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  • « Qu’il me soit fait selon ta parole. »

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    Écoutons tous la réponse de celle qui a été choisie pour être la Mère de Dieu et qui cependant n’a pas perdu son humilité : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole »… En disant ces mots, Marie exprime la vivacité de son désir plutôt qu’elle n’en demande la réalisation à la façon de quelqu’un qui garderait des doutes. Rien n’interdit toutefois de voir une prière dans ce « fiat », ce « qu’il me soit fait ». Car…Dieu veut que nous lui demandions même les choses qu’il nous promet. C’est sans doute pourquoi il commence par nous promettre bien des choses qu’il a résolu de nous donner : la promesse éveille notre ferveur, et la prière nous fait mériter ce que nous allions recevoir gratuitement…

    La Vierge l’a compris, puisqu’au don de la promesse gratuite elle joint le mérite de sa prière : « ‘Qu’il me soit fait selon ta parole.’ Que la Parole éternelle fasse de moi ce que dit ta parole aujourd’hui. Que la Parole qui dès l’origine était auprès de Dieu (Jn 1,1) se fasse chair de ma chair selon ta parole… Que cette Parole ne soit pas seulement perceptible à mes oreilles, mais visible à mes yeux, palpable à mes mains, et que je puisse la porter dans mes bras. Que ce soit non une parole écrite et muette, mais la Parole incarnée et vivante ; non pas ces signes inertes tracés sur un parchemin desséché, mais une Parole à forme humaine, imprimée vivante dans mes entrailles… ‘Jadis, Dieu a parlé souvent et de bien des manières aux patriarches et aux prophètes’ (He 1,1) ; sa parole leur a été donnée à entendre, à proclamer ou à pratiquer… Quant à moi je demande qu’elle soit mise dans mes entrailles… J’appelle la Parole insufflée en moi dans le silence, incarnée dans une personne, corporellement mêlée à ma chair… Qu’elle se fasse en moi pour le monde tout entier ».

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    Louanges de la Vierge Marie, 4,11 (trad. Beguin, Seuil 1953, p. 956)

     

     

     

  • « Grand aux yeux du Seigneur. »

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    Zacharie a été bouleversé à la vue de l’ange. De fait, quand une figure inconnue s’offre aux regards humains, elle trouble l’intelligence et met le cœur dans l’effroi. C’est pourquoi l’ange, sachant ce qu’est la nature humaine, porte d’abord remède à son trouble par ces mots : « Ne crains pas, Zacharie ». Il réconforte son âme effrayée et la remplit de joie par ce message nouveau : « Ta prière a été exaucée : ta femme Élisabeth t’enfantera un fils, tu l’appelleras Jean et il t’apportera joie et allégresse »… Maintenant encore la naissance de Jean est pour tout le monde l’annonce d’une joyeuse nouvelle. Et celui qui…consent à avoir des enfants et à assumer cette responsabilité doit supplier Dieu que son fils soit capable de faire une pareille entrée dans le monde, et cette naissance lui procurera aussi une grande joie.

    Il est écrit de Jean : « Il sera grand aux yeux du Seigneur ». Ces paroles révèlent la grandeur de l’âme de Jean, la grandeur qui apparaît aux regards de Dieu. Mais il y a aussi une certaine petitesse dans l’âme. C’est ainsi, du moins, que je comprends ce passage de l’Évangile : « Ne méprisez pas un de ces tout-petits qui sont dans l’Église » (Mt 18,10)… On ne me demande pas de ne pas mépriser celui qui est grand, parce que celui qui est grand ne peut pas être méprisé ; mais on me dit : « Ne méprise pas un de ces tout-petits »… « Tout-petit » et « petit » ne sont pas des mots pris au hasard.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur l’évangile de Luc, n°3 ; SC 87 (trad. SC p.129s)

     

     

     

  • « Tu lui donneras le nom de Jésus. »

