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  • « Le Royaume des cieux est comparable à un trésor. »

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    Il est logique que la fin de tous nos désirs, c’est-à-dire la vie éternelle, soit indiquée à la fin de tout ce qui nous est donné à croire dans le Credo avec ces paroles : « La vie éternelle. Amen »… Dans la vie éternelle, il y a l’union de l’homme avec Dieu…, la louange parfaite…, et le rassasiement parfait de nos désirs, car chaque bienheureux y possédera encore plus qu’il ne désirait et n’espérait. En cette vie personne ne peut combler son désir ; jamais rien de créé ne pourra rassasier le désir de l’homme. Dieu seul rassasie, et à l’infini. C’est pourquoi nous ne nous reposons qu’en Dieu, comme le dit saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se repose en toi ».

    Puisque dans la patrie les saints posséderont Dieu parfaitement, il est évident que non seulement leur désir sera rassasié mais qu’en outre il débordera de gloire. C’est pourquoi le Seigneur dit : « Entre dans la joie de ton Seigneur » (Mt 25,21). Et saint Augustin dit à ce propos : « Ce n’est pas toute la joie qui entrera en ceux qui se réjouissent, mais ceux qui se réjouissent entreront tout entiers dans la joie. » On dit dans un psaume : « Je serai rassasié lorsque se manifestera ta gloire » (62,3), et dans un autre : « Il comble de biens ton désir » (Ps 37,4)… Car si l’on désire les délices, c’est là que se trouvera la délectation suprême et parfaite, parce qu’elle consistera dans le souverain bien qui est Dieu lui-même : « À ta droite, délices éternelles » (Ps 15,11).

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Homélie sur le Credo (trad. bréviaire 33e samedi ; rev.)

     

     

     

  • Sainte Marthe, mémoire

    sainte-martheMarthe et Marie étaient deux sœurs, proches non seulement par le sang mais encore par la piété. Attachées l’une et l’autre au Seigneur, elles se sont mises d’un seul cœur à son service au temps de sa vie ici-bas. Marthe l’a reçu comme on reçoit d’ordinaire un voyageur. Et pourtant, c’était une servante qui accueillait son Maître, une malade son Sauveur, une créature son Créateur… Le Seigneur, en effet, avait voulu prendre la forme d’un serviteur afin de pouvoir être nourri par des serviteurs…
    Voici donc le Seigneur accueilli comme un hôte. « Il était venu parmi les siens et les siens ne l’avaient pas reçu ; mais à tous ceux qui l’ont reçu il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu » (Jn 1,11-12). Les serviteurs ainsi adoptés devenaient ses frères, les captifs ainsi délivrés devenaient ses cohéritiers. Mais que personne d’entre vous ne dise : Heureux ceux qui ont eu la chance de recevoir le Christ en leur propre maison ! N’aie donc point de peine, ne te lamente pas d’être né à une époque où tu ne peux plus voir le Seigneur en chair et en os. Il ne t’a pas retiré sa faveur, lui qui a déclaré : « Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 103,1,2 ; PL 38, 613 (trad. Orval)

     

     

     

     

     

  • Recevoir la Parole dans la bonne terre

    StMatthieu

    Que le Christ vous aide, frères très chers, à toujours accueillir la lecture de la parole de Dieu avec un cœur avide et assoiffé ; ainsi votre obéissance très fidèle vous remplira de joie spirituelle. Mais si vous voulez que les saintes Écritures aient pour vous de la douceur et que les préceptes divins vous profitent autant qu’il le faut, soustrayez-vous pendant quelques heures à vos préoccupations matérielles. Relisez dans vos maisons les paroles de Dieu, consacrez-vous entièrement à sa miséricorde. Ainsi vous réussirez à réaliser en vous ce qui est écrit de l’homme bienheureux : « Il méditera jour et nuit la loi du Seigneur » (Ps 1,2) et aussi : « Heureux ceux qui scrutent ses commandements, ceux qui le cherchent de tout leur cœur » (Ps 118,2).

    Les commerçants ne cherchent pas à faire des bénéfices sur une seule marchandise mais sur plusieurs. Les cultivateurs cherchent un meilleur rendement en semant différentes sortes de semences. Vous qui cherchez des bénéfices spirituels, ne vous contentez pas seulement d’entendre les textes sacrés à l’église. Lisez les textes sacrés à la maison ; quand les jours sont courts, profitez des longues soirées. Et ainsi vous pourrez amasser un froment spirituel dans le grenier de votre cœur et ranger dans le trésor de vos âmes les perles précieuses des Écritures.

