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  • Le sacrement de la réconciliation : « Tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

    La confession est un acte magnifique, un acte de grand amour. Là seulement nous pouvons nous rendre en tant que pécheurs, porteurs du péché, et de là seulement nous pouvons repartir en tant que pécheurs pardonnés, sans péché.

    La confession n’est jamais que l’humilité entrée en action. Nous l’appelions autrefois pénitence, mais il s’agit vraiment d’un sacrement d’amour, du sacrement du pardon. Quand une brèche s’ouvre entre moi et le Christ, quand mon amour se fissure, n’importe quoi peut venir remplir cette fêlure. La confession est ce moment où je permets au Christ d’ôter de moi tout ce qui divise, tout ce qui détruit. La réalité de mes péchés doit être première. Pour la plupart d’entre nous le danger nous guette d’oublier que nous sommes pécheurs et que nous devons nous rendre en confession comme tels. Nous devons aller vers Dieu pour lui dire combien nous sommes désolés de tout ce que nous avons fait et qui a pu le blesser.

    Le confessionnal n’est pas un lieu de conversations banales ou de bavardages. Un seul sujet y préside — mes péchés, ma contrition, mon pardon, comment vaincre mes tentations, comment pratiquer la vertu, comment grandir dans l’amour de Dieu.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Notre Seigneur Jésus Christ a emmené Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour leur montrer la gloire de sa divinité et leur faire connaître qu’il était le Rédempteur d’Israël, comme il l’avait montré par les prophètes. Il voulait prévenir aussi qu’ils ne soient pas scandalisés à la vue des souffrances librement consenties qu’il allait souffrir pour nous dans sa nature humaine. Ils le connaissaient en effet comme homme, mais ils ignoraient qu’il soit Dieu ; ils le connaissaient comme fils de Marie, un homme séjournant avec eux dans le monde, mais sur la montagne il leur a fait connaître qu’il était le Fils de Dieu, et Dieu lui-même.

    Ils l’avaient vu manger et boire, travailler et se reposer, s’assoupir et dormir, subir l’effroi jusqu’aux gouttes de sueur, toutes choses qui ne semblaient guère en harmonie avec sa nature divine et paraissaient ne convenir qu’à son humanité. Voilà pourquoi il les a emmenés sur la montagne, afin que le Père l’appelle son Fils et leur montre qu’il était vraiment son Fils et qu’il était Dieu. Il les a emmenés sur la montagne et leur a montré son Règne avant de manifester ses souffrances, sa puissance avant sa mort, sa gloire avant les outrages et son honneur avant l’ignominie. Ainsi, lorsqu’il serait pris et crucifié, ses apôtres sauraient qu’il ne l’avait pas été par faiblesse mais par consentement et de son plein gré, pour le salut du monde.

    Un auteur syriaque anonyme du 6e siècle

  • « Confiance ! N’ayez plus peur ! » (Mt 14,27)

    [Notre-Seigneur :] « Mes enfants, quoi qu’il vous arrive, souvenez-vous que Je suis toujours avec vous… souvenez-vous que, visible ou invisible, paraissant agir ou paraissant dormir et vous oublier, Je veille toujours, Je suis partout, et Je suis tout-puissant. N’ayez jamais nulle crainte, nulle inquiétude : Je suis là, Je veille, Je vous aime – vous ne doutez plus, J’espère, de Mon amour ! –, Je suis tout-puissant… Que vous faut-il de plus ?…

    Tout ce qui vous arrive vous arrive par ma permission ou Ma volonté, par la permission ou la volonté de Mon amour, pour que vous en tiriez un grand bien, grand bien que Je vous aide Moi-même à en tirer par Ma grâce… Ne craignez donc rien, puisque rien ne peut vous arriver sans Ma permission… ne vous affligez de rien, du moins d’une douleur qui dépasse ces mouvements de sensibilité instinctifs, prompts et passagers, qui sont des effets de la nature et des sens ; mais conformez votre volonté à la Mienne…

    Souvenez-vous de ces tempêtes que J’ai apaisées d’un mot, leur faisant succéder un si grand calme… Souvenez-vous de la façon dont J’ai soutenu Pierre marchant sur les eaux… Je suis toujours aussi près de chaque homme que Je l’étais alors de vous, et aussi disposé à l’aider, à le secourir en tout ce qui sera pour le bien de son âme. (…) Oh ! en cette vie, la tempête est continuelle, et votre barque est toujours près de sombrer… Mais Moi, Je suis là, et avec Moi elle est insubmersible : défiez-vous de tout, et surtout de vous, mais ayez en Moi une confiance complète, qui bannisse l’inquiétude… »

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • « Il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. »

    Simplicité de notre vie contemplative : elle nous fait voir le visage de Dieu en chaque chose, en chaque être, partout et toujours ! Et sa main, présente en chaque événement nous fait tout accomplir — la méditation et l’étude, le travail et l’échange, manger et dormir — en Jésus, avec Jésus, pour Jésus et à l’égard de Jésus sous le regard aimant du Père, alors que nous restons toujours disposés à le recevoir sous quelque forme qu’il revête.

