Blog

  • « Ils cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il leur échappa. »

    « Ils cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il leur échappa. »

    Comme les ailes des colombes sur leurs petits…,
    ainsi sont les ailes de l’Esprit sur mon cœur.
    Mon cœur se réjouit et tressaille
    comme un enfant tressaille dans le sein de sa mère.

    J’ai cru et j’ai trouvé le repos ;
    il est fidèle celui en qui j’ai cru.
    Il m’a béni de bénédictions
    et ma tête s’est tournée vers lui.
    Nul glaive ne me séparera de lui
    pas plus que nulle épée.

    Je me suis préparé, avant que n’arrive la perte,
    je me suis placé sur ses ailes incorruptibles.
    La vie immortelle m’a pressé et étreint,
    d’elle vient l’Esprit qui est en moi :
    Il ne peut pas mourir, car il est la vie.

    [Le Christ dit :]
    Ceux qui m’ont vu ont été étonnés
    parce que j’étais persécuté.
    Ils me croyaient anéanti,
    parce que je leur paraissais perdu.
    Mais l’oppression est devenu mon salut.

    J’étais devenu objet de mépris.
    Il n’y avait pas en moi d’envie ;
    je faisais le bien à tous les hommes,
    et j’en ai été haï.
    Ils m’ont cerné comme des chiens furieux (Ps 21,17),
    des insensés qui marchent contre leurs maîtres ;
    leur intelligence est corrompue, leur esprit perverti.

    Pour moi j’ai retenu les eaux par ma droite,
    ma douceur supportait leur amertume.
    Je n’ai pas péri, car je n’étais pas de leur engeance,
    ma naissance n’était point la leur.
    Ils ont cherché ma mort et n’ont pas réussi ;
    j’étais plus ancien que leur mémoire.

    Ils se sont rués sur moi en vain,
    ceux qui étaient à ma poursuite ;
    en vain ils ont cherché à supprimer
    le souvenir de celui qui était avant eux.
    Rien ne le dépasse le dessein du Très-Haut,
    son cœur est plus grand que toute sagesse.
    Alléluia !

    Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)

  • « Abraham a vu mon jour, et il a été dans la joie. »

    « Abraham a vu mon jour, et il a été dans la joie. »

    Comme Abraham était prophète, il voyait dans l’Esprit le jour de la venue du Seigneur et le dessein de sa Passion, par laquelle lui-même et tous ceux qui comme lui croiraient en Dieu seraient sauvés. Et il a tressailli d’une grande joie. Le Seigneur n’était donc pas inconnu d’Abraham, puisque celui-ci a désiré voir son jour… Il a désiré voir ce jour afin de pouvoir lui aussi embrasser le Christ, et l’ayant vu de façon prophétique par l’Esprit, il a exulté.

    C’est pourquoi Syméon, qui était de sa postérité, accomplissait la joie du patriarche et disait : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser s’en aller ton serviteur en paix selon ta promesse ; car mes yeux ont vu ton salut que tu prépares à la face des peuples »… Et Élisabeth a dit [selon certains manuscrits]: « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur ». L’exultation d’Abraham descendait de la sorte sur ceux qui veillaient, qui voyaient le Christ et qui croyaient en lui. Et de ses enfants, cette exultation remontait vers Abraham…

    C’est donc à bon droit que le Seigneur lui rendait témoignage en disant : « Abraham votre Père a exulté à la pensée de voir mon jour : il l’a vu et il s’est réjoui ». Et ce n’est pas seulement à propos d’Abraham qu’il a dit cela, mais de tous ceux qui, depuis le commencement, ont acquis la connaissance de Dieu et ont prophétisé la venue du Christ. Car ils ont reçu cette révélation de la part du Fils lui-même, ce Fils qui dans ces temps qui sont les derniers s’est fait visible et palpable et a conversé avec les hommes pour susciter à partir des pierres des fils d’Abraham et rendre sa postérité semblable aux étoiles du ciel.

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

    (Références bibliques : Gn 17,17; Lc 2,29s; Lc 1,46; He 1,2; Ba 4,38; Mt 3,9; Gn 15,5)         

  • Solennité de l’Annonciation du Seigneur

    Solennité de l’Annonciation du Seigneur

    Marie, temple de la Trinité, foyer de feu divin, Mère de miséricorde…, tu es la tige nouvelle (Is 11,1) qui a produit la fleur qui embaume le monde, le Verbe, le Fils unique de Dieu. C’est en toi, terre féconde, que ce Verbe a été semé (Mt 13,3s). Tu as caché le feu dans la cendre de notre humanité. Vase d’humilité où brûle la lumière de la sagesse véritable…, par le feu de ton amour, par la flamme de ton humilité, tu as attiré à toi et vers nous le Père éternel…

    Grâce à cette lumière, ô Marie, tu n’as jamais été comme les vierges insensées (Mt 25,1s), mais tu étais remplie de la vertu de prudence. C’est pour cela que tu as voulu savoir comment pourrait s’accomplir ce que l’ange t’annonçait. Tu savais que « Tout est possible à Dieu » ; tu n’en avais aucun doute. Pourquoi dire alors : « Je ne connais pas d’homme » ?

