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  • « Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. »

    « Ce pain-là, qui descend du ciel, celui qui en mange ne mourra pas. »

    La Vierge Marie a enfanté Jésus Christ, elle l’a réchauffé dans ses bras, elle l’a enveloppé de langes et l’a entouré de soins maternels. C’est bien ce même Jésus dont nous recevons maintenant le corps et dont nous buvons le sang rédempteur au sacrement de l’autel. Voilà ce que la foi catholique tient pour vrai, voilà ce qu’enseigne fidèlement l’Église.

    Aucune langue humaine ne pourra assez glorifier celle de qui a pris chair, nous le savons, « le médiateur entre Dieu et les hommes » (1 Tm 2,5). Aucun éloge humain n’est à la mesure de celle dont les entrailles très pures ont donné le fruit qui est l’aliment de nos âmes : celui, autrement dit, qui témoigne de lui-même par ces paroles : « Je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel ; si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement » (Jn 6,51). Et en effet, nous qui avons été chassés du paradis de délices à cause d’une nourriture, c’est aussi par une nourriture que nous retrouvons les joies du paradis. Ève a pris une nourriture, et nous avons été condamnés à un jeûne éternel ; Marie a donné une nourriture, et l’entrée du festin du ciel nous a été ouverte.

    Considérez, je vous en prie, mes frères, considérez attentivement ce plan de notre rédemption et, avec l’oreille de votre cœur, écoutez la tendresse de Dieu qui s’est penchée sur nous.

    Saint Pierre Damien (1007-1072)

  • Dieu a prévu de toute éternité que l’homme viendrait vers lui

    Dieu a prévu de toute éternité que l’homme viendrait vers lui

    Tout âme raisonnable a pour source le vrai Dieu : elle doit choisir ce qui lui convient et rejeter ce qui lui déplaît, car elle connaît au fond d’elle-même ce qui est bon et ce qui est mauvais. Dieu, qui est unique, a conçu dans l’énergie de son cœur une œuvre précise et unique, et cette œuvre, il l’a démultipliée de façon magnifique. Car Dieu est un feu vivant, un feu par lequel les âmes respirent, feu qui existe avant le commencement, qui est l’origine et le temps des temps. La volonté de Dieu pénètre entièrement le monde périssable, elle y inspire le terme du monde, qui est l’éternité.

    La toute-puissance de Dieu possède la rondeur d’une tempérance faite d’équilibre, elle n’a ni commencement ni fin, et a toute amplitude pour accomplir ce qu’elle désire, sans exception aucune. À la perfection qui permet à la puissance de Dieu de tout soumettre est joint l’amour, comme une sorte de quiétude dans l’action : c’est que l’amour accomplit parfaitement la volonté de Dieu – source de paix. L’amour revêt cependant différentes parures, aussi nombreuses que les vertus agissant dans l’homme : l’amour est la source de tout bien. L’homme doit diriger vers ce vrai soleil toutes les intentions de son cœur.

    C’est dans ce regard d’amour que la prescience de Dieu se manifeste : amour et prescience s’accordent l’un à l’autre. (…) L’homme qui choisit de se soumettre à l’amour aime ce qui est en Dieu, il contemple Dieu dans la pureté de sa foi, il ne lui offre rien de mortel, mais s’installe dès maintenant dans les joies célestes et Dieu a prévu de toute éternité qu’il viendrait vers lui.

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

  • « Donne-nous de ce pain-là, toujours. »

    « Donne-nous de ce pain-là, toujours. »

    Le premier signe de l’amour, c’est que Jésus nous a donné sa chair à manger, son sang à boire : voilà une chose inouïe, qui exige de nous admiration et stupeur. Le propre de l’amour est de toujours donner et de toujours recevoir. Or, l’amour de Jésus est à la fois prodigue et avide. Tout ce qu’il a, tout ce qu’il est, il le donne ; tout ce que nous avons, tout ce que nous sommes, il le prend.      

