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  • « La jeune fille n’est pas morte, elle dort. »

    « La jeune fille n’est pas morte, elle dort. »

    Ce chef [de synagogue] peut être compris comme représentant la Loi de Moïse qui, priant à l’intention de la foule qu’elle avait nourrie pour le Christ en prêchant l’attente de sa venue, demande au Seigneur de rendre la vie à une morte… Le Seigneur lui a promis son aide et pour la lui assurer, l’a suivi.

    Mais d’abord, la foule des païens pécheurs est sauvée avec les apôtres. Le don de la vie revenait en premier lieu à l’élection prédestinée par la Loi, mais au préalable, dans l’image de la femme, le salut est rendu aux publicains et aux pécheurs. Voilà pourquoi cette femme a confiance qu’en venant sur le passage du Seigneur, elle sera guérie de son flux de sang par le contact du vêtement du Seigneur… Elle a hâte dans sa foi de toucher la frange du vêtement, c’est-à-dire d’atteindre en compagnie des apôtres le don de l’Esprit Saint qui sort du corps du Christ à la manière d’une frange. En peu de temps elle est guérie. Ainsi, la santé destinée à l’une est rendue aussi à une autre, dont le Seigneur a loué la foi et la persévérance, parce que ce qui était préparé pour Israël a été accueilli par les peuples des nations… La puissance guérissante du Seigneur, contenue dans son corps, gagnait jusqu’aux franges de ses vêtements. En effet, Dieu n’était pas divisible ni saisissable pour être enfermé dans un corps ; il divise lui-même ses dons dans l’Esprit, mais n’est pas divisé dans ses dons. Sa puissance est atteinte par la foi partout, parce qu’elle est partout et n’est absente nulle part. Le corps qu’il a pris n’a pas enfermé sa puissance, mais sa puissance a pris la fragilité d’un corps pour le racheter. Et cette puissance est si illimitée et si généreuse que l’œuvre du salut des hommes était présente jusque dans les franges du vêtement du Christ.

    Le Seigneur entre ensuite dans la maison du chef, autrement dit dans la synagogue…, et beaucoup se moquent de lui. En effet ils n’ont pas cru en Dieu dans un homme ; ils ont ri d’entendre prêcher la résurrection d’entre les morts. Prenant la main de la jeune fille, le Seigneur a ramené à la vie celle dont la mort n’était auprès de lui qu’un sommeil.

    Saint Hilaire (v. 315-367)

  • Présentation du Seigneur au Temple, fête

    Présentation du Seigneur au Temple, fête

    Que la chair s’approche du Verbe fait chair aujourd’hui, pour y désapprendre ce qui est de la chair et y apprendre à passer de la chair à l’esprit. Que l’on s’approche aujourd’hui, car un nouveau soleil brille plus que d’ordinaire. Jusque-là renfermé à Bethléem dans l’étroitesse d’une crèche et connu d’un tout petit nombre de personnes, aujourd’hui il vient à Jérusalem dans le Temple du Seigneur, et il est présenté devant un grand nombre de personnes. Jusqu’à maintenant, Bethléem, tu te réjouissais toute seule d’une lumière qui a été donnée pour tous ; fière d’un privilège d’une nouveauté inouïe, tu pouvais rivaliser avec l’Orient, là où se lève le soleil, car tu l’égalais par l’éclat de ta splendeur. Bien mieux, chose incroyable à dire, il y avait chez toi, dans une crèche, plus de lumière que n’en peut répandre le soleil levant de ce monde. Pourquoi gardais-tu jalousement ces rayons destinés au monde entier ? C’est tout juste si tu as montré cette lumière à quelques bergers ; c’est à peine si tu as accueilli trois hommes venus de l’Orient à la crèche de la lumière nouvelle. Mais aujourd’hui, le soleil s’élance pour irradier le monde ; aujourd’hui on offre au Temple de Jérusalem le Seigneur du Temple.

    Qu’ils sont heureux, ceux qui s’offrent à Dieu comme le Christ, comme une colombe, dans la solitude d’un cœur tranquille ! Ceux-là sont mûrs pour célébrer avec Marie le mystère de la purification… Ce n’est pas la Mère de Dieu qui a été purifiée en ce jour, elle qui n’a jamais consenti au péché. C’est l’homme souillé par le péché qui est purifié aujourd’hui par son enfantement et son offrande…; c’est notre purification qui a été obtenue par Marie… Si nous étreignons avec foi le fruit de ses entrailles, si nous nous offrons avec lui au Temple, le mystère que nous célébrons nous purifiera.

