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  • L’enseignement de l’apôtre saint Jean

    L’enseignement de l’apôtre saint Jean

    S’il est une caractéristique qui ressort des écrits de saint Jean, c’est l’amour… Certes, Jean n’est pas l’unique auteur des origines chrétiennes à parler de l’amour. Étant donné que cela est constitutif et essentiel au christianisme, tous les auteurs du Nouveau Testament en parlent, bien qu’avec des accentuations diverses. Si nous prenons maintenant le temps de réfléchir sur ce thème dans saint Jean, c’est parce qu’il nous en a tracé avec insistance et d’une manière incisive les lignes principales. Nous nous en remettons donc à ses paroles.

    Une chose est certaine : il n’a pas fait un traité abstrait, philosophique ou même théologique, sur ce qu’est l’amour. Non, Jean n’est pas un théoricien. En effet, le véritable amour, par sa nature, n’est jamais purement spéculatif, mais il est en référence directe, concrète et vérifiable, à des personnes réelles. Eh bien, Jean, en tant qu’apôtre et ami de Jésus, nous fait voir quelles sont les composantes ou mieux les phases de l’amour chrétien.

    La première composante concerne la source même de l’amour, que l’apôtre Jean situe en Dieu, en arrivant à affirmer que « Dieu est amour » (1Jn 4,16). Jean est l’unique auteur du Nouveau Testament à nous donner comme une sorte de définition de Dieu. Il dit par exemple que « Dieu est Esprit » (Jn 4,24) ou que « Dieu est lumière » (1Jn 1,15). Ici, par une intuition fulgurante, il proclame que « Dieu est amour ». Remarquons-le bien : il n’est pas affirmé simplement que « Dieu aime » et encore moins que « l’amour est Dieu ». En d’autres mots, Jean ne se limite pas à décrire l’agir divin, mais il remonte jusqu’à ses racines. De plus, il ne veut pas attribuer une qualité divine à un amour générique et peut-être impersonnel. Il ne remonte pas de l’amour à Dieu, mais il se tourne directement vers Dieu pour définir sa nature par la dimension infinie de l’amour. Par là, Jean veut dire que le constitutif essentiel de Dieu est l’amour et donc toute l’activité de Dieu naît de l’amour et est marquée par l’amour. Tout ce que Dieu fait, il le fait par amour et avec amour, même si nous ne pouvons pas comprendre tout de suite que c’est de l’amour, le véritable amour.

    Benoît XVI

  • « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » (Jn 17,21)

    « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. » (Jn 17,21)

    Soyons si unis avec tous les hommes par l’amour fraternel, par l’amour dont nous aimons en eux les membres de Jésus, dont nous aimons en eux le corps de Jésus, que nous soyons un avec eux, comme le Père et le Fils sont un mutuel amour ; en effet, ils sont un de deux manières, par l’essence divine qui leur est commune, et ce n’est pas ainsi que Jésus veut que nous soyons un avec tous les hommes… et par leur mutuel amour, et c’est de cette manière que nous pouvons et devons être un avec tous les hommes comme le Fils et le Père sont un…

    Soyons en tous les hommes par notre amour, comme le Père est dans le Fils par son amour pour Lui et comme le Fils est dans le Père par son amour pour Lui : en effet, quand on aime quelqu’un, on est très réellement en lui, on est en lui par l’amour, on vit en lui par l’amour, on ne vit plus en soi, car ce n’est plus à soi qu’on est attaché, on est détaché de soi. (…) Nous devons aimer tous les hommes en vue de Dieu au point de ne faire qu’un avec eux, d’abord parce que Dieu nous le commande, nous donne l’exemple d’un ardent amour pour eux, par diverses graves raisons encore tirées de l’amour dû à Dieu, mais surtout, surtout, (…) parce que tous les hommes sont, à un titre ou à un autre, membres de Jésus, matière proche ou éloignée de son Corps Mystique, et que par conséquent, en les aimant, en ne faisant qu’un avec eux, en vivant en eux par notre amour, nous aimons quelque chose de Jésus, nous ne faisons qu’un avec une portion de Jésus, nous vivons par notre amour dans les membres de Jésus, dans le corps de Jésus, en Jésus.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • Songez à l’unité !

    Songez à l’unité !

    Songez à l’unité, mes frères, et voyez si dans la multiplicité même rien vous plait comme elle. Par la grâce de Dieu je vous vois ici en grand nombre : qui pourrait vous y souffrir si vous n’étiez unis de sentiments ? D’où vient ce calme dans une telle multitude ? Avec l’unité, c’est un peuple, et sans elle, une foule. Qu’est-ce en effet qu’une foule, sinon une multitude en désordre ?