    Il a une faim immense… Plus notre amour le laisse agir, plus nous le goûtons amplement. Il a une faim immense, insatiable. Il sait bien que nous sommes pauvres, mais il n’en tient aucun compte. Il se fait lui-même pain en nous, faisant disparaître d’abord, dans son amour, nos penchants mauvais, fautes et péchés. Puis, quand il nous voit purs, il arrive avide pour prendre notre vie et la changer en la sienne, la nôtre pleine de péchés, la sienne pleine de grâce et de gloire, toute préparée pour nous, si seulement nous renonçons à nous-mêmes (Mt 16,24)… Tous ceux qui aiment me comprendront. Il nous fait le don d’une faim et d’une soif éternelles.       

    À cette faim et à cette soif, il donne en nourriture son corps et son sang. Quand nous les recevons avec dévouement intérieur, son sang plein de chaleur et de gloire coule de Dieu jusque dans nos veines. Le feu prend au fond de nous et le goût spirituel nous pénètre l’âme et le corps, le goût et le désir. Il nous donne de ressembler à ses vertus ; il vit en nous et nous vivons en lui.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

  • « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    Je m’incline devant toi, Pain des anges (Ps 78,25),
    Avec une foi profonde, espoir, amour,
    Et du plus profond de mon âme, je t’adore
    Bien que je sois néant.

    Je m’incline devant toi, Dieu caché,
    Et de tout mon cœur, je t’aime.
    Les voiles du mystère ne me gênent pas ;
    Je t’aime comme les élus au ciel.

    Je m’incline devant toi, Agneau de Dieu,
    Qui effaces les péchés de mon âme,
    Que je reçois en mon cœur, chaque matin,
    Et toi, tu m’aides à mon salut.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « Reste avec nous. »

    « Reste avec nous. »

    Les deux disciples se rendaient à Emmaüs. Leur allure était normale, comme celle de tant d’autres personnes qui passaient dans ces parages. Et c’est là, avec naturel, que Jésus leur apparaît et qu’il marche avec eux, engageant une conversation qui leur fait oublier leur fatigue… Jésus sur le chemin. Seigneur, tu es toujours grand ! Mais tu m’émeus quand tu condescends à nous suivre, à nous chercher dans notre va-et-vient quotidien. Seigneur, accorde-nous la simplicité d’esprit ; donne-nous un regard pur, une intelligence claire pour pouvoir te comprendre lorsque tu viens sans aucune marque extérieure de ta gloire.

    À leur arrivée au bourg, le trajet s’achève et les deux disciples qui, sans s’en rendre compte, ont été blessés au plus profond de leur cœur par la parole et par l’amour de Dieu fait homme, regrettent qu’il s’en aille. Car Jésus prend congé d’eux en « faisant semblant d’aller plus loin ». Il ne s’impose jamais, notre Seigneur. Une fois que nous avons entrevu la pureté de l’amour qu’il a mis dans notre âme, il veut que nous l’appelions librement. Nous devons le retenir de force et le prier : « Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme, il commence à faire nuit ».

    Nous sommes ainsi : toujours peu audacieux, par manque de sincérité peut-être, ou par pudeur. Nous pensons au fond : « Reste avec nous, parce que les ténèbres entourent notre âme, et toi seul es la lumière, toi seul peux calmer cette soif qui nous consume… » Et Jésus reste avec nous. Nos yeux s’ouvrent comme ceux de Cléophas et de son compagnon, quand le Christ rompt le pain ; et bien qu’il disparaisse à nouveau de notre vue, nous serons nous aussi capables de nous remettre en route — il commence à faire nuit — pour parler de lui aux autres, parce qu’autant de joie ne tient pas dans un seul cœur.

    Chemin d’Emmaüs. Notre Dieu a rempli ce nom de douceur. Et Emmaüs, c’est le monde entier, parce que le Seigneur a ouvert les chemins divins de la terre.