    Adam de Perseigne

  • « Heureux les doux : ils obtiendront la terre ! » (Mt 5,5)

    « Heureux les doux : ils obtiendront la terre ! » (Mt 5,5)

    « Je crois que je verrai les biens du Seigneur sur la terre des vivants » (Ps 26, 13), disait David. Quels autres biens pouvait rechercher ce roi ; de quoi pouvait manquer cet homme dont la puissance fut telle que les richesses amassés par lui ont satisfait son fils Salomon dont nul n’a surpassé l’opulence dans tout l’univers ? Dans la terre des vivants, il cherchait ces biens « que l’œil n’a pas vus, que l’oreille n’a pas entendus et dont l’idée n’est pas venue au cœur de l’homme, mais que Dieu a préparés pour ceux qui l’aiment » (1Co 2,9).

    « Heureux les doux : ils obtiendront la terre ! » (Mt 5,5) dit l’Évangile. (…) David, lui aussi, disait dans un autre psaume : « Souviens-toi, Seigneur, de David, et de toute sa douceur » (Ps 131,1), et ailleurs : « Le Seigneur accueille les doux » (Ps 146,6). Et nous lisons dans l’Évangile : « Apprenez-de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29). Et Moïse fut lui aussi une figure du Christ, lui que l’Écriture nous présente comme le plus doux d’entre les hommes (cf. Nb 12,3).

    Oui, la terre des vivants, c’est celle où sont préparés les biens du Seigneur pour les saints et pour les doux. Avant la venue de notre Seigneur et Sauveur dans la chair, ces biens furent inaccessibles même à Abraham (…) La terre des vivants, la terre des richesses et des biens de Dieu, le premier Adam l’avait perdue et le second l’a retrouvée ou plutôt le premier l’avait perdue et le second l’a rendue.

    Saint Jérôme (347-420)

  • « Jésus dormait sur le coussin à l’arrière. »

    « Jésus dormait sur le coussin à l’arrière. »

    J’aurais dû, ma Mère chérie, vous parler de la retraite qui précéda ma profession. Elle fut loin de m’apporter des consolations ; l’aridité la plus absolue et presque l’abandon furent mon partage. Jésus dormait comme toujours dans ma petite nacelle ; ah, je vois bien que rarement les âmes le laissent dormir tranquillement en elles. Jésus est si fatigué de toujours faire des frais et des avances qu’il s’empresse de profiter du repos que je lui offre. Il ne se réveillera pas sans doute avant ma grande retraite de l’éternité, mais au lieu de me faire de la peine cela me fait un extrême plaisir.

    Vraiment je suis loin d’être une sainte, rien que cela en est une preuve. Je devrais, au lieu de me réjouir de ma sécheresse, l’attribuer à mon peu de ferveur et de fidélité, je devrais me désoler de dormir (depuis sept ans) pendant mes oraisons et mes actions de grâces. Eh bien, je ne me désole pas : je pense que les petits enfants plaisent autant à leurs parents lorsqu’ils dorment que lorsqu’ils sont éveillés ; je pense que pour faire des opérations, les médecins endorment leurs malades. Enfin je pense que « Le Seigneur voit notre fragilité, qu’il se souvient que nous ne sommes que poussière » (Ps 102,14).

    Ma retraite de profession fut donc, comme toutes celles qui la suivirent, une retraite de grande aridité. Cependant, le Bon Dieu me montrait clairement, sans que je m’en aperçoive, le moyen de lui plaire et de pratiquer les plus sublimes vertus. J’ai remarqué bien des fois que Jésus ne veut pas me donner de provisions : il me nourrit à chaque instant d’une nourriture toute nouvelle ; je la trouve en moi sans savoir comment elle y est. Je crois tout simplement que c’est Jésus lui-même caché au fond de mon pauvre petit cœur qui me fait la grâce d’agir en moi et me fait penser tout ce qu’il veut que je fasse au moment présent.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

  • Semés en terre

    Semés en terre

    Ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme est répandue dans tous les membres du corps comme les chrétiens dans les cités du monde. L’âme habite dans le corps et pourtant elle n’appartient pas du corps, comme les chrétiens habitent dans le monde mais ne sont pas du monde (Jn 17,16). Invisible, l’âme est retenue prisonnière dans un corps visible. Ainsi les chrétiens : on les voit vivre dans le monde, mais le culte qu’ils rendent à Dieu demeure invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre, sans en avoir reçu de tort, parce qu’elle l’empêche de jouir des plaisirs ; de même, le monde déteste les chrétiens qui ne lui font aucun tort, parce qu’ils s’opposent à ses plaisirs. L’âme aime cette chair qui la déteste, et ses membres, comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent.       