    Mais écoutez l’Apôtre: « Je vous conjure, mes frères » ; il s’adressait à une multitude, mais à une multitude où il voulait rétablir l’unité ; « Je vous conjure, mes frères, de n’avoir tous qu’un même langage et de ne pas souffrir de schismes parmi vous ; mais d’être tous affermis dans le même esprit et dans les mêmes sentiments » (1Co 1,10). Ailleurs encore il engage à vivre dans l’union des cœurs, dans les mêmes pensées, à ne rien faire par esprit de contention ni par vaine gloire (cf. Ph 2,2-3). Le Seigneur ne disait-il pas à son Père, en parlant des fidèles : « Qu’ils soient un, comme nous sommes un nous-mêmes » (Jn 17,21) ? et n’est-il pas écrit aux Actes des Apôtres : « Or, la multitude des croyants n’avait qu’une âme et qu’un cœur » (Ac 4,32) ?

    Ainsi donc bénissez le Seigneur avec moi et glorifions son nom pour arriver à l’unité ; à cette unité nécessaire, à cette unité sublime où sont si intimement unis le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Vous voyez comme tout nous recommande l’unité. Oui, notre Dieu est Trinité ; le Père n’est pas le Fils, le Fils n’est pas le Père, et l’Esprit-Saint n’est ni Père ni le Fils, mais l’Esprit de l’un et de l’autre ; ces trois néanmoins ne sont ni trois Dieux ni trois tout-puissants, mais un seul Dieu tout-puissant, et la Trinité n’est qu’un Dieu. C’est l’unité nécessaire; mais pour y arriver il faut que tous nos cœurs soient unis.

    Saint Augustin (354-430)

  • Goûter la connaissance de Dieu

    Goûter la connaissance de Dieu

    Vers Vous, Vie de mon âme,
    Vers Vous se tourne mon cœur
    Qu’une force d’ardent amour
    A fondu en un seul désir.
    S’il se porte vers quelque autre hors de Vous,
    Qu’il soit aussitôt sans vie. (…)

    Vous êtes Perle féconde, richesse de l’humanité,
    Ouvrier d’infini savoir,
    Maître d’infinie patience,
    Conseiller d’infinie sagesse,
    Gardien d’infini dévouement,
    Ami d’infini fidélité.

    Vous êtes douce Saveur de totale intimité,
    Caresse d’infinie délicatesse,
    Tendresse d’infinie bonté,
    Amour d’infinie ardeur,
    Étreinte d’infinie douceur,
    Jalousie d’infinie pureté. (…)

    Je vous préfère à toutes les créatures,
    Pour Vous je renonce à tous les plaisirs,
    Pour vous j’affronte toutes les adversités.
    Et de tout cela il ne m’importe pas d’être louée, sinon de Vous seul.
    Car, de tout cela, comme de tous bien, Vous êtes la sève :
    Je le proclame du cœur et des lèvres.

    Sous l’impulsion de votre ardeur,
    J’unis l’élan de ma piété
    A la vertu de votre prière,
    Afin que la pureté de cette divine union,
    Où sera dissipé tout instinct rebelle,
    Me conduise au sommet de la suprême perfection. (…)

    Aussitôt Gertrude éprouva le bienfait de sa prière et, comme elle l’achevait, elle vit que la face de son âme apparaissait plus brillamment éclairée de la lumière divine et que la connaissance de Dieu lui était d’un goût plus savoureux.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

    « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

    Le retour du Christ à son Père est à la fois source de peine, parce qu’il implique son absence, et source de joie, parce qu’il implique sa présence. De la doctrine de sa Résurrection et de son Ascension jaillissent ces paradoxes chrétiens souvent mentionnés dans l’Écriture : nous sommes dans l’affliction, mais sans cesser de nous réjouir, « comme n’ayant rien et possédant tout » (2Co 6,10).

    Telle est en effet notre condition présente : nous avons perdu le Christ et nous l’avons trouvé ; nous ne le voyons pas et pourtant nous le discernons. Nous étreignons ses pieds (Mt 28,9), mais il nous dit : « Ne me retiens pas » (Jn 20,17). Comment cela ? C’est que nous avons perdu la perception sensible et consciente de sa personne ; nous ne pouvons pas le regarder, l’entendre, parler avec lui, le suivre de lieu en lieu ; mais nous jouissons spirituellement, immatériellement, intérieurement, mentalement et réellement de sa vue et de sa possession : une possession plus réelle et présente que celle dont les apôtres jouissaient aux jours de sa chair, justement parce qu’elle est spirituelle, justement parce qu’elle est invisible.