    Ce n’était pas la foi qui te manquait ; c’était ton humilité profonde qui te faisait dire cela. Tu ne doutais pas de la puissance de Dieu ; tu te regardais comme indigne d’un si grand prodige. Si tu as été troublée par la parole de l’ange, ce n’était pas par crainte. À la lumière même de Dieu, il me semble que c’était plutôt par admiration. Et qu’est-ce que tu admirais, ô Marie, sinon l’immensité de la bonté de Dieu ? Te regardant toi-même, tu te jugeais indigne de cette grâce et tu demeurais stupéfaite. Ta question est la preuve de ton humilité. Tu n’étais pas remplie de crainte, mais uniquement d’admiration devant l’immense bonté de Dieu, comparée à ta petitesse, à ton humble condition (Lc 1,48).

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis. »

    « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis. »

    Quelqu’un pourrait demander : si le Christ devait livrer pour tous son corps à la mort, pourquoi ne l’a-t-il pas quitté simplement comme un homme ; pourquoi est-il allé jusqu’à le faire crucifier ? Car on pourrait dire qu’il était plus convenable pour lui de déposer son corps dans la dignité, que de subir l’outrage d’une telle mort. Cette objection est trop humaine : ce qui est arrivé au Sauveur est vraiment divin et digne de sa divinité pour plusieurs raisons.     

    D’abord parce que la mort qui survient aux hommes leur arrive à cause de la faiblesse de leur nature ; ne pouvant durer longtemps, ils se désagrègent avec le temps. Des maladies leur surviennent et, ayant perdu leurs forces, ils meurent. Mais le Seigneur n’est pas faible ; il est la Puissance de Dieu, il est le Verbe de Dieu et la Vie en soi. S’il avait déposé son corps en privé, dans un lit, à la manière des hommes, on aurait pensé… qu’il n’avait rien de plus que les autres hommes… Il ne convenait pas que le Seigneur soit malade, lui qui guérissait les maladies des autres…     

    Pourquoi donc n’a-t-il pas écarté la mort comme il a écarté la maladie ? Parce qu’il possédait un corps justement pour cela, et pour ne pas entraver la résurrection… Mais, dira peut-être quelqu’un, il aurait dû esquiver le complot de ses ennemis, pour conserver son corps tout à fait immortel. Qu’il apprenne donc, celui-là, que cela non plus ne convenait pas au Seigneur. De même qu’il n’était pas digne du Verbe de Dieu, étant la Vie, de donner la mort à son corps par sa propre initiative, de même il ne lui convenait pas de fuir la mort donnée par d’autres… Une telle attitude ne signifiait aucunement la faiblesse du Verbe, mais elle le faisait connaître comme Sauveur et Vie… Le Sauveur ne venait pas consommer sa propre mort mais celle des hommes.

    Saint Athanase (295-373)

  • « Moi non plus, je ne te condamne pas… Moi, je suis la lumière du monde. » (Jn 8,11-12)

    « Moi non plus, je ne te condamne pas… Moi, je suis la lumière du monde. » (Jn 8,11-12)

    Mon Dieu qui aimes pardonner, mon Créateur,
    fais grandir sur moi l’éclat de ta lumière inaccessible
    pour emplir mon cœur de joie.
    Ne t’irrite pas ; ne m’abandonne pas !
    Mais fais resplendir mon âme de ta lumière,
    car ta lumière, mon Dieu, c’est toi…

    Je me suis écarté de la route droite, de la route divine,
    et je suis tombé lamentablement de la gloire qui m’avait été donnée.
    J’ai été dépouillé de la robe lumineuse, la robe divine,
    et, tombé dans les ténèbres, je gis maintenant dans les ténèbres,
    et je ne sais pas que je suis privé de lumière…
    Car si tu as brillé d’en haut, si tu es apparu dans l’obscurité,
    si tu es venu dans le monde, ô Miséricordieux,
    si tu as voulu vivre avec les hommes,
    selon notre condition, par amour pour l’homme,
    si…tu t’es dit la Lumière du monde (Jn 8,12)
    et que nous, nous ne te voyons pas,
    n’est-ce pas que nous sommes totalement aveugles
    et plus malheureux que des aveugles, ô mon Christ ?…