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975)

  • « C’est moi. Soyez sans crainte. »

    « C’est moi. Soyez sans crainte. »

    — Seigneur, que les vagues sont hautes,
    que la nuit est obscure !
    Ne voudrais-tu pas l’éclairer
    pour moi qui veille solitaire ?

    — Tiens fermement le gouvernail,
    garde confiance et reste calme.
    Ta barque a du prix à mes yeux,
    je veux la mener à bon port.

    Garde bien sans défaillance
    les yeux fixés sur le compas.
    Il aide à parvenir au but
    à travers nuits et tempêtes.

    L’aiguille du compas de bord
    frémit mais se maintient.
    Elle te montrera le cap
    que je veux te voir prendre.

    Garde confiance et reste calme :
    à travers nuits et tempêtes
    la volonté de Dieu, fidèle,
    te guide, si ton cœur veille.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

  • « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Mt 14,16)

    « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » (Mt 14,16)

    Dans le pain de l’eucharistie, nous recevons la multiplication inépuisable des pains de l’amour de Jésus Christ, assez riche pour rassasier la faim de tous les siècles, et qui cherche ainsi à nous mettre, nous aussi, au service de cette multiplication des pains. Les quelques pains de seigle de notre vie pourront sembler inutiles, mais le Seigneur en a besoin et les demande.

    Les sacrements de l’Église sont, comme l’Église elle-même, le fruit du grain de blé mourant (Jn 12,24). Pour les recevoir, nous devons entrer dans le mouvement d’où ils proviennent eux-mêmes. Ce mouvement consiste à se perdre soi-même, sans quoi l’on ne peut pas se trouver : « Celui qui veut garder sa vie la perdra ; mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l’Évangile, celui-là la gardera » (Mc 8,35). Cette parole du Seigneur est la formule fondamentale d’une vie chrétienne…; la forme caractéristique de la vie chrétienne lui vient de la croix. L’ouverture chrétienne au monde, tant prônée aujourd’hui, ne peut trouver son vrai modèle que dans le côté ouvert du Seigneur (Jn 19,34), expression de cet amour radical, seul capable de sauver.

    Du sang et de l’eau ont jailli du côté transpercé de Jésus crucifié. Ce qui, à première vue, est signe de sa mort, signe de son échec le plus complet, constitue en même temps un commencement nouveau : le Crucifié ressuscite et ne meurt plus. Des profondeurs de la mort surgit la promesse de la vie éternelle. Au-dessus de la croix de Jésus Christ, resplendit déjà la clarté victorieuse du matin de Pâques. C’est pourquoi, vivre avec lui sous le signe de la croix est synonyme de vivre sous la promesse de la joie pascale.

    Benoît XVI

  • « Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu. » Jn 3, 34

    « Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu. » Jn 3, 34

    Comme Marie, toute servante de Dieu doit assez souvent faire le silence et le calme en elle-même, s’enfermer en son intérieur, se cacher dans l’esprit pour se soustraire et échapper aux sens, et se faire à elle-même un lieu de silence et de repos intérieur. C’est de ce repos intérieur qu’on chante… : « Alors que l’on était en plein silence, que toutes choses étaient dans le plus grand silence, et que la nuit était au milieu de son cours, c’est alors, Seigneur, que de ton trône royal la parole toute-puissante est descendue » (Sg 18,14-15), le Verbe éternel sortant du cœur de son Père. C’est au milieu du silence, au moment même où toutes les choses sont plongées dans le plus grand silence, où le vrai silence règne, c’est alors qu’on entend en vérité ce Verbe. Car si tu veux que Dieu parle, il faut te taire ; pour qu’il entre, toutes choses doivent sortir.

