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  • Être la lumière du monde (Mt 5,14)

    Être la lumière du monde (Mt 5,14)

    Il se peut que je sois incapable de garder mon attention pleinement fixée sur Dieu quand je travaille — mais Dieu ne me l’exige pas. Toutefois, je peux pleinement désirer et projeter d’accomplir mon travail avec Jésus et pour Jésus. C’est là une belle chose et c’est là ce que Dieu veut. Il veut que notre volonté et notre désir se rapportent à lui, à notre famille, à nos enfants, à nos frères, et aux pauvres.

    Chacun de nous reste seulement un petit instrument. Si tu observes les composants d’un appareil électrique, tu y verras un enchevêtrement de fils grands et petits, neufs et vieux, chers et pas chers. Si le courant ne passe pas à travers eux, il ne peut pas y avoir de lumière. Ces fils, ce sont toi et moi. Le courant, c’est Dieu. Nous avons le pouvoir de laisser passer le courant à travers nous, de le laisser nous utiliser, de le laisser produire la lumière du monde — ou de refuser d’être utilisés et de laisser les ténèbres s’étendre.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Donner du fruit trente, soixante ou cent pour un

    Donner du fruit trente, soixante ou cent pour un

    Frères, il y a deux sortes de champs : l’un est le champ de Dieu, l’autre celui de l’homme. Tu as ton domaine ; Dieu aussi a le sien. Ton domaine, c’est ta terre ; le domaine de Dieu, c’est ton âme. Est-il juste que tu cultives ton domaine et que tu laisses en friche celui de Dieu ? Si tu cultives ta terre et que tu ne cultives pas ton âme, c’est parce que tu veux mettre ta propriété en ordre et laisser en friche celle de Dieu ? Est-ce juste ? Est-ce que Dieu mérite que nous négligions notre âme qu’il aime tant ? Tu te réjouis en voyant ton domaine bien cultivé ; pourquoi ne pleures-tu pas en voyant ton âme en friche ? Les champs de notre domaine nous feront vivre quelques jours en ce monde ; le soin de notre âme nous fera vivre sans fin dans le ciel…

    Dieu a daigné nous confier notre âme comme son domaine ; mettons-nous donc à l’œuvre de toutes nos forces avec son aide, pour qu’au moment où il viendra visiter son domaine, il le trouve bien cultivé et parfaitement en ordre. Qu’il y trouve une moisson et non des ronces ; qu’il y trouve du vin et non du vinaigre ; du blé plutôt que de l’ivraie. S’il y trouve tout ce qui peut plaire à ses yeux, il nous donnera en échange les récompenses éternelles, mais les ronces seront vouées au feu.

    Saint Césaire d’Arles (470-543)

  • Faire la volonté de Dieu à chaque instant de notre vie !

    Faire la volonté de Dieu à chaque instant de notre vie !

    Ne nous inquiétons jamais pour l’avenir : à tout instant de notre vie faisons le plus parfait, c’est-à-dire faisons ce que la volonté de Dieu nous impose dans le moment présent ; et ceci fait, ne nous inquiétons pas plus de l’avenir que si nous devions mourir l’heure d’après… Ne pensons à l’avenir que pour demander à Dieu que nous fassions sa volonté pendant tous les instants de notre existence, et qu’ainsi nous Le glorifions le plus que nous pouvons… Mais quant au surplus, ne nous occupons pas plus de l’avenir que si la vie de ce monde allait finir pour nous : soyons tout au seul moment présent.

    Si la volonté de Dieu nous indique, ce qui arrive souvent, comme occupation du moment présent, de nous préparer, soit matériellement (comme par le travail manuel, le repos, la nourriture, le soin de la santé, etc…) soit spirituellement (comme par l’étude, la méditation, etc…) à l’avenir, alors à la bonne heure, occupons-nous de cette préparation, mais occupons-nous, non pas en vue de nous, pour nous préparer à l’avenir, mais en vue de Dieu pour accomplir ce qu’il demande de nous dans le moment présent. (…)

    C’est la vie de foi : ainsi nous ne vivons plus en vue de nous-mêmes, mais en vue de Dieu seul : plus par nous, selon notre volonté, mais par Dieu, selon la seule volonté de Dieu, plus en comptant sur nous ni sur aucune créature, mais en nous abandonnant entièrement à Dieu et en attendant tout de Lui seul… Dieu nous donnera à toute heure ce qu’il faut pour remplir toute mission qu’Il lui plaira de nous donner… (…) Nous n’avons qu’à obéir à tout instant, en faisant à tout instant ce qu’Il nous commande dans l’instant présent.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Mémoire des saints Timothée et Tite, évêques, compagnons de saint Paul

