
Loin de vous ces timidités excessives, où tombent certaines personnes qui les prennent pour de l’humilité ! Non, l’humilité ne consiste pas à refuser une faveur que nous fait le roi ; mais à l’accepter en reconnaissant combien nous en sommes indignes et à nous réjouir de cette faveur. Ce serait vraiment une étrange humilité que celle-là ! Comment ! Le Souverain de la terre et des cieux viendrait en moi pour me combler de ses faveurs et prendre ses délices avec moi, et par humilité je ne voudrais ni lui répondre, ni rester avec lui, ni accepter ce qu’il me donne ! et je le laisserais seul ! et quand il m’invite à lui présenter mes suppliques et qu’il m’en prie, je croirais faire preuve d’humilité en restant dans ma pauvreté ! et je l’obligerais à s’en aller parce que je ne réponds pas à ses avances ? Laissez de côté, mes filles, cette prétendue l’humilité. Traitez avec lui comme avec un Père, un Frère, un Maître, un Époux. Considérez-le tantôt sous un rapport, tantôt sous un autre. Il vous enseignera lui-même ce que vous devez faire pour le contenter.
Dieu est maître tout-puissant. N’a-t-il pas la liberté avec lui ? Or, comme il nous aime, il se met à notre portée. Une âme qui débute serait troublée en se voyant, elle si petite, destinée à renfermer en soi celui qui est si grand. Mais le Seigneur ne se manifeste pas à elle immédiatement : il agrandit peu à peu sa capacité ; il la dispose et la prépare aux dons qu’il veut mettre en elle. J’ai dit qu’il porte avec lui la liberté parce qu’il a le pouvoir d’agrandir ce palais qu’est notre âme.
Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582)






Au lendemain de la solennité de Noël, nous célébrons aujourd’hui la fête de saint Étienne, diacre et premier martyr. À première vue, le rapprochement…avec la naissance du Rédempteur peut nous surprendre, car on est frappé par le contraste entre la paix et la joie de Bethléem et le drame d’Étienne… En réalité, le désaccord apparent est dépassé si nous considérons plus en profondeur le mystère de Noël. L’enfant Jésus, couché dans la grotte, est le Fils unique de Dieu qui s’est fait homme. Il sauvera l’humanité en mourant sur la croix. À présent, nous le voyons enveloppé de langes dans la crèche ; après sa crucifixion, il sera à nouveau enveloppé de bandes et déposé dans un sépulcre. Ce n’est pas un hasard si l’iconographie de Noël représentait parfois le divin Nouveau-né couché dans un petit sarcophage, pour indiquer que le Rédempteur naît pour mourir, naît pour donner la vie en rançon pour tous (Mc 10,45).