    Quand notre Seigneur Jésus est entré en Égypte, toutes les idoles du pays se sont effondrées. Tes idoles à toi, c’est tout ce qui empêche cette naissance éternelle de s’accomplir en toi, d’une façon véritable et immédiate, aussi bon et aussi saint que cela puisse paraître. Notre Seigneur a dit : « Je suis venu apporter un glaive » (Mt 10,34) pour trancher tout ce qui tient à l’homme… Car ce qui t’est le plus proche, voilà ton ennemi : cette multiplicité d’images, qui cachent en toi le Verbe.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • Poser le Christ comme une lampe divine en nos cœurs

    Poser le Christ comme une lampe divine en nos cœurs

    « Je suis la vérité » (Jn 14,6). De par notre condition naturelle, nous marchons, ici-bas, dans les ténèbres (cf. Lc 1,79). Pour nous élever vers Dieu, il nous faut être surnaturellement éclairés. Seul, le Christ manifeste la vérité religieuse, « Il est la lumière du monde » (Jn 8, 12). Son enseignement, sans dissiper toute obscurité, permet de le reconnaître comme l’envoyé du Père et d’adhérer à lui comme à la Vérité suprême et infaillible. « Dieu est ma lumière » (Ps 26,1).

    L’Évangile apporte au monde la révélation de toutes les grandes vérités religieuses : celle de la Trinité, de l’incarnation, de la rédemption, des sanctions de l’au-delà. Il dévoile aussi aux hommes le mystère de la paternité divine. Quand Jésus nous parle de Dieu, il le représente toujours comme notre Père : « Je remonte à mon Père, et votre Père » (Jn 20,17) ! C’est une des caractéristiques du Nouveau Testament de nous avoir appris à nommer Dieu notre Père, à nous comporter envers lui comme ses enfants (cf. Mt 6,9 ; Rm 8,16). Avec la paternité divine, Jésus nous révèle encore notre adoption, notre destinée céleste et bienheureuse, toutes les attitudes de charité et de vertu propres au chrétien. Recueillons ces doctrines de ses lèvres bénies, réalisons qu’elles émanent de la Vérité même ; attachons-nous à elles par une foi inébranlable. En outre, le Christ apporte encore la vérité par une grâce d’illumination, toute personnelle, de notre âme. Cette illumination propre à chacun est essentielle au progrès de la vie du Christ en nous. (…)

    Il nous faut donc considérer les chemins d’ici-bas à la lumière de la foi au Christ. Posons-le comme une lampe divine au milieu de notre cœur. Jetons aux pieds de Jésus nos idées, nos jugements, nos désirs, afin de regarder le monde, les personnes et les évènements comme par ses yeux. Alors, nous apprécierons à leur juste valeur les choses du temps et celles de l’éternité.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • Devenir une âme pleinement spirituelle

    Devenir une âme pleinement spirituelle

    Vers l’Esprit se tournent tous ceux qui ont besoin de sanctification, vers lui s’élance le désir de tous ceux qui vivent selon la vertu et qui sont comme « rafraîchis » par son souffle, secourus dans la poursuite de la fin conforme à leur nature. (…)

    Se purifier de la laideur contractée par les vices, revenir à la beauté de sa nature, restituer pour ainsi dire à l’image royale sa forme primitive, par la pureté, c’est la seule manière de s’approcher de l’Esprit Saint. Et lui, comme le soleil s’emparant d’un œil très pur, te montrera en lui-même l’Image de l’Invisible ; tu verras dans la bienheureuse contemplation de l’Image l’ineffable beauté de l’Archétype.

    Par lui les cœurs s’élèvent, les faibles sont conduits par la main, les progressants deviennent parfaits. C’est lui qui illumine ceux qui sont purifiés de toute souillure et les rend « spirituels » par communion avec lui. Comme les corps limpides et transparents deviennent étincelants lorsqu’un rayon lumineux les frappe et par eux-mêmes diffusent un autre éclat, ainsi les âmes porteuses de l’Esprit, illuminés par l’Esprit, deviennent pleinement « spirituelles » et répandent la grâce sur les autres.

    Saint Basile (v. 330-379)