    Trois lettres traditionnellement attribuées à Paul sont adressées à ses deux collaborateurs les plus immédiats : Timothée et Tite. Timothée est un nom grec qui signifie « celui qui honore Dieu ». Tandis que Luc, dans les Actes des Apôtres, le mentionne six fois, Paul, dans ses lettres fait référence à lui par dix-sept fois (en plus on trouve son nom une fois dans la Lettre aux Hébreux). On en déduit qu’aux yeux de Paul il jouissait d’une grande considération…       

    Quant à la figure de Tite, dont le nom est d’origine latine, nous savons qu’il était grec de naissance, c’est-à-dire païen (cf Ga 2,3). Paul l’amena à Jérusalem pour ce que l’on appelle le Concile apostolique (Ac 15 ; Ga 2), au cours duquel fut solennellement acceptée la prédication de l’Évangile aux païens… Après le départ de Corinthe de Timothée, Paul envoya Tite avec la mission de ramener à l’obéissance cette communauté indocile.       

    Si nous considérons ensemble les deux figures de Timothée et de Tite, nous nous rendons compte de certaines données très importantes. Le plus important est que Paul a recouru à des collaborateurs dans le déroulement de ses missions. Il demeure certainement l’Apôtre par excellence, fondateur et pasteur de nombreuses Églises. Il est cependant clair qu’il ne faisait pas tout tout seul mais il s’appuyait sur des personnes de confiance qui partageaient ses travaux et ses responsabilités. Une autre observation concerne la disponibilité de ces collaborateurs. Les sources concernant Timothée et Tite mettent bien en lumière leur empressement à assumer des tâches variées, consistant souvent à représenter Paul même en des occasions non faciles. En un mot, ils nous apprennent à servir l’Évangile avec générosité, en sachant que cela comporte aussi un service de l’Église elle-même… Par notre engagement concret, nous devons et nous pouvons… être nous aussi riches en œuvres bonnes et ainsi ouvrir les portes du monde au Christ, notre Sauveur.

    Benoît XVI

  • Dieu dans le Christ, recherche l’homme et le renouvelle

    Je suis la force de la divinité avant le temps et avant tous les siècles, je n’ai pas de commencement. Je suis la force par laquelle Dieu a tout fait en discernant et en éprouvant. Je suis le miroir de la providence de tous et j’ai tonné avec une force immense car je suis le mot qui retentit : FIAT, par lequel tout a commencé…

    Je suis venu comme le feu et je me suis reposé dans le ventre brûlant de la Vierge et de sa chair immaculée, je me suis incarné et ainsi je suis devenu un géant dont la valeur surpasse tout homme… Sorti du ventre de la Vierge, plongé dans l’eau, j’ai recherché l’homme et ainsi je l’ai purifié…

    J’ai parcouru le cercle de ma vie en renouvelant les autres hommes ; et ainsi en touchant la figure de l’homme qui m’a touché, j’ai établi la juste relation. Par mon humanité, j’ai lié et écrasé la force du diable, mais il ne me connaîtra pleinement que quand je siégerai sur mon trône pour juger, alors il sera totalement confondu.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • Livré aux hommes et à son Père, le Christ nous nourrit de la Parole et du Pain de vie.

    Livré aux hommes et à son Père, le Christ nous nourrit de la Parole et du Pain de vie.

    Tu m’es témoin, mon Dieu, que rien ne peut me satisfaire, que personne ne peut m’apaiser ; c’est toi seul, mon Dieu, que je désire contempler éternellement. Mais cela n’est pas possible tant que je serai dans ce corps mortel… En attendant, les livres saints seront mes guides, le miroir de ma vie ; et par-dessus tout, ton corps sacré sera mon remède et mon refuge.

    Je sais que deux choses me sont ici-bas absolument nécessaires, sans lesquelles cette misérable vie me deviendrait insupportable. Lié aux servitudes de mon corps, j’ai besoin d’aliments et de lumière. C’est pourquoi tu m’as donné ton corps sacré pour soutenir mon corps et mon âme malades, et « Ta parole comme une lampe pour éclairer mes pas » (Ps 118,105). Sans cela, je ne pourrais pas vivre dignement, car la parole de Dieu est la lumière de l’âme, et ton sacrement le pain de vie.

    On peut dire aussi que ce sont deux tables dressées parmi les trésors de la sainte Église. L’une est la table de l’autel, qui porte le pain sacré, c’est-à-dire le corps précieux de Jésus Christ ; l’autre est la table de la loi divine, contenant la doctrine éternelle, celle qui enseigne la vraie foi et conduit avec sûreté vers le repos de Dieu.

