Blog

  • « Les invités de la noce peuvent-ils jeûner pendant que l’Époux est avec eux ? »

    Nous avions quitté la Syrie pour la province d’Égypte, désireux d’y apprendre les principes des vieux moines, et nous nous étonnions de la grande cordialité avec laquelle nous y étions reçus. Contrairement à ce qu’on nous avait enseigné dans les monastères de Palestine, on n’observait pas la règle d’attendre l’heure fixée pour le repas, mais, excepté le mercredi et le vendredi, où que nous allions, on rompait le jeûne. L’un des anciens à qui nous demandions pourquoi, chez eux, on omettait si facilement les jeûnes quotidiens, nous répondit : « Le jeûne est toujours avec moi, mais vous, que je vais bientôt congédier, je ne pourrai pas vous garder sans cesse avec moi. Et le jeûne, quoiqu’utile et nécessaire, est pourtant l’offrande d’un présent volontaire, tandis que l’accomplissement des œuvres de charité est une exigence absolue des commandements. C’est pourquoi, accueillant en vous le Christ, je dois le restaurer, et, après vous avoir donné congé, je pourrai compenser en moi par un jeûne plus strict l’humanité que je vous ai manifestée par égard pour le Christ. En effet, « les amis de l’époux ne peuvent pas jeûner tandis que l’époux est avec eux », mais lorsqu’il se sera éloigné, alors ils pourront le faire.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

     

     

     

  • « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »

    Je suis grandement redevable à Dieu, qui m’a accordé une grâce si grande que, par mon intermédiaire, « des peuples nombreux » sont nés à nouveau pour Dieu (…) : « Je t’ai établi comme une lumière parmi les nations, pour porter le salut jusqu’à l’extrémité de la terre » (…) C’est ainsi que je veux « attendre ce qu’a promis » celui qui ne fait jamais défaut, comme il en donne l’assurance dans l’Évangile : « Ils viendront de l’Orient et de l’Occident et se mettront à table avec Abraham, Isaac et Jacob ». Ainsi nous avons confiance que des croyants viendront du monde entier.

    C’est pourquoi il importe de s’adonner à la pêche comme il faut et avec vigilance, selon l’exhortation et l’enseignement du Seigneur qui dit : « Venez à ma suite et je vous ferai pêcheurs d’hommes ». Il dit encore par les prophètes : « Voici que j’envoie des pêcheurs et des chasseurs en grand nombre ». C’est pourquoi il était très important de tendre nos filets, afin qu’ « une grande multitude », qu’« une foule » de gens soit prise pour Dieu et que, pour baptiser et exhorter le peuple, il y ait partout des prêtres, selon la parole du Seigneur : « Allez donc maintenant instruire toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé ; et voici que moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ».

    Saint Patrick (v. 385-v. 461)

    (Références bibliques : Ez 38,6; Is 49,6; Ac 1,4; Mt 8,11; Mt 4,19; Jr 16,16; Lc 5,6; Lc 6,17; Mt 28,19)

     

     

  • Le Christ médecin

    « La belle-mère de Simon était couchée ; elle avait de la fièvre. » Puisse le Christ venir dans notre maison, entrer et guérir d’une seule parole la fièvre de nos péchés. Chacun d’entre nous est pris de fièvre. Chaque fois que nous nous mettons en colère, nous avons de la fièvre ; tous nos défauts sont autant d’accès de fièvre. Demandons aux apôtres de prier Jésus afin qu’il vienne auprès de nous et qu’il nous prenne la main ; car dès qu’il aura touché notre main, la fièvre disparaîtra.

    C’est lui le vrai, le grand médecin, le premier de tous les médecins. Moïse est un médecin, Isaïe et tous les saints sont des médecins ; mais Jésus, lui, est le premier de tous les médecins. Il sait parfaitement prendre le pouls et sonder les secrets des maladies. Il ne touche ni l’oreille, ni le front, ni aucune autre partie du corps, mais il prend la main (…), c’est-à-dire les œuvres mauvaises. Il guérit d’abord les œuvres, puis la fièvre disparaît.

    Saint Jérôme (347-420)

     

     

  • « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance. »

    « La Parole de Dieu est vivante et efficace, plus affilée qu’un glaive à deux tranchants » (He 4,12). (…) Elle agit dans la création du monde, dans la conduite du monde et dans sa rédemption. Qu’y a-t-il en effet de plus efficace et de plus fort ? « Qui pourrait dire sa puissance et célébrer toutes ses louanges ? » (Ps 105,2)

    L’efficacité de la Parole se manifeste dans ses œuvres ; elle se manifeste aussi dans la prédication. Elle ne revient pas à Dieu sans avoir produit son effet, mais elle profite à tous ceux à qui elle est envoyée (Is 55,11). Elle est « efficace et plus affilée qu’un glaive à deux tranchants » quand elle est reçue avec foi et avec amour. Qu’y a-t-il d’impossible à celui qui croit, de difficile à celui qui aime ? Lorsque les mots de Dieu retentissent, ils transpercent le cœur du croyant « comme