    Je suis subjuguée par le fait que, avant de commenter la Parole de Dieu, avant d’annoncer aux foules les Béatitudes, Jésus, prenant celles-ci en compassion, les a guéries et nourries. Et après seulement, il a commencé à leur livrer son enseignement.

    Aime Jésus généreusement, aime-le avec confiance, sans regarder derrière toi, et sans appréhension. Donne-toi entièrement à Jésus. Il te prendra comme instrument pour accomplir des merveilles à la condition que tu sois infiniment plus conscient de son amour que de ta faiblesse. Crois en lui, remets-toi entre ses mains dans un élan de confiance aveugle et absolue, car il est Jésus. Crois que Jésus, et Jésus seul, est la vie ; sache que la sainteté n’est rien d’autre que ce même Jésus vivant intimement en toi ; alors il sera libre du geste de sa main sur toi.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Considère l’égalité originelle de la famille humaine !

    Les hommes, lorsqu’ils amassent or, argent, vêtements somptueux autant qu’inutiles, diamants et autres choses semblables qui donnent lieu à la guerre, à la discorde et à la tyrannie, sont pris d’une folle arrogance, ferment leur cœur aux malheurs de leurs frères et ne consentent même pas à leur laisser de leur superflu pour leur donner de quoi vivre. Stupide aberration !

    Ils ne se rendent absolument pas compte que la pauvreté et richesse, condition libre – comme nous disons – et condition servile, ainsi que les autres catégories semblables arrivèrent tard chez les hommes et déferlèrent come des épidémies en même temps que le péché dont elles étaient les conséquences. « Mais au commencement il n’en fut pas ainsi » (Mt 19,8). Au commencement, le Créateur laissa l’homme libre et maître de lui-même, tenu à un seul commandement et riche des délices du paradis. Dieu voulait cela pour tout le genre humain, issu du premier homme. Liberté et richesse dépendaient de l’observation d’un seul commandement. Sa violation entraînait la véritable pauvreté et la servitude.

    Depuis que l’envie et les disputes ont apparu avec la tyrannie rusée du serpent qui nous séduit par le plaisir et qui dresse les plus hardis contre les plus faibles, la famille humaine s’est déchirée en nations étrangères les unes pour les autres. L’avarice a supplanté la générosité naturelle et s’est appuyée sur la loi pour dominer avec force.

    Mais toi, considère l’égalité primitive et non les divisions ultérieures, la loi du Créateur et non celle des puissants. Aide la nature de ton mieux, honore la liberté originelle, respecte ta personne, protège ta race contre le déshonneur, secours-la dans ses maladies, console-la dans sa pauvreté. Ne cherche à te distinguer des autres que par ta bonté. Deviens Dieu pour les malheureux en imitant la miséricorde divine.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

  • « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi. » (Mt 11,10; Ml 3,1)

    « La mémoire du juste est accompagnée d’éloges » (Pr 10,7), mais à toi, le Précurseur, suffit le témoignage du Seigneur. Vraiment, tu t’es montré « le plus grand de tous les prophètes » (Mt 11,9) ; c’est pourquoi tu as été digne de baptiser dans les eaux celui qu’ils avaient annoncé. Et ayant lutté sur la terre pour la vérité, plein de joie, tu as annoncé jusque dans le séjour des morts Dieu manifesté dans la chair, celui qui enlève le péché du monde (1Tm 3,16; Jn 1,29) et qui nous accorde la grâce du salut.

    Par la volonté de Dieu, tu es sorti d’une femme stérile, tu as brisé les liens de la langue de ton père (Lc 1,7.64), tu as montré le Soleil, qui t’a éclairé, toi l’astre du matin. Dans le désert, tu as prêché aux peuples le Créateur, l’agneau qui enlève le péché du monde (Jn 1,29). Dans ton zèle tu as réprimandé le roi et ta tête glorieuse a été décapitée, toi le Précurseur illustre, vraiment digne de nos chants.

    Intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’il accorde le pardon de leurs péchés à ceux qui fêtent ta mémoire sacrée de tout cœur.

    Liturgie byzantine

  • « N’est-il pas le fils du charpentier ? »

    La communion de vie entre Joseph et Jésus nous amène à considérer le mystère de l’Incarnation sous l’aspect de l’humanité du Christ, instrument efficace de la divinité pour la sanctification des hommes : « En vertu de la divinité, les actions humaines du Christ ont été salutaires pour nous, produisant en nous la grâce tant en raison du mérite que par une certaine efficacité » (S. Thomas d’Aquin).