    L’âme est enfermée dans le corps ; c’est elle pourtant qui maintient le corps. Les chrétiens sont comme détenus dans la prison du monde ; ce sont eux pourtant qui maintiennent le monde. L’âme immortelle habite une tente mortelle ; ainsi les chrétiens campent dans le monde périssable, en attendant l’incorruptibilité du ciel (1Co 15,50)… Le poste que Dieu leur a fixé est si noble, qu’il ne leur est pas permis de le déserter.

    La Lettre à Diognète (v. 200)

  • Être la lumière du monde (Mt 5,14)

    Être la lumière du monde (Mt 5,14)

    Il se peut que je sois incapable de garder mon attention pleinement fixée sur Dieu quand je travaille — mais Dieu ne me l’exige pas. Toutefois, je peux pleinement désirer et projeter d’accomplir mon travail avec Jésus et pour Jésus. C’est là une belle chose et c’est là ce que Dieu veut. Il veut que notre volonté et notre désir se rapportent à lui, à notre famille, à nos enfants, à nos frères, et aux pauvres.

    Chacun de nous reste seulement un petit instrument. Si tu observes les composants d’un appareil électrique, tu y verras un enchevêtrement de fils grands et petits, neufs et vieux, chers et pas chers. Si le courant ne passe pas à travers eux, il ne peut pas y avoir de lumière. Ces fils, ce sont toi et moi. Le courant, c’est Dieu. Nous avons le pouvoir de laisser passer le courant à travers nous, de le laisser nous utiliser, de le laisser produire la lumière du monde — ou de refuser d’être utilisés et de laisser les ténèbres s’étendre.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Donner du fruit trente, soixante ou cent pour un

    Donner du fruit trente, soixante ou cent pour un

    Frères, il y a deux sortes de champs : l’un est le champ de Dieu, l’autre celui de l’homme. Tu as ton domaine ; Dieu aussi a le sien. Ton domaine, c’est ta terre ; le domaine de Dieu, c’est ton âme. Est-il juste que tu cultives ton domaine et que tu laisses en friche celui de Dieu ? Si tu cultives ta terre et que tu ne cultives pas ton âme, c’est parce que tu veux mettre ta propriété en ordre et laisser en friche celle de Dieu ? Est-ce juste ? Est-ce que Dieu mérite que nous négligions notre âme qu’il aime tant ? Tu te réjouis en voyant ton domaine bien cultivé ; pourquoi ne pleures-tu pas en voyant ton âme en friche ? Les champs de notre domaine nous feront vivre quelques jours en ce monde ; le soin de notre âme nous fera vivre sans fin dans le ciel…

    Dieu a daigné nous confier notre âme comme son domaine ; mettons-nous donc à l’œuvre de toutes nos forces avec son aide, pour qu’au moment où il viendra visiter son domaine, il le trouve bien cultivé et parfaitement en ordre. Qu’il y trouve une moisson et non des ronces ; qu’il y trouve du vin et non du vinaigre ; du blé plutôt que de l’ivraie. S’il y trouve tout ce qui peut plaire à ses yeux, il nous donnera en échange les récompenses éternelles, mais les ronces seront vouées au feu.

    Saint Césaire d’Arles (470-543)

  • Faire la volonté de Dieu à chaque instant de notre vie !

    Faire la volonté de Dieu à chaque instant de notre vie !

    Ne nous inquiétons jamais pour l’avenir : à tout instant de notre vie faisons le plus parfait, c’est-à-dire faisons ce que la volonté de Dieu nous impose dans le moment présent ; et ceci fait, ne nous inquiétons pas plus de l’avenir que si nous devions mourir l’heure d’après… Ne pensons à l’avenir que pour demander à Dieu que nous fassions sa volonté pendant tous les instants de notre existence, et qu’ainsi nous Le glorifions le plus que nous pouvons… Mais quant au surplus, ne nous occupons pas plus de l’avenir que si la vie de ce monde allait finir pour nous : soyons tout au seul moment présent.

