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  • La multiplication des pains

    Au désert, notre Seigneur a multiplié le pain, et à Cana il a changé l’eau en vin. Il a habitué ainsi la bouche de ses disciples à son pain et à son vin, jusqu’au temps où il leur donnerait son corps et son sang. Il leur a fait goûter un pain et un vin transitoires pour exciter en eux le désir de son corps et de son sang vivifiants. Il leur a donné ces petites choses généreusement, pour qu’ils sachent que son don suprême serait gratuit. Il les leur a données gratuitement, bien qu’ils auraient pu les lui acheter, afin qu’ils sachent qu’on ne leur demanderait pas de payer une chose inestimable : car, s’ils pouvaient payer le prix du pain et du vin, ils ne pourraient pas payer son corps et son sang.

    Non seulement il nous a comblés gratuitement de ses dons, mais encore il nous a traités avec affection. Car il nous a donné ces petites choses gratuitement pour nous attirer, afin que nous venions à lui et recevions gratuitement ce bien si grand qu’est l’eucharistie. Ces petites portions de pain et de vin qu’il a données étaient douces à la bouche, mais le don de son corps et de son sang est utile à l’esprit. Il nous a attirés par ces aliments agréables au palais afin de nous entraîner vers ce qui donne la vie à nos âmes. (…)

    L’œuvre du Seigneur atteint tout : en un clin d’œil, il a multiplié un peu de pain. Ce que les hommes font et transforment en dix mois de travail, ses dix doigts l’ont fait en un instant. (…) D’une petite quantité de pain est née une multitude de pains ; il en a été comme lors de la première bénédiction : « Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre » (Gn 1,28).

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

  • « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson. »

    Qu’on n’imagine pas que le Corps de l’Eglise, ayant l’honneur de porter le nom du Christ, ne se compose, dès le temps de son pèlerinage terrestre, que de membres éminents en sainteté, ou ne comprend que le groupe de ceux qui sont prédestinés par Dieu au bonheur éternel. Il faut admettre, en effet, que l’infinie miséricorde de notre Sauveur ne refuse pas maintenant une place dans son Corps mystique à ceux auxquels il ne la refusa pas autrefois à son banquet (cf Mt 9,11). Car toute faute, même un péché grave, n’a pas de soi pour résultat — comme le schisme, l’hérésie ou l’apostasie — de séparer l’homme du Corps de l’Église. Toute vie ne disparaît pas de ceux qui, ayant perdu par le péché la charité et la grâce sanctifiante, devenus par conséquent incapables de tout mérite surnaturel, conservent pourtant la foi et l’espérance chrétienne, et à la lumière de la grâce divine, sous les inspirations intérieures et l’impulsion du Saint-Esprit, sont poussés à une crainte salutaire et excités par Dieu à la prière et au repentir de leurs fautes.

    Que tous aient donc en horreur le péché qui souille les membres mystiques du Rédempteur, mais que le pécheur tombé et qui ne s’est pas rendu par son obstination indigne de la communion des fidèles soit accueilli avec beaucoup d’amour, qu’on ne voie en lui avec une fervente charité qu’un membre infirme de Jésus Christ. Car il vaut mieux, selon la remarque de saint Augustin, « être guéri dans le Corps de l’Église qu’être retranché de ce Corps comme des membres incurables » ; « tant que le membre est encore attaché au corps, il ne faut pas désespérer de sa santé ; mais s’il en est retranché, il ne peut plus ni être soigné ni être guéri ».

    Vénérable Pie XII

     

     

  • Sainte Brigitte et l’Église domestique

    La première période dans la vie de cette sainte est caractérisée par son mariage heureux. Son mari s’appelait Ulf et était gouverneur d’un important territoire du royaume de Suède. Le mariage dura vingt-huit ans, jusqu’à la mort d’Ulf. Huit enfants sont issus de ce mariage, dont la deuxième, Karin (Catherine) est vénérée comme sainte. Cela est un signe éloquent de l’engagement éducatif de Brigitte à l’égard de ses enfants. (…)

    Brigitte, qui a reçu une direction spirituelle d’un religieux érudit qui l’a introduite à l’étude des Écritures, a exercé une influence très positive sur sa famille qui, grâce à sa présence, est devenue une véritable « Église domestique ». Avec son mari, elle a adopté la Règle des Tertiaires franciscains. Elle pratiquait avec générosité des œuvres de charité envers les pauvres: elle a fondé également un hôpital. Auprès de son épouse, Ulf a appris à améliorer son caractère et à progresser dans la vie chrétienne. Au retour d’un long pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle (…), les époux ont formé le projet de vivre dans l’abstinence ; mais peu de temps après, dans la paix d’un monastère dans lequel il s’était retiré, Ulf a conclu sa vie terrestre.