    Je te remercie, ô Créateur et Rédempteur des hommes, qui, pour manifester ton amour au monde entier, nous as préparé ce grand banquet au cours duquel tu donnes en nourriture, non pas le symbole de l’agneau, mais la réalité de ton corps et de ton sang. Banquet sacré où tous les fidèles boivent avec allégresse au calice du salut qui renferme toutes les joies du paradis.

    L’Imitation de Jésus Christ

  • « Il appela ceux qu’il voulait. »

    « Il appela ceux qu’il voulait. »

    Ce saint synode, à l’exemple du Concile Vatican I, enseigne avec lui et déclare que Jésus Christ, Pasteur éternel, a édifié la sainte Église en envoyant les apôtres comme lui-même avait été envoyé par le Père et a voulu que leurs successeurs, c’est-à-dire les évêques, soient dans son Église pasteurs jusqu’à la fin des temps. Et afin que l’épiscopat lui-même soit un et sans fissure, il a mis à la tête des autres apôtres le bienheureux Pierre qu’il a établi comme principe et fondement perpétuel autant que visible de l’unité de la foi et de la communion…

    Le Seigneur Jésus, après avoir prié le Père, a appelé à lui ceux qu’il voulait et en a nommé douze qu’il prendrait avec lui et qu’il enverrait prêcher le Royaume de Dieu ; et ces apôtres il les a constitués en collège ou corps stable, à la tête duquel il a mis Pierre, choisi parmi eux. Il les a envoyés d’abord aux enfants d’Israël et puis à toutes les nations afin que, revêtus de son autorité, ils fassent de tous les peuples ses disciples, les sanctifient et les gouvernent. Ainsi ils propagent l’Église et, sous la conduite du Seigneur, ils en sont les ministres et les pasteurs, tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ils ont été pleinement confirmés dans cette mission le jour de la Pentecôte selon la promesse du Seigneur  : « Vous recevrez une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

    Les apôtres, donc, prêchant partout l’Évangile, qui a été accueilli par les auditeurs sous la motion du Saint-Esprit, ont rassemblé l’Église universelle que le Seigneur avait fondée dans les apôtres et qu’il avait édifiée sur le bienheureux Pierre, leur chef, Jésus Christ étant lui-même la suprême pierre angulaire. La mission divine confiée par le Christ aux apôtres durera jusqu’à la fin des temps, puisque l’Évangile qu’ils doivent prêcher est de tout temps pour l’Église le principe de sa vie entière.

    Concile Vatican II

    Références bibliques : Jn 20,21 ; Mc 3,13-19 ; Mt 10,1-42 ; Lc 6,13 ; Jn 21,15-17 ; Rm 1,16 ; Mt 28,16-20 ; Mc 16,15 ; Lc 24,45-48 ; Jn 20,21-23 ; Mt 28,20 ; Ac 2,1-36 ; Ac 1,8 ; Mc 16,20 ; Ap 21,14 ; Mt 16,18 ; Ep 2, 20 ; Mt 28,20.

  • « Beaucoup de gens… avaient appris tout ce qu’il faisait, et ils vinrent à lui. »

    « Beaucoup de gens… avaient appris tout ce qu’il faisait, et ils vinrent à lui. »

    Ô miséricordes, envoyées et répandues sur tous les hommes ! C’est en toi qu’elles demeurent, Seigneur, toi qui, dans ta pitié pour tous les hommes, es allé à leur rencontre. Par ta mort tu leur as ouvert les trésors de tes miséricordes… Ton être profond est en effet caché à la vue de l’homme, mais esquissé dans ses moindres mouvements. Tes œuvres nous fournissent l’esquisse de leur Auteur, et les créatures nous désignent leur Créateur (Sg 13,1 ; Rm 1,20), pour que nous puissions toucher celui qui se dérobe à la recherche intellectuelle mais qui se fait voir dans ses dons. Il est difficile d’arriver à lui être présent face à face, mais il est facile de s’approcher de lui.