    Si la volonté de Dieu nous indique, ce qui arrive souvent, comme occupation du moment présent, de nous préparer, soit matériellement (comme par le travail manuel, le repos, la nourriture, le soin de la santé, etc…) soit spirituellement (comme par l’étude, la méditation, etc…) à l’avenir, alors à la bonne heure, occupons-nous de cette préparation, mais occupons-nous, non pas en vue de nous, pour nous préparer à l’avenir, mais en vue de Dieu pour accomplir ce qu’il demande de nous dans le moment présent. (…)

    C’est la vie de foi : ainsi nous ne vivons plus en vue de nous-mêmes, mais en vue de Dieu seul : plus par nous, selon notre volonté, mais par Dieu, selon la seule volonté de Dieu, plus en comptant sur nous ni sur aucune créature, mais en nous abandonnant entièrement à Dieu et en attendant tout de Lui seul… Dieu nous donnera à toute heure ce qu’il faut pour remplir toute mission qu’Il lui plaira de nous donner… (…) Nous n’avons qu’à obéir à tout instant, en faisant à tout instant ce qu’Il nous commande dans l’instant présent.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Mémoire des saints Timothée et Tite, évêques, compagnons de saint Paul

    Trois lettres traditionnellement attribuées à Paul sont adressées à ses deux collaborateurs les plus immédiats : Timothée et Tite. Timothée est un nom grec qui signifie « celui qui honore Dieu ». Tandis que Luc, dans les Actes des Apôtres, le mentionne six fois, Paul, dans ses lettres fait référence à lui par dix-sept fois (en plus on trouve son nom une fois dans la Lettre aux Hébreux). On en déduit qu’aux yeux de Paul il jouissait d’une grande considération…       

    Quant à la figure de Tite, dont le nom est d’origine latine, nous savons qu’il était grec de naissance, c’est-à-dire païen (cf Ga 2,3). Paul l’amena à Jérusalem pour ce que l’on appelle le Concile apostolique (Ac 15 ; Ga 2), au cours duquel fut solennellement acceptée la prédication de l’Évangile aux païens… Après le départ de Corinthe de Timothée, Paul envoya Tite avec la mission de ramener à l’obéissance cette communauté indocile.       

    Si nous considérons ensemble les deux figures de Timothée et de Tite, nous nous rendons compte de certaines données très importantes. Le plus important est que Paul a recouru à des collaborateurs dans le déroulement de ses missions. Il demeure certainement l’Apôtre par excellence, fondateur et pasteur de nombreuses Églises. Il est cependant clair qu’il ne faisait pas tout tout seul mais il s’appuyait sur des personnes de confiance qui partageaient ses travaux et ses responsabilités. Une autre observation concerne la disponibilité de ces collaborateurs. Les sources concernant Timothée et Tite mettent bien en lumière leur empressement à assumer des tâches variées, consistant souvent à représenter Paul même en des occasions non faciles. En un mot, ils nous apprennent à servir l’Évangile avec générosité, en sachant que cela comporte aussi un service de l’Église elle-même… Par notre engagement concret, nous devons et nous pouvons… être nous aussi riches en œuvres bonnes et ainsi ouvrir les portes du monde au Christ, notre Sauveur.

    Benoît XVI

  • Dieu dans le Christ, recherche l’homme et le renouvelle

    Je suis la force de la divinité avant le temps et avant tous les siècles, je n’ai pas de commencement. Je suis la force par laquelle Dieu a tout fait en discernant et en éprouvant. Je suis le miroir de la providence de tous et j’ai tonné avec une force immense car je suis le mot qui retentit : FIAT, par lequel tout a commencé…

    Je suis venu comme le feu et je me suis reposé dans le ventre brûlant de la Vierge et de sa chair immaculée, je me suis incarné et ainsi je suis devenu un géant dont la valeur surpasse tout homme… Sorti du ventre de la Vierge, plongé dans l’eau, j’ai recherché l’homme et ainsi je l’ai purifié…

    J’ai parcouru le cercle de ma vie en renouvelant les autres hommes ; et ainsi en touchant la figure de l’homme qui m’a touché, j’ai établi la juste relation. Par mon humanité, j’ai lié et écrasé la force du diable, mais il ne me connaîtra pleinement que quand je siégerai sur mon trône pour juger, alors il sera totalement confondu.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)