    Nous savons que dans ce monde plus un objet est proche de nous, moins nous pouvons le percevoir et le comprendre. Le Christ est venu si près de nous dans l’Église chrétienne, si je puis dire, que nous ne pouvons pas le fixer du regard ou le distinguer. Il entre en nous, et prend possession de l’héritage qu’il s’est acquis. Il ne se présente pas à nous, mais il nous prend avec lui. Il fait de nous ses membres… Nous ne le voyons pas ; nous ne connaissons sa présence que par la foi, parce qu’il est au-dessus de nous et en nous. Ainsi, nous sommes dans la peine, parce qu’inconscients de sa présence…, et nous nous réjouissons parce que nous savons que nous le possédons : « Sans le voir, vous l’aimez ; sans le voir encore vous croyez en lui ; et vous tressaillez d’une joie inexprimable qui vous transfigure, car vous allez obtenir votre salut, l’aboutissement de votre foi » (1P 1,8-9).

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

  • « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : je suis vainqueur du monde. »

    « Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance : je suis vainqueur du monde. »

     Les familles, les groupes, les États, la communauté internationale elle-même, ont besoin de s’ouvrir au pardon pour renouer les liens rompus, pour dépasser les situations stériles de condamnations réciproques, pour vaincre la tentation d’exclure les autres en leur refusant toute possibilité d’appel. La capacité de pardonner est à la base de tout projet d’une société à venir plus juste et plus solidaire.       

    Le refus du pardon, au contraire, surtout s’il entretient la poursuite de conflits, a des répercussions incalculables pour le développement des peuples. Les ressources sont consacrées à soutenir la course aux armements, les dépenses de guerre, ou à faire face aux conséquences des rétorsions économiques. C’est ainsi que font défaut les disponibilités financières nécessaires au développement, à la paix, à la justice. De quelles souffrances l’humanité n’est-elle pas affligée parce qu’elle ne sait pas se réconcilier, quels retards ne subit-elle pas parce qu’elle ne sait pas pardonner ! La paix est la condition du développement, mais une paix véritable n’est possible qu’à travers le pardon.       

    La proposition du pardon n’est pas une chose que l’on admet comme une évidence ou que l’on accepte facilement ; par certains aspects, c’est un message paradoxal. En effet, le pardon comporte toujours, à court terme, une perte apparente, tandis qu’à long terme, il assure un gain réel. La violence est exactement le contraire : elle opte pour un gain à brève échéance, mais se prépare pour l’avenir lointain une perte réelle et permanente. Le pardon pourrait sembler une faiblesse ; en réalité, aussi bien pour l’accorder que pour le recevoir, il faut une grande force spirituelle et un courage moral à toute épreuve. Loin de diminuer la personne, le pardon l’amène à une humanité plus profonde et plus riche, il la rend capable de refléter en elle un rayon de la splendeur du Créateur.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • La vie éternelle est déjà commencée

    La vie éternelle est déjà commencée

    Vous souvenez-vous de cette belle page où Jésus dit à son Père « qu’Il lui a donné puissance sur toute chair afin qu’Il lui communique la vie éternelle » ?

    Voilà ce qu’Il veut faire en vous : à toute minute Il veut que vous sortiez de vous, que vous quittiez toute préoccupation, pour vous retirer en cette solitude qu’Il se choisit au fond de votre cœur. Lui, Il est toujours là, encore que vous ne le sentiez pas ; Il vous attend et veut établir avec vous « un admirable commerce », comme nous le chantons dans la belle liturgie, une intimité d’Époux et d’épouse ; vos infirmités, vos fautes, tout ce qui vous trouble, c’est Lui, par ce contact continuel, qui veut vous en délivrer. N’a-t-Il pas dit : « Je ne suis pas venu pour juger, mais pour sauver. » Rien ne doit vous paraître un obstacle pour aller à Lui. Ne tenez pas trop compte si vous êtes enflammée ou découragée ; c’est la loi de l’exil de passer ainsi d’un état à l’autre. Croyez alors que, Lui, Il ne change jamais, qu’en sa bonté, Il est toujours penché sur vous pour vous emporter et vous établir en Lui. Si, malgré tout, le vide, la tristesse vous accablent, unissez cette agonie à celle du Maître au jardin des Olives, alors qu’il disait au Père : « S’il est possible faites que ce calice s’éloigne de moi. »

    Cela vous paraît peut-être difficile de vous oublier. Ne vous en préoccupez pas ; si vous saviez comme cela est simple… Je vais vous donner mon « secret » : pensez à ce Dieu qui habite en vous, dont vous êtes le temple ; c’est saint Paul qui parle ainsi, nous pouvons le croire. Petit à petit l’âme s’habitue à vivre en sa douce compagnie, elle comprend qu’elle porte en elle un petit Ciel où le Dieu d’amour a fixé son séjour. Alors c’est comme une atmosphère divine en laquelle elle respire, je dirais même qu’il n’y a plus que son corps sur la terre, mais que son âme habite au-delà des nuages et des voiles, en Celui qui est l’Immuable. Ne vous dites pas que cela n’est pas pour vous, que vous êtes trop misérable, car au contraire c’est une raison de plus pour aller à Celui qui sauve. Ce n’est pas en regardant cette misère que nous serons purifiées, mais en regardant Celui qui est toute pureté et sainteté.