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    En hébreu « Jésus » veut dire « salut » ou « Sauveur », un nom qui désignait pour les prophètes une vocation très déterminée. D’où ces paroles chantées dans un grand désir de le voir : « Mon âme exultera dans le Seigneur et se réjouira dans son salut ; mon âme se consume après ton salut » (Ps 12,6 ;34,9 ;118,81). « Je me glorifierai dans le Seigneur, je me réjouirai en Dieu mon Sauveur » (Ha 3,18). Et surtout : « Mon Dieu, en ton nom, sauve-moi » (Ps 54,3). C’est comme si on disait : « Toi qui t’appelles Sauveur, en me sauvant, manifeste la gloire de ton nom ». Donc le nom du fils qui est né de la Vierge Marie est Jésus, selon l’explication de l’ange : « C’est lui qui sauve son peuple de ses péchés »…

    Le mot « Christ », lui, désigne la dignité sacerdotale ou royale. En effet, les prêtres et les rois étaient « chrismés », c’est-à-dire oints d’huile sainte ; par là ils étaient des signes de celui qui, apparaissant dans le monde comme le vrai roi et grand prêtre, a reçu l’onction de « l’huile de la joie, premier de ceux qui y ont part avec lui » (Ps 44,8). C’est à cause de cette onction qu’il est appelé Christ, et que ceux qui ont part à cette même onction, celle de la grâce spirituelle, sont appelés chrétiens. Que, par son nom de Sauveur, il daigne nous sauver de nos péchés ! Que par son onction de grand-prêtre, il daigne nous réconcilier avec Dieu le Père. Que par son onction de roi, il nous donne le royaume éternel de son Père.

    Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l’Église
    Homélie 5 ; CCL 122,36 (trad. Solesmes rev.)

     

  • Troisième Dimanche de l’Avent

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    Comment le Christ est-il venu ? Il est apparu en homme. Parce qu’il était homme à ce point que Dieu était caché en lui, un homme remarquable a été envoyé devant lui pour faire reconnaitre qu’il était plus qu’un homme, lui, le Christ… Qui était-il, celui qui devait ainsi rendre témoignage à la Lumière ? Un être remarquable, ce Jean, un homme d’un haut mérite, d’une grâce éminente, d’une grande élévation. Admire-le, mais comme on admire une montagne : la montagne reste dans les ténèbres tant que la lumière ne vient pas l’envelopper : « Cet homme n’était pas la Lumière ». Ne prends pas la montagne pour la lumière ; ne va pas te briser contre elle, bien loin d’y trouver du secours.

    Et que faut-il admirer alors ? La montagne, mais comme montagne. Elève-toi jusqu’à celui qui éclaire cette montagne qui est dressée pour recevoir, la première, les rayons du soleil, afin de les renvoyer à tes yeux… De nos yeux, on dit aussi qu’ils sont des lumières ; et pourtant si on n’allume pas de lampe la nuit ou si le soleil ne se lève pas durant le jour, nos yeux s’ouvrent en vain. Jean lui-même était ténèbres avant d’être illuminé ; il n’est devenu lumière que par cette illumination. S’il n’avait pas reçu les rayons de la Lumière, il serait demeuré ténèbres comme les autres…

    Et la Lumière elle-même, où est-elle ? « la Lumière véritable qui illumine tout homme en venant dans ce monde » ? (Jn 1,9) S’il illumine tout homme, il illuminait aussi Jean, par qui il voulait être manifesté… Il venait pour des intelligences infirmes, pour des cœurs blessés, pour des âmes aux yeux malades…, des gens incapables de le voir directement. Il a couvert Jean de ses rayons. En proclamant qu’il avait été lui-même illuminé, Jean a fait connaître Celui qui illumine, Celui qui éclaire, Celui qui est la source de tout don.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Saint Jean, n°2, §5-7 (trad. Bibliothèque augustinienne, t. 71, p. 183s rev.)Résultat de recherche d'images pour "troisième dimanche de l'avent"