    Cette première période de la vie de Brigitte nous aide à apprécier ce que nous pourrions définir aujourd’hui comme une authentique « spiritualité conjugale » : ensemble, les époux chrétiens peuvent parcourir un chemin de sainteté, soutenus par la grâce du sacrement du mariage. Souvent, comme cela a été le cas dans la vie de sainte Brigitte et d’Ulf, c’est la femme qui, avec sa sensibilité religieuse, sa délicatesse et sa douceur, réussit à faire parcourir à son mari un chemin de foi. Je pense avec reconnaissance à de nombreuses femmes qui, jour après jour, illuminent aujourd’hui encore leur famille par leur témoignage de vie chrétienne. Puisse l’Esprit du Seigneur susciter aujourd’hui également la sainteté des époux chrétiens, pour montrer au monde la beauté du mariage vécu selon les valeurs de l’Évangile : l’amour, la tendresse, l’aide réciproque, la fécondité dans l’engendrement et l’éducation des enfants, l’ouverture et la solidarité envers le monde, la participation à la vie de l’Église.

    Benoît XVI

     

     

  • Fête de sainte Marie-Madeleine, disciple du Seigneur

    Seul le sens de l’ouïe peut atteindre la vérité, parce lui seul entend la parole. (…) « Ne me touche pas », dit le Seigneur, c’est-à-dire perds l’habitude de te fier à tes sens trompeurs, appuie-toi sur mes paroles, accoutume-toi à la foi. La foi ne peut pas se tromper, elle comprend les choses invisibles et ne souffre pas de l’indigence des sens. Elle dépasse même les limites de la raison humaine, les usages de la nature, les bornes de l’expérience. Pourquoi veux-tu apprendre de tes yeux ce qu’ils ne peuvent pas savoir ? Et pourquoi ta main s’efforce-t-elle à sonder ce qu’elle n’atteindra jamais ? Ce que l’une et l’autre font connaître de moi est bien peu de chose. C’est à la foi de se prononcer sur moi sans diminuer ma majesté ; apprends à croire avec plus de certitude et à suivre avec plus de confiance ce qu’elle te dit.

    « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. » Comme s’il devrait ou pourrait se laisser toucher lorsqu’il sera monté : oui, sans doute, il pourra être touché, mais seulement par le cœur, non par les mains, par le désir, non par les yeux, par la foi, non par les sens. « Pourquoi, dit-il, cherches-tu à me toucher maintenant (…) ? Ne te souviens-tu pas que lorsque j’étais encore mortel, les yeux de mes disciples n’ont pas pu soutenir la gloire de mon corps transfiguré, alors qu’il devait encore mourir ? Je te fais encore cette faveur de te montrer ma condition de serviteur (Ph 2,7), mais ma gloire m’éloigne de toi désormais. (…) Suspends donc ton jugement (…), réserve à la foi l’éclaircissement d’un si grand mystère. (…) Pour être digne de me toucher, il faut que tu me contemples assis à la droite de mon Père (Mc 16,19; Ps 109,1), non plus dans ma condition d’abaissement mais dans mon état glorifié. C’est encore le même corps, mais sous un autre aspect. Pourquoi veux-tu me toucher dans ma laideur ? Attends de pouvoir le faire dans ma beauté. »

    Saint Bernard (1091-1153)

     

     

  • « Cent pour un »

    De même que toute la puissance des lois et des commandements que Dieu a donnés aux hommes s’accomplit dans la pureté du cœur, comme l’ont dit les pères, de même tous les modes et toutes les formes par lesquels les hommes prient Dieu s’accomplissent dans la prière pure. Les gémissements, les prosternations, les supplications, les lamentations, toutes les formes que peut prendre la prière ont en effet leur fin dans la prière pure. (…) La réflexion n’a plus rien qui la tienne : ni prière, ni mouvement, ni lamentation, ni pouvoir, ni liberté, ni supplication, ni désir, ni plaisir de ce qu’elle espère en cette vie ou dans le monde à venir ; après la prière pure, il n’est pas d’autre prière. (…) Au-delà de cette limite, c’est l’émerveillement, ce n’est plus la prière ; la prière cesse, et commence la contemplation. (…)

    La prière est la semence, et la contemplation, la récolte des gerbes. Le moissonneur s’émerveille de voir l’inexprimable : comment à partir des petits grains nus qu’il a semés, ont pu soudain pousser devant lui de tels épis florissants ? La vue de sa récolte lui enlève tout mouvement. (…)

    De même qu’il se trouve à peine un homme sur plusieurs milliers pour accomplir un peu moins mal les commandements et les choses de la Loi et parvenir à la pureté de l’âme, de même il se trouve un homme sur mille pour être digne d’atteindre avec beaucoup de vigilance la prière pure, de franchir la limite et de découvrir ce mystère. Car il n’est pas donné à beaucoup, mais à peu, de connaître la prière pure.