    Mais toi, qui es tous les biens, tu les donnes sans cesse
    à tes serviteurs, à ceux qui voient ta lumière…
    Qui te possède, réellement possède en toi toute chose.
    Que je ne sois pas privé de toi, Maître ! que je ne sois pas privé de toi, Créateur !
    Que je ne sois pas privé de toi, Miséricordieux, moi l’humble étranger…
    Je t’en prie, place-moi avec toi,
    même si j’ai multiplié les péchés plus que tous les hommes.
    Reçois ma prière comme celle du publicain (Lc 18,13),
    comme celle de la prostituée, Maître, même si je ne pleure pas comme elle (Lc 7,38)…
    N’es-tu pas source de pitié, fontaine de miséricorde
    et fleuve de bonté : à ce titre, aie pitié de moi !
    Oui, toi qui as eu les mains, toi qui as eu les pieds cloués sur la croix,
    et ton côté percé par la lance, Très Compatissant,
    aie pitié de moi et arrache-moi au feu éternel…
    Qu’en ce jour je me tienne sans condamnation devant toi
    pour être accueilli dans ta salle des noces
    où je partagerai ton bonheur, mon bon Maître,
    dans la joie inexprimable, pour tous les siècles. Amen.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

  • Écoutons et ressuscitons !

    Écoutons et ressuscitons !

    Beaucoup d’entre les Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. Quand Marthe apprit que Jésus venait, elle alla au-devant a de lui, mais Marie resta assise à la maison. Marthe dit donc à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort ; mais je sais maintenant que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera ». (…)

    Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera ». Réponse peu claire, car il ne dit pas : « Je vais ressusciter ton frère », mais : « Ton frère ressuscitera ». Aussi Marthe lui dit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection du dernier jour. De cette résurrection, j’en suis certaine ; d’une résurrection immédiate, je ne sais rien ». Jésus lui dit : « Je suis la résurrection ». Tu dis : « Mon frère ressuscitera au dernier jour ». C’est vrai, mais celui par qui il ressuscitera alors, peut bien le ressusciter dès maintenant, parce que, dit-il, « Je suis la résurrection et la vie ».

    Écoutez, mes frères, écoutez ce que dit Notre Seigneur. Certes, toute l’attente des Juifs réunis était de voir revivre Lazare, ce mort de quatre jours. Écoutons et ressuscitons, nous aussi. Qu’ils sont nombreux dans cette assemblée ceux qu’écrase le poids des mauvaises habitudes ! Peut-être en est-il parmi ceux qui m’écoutent, auxquels on pourrait dire : « Ne vous laissez point enivrer par le vin, d’où naît la luxure ». Et ils disent : « Nous ne pouvons pas ». Peut-être, parmi ceux qui m’écoutent y a-t-il des personnes impures, souillées de débauches et de corruption, auxquelles je dis : « Ne faites point ces choses, si vous voulez ne point périr » ; et elles répondent : « Nous ne pouvons pas nous tirer de cette habitude ».

    Ô Dieu, ressuscitez-les. « Je suis, dit-il, la résurrection et la vie ». Il est la résurrection, parce qu’il est la vie. « Celui qui croit en moi, quand même il serait mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais ».

    Saint Augustin (354-430)

  • « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme. »

    « Jamais un homme n’a parlé comme cet homme. »

    Dieu pourrait nous dire : « Mon Fils est toute ma parole, toute ma réponse ; il est toute vision et toute révélation. Je vous ai tout répondu, tout dit et tout manifesté, tout révélé en vous le donnant pour frère, compagnon, maître, héritage et récompense… : ‘ Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le ‘ (Mt 17,5)…       

    « Si donc tu désires entendre de ma bouche une parole de consolation, regarde mon Fils qui m’a obéi et qui, par amour, s’est livré à l’humiliation et à l’affliction, et tu verras tout ce qu’il te répondra. Si tu souhaites que je t’explique des choses cachées ou des événements mystérieux, fixe seulement les yeux sur lui et tu trouveras renfermés en lui les mystères les plus profonds, la sagesse et des merveilles de Dieu, comme le dit mon apôtre : ‘ En lui, qui est le Fils de Dieu, sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance de Dieu ‘ (Col 2,3). Ces trésors de sagesse seront pour toi plus sublimes, plus doux et plus utiles que tout ce que tu pourrais apprendre par ailleurs. Voilà pourquoi le même apôtre se glorifiait ‘ de ne pas savoir autre chose que Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ‘ (1Co 2,2). Si tu cherches des visions ou des révélations, soit divines, soit corporelles, regarde-le aussi en tant qu’homme, et tu trouveras en cela plus que tu ne penses, car l’apôtre Paul dit encore : ‘ Dans le Christ habite corporellement toute la plénitude de la divinité ‘ (Col 2,9). »       

    Il ne convient donc plus d’interroger Dieu comme autrefois, et il n’est plus nécessaire qu’il parle… : il n’y a plus de foi à révéler et il n’y en aura jamais.