  • Attente

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    Pour de nombreux chrétiens, l’Avent n’est-il pas devenu une simple préparation à  Noël, comme si l’on attendait encore la venue de Jésus dans la chair de notre humanité et dans la pauvreté de Bethléem ? Naïve régression dévote qui appauvrit l’espérance chrétienne ! (…) Un temps dépourvu de direction et d’orientation, quel sens peut-il avoir et quelles espérances peut-il ouvrir ?
    L’Avent est donc, pour le chrétien, un temps fort, durant lequel on s’exerce à l’attente du Seigneur, à la vision dans la foi des réalités invisibles (cf. 2 Cor 4, 18), au renouvellement de l’espérance du Royaume, dans la conviction que nous cheminons aujourd’hui par la foi et non par la vue (cf. 2 Cor 5, 6-7) et que nous n’expérimentons pas encore le salut comme une vie qui n’est plus menacée par la mort, par la maladie, par les pleurs, par le péché. Il y a un salut, apporté par le Christ, que nous connaissons dans la rémission des péchés, mais le salut plein, le nôtre, celui de tous les hommes et de tout l’univers, n’est pas encore venu.
    Pour cela aussi, l’attente du chrétien devrait être une manière de vivre la communion avec l’attente des juifs qui, comme nous, croient au « jour du Seigneur », au « jour de la libération », c’est-à-dire au « jour du Messie ». (…) En ces jours d’Avent, il s’agit donc de nous interroger : nous autres chrétiens, ne nous comportons-nous pas comme si Dieu était resté derrière nous, comme si nous ne trouvions Dieu que dans l’enfant né à Bethléem ? Savons-nous chercher Dieu dans notre avenir, comme des sentinelles impatientes que vienne l’aurore, en ayant au cœur l’urgence de la venue du Christ ? Et nous devons nous laisser interpeller par ce cri plus actuel que jamais de Teilhard de Chardin : « Chrétiens, chargés de garder toujours vivante sur terre la flamme du désir, qu’avons-nous fait de l’attente du Seigneur ? ».
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    Frère Enzo Bianchi, prieur de la communauté monastique, mixte et œcuménique de Bose, en Italie.
    croire.com
  • Jean Baptiste nous invite au salut

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    N’est-il pas étrange, mes amis, que Dieu nous exhorte toujours à la vertu, et que nous, nous nous dérobions devant ce secours, que nous remettions le salut ? Est-ce que Jean aussi ne nous invite pas au salut, n’est-il pas tout entier une voix qui exhorte ? Demandons-lui donc : « Qui es-tu parmi les hommes, et d’où viens-tu ? » Il ne dira pas qu’il est Élie et il niera être le Christ, mais il confessera qu’il est une voix criant dans le désert (Jn 1,20s). Qui donc est Jean ? Pour prendre une image, qu’on me permette de dire : une voix du Verbe, de la Parole de Dieu, qui nous exhorte en criant dans le désert… : « Aplanissez les chemins du Seigneur » (Mc 1,3). Jean est un précurseur et sa voix est le précurseur de la Parole de Dieu, voix qui encourage et prédispose au salut, voix qui nous exhorte à chercher l’héritage du ciel.

    Grâce à cette voix « la femme stérile et solitaire ne sera plus sans enfants » (Is 54,1). Cette grossesse, la voix d’un ange me l’a annoncée ; cette voix aussi était un précurseur du Seigneur, qui apportait la bonne nouvelle à la femme qui n’avait pas enfantée (Lc 1,19), ainsi que Jean à la solitude du désert. C’est donc par cette voix du Verbe que la femme stérile enfante dans la joie et que le désert porte des fruits. Ces deux voix, précurseurs du Seigneur, celle de l’ange et celle de Jean, me communiquent le salut caché en elles, en sorte qu’après la manifestation de ce Verbe, nous cueillions le fruit de la fécondité, la vie éternelle.

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien
    Protreptique, ch. 1 (trad. SC 2bis, p. 63 rev.)