    Saint Césaire d’Arles (470-543), moine et évêque
    Sermons au peuple, n° 7, 1 (trad. cf SC 175, p.338s)

     

     

     

  • « Beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez. »

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    Dès que Dieu a vu le monde bouleversé par la crainte, il a mis en œuvre son amour pour le rappeler à lui, sa grâce pour l’inviter, son affection pour l’embrasser. Lors du déluge… il appelle Noé à engendrer un monde nouveau, l’encourage par de douces paroles, lui donne sa confiance familière, l’instruit avec bonté sur le présent et le console par sa grâce au sujet de l’avenir… Il prend part à son labeur et enferme dans l’arche le germe du monde entier, pour que l’amour de son alliance bannisse la crainte…

    Ensuite Dieu appelle Abraham du milieu des nations, il magnifie son nom et le fait père des croyants. Il l’accompagne en chemin, le protège à l’étranger, le comble de richesses, l’honore de victoires, l’assure de ses promesses, l’arrache aux injustices, le console dans son hospitalité et l’émerveille par une naissance inespérée afin que attiré par la grande douceur de l’amour divin, il apprenne à… adorer Dieu en l’aimant et non plus en tremblant.

    Plus tard Dieu console par des rêves Jacob en fuite. À son retour, il le provoque au combat et, dans la lutte, il l’étreint dans ses bras afin qu’il aime le père des combats et ne le craigne plus. Puis il appelle Moïse et lui parle avec l’amour d’un père pour l’inviter à délivrer son peuple.

    Dans tous ces événements, la flamme de la charité divine a embrasé le cœur des hommes…, et ceux-ci, l’âme blessée, ont commencé à désirer voir Dieu avec leurs yeux de chair… L’amour n’admet pas ne pas voir ce qu’il aime. Tous les saints n’ont-ils pas considéré comme peu de chose tout ce qu’ils obtenaient tant qu’ils ne voyaient pas Dieu ? … Que personne donc ne pense que Dieu a eu tort de venir aux hommes par un homme. Il a pris chair parmi nous pour être vu de nous.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 147 ; PL 52, 594-596 (trad. Orval)

     

     

     

  • Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,7-15.

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    Frères, nous portons un trésor comme dans des vases d’argile ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire appartient à Dieu et ne vient pas de nous.
    En toute circonstance, nous sommes dans la détresse, mais sans être angoissés ; nous sommes déconcertés, mais non désemparés ;
    nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis.
    Toujours nous portons, dans notre corps, la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps.
    En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre condition charnelle vouée à la mort.
    Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.
    L’Écriture dit : ‘J’ai cru, c’est pourquoi j’ai parlé.’ Et nous aussi, qui avons le même esprit de foi, nous croyons, et c’est pourquoi nous parlons.
    Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous.
    Et tout cela, c’est pour vous, afin que la grâce, plus largement répandue dans un plus grand nombre, fasse abonder l’action de grâce pour la gloire de Dieu.

     

     

     

     

  • Le martyre de saint Jacques, apôtre

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    C’était sans doute grâce à une force et à une aide du ciel que la doctrine du salut, comme un rayon de soleil, a éclairé soudainement toute la terre. En effet, suivant les divines Écritures, la voix des évangélistes et des apôtres a retenti sur toute la terre : « leurs paroles jusqu’aux limites du monde » (Ps 18,5). Et vraiment dans chaque ville, dans chaque village, comme dans une aire pleine de blé, des Églises fortes de milliers d’hommes se sont constituées en masse, remplies de fidèles…

    Mais sous le règne de l’empereur Claude, « le roi Hérode se mit à maltraiter certains membres de l’Église ; c’est ainsi qu’il a fait périr Jacques, frère de Jean, par le glaive » (Ac 12,1-2). Concernant Jacques, Clément [d’Alexandrie] rapporte un récit digne de mémoire tel qu’il le tenait de la tradition de ses prédécesseurs : celui qui l’avait amené au tribunal a été ému en le voyant donner son témoignage, et il a confessé que lui aussi était chrétien. Tous deux, dit-il, ont été amenés ensemble au supplice, et le long du chemin, celui-ci a demandé à Jacques de lui pardonner. Jacques a réfléchi un instant et il l’a embrassé en disant : « Que la paix soit avec toi ! » Et ainsi tous deux ont été décapités en même temps.