    Saint Jean de la Croix (1542-1591)

  • « Chaque arbre se reconnaît à son fruit. »

    « Chaque arbre se reconnaît à son fruit. »

    Si vous croyez au Christ, faites les oeuvres du Christ, afin que vive votre foi ; l’amour animera cette foi, l’action en fera la preuve. Vous qui prétendez demeurer en Jésus Christ, il faut marcher comme lui. Si vous recherchez la gloire, si vous enviez les heureux de ce monde, si vous dites du mal des absents et si vous rendez le mal pour le mal, ce sont là des choses que le Christ n’a pas faites. Vous dites que vous connaissez Dieu, mais vos actes le nient…: « Cet homme m’honore des lèvres, dit l’Écriture, mais son cœur est loin de moi » (Is 29,13; Mt 15,8)…

    Or la foi, même droite, ne suffit pas à faire un saint, un homme droit, si elle n’opère pas dans l’amour. Celui qui est sans amour est incapable d’aimer l’Épouse, l’Église du Christ. Et les oeuvres, même accomplies dans la droiture, ne parviennent pas sans foi à rendre le cœur droit. On ne peut attribuer la droiture à un homme qui ne plaît pas à Dieu ; or, « Sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu » (He 11,6). Celui qui ne plaît pas à Dieu, Dieu ne saurait lui plaire. Mais celui à qui Dieu plaît ne saurait déplaire à Dieu. Et celui à qui Dieu ne plaît pas, l’Église-Épouse non plus ne lui plaît pas. Comment donc pourrait-il être droit, celui qui n’aime ni Dieu ni son Église, à laquelle il est dit : « Les justes savent t’aimer » (Ct 1,3 Vulg).

    Au saint, la foi ne suffit pas sans les oeuvres, ni les oeuvres sans la foi, pour faire la rectitude de l’âme. Frères, nous qui croyons au Christ, il nous faut tenter de suivre une voie droite. Élevons à Dieu nos cœurs et nos mains ensemble, afin d’être trouvés entièrement droits, confirmant par des actes de droiture la rectitude de notre foi, aimant l’Église-Épouse et aimés de l’Époux, notre Seigneur Jésus Christ, béni par Dieu dans les siècles des siècles.

    Saint Bernard (1091-1153)

  • Solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, patron de l’Église universelle

    Solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, patron de l’Église universelle

    Pour saint Joseph, la vie de Jésus a été une continuelle découverte de sa propre vocation… Ses premières années [ont été] pleines de circonstances contradictoires en apparence : glorification et fuite, majesté des mages et pauvreté de la crèche, cantique des anges et silence des hommes. Quand arrive le moment de présenter l’Enfant au Temple, Joseph, qui apporte la modeste offrande d’un couple de tourterelles, voit comment Syméon et Anne proclament que Jésus est le Messie : « Son père et sa mère écoutaient avec étonnement », dit saint Luc (2,33). Plus tard, lorsque l’Enfant demeure dans le Temple sans que Marie ni Joseph le sachent, le même évangéliste nous rapporte qu’« ils s’émerveillèrent » en le retrouvant après trois jours de recherche (2,48).

    Joseph est surpris, il s’étonne. Peu à peu, Dieu lui révèle ses desseins, et il s’efforce de les comprendre. Comme toute âme qui veut suivre Jésus de près, il découvre tout de suite qu’il n’est pas possible de marcher avec nonchalance, qu’il n’y a pas de place pour la routine. S’arrêter à un certain niveau et se reposer sur ses lauriers ne satisfait pas Dieu. Il exige sans cesse davantage, et ses voies ne sont pas les nôtres. Saint Joseph a appris de Jésus, comme jamais aucun homme ne l’a fait, à ouvrir son âme et son cœur, et à se maintenir en éveil pour reconnaître les merveilles de Dieu.

    Mais si Joseph a appris de Jésus à vivre de manière divine, je me permettrai de dire que, sur le plan humain, c’est lui qui a enseigné beaucoup de choses au Fils de Dieu… Joseph s’est occupé de cet Enfant comme il lui avait été ordonné et a fait de Jésus un artisan en lui transmettant son métier… Joseph a été, sur le plan humain, le maître de Jésus. Jour après jour, il l’a entouré d’une affection délicate ; il a pris soin de lui avec une abnégation joyeuse. N’est-ce pas là une bonne raison pour considérer cet homme juste (Mt 1,19), ce saint patriarche en qui culmine la foi de l’Ancienne Alliance, comme un maître de vie intérieure ?

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975)