    Parmi ces actions, les évangélistes privilégient celles qui concernent le mystère pascal, mais ils n’omettent pas de souligner l’importance du contact physique avec Jésus… Le témoignage apostolique n’a pas omis de décrire la naissance de Jésus, la circoncision, la présentation au Temple, la fuite en Égypte et la vie cachée à Nazareth, et cela en raison du mystère de grâce contenu dans de tels gestes, tous salvifiques, parce qu’ils participent de la même source d’amour : la divinité du Christ. Si cet amour, par son humanité, rayonnait sur tous les hommes, les premiers bénéficiaires en étaient bien évidemment ceux que la volonté divine avait placés dans son intimité la plus étroite : Marie, sa mère, et Joseph, son père putatif.

    Puisque l’amour paternel de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour filial de Jésus et que, réciproquement, l’amour filial de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour paternel de Joseph, comment arriver à connaître en profondeur cette relation tout à fait singulière ? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l’amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • L’ascèse vigilante du juste

    « Mon souffle s’épuisera. » (Jb 17,1 Vg) Le souffle s’épuise dans la crainte du jugement, parce que, plus l’âme des élus se sent proche du jugement suprême, plus elle tremble d’épouvante dans son examen de conscience et si elle vient à découvrir en elle-même quelques pensées charnelles, elle les consume au feu de la pénitence. (…) L’élu bat sa coulpe avec d’autant plus de pénétration qu’il attend le juge rigoureusement, déjà tout proche.

    De là vient que les élus croient leur fin toujours prochaine. Car si l’âme des réprouvés se comporte souvent avec scélératesse, c’est qu’elle juge avoir longtemps à vivre en ce monde. Ainsi le souffle des justes s’étiole et celui de l’injuste s’affermit. Par cela même, en effet, qu’il se gonfle d’orgueil, il ne connaît pas l’étiolement de son souffle. Mais, en considérant la brièveté de sa vie, le juste se détourne des fautes de l’orgueil et de l’impureté. De là cette addition : « Mes jours seront abrégés et seul me reste le tombeau. » Celui qui considère ce qu’il sera dans la mort n’agit jamais qu’avec crainte ; et déjà en n’étant plus vivant, pour ainsi dire, à ses propres yeux, il vit en toute vérité aux yeux de celui qui l’a formé. (…)

    C’est dans cette ascèse vigilante que le juste échappe aux pièges du péché. De là cette parole l’Écriture : « Dans chacun de tes actes souviens-toi de ta fin et tu ne pécheras jamais plus. » (Si 7,40 Vg)

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

  • « Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. »

    À la recherche de ta perle
    Je ne me suis point mis comme le marchand ;
    Et je n’ai point, en échange de l’Inéchangeable,
    Donné l’amour de l’éphémère.

    Je n’ai point vendu, selon le commandement,
    La concupiscence du terrestre,
    Afin d’acquérir ce qui est d’un haut prix :
    L’étoile du matin, née de la Rosée.

    Ô Toi qui es né de la Vierge à la manière de la perle,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un,
    Fais que de ton amour divin
    Je sois le mendiant au cœur blessé !

    Ouvre ma chambre nuptiale, moi qui soupire ;
    Entre dans l’appartement avec l’affection du cœur ;
    Rends-moi de nouveau ta demeure
    Et embrasse-moi de ta droite.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Celui qui croit en moi vivra. »

    « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » Qu’est-ce que cela veut dire ? « Celui qui croit en moi, même s’il meurt comme Lazare, vivra », parce que Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants. Déjà au sujet d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, les patriarches morts depuis longtemps, Jésus avait fait aux juifs la même réponse : « Je suis le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ; non pas le Dieu des morts, mais des vivants, car tous vivent pour lui » (Lc 20,38). Crois donc, et même si tu es mort, tu vivras ! Mais si tu ne crois pas, même si tu es vivant, tu es réellement mort. (…) D’où vient la mort dans l’âme ? De ce que la foi n’y est plus. D’où vient la mort du corps ? De ce que l’âme n’y est plus. L’âme de ton âme, c’est la foi.

    « Celui qui croit en moi, même s’il meurt dans son corps, aura la vie dans son âme, jusqu’à ce que le corps lui-même ressuscite pour ne plus mourir. Et tout homme qui vit dans la chair et croit en moi, bien qu’il doive mourir pour un temps en son corps, il ne mourra pas pour l’éternité, à cause de la vie de l’Esprit et de l’immortalité de la résurrection. »

    Voilà ce que veut dire Jésus dans sa réponse à Marthe (…) « Crois-tu cela ? » « Oui, Seigneur, lui répond-elle, je crois que tu es le Christ, le fils de Dieu, qui es venu dans le monde. En croyant cela, j’ai cru que tu es la résurrection, j’ai cru que tu es la vie, j’ai cru que celui qui croit en toi, même s’il meurt, vivra ; j’ai cru que celui qui est vivant et qui croit en toi ne mourra pas pour l’éternité. »

    Saint Augustin (354-430)