    Alors, dit la sainte Écriture, voyant que ce qu’il avait fait par la mort de Jacques avait plu à certains, Hérode s’est attaqué également à Pierre et l’a jeté en prison. Il a failli le faire mourir aussi. Mais, grâce à une manifestation divine, un ange s’est présenté à l’apôtre pendant la nuit et l’a délivré miraculeusement de ses liens ; il a été relâché pour le ministère de la prédication (Ac 12,4-17).

    Eusèbe de Césarée (v. 265-340), évêque, théologien, historien
    Histoire ecclésiastique, II, 3, 9 ; SC 31 (trad. SC p. 54s rev.)

     

     

     

  • Repos

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    Toute l’Écriture est porteuse d’une bonne nouvelle, celle de la puissance de l’amour qui nous fait exister, nous accompagne sur toutes nos routes, nous achemine vers la victoire de la vie. Pourquoi répéter cela ? Parce qu’il y a une part de nous-mêmes qui a peur de Dieu. Peur de ses exigences, du poids des fardeaux que nous avons du mal à trouver légers. Peur de sa «justice». Cela nous empêche de faire le pas décisif d’une confiance totale, de nous ouvrir sans réserve à l’amour. Or la peur est le contraire de la foi. Le repos dont nous parle Jésus est pour une part la fin de l’inquiétude, de la tension, du souci. Bien sûr projets, prévisions, dispositifs demeurent, mais vécus dans la paix. Même l’échec ne peut entamer la certitude fondamentale que Dieu est avec nous. Ce que la vie nous donne à subir, infirmités, maladies, déceptions etc. n’est pas l’oeuvre de Dieu, pas plus que la croix du Christ, qui est dressée par les hommes. Mais Dieu vient faire jaillir la vie là où voudrait régner la mort. Dès lors, tout fardeau peut devenir léger et il le devient si nous croyons pour de bon à cette Présence qui nous habite et vient traverser avec nous toutes les Mers Rouges que nous avons à franchir.
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    Père Marcel Domergue, jésuite (1922-2015)
    commentaire sur Mt 11, 25-30 „Vous trouverez le repos“
  • Bulletin 104

    bulletin 104 juin juillet 2017

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  • « C’est un ennemi qui a fait cela. »

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    Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent compte que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur cœur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux…

    Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur cœur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie…de les écarter loin de Dieu.

    Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390), moine
    Homélies spirituelles, n° 51 (trad. Bellefontaine 1984, coll. Spi. Or. 40, p.367 rev.)

     

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  • Marie Madeleine

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    Martyre, pénitence, amour consument le même sacrifice et dans le même but. Il y a donc en toi, qui est pénitente et qui aime, le même martyre que celui qui périt dans l’arène. Marie, je te précède dans la gloire. Baise-moi la main et reste en paix. Repose-toi. Il est temps pour toi de prendre du repos. Donne-moi tes épines. C’est maintenant le temps des roses. Repose-toi et attends. Je te bénis, ma bénie. »

    Jésus a obligé Marie à s’étendre sur son lit. La sainte, le visage baigné de larmes d’extase, s’est couchée comme son Dieu l’a voulu; elle semble dormir, maintenant, les bras croisés sur la poitrine; ses larmes continuent à couler, mais sa bouche rit.

    Elle se relève pour s’asseoir quand une lumière éclatante apparaît dans la grotte, provoquée par la venue d’un ange portant un calice qu’il pose sur l’autel et qu’il adore. Marie, agenouillée à côté de sa couche, adore elle aussi. Elle ne peut plus bouger. Ses forces l’abandonnent. Mais elle est heureuse. L’ange prend le calice et lui donne la communion. Puis il remonte au ciel.

    Telle une fleur brûlée par un soleil trop ardent, Marie se penche, les bras encore croisés sur la poitrine, et elle tombe, le visage dans les feuilles de sa couche. Elle est morte. L’extase eucharistique a coupé le dernier fil qui la retenait à la vie.

     

    Maria Valtorta