    Nos actions de grâces sont insuffisantes, mais nous t’adorons en toutes choses pour ton amour envers tous les hommes. Tu nous distingues chacun par le fond de notre être invisible, nous qui sommes tous reliés fondamentalement par l’unique nature d’Adam… Nous t’adorons, toi qui as mis chacun de nous dans ce monde, qui nous as confié tout ce qui s’y trouve, et qui nous en retireras à l’heure que nous ne connaissons pas. Nous t’adorons, toi qui as mis la parole dans nos bouches pour que nous puissions te présenter nos demandes. Adam t’acclame, lui qui repose dans la paix, et nous, sa postérité, avec lui, car tous nous sommes bénéficiaires de ta grâce. Les vents te louent…, la terre te loue…, les mers te louent…, les arbres te louent…, les plantes et les fleurs te bénissent aussi… Que toutes choses se rassemblent et unissent leur voix pour te louer, rivalisant d’action de grâce pour toutes tes bontés et unies dans la paix pour te bénir ; que toutes choses élèvent ensemble pour toi une œuvre de louange.

    Il nous revient de tendre vers toi de toute notre volonté, et il te revient de verser sur nous un peu de ta plénitude, pour que ta vérité nous convertisse et qu’ainsi disparaisse notre faiblesse qui, sans ta grâce, ne peut parvenir à toi, toi le Maître des dons.

    Saint Éphrem (v. 306-373)

  • « On observait Jésus…pour l’accuser. »

    À l’heure de la prière, mets-toi en présence de la paix et de l’amour… : ô paix de Dieu qui surpasses tout sentiment (Ph 4,7), plaisante et agréable, douce et préférable à tout, partout où tu pénètres règne une sécurité imperturbable. Toi seule as le pouvoir de mettre un frein à la colère du souverain ; tu ornes le trône du roi par la clémence ; tu illumines le royaume de la gloire par la pitié et la miséricorde. De grâce, prends en main ma cause, à moi le coupable et l’indigent… Voici que déjà le créancier se tient à la porte… il n’est pas prudent pour moi de lui parler, puisque je n’ai pas de quoi payer ma dette. Très doux Jésus, ma paix, combien de temps garderas-tu le silence ?… De grâce, maintenant du moins parle pour moi, disant ce mot charitable : « Moi, je la rachèterai ». Toi, tu es assurément le refuge de tous les pauvres. Tu ne passes auprès de personne sans lui donner le salut. Toi, jamais tu n’as laissé partir celui qui s’était réfugié près de toi, sans qu’il soit réconcilié…

    De grâce, mon amour, mon Jésus, à cette heure de la journée tu as été flagellé pour moi, couronné d’épines, abreuvé pitoyablement de souffrances. Tu es mon vrai roi, hors de toi je ne connais personne. Tu t’es fait l’opprobre des hommes, abject et repoussant comme un lépreux (Is 53,3) jusqu’à ce que la Judée refuse de te reconnaître comme son roi (Jn 19,14-15). Par ta grâce, que moi au moins je te reconnaisse comme mon roi ! Mon Dieu, donne-moi cet innocent, si tendrement aimé, mon Jésus, qui pour moi « a payé » si pleinement « ce qu’il n’avait pas dérobé » (Ps 68,5) ; donne-le-moi pour être l’appui de mon âme. Que je le reçoive dans mon cœur ; que par l’amertume de ses douleurs et de sa Passion il réconforte mon esprit…

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • « Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

    « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat »… La loi du sabbat était à son début de la plus haute importance : elle apprenait aux juifs à être doux et pleins d’humanité pour leurs proches ; elle leur enseignait à croire en la sagesse et en la providence de Dieu le créateur… Quand Dieu leur a donné la loi du sabbat, il leur a fait comprendre qu’il voulait seulement qu’ils s’abstiennent de tout mal : « Vous ne ferez rien en ce jour, sauf les œuvres qui concernent l’âme » (Ex 12,16 LXX). Dans le Temple on travaillait en ce saint jour plus que d’ordinaire… Ainsi l’ombre de la Loi préparait la lumière de la pleine vérité (cf Col 2,17).

    Le Christ a-t-il donc aboli une loi si utile ? Pas du tout : il l’a étendue plus loin encore… Il n’était plus nécessaire d’enseigner de cette façon que Dieu était le créateur de tout ce qui existe, ni de les former à la douceur envers les autres, puisqu’ils étaient invités à imiter l’amour de Dieu pour les hommes, selon cette parole : « Soyez miséricordieux, comme votre Père aux cieux est miséricordieux » (Lc 6,36). Il n’était pas nécessaire de fixer un jour de fête à ceux qui étaient invités à faire de leur vie entière une fête : « Célébrons la fête, écrit l’apôtre Paul, non pas avec de vieux ferments, la perversité et le vice, mais avec du pain non fermenté : la droiture et la vérité » (1Co 5,8)… Quelle nécessité d’une loi du sabbat pour le chrétien qui passe sa vie dans une célébration continuelle et pense toujours au ciel ? Oui, frères, célébrons ce sabbat céleste et continuel.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)