     

     

     

  • « Jean était la lampe qui brûle et qui éclaire. » (Jn 5,35)

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    Quand la Justice souveraine dit à Noé : « Tu as été juste à mes yeux » (Gn 7,1), c’est un grand éloge de sa justice. C’est le signe d’un bien grand mérite, quand Dieu assure à Abraham que c’est à cause de lui que ses promesses seraient accomplies… Quelle gloire pour Moïse, quand Dieu brûle de zèle pour le défendre et confondre ses ennemis (cf Nb 12,6s)… Et que dire de David en qui le Seigneur se félicite d’avoir trouvé « un homme selon son cœur » ? (1 Sm 13,14)

    Et pourtant, quelle qu’ait été la grandeur de ces hommes, ni parmi eux ni parmi les autres « enfants des femmes », « aucun n’a existé de plus grand que Jean Baptiste », au témoignage de l’Enfant de la Vierge. Certes, les étoiles n’ont pas toutes le même éclat (1Co 15,41), et dans le chœur des saints astres qui ont éclairé la nuit de ce monde avant le lever du vrai Soleil, quelques-uns ont brillé d’un éclat admirable. Cependant aucun d’entre eux n’a été plus grand et plus resplendissant que cette étoile du matin, cette lampe ardente et lumineuse préparée par Dieu pour son Christ (cf Ps 131,17). Première lumière du matin, étoile de l’aurore, précurseur du Soleil, il annonce aux mortels l’imminence du jour et crie à ceux qui dorment « dans les ténèbres et l’ombre de la mort » (Lc 1,79) : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux approche » (Mt 3,2). C’est comme s’il disait : « La nuit est avancée, le jour approche ; rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière » (Rm 13,12). « Éveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera » (Ep 5,14).

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    3e Sermon pour la Nativité de St Jean Baptiste, 1-2 ; PL 185, 169 (trad. cf Orval et SC 202, p. 339)

     

     

     

  • L’humilité du Fils de Dieu

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    Celui qui considère ses propres défauts des yeux du cœur doit « s’humilier en vérité sous la puissante main de Dieu ». Aussi, je vous exhorte, vous qui êtes la servante de Dieu, lorsque vous connaîtrez avec certitude vos défauts, à humilier profondément votre âme, et à vous mépriser vous-même. Car « l’humilité est une vertu, dit Saint Bernard, par laquelle l’homme se tient pour vil, grâce à une très exacte connaissance de lui-même ». Par cette humilité, notre Père, le bienheureux François, devint vil à ses propres yeux. Il l’aima et la rechercha depuis les commencements de sa vie religieuse jusqu’à la fin. Pour elle, il quitta le monde, se fit traîner nu dans les rues de la ville, servit les lépreux, confessa ses péchés dans ses prédications et demanda qu’on le couvrît d’opprobres.

    Mais c’est surtout du Fils de Dieu que vous devez apprendre cette vertu. Il dit lui-même : « apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur », car, selon le bienheureux Grégoire : « celui qui amasse des vertus sans humilité, lance de la poussière contre le vent ». De même que l’orgueil est le principe de tout péché, de même en effet, l’humilité est le fondement de toutes les vertus.

    Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l’Église
    De la vie parfaite, II §1,3,4, (Œuvres spirituelles de Saint Bonaventure, Sté S. François d’Assise, 1931 ; pp.51-52, rev.)

     

     

     

  • Notre Dame de Guadalupe (1531)

     

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    Le 12 décembre, pressé de trouver un prêtre à Mexico pour administrer les derniers sacrements de son oncle gravement malade, Diego passe rapidement devant la colline, mais au détour de la route, il se trouve subitement en présence de l’Apparition. « Ton oncle est guéri, dit la Très Sainte Vierge, va au haut de la colline cueillir des roses que tu donneras à l’évêque de Mexico. »

    Ce n’était point la saison des fleurs et jamais la roche nue du Tepeyac n’avait produit de roses. L’humble paysan obéit néanmoins sans hésiter et trouva un merveilleux parterre de roses fraîches au sommet du monticule. Il en cueillit une brassée, et les tenant cachées sous son manteau, il s’achemina vers l’évêché. Lorsque Juan Diego fut introduit devant le prélat, deux miracles au lieu d’un frappèrent les yeux de l’évêque stupéfait : la gerbe de roses vermeilles et l’image de l’Apparition peinte à l’insu de Diego sur l’envers de son paletot.