    Isaac le Syrien (7e siècle)

     

     

  • « Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

    Vouloir seulement ce que Dieu veut est logique pour celui qui est vraiment amoureux de lui… En dehors de ses désirs, nos désirs n’existent pas, et si un seul existait, il existerait parce qu’il est conforme à sa volonté, et s’il ne l’était pas, c’est qu’alors notre volonté ne serait pas unie à la sienne… Mais si vraiment nous sommes unis par l’amour à sa volonté, nous ne désirerons rien qu’il ne désire, nous n’aimerons rien qu’il n’aime et, tout abandonnés à sa volonté, quoi qu’il nous envoie, où qu’il nous mette nous sera indifférent… Tout ce qu’il voudra de nous nous sera, non seulement indifférent, mais aussi, en plus, agréable.

    Je ne sais pas si je me trompe en tout ce que je dis ; je me soumets en tout à celui qui entend ces choses ; je dis seulement ce que je sens. Vraiment, je ne désire rien de plus que de l’aimer, et tout le reste je le remets entre ses mains. Que sa volonté s’accomplisse ! Chaque jour je suis plus heureux, dans mon complet abandon entre ses mains.

    Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938)

     

     

  • « Ils se sont convertis. »

    Méditons sur les Ninivites (…), écoutons ce qu’ils ont fait. Après la proclamation effrayante que Jonas a faite devant ce peuple glouton et ivrogne (…), comme des ouvriers habiles, ils se sont empressés de consolider la cité, que leurs mauvaises actions avaient ébranlée, en prenant pour fondation un rocher sûr (…) : le repentir.

    Ayant lavé sa souillure dans des flots de larmes, ils ont orné leur ville de leur prière, et Ninive convertie a plu au Miséricordieux. Car elle a présenté aussitôt la beauté de son cœur à « celui qui sonde les cœurs » (Ps 7,10), (…) ; frottée de l’huile des bonnes œuvres, parfumée de jeûne, elle est retournée à Celui qui l’aime (…), et il a embrassé son repentir.

    Son roi, un homme sage (…), a préparé les bêtes et les troupeaux comme pour les apporter en dot, disant : « Je t’offre tout, mon Dieu, mon Sauveur : réconcilie seulement, fais rentrer en grâce celle qui s’est prostituée, qui a trahi (…) ta pureté : car voici que, dans son amour, elle t’offre comme un présent son repentir. (…)

    « Si moi, le roi souverain, j’ai péché, frappe-moi seul et prends en pitié tous les autres. Mais si nous avons tous failli, écoute la voix de tous. (…) Que ton secours vienne sur nous, et toute crainte sera dissipée. Rien ne nous effrayera, si tu reçois ce que nous t’offrons : notre repentir. (…)

    « Ninive, la rebelle, se jette à tes pieds, et moi, roi misérable et ton misérable serviteur, puisque je suis indigne du trône, je m’assieds sur de la cendre (Jon 3,6). Puisque j’ai insulté la couronne, je répands la poussière sur ma tête. Puisque je ne mérite pas la pourpre, j’ai revêtu un sac et j’ai éclaté en lamentations. Ne me méprise donc pas, jette un regard sur nous, mon Sauveur, et accueille notre repentir » (…)

    Fils de l’Unique, ô Dieu unique, toi qui fais la volonté de ceux qui t’aiment, protège-les dans ta miséricorde. (…) Comme jadis tu as eu pitié des Ninivites (…), aujourd’hui affranchis du jugement ceux qui te chantent ; et accorde-moi le pardon en récompense de ma confession. (…) Puisque je n’ai pas d’œuvres dignes de ta gloire, mon Sauveur, sauve-moi au moins pour mes paroles de contrition, toi qui aimes le repentir.

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)

     

     

  • « Il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. »

    Sauver est un acte de bonté. « La pitié du Seigneur est pour toute chair ; il fait des reproches, il forme, il enseigne, comme un berger le fait avec son troupeau. Il a pitié de ceux qui reçoivent sa formation et qui s’empressent de s’unir à lui » (Si 18,13s). (…)

    Les gens en bonne santé n’ont pas besoin du médecin, tant qu’ils vont bien ; les malades au contraire recourent à son art. De la même manière, dans cette vie, nous sommes malades par nos désirs répréhensibles, par nos intempérances (…) et autres passions : nous avons besoin d’un Sauveur. (…) Nous les malades, nous avons besoin du Sauveur ; égarés, nous avons besoin de celui qui nous guidera ; aveugles, de celui qui nous donnera la lumière ; assoiffés, de la source d’eau vive dont « ceux qui en boiront n’auront plus jamais soif » (Jn 4,14). Morts, nous avons besoin de la vie ; troupeau, du berger ; enfants, d’un éducateur : oui, toute l’humanité a besoin de Jésus. (…)