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

  • Prier dans l’Esprit par des gémissements ineffables

    Prier dans l’Esprit par des gémissements ineffables

    Celui qui demande à Dieu la seule chose qui importe et la recherche (cf. Ps 26,4), peut le faire avec certitude et confiance. (…) Ce bien unique est la paix qui surpasse tout entendement, nous ne savons pas le demander comme il faut dans nos prières. Car ce que nous pouvons imaginer dans sa réalité, nous ne le connaissons pas véritablement ; et d’autre part, tout ce qui nous vient à la pensée et que nous rejetons, refusons et réprouvons, nous savons que ce n’est pas l’objet de notre recherche, même si nous ignorons encore ce que représente réellement cet objet.

    Il y a donc en nous ce que j’appellerais une docte ignorance, instruite par l’Esprit de Dieu qui soutient notre faiblesse. Car, après avoir dit : « Si nous ne voyons pas ce que nous espérons, nous l’attendons avec patience », l’Apôtre ajoute : « Nous ne savons pas ce que nous devons demander, mais l’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables. Et celui qui scrute les cœurs connaît l’aspiration de l’Esprit : il sait qu’il intercède pour les saints » (cf. Rm 8,25-27).

    Ceci ne doit pas s’entendre de façon à nous faire croire que l’Esprit Saint de Dieu, qui est Dieu immuable en la Trinité et un seul Dieu avec le Père et le Fils, intercède pour les saints comme quelqu’un qui n’est pas Dieu. On dit qu’il prie pour les saints parce qu’il fait prier les saints. Il les fait donc prier par des gémissements ineffables en leur inspirant le désir de ce grand bien encore inconnu que nous attendons avec patience.

    Saint Augustin (354-430)

  • « Maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai…, et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. »

    « Maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai…, et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. »

    « Vous êtes devenus les imitateurs du divin Maître », dit Paul. Comment cela ? « En recevant la parole au milieu des épreuves, dans la joie de l’Esprit Saint » (1Th 1,6). Ce n’est pas seulement dans l’épreuve, c’est au milieu des épreuves, parmi des souffrances sans nombre. Vous pouvez le constater dans les Actes des Apôtres. On y voit de quelle façon la persécution a été excitée contre eux, comment leurs ennemis les ont dénoncés aux magistrats et ont soulevé la ville. Ils étaient dans l’épreuve, et on ne peut pas dire qu’ils sont restés fidèles avec peine, en gémissant ; non, ils l’étaient avec une grande joie. Les apôtres leur avaient donné l’exemple : « Se réjouissant d’avoir été jugés dignes de subir les affronts pour le nom du Christ » (Ac 5,41).       

    Voilà ce qu’il y a de vraiment admirable ! C’est déjà beaucoup de souffrir l’épreuve avec patience ; mais s’en réjouir, c’est se montrer supérieur à la nature humaine et n’avoir plus, pour ainsi dire, qu’un corps impassible. Mais comment ont-ils été les imitateurs du Christ ? En ce que lui-même a souffert sans pousser une plainte, avec joie ; car c’est de sa propre volonté qu’il se trouvait en de pareilles épreuves. C’est pour nous qu’il s’est anéanti, allant au devant des crachats, des soufflets, de la croix même ; et il s’en réjouissait tellement qu’il appelait cela sa gloire : « Père, disait-il, glorifie-moi » (Jn 17,5).

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    Solennité de l’Ascension de Notre Seigneur

    À l’achèvement des quarante jours
    Après la résurrection de la Sainte Pâques,
    Tu as fait monter sur le Mont des Oliviers
    Le Groupe que Tu as choisi : les Onze.

    Et la promesse du Père, l’Esprit,
    Tu promettais de la leur accorder,
    Et, en les bénissant, Seigneur,
    Tu T’es élevé auprès du Père dans le ciel.

    Et notre nature humaine,
    Que le Mauvais avait rendu infernale,
    Tu l’as élevée au-dessus
    De la nature des êtres de feu.

    Tu T’es assis à la droite de Celui qui T’a engendré,
    Conformément au Prophète qui l’avait prédit ;
    Tu as été adoré par les armées des Anges
    Avec le Père et avec l’Esprit.

    Et moi qui suis inerte pour le bien,
    Emmène-moi avec Toi dans le ciel ;
    Mes membres pourris, terrestres,
    Joins-les de nouveau à ta Tête.

    Bien que je sois le dernier en tout
    Comme la plante des pieds,
    Cependant parmi les saints membres
    Que je sois compté avec la multitude !

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)