même chemin, parce que l’âme ne meut pas le corps plus qu’il ne peut accomplir, et que le corps n’œuvre que selon ce que l’âme met en mouvement. Les différents sens, eux, ne se séparent pas l’un de l’autre, ils se soutiennent entre eux avec une grande fermeté et éclairent l’homme tout entier, afin de le conduire soit vers le haut, soit vers le bas, suivant les choix de son âme.

    La science de l’âme provoque les larmes de repentir alors que les péchés la refroidissent. Car la constance dans la droiture lui apporte, en sus des bonnes œuvres, la chaleur des désirs supérieurs. Les autres vertus viennent en aide à la fermeté pour communiquer à chaque croyant l’humeur de la sainteté –la grâce sanctifiante– : l’âme se trouve pénétrée de la rosée et de la chaleur de l’Esprit Saint, elle maîtrise la chair et elle l’entraîne à servir Dieu avec elle… Alors tous les organes intérieurs apportent leur énergie à l’âme humaine afin de la servir. Ainsi quand l’âme délaisse les péchés pour accomplir la justice, elle s’élève tout en suivant la raison.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)