    « Je panserai celui qui est boiteux et je guérirai celui qui est accablé ; je convertirai l’égaré et je les ferai paître sur ma montagne sainte » (Ez 34,16). Telle est la promesse d’un bon berger. Fais-nous paître comme un troupeau, nous les tout-petits ; maître, donne-nous avec abondance ta pâture, qui est la justice ! Sois notre berger jusqu’à ta montagne sainte, jusqu’à l’Église qui s’élève, qui domine les nuages, qui touche aux cieux. « Et je serai, dit-il, leur berger et je serai près d’eux » (cf Ez 34). (…) « Je ne suis pas venu, dit-il, pour être servi mais pour servir. » C’est pourquoi l’Évangile nous le montre fatigué, lui qui se fatigue pour nous et qui promet « de donner son âme en rançon pour une multitude » (Jn 4,5; Mt 20,28).

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215)

     

     

  • « Voici mon serviteur que j’ai choisi. »

    Voici notre foi (…) : Dieu a envoyé sa Parole, son Verbe (Jn 1,1), se manifester en personne aux yeux des hommes, pour que le monde, en le voyant, soit sauvé. (… Nous savons qu’il s’est fait homme, de la même pâte que nous. S’il en était autrement, c’est en vain qu’il nous aurait commandé de l’imiter comme notre maître (Jn 13,14.34). Si cet homme était d’une autre nature, comment pourrait-il me demander de faire comme lui, à moi qui suis faible par nature ? Où serait alors sa bonté, sa justice ?

    Pour bien faire comprendre qu’il n’est pas différent de nous, il a voulu supporter la fatigue et connaître la faim (Jn 4,6) ; il n’a pas refusé d’avoir soif, il a trouvé son repos dans le sommeil, il n’a pas refusé la souffrance, il s’est soumis à la mort et il a clairement manifesté sa résurrection. En tout cela il a offert sa propre humanité comme des premiers fruits afin que toi, dans ta souffrance, tu ne perdes pas courage, mais que, reconnaissant que tu es toi-même homme, tu attendes, toi aussi, ce que le Père a donné à cet homme-là. (…)

    Grâce à la connaissance du vrai Dieu, tu auras un corps immortel et impérissable comme l’âme elle-même ; tu recevras en partage le Royaume des cieux parce que tu auras reconnu le Roi du ciel tandis que tu vivais sur la terre. Tu vivras en présence de Dieu, « héritier avec le Christ » (Rm 8,17). Tu ne seras plus dominé par des désirs, des souffrances et des maladies, car tu es devenu de nature divine. (…) « Le Christ est Dieu, au-dessus de tout » (cf Rm 9,5) (…) et a donné au vieil homme la perfection de l’homme nouveau (Col 3,9). Dès le commencement il l’a appelé son image (Gn 1,27), et par cette ressemblance il a montré sa tendresse pour toi. Si tu obéis à ses saints commandements, si, en étant bon, tu imites Celui qui est bon, tu deviendras semblable à lui.

    Saint Hippolyte de Rome (?-v. 235)

     

     

  • Observer le sabbat

    Dans un premier temps, il nous faut transpirer en faisant de bonnes œuvres, pour nous reposer ensuite dans la paix de notre conscience. (…) C’est la célébration joyeuse d’un premier sabbat où l’on se repose des œuvres serviles du monde (…) et où l’on ne transporte plus les fardeaux des passions.

    Mais on peut quitter la chambre intime où on a célébré ce premier sabbat et on peut rejoindre l’auberge de son cœur, là où on a coutume de « se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, de pleurer avec ceux qui pleurent » (Rm 12,15), « d’être faible avec ceux qui sont faibles, de brûler avec ceux qui sont scandalisés » (2Co 11,29). Là, on sentira son âme unie à celle de tous ses frères par le ciment de la charité ; on n’y est plus troublé par les aiguillons de la jalousie, brûlé par le feu de la colère, blessé par les flèches des soupçons ; on est libéré des morsures dévorantes de la tristesse. Si on attire tous les hommes dans le giron pacifié de son esprit, où tous sont étreints, réchauffés par une douce affection et où l’on n’est plus avec eux « qu’un cœur et qu’une âme » (Ac 4,32), alors, en savourant cette merveilleuse douceur, le tumulte des convoitises fait aussitôt silence, le vacarme des passions s’apaise, et à l’intérieur s’opère un total détachement de toutes choses nuisibles, un repos joyeux et paisible dans la douceur de l’amour fraternel. Dans la quiétude de ce deuxième sabbat la charité fraternelle ne laisse plus subsister aucun vice. (…) Imprégné de la douceur paisible de ce sabbat, David a éclaté en un chant de jubilation : « Voyez comme il est bon, comme il est doux d’habiter en frères tous ensemble » (Ps 132,1).

    Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167)