    Aussitôt que leurs yeux rencontrèrent l’image bénie de la Sainte Vierge, tous les témoins du prodige tombèrent à genoux, muets de joie, sans pouvoir faire autre chose que d’admirer la beauté surhumaine de leur Mère du ciel. Se relevant, l’évêque enlève le manteau des épaules du pieux Mexicain et l’expose dans sa chapelle en attendant d’élever un sanctuaire qui puisse renfermer cette relique sacrée. Tous les habitants de la ville se rassemblèrent à l’évêché pour honorer l’image miraculeuse que Marie elle-même venait de léguer si gracieusement à ses enfants de la terre.

    Le jour suivant, 13 décembre, l’évêque de Mexico se rendit sur la colline de l’Apparition suivi d’un grand concours de peuple. Il voulait voir l’endroit exact où la Très Sainte Vierge s’était montrée à son fils privilégié, Juan Diego. Ce dernier ne crut pas pouvoir le déterminer avec précision. Marie vint le tirer d’embarras par un nouveau miracle : une source jaillit soudainement, désignant le lieu précis de l’Apparition. Depuis, cette source n’a cessé de couler et d’opérer des guérisons miraculeuses.

    La Reine du Ciel se montra une cinquième fois à son humble serviteur et lui révéla le titre sous lequel elle désirait être invoquée. « On m’appellera, dit-elle : Notre-Dame de Guadalupe ». Ce mot venu d’Espagne, mais d’origine arabe, signifie : Fleuve de Lumière. Conformément à la demande de la Mère de Dieu, on éleva une grandiose basilique sur la colline du Tepeyac où l’on vénéra la sainte image de Marie imprimée dans le manteau du voyant. Tout au cours des âges, d’innombrables et éclatants miracles témoignèrent de l’inépuisable bonté de Notre-Dame de Guadalupe.

    Source principale : livres-mystiques.com (« Rév. x gpm»).

     

     

  • « Aujourd’hui nous avons vu des choses extraordinaires ! »

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    Douce est la lumière, et il est bon de contempler le soleil avec nos yeux de chair…; c’est pourquoi Moïse disait déjà : « Et Dieu vit la lumière, et il dit qu’elle était bonne » (Gn 1,4)…

    Qu’il nous est bon de penser à la grande, véritable et indéfectible lumière « qui éclaire tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9), c’est-à-dire le Christ, le Sauveur du monde et son libérateur. Après s’être dévoilé aux regards des prophètes, il s’est fait homme et il a pénétré jusqu’aux dernières profondeurs de la condition humaine. C’est de lui que parle le prophète David : « Chantez à Dieu un psaume pour son nom, préparez un passage pour celui qui monte à l’occident ; son nom est Seigneur, exultez en sa présence » (Ps 67,5 Vulg). Et encore Isaïe, de sa grande voix : « Peuples assis dans les ténèbres, regardez cette lumière. Pour vous qui habitez au pays de l’ombre de la mort, une lumière resplendira » (cf 9,1)…

    Ainsi donc, la lumière du soleil vue par nos yeux de chair annonce le Soleil spirituel de justice (Ml 3,20), le plus doux qui se soit levé pour ceux qui ont eu le bonheur d’être instruits par lui et de le regarder avec leurs yeux de chair, pendant qu’il séjournait parmi les hommes comme un homme ordinaire. Et pourtant il n’était pas seulement un homme ordinaire, puisqu’il était né vrai Dieu, capable de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux, de faire entendre les sourds, de purifier les lépreux et de ramener d’un mot les morts à la vie (Lc 7,22).

    Saint Grégoire d’Agrigente (v. 559-v. 594), évêque
    Sur l’Écclésiaste, livre 10, 2 ; PG 98, 1138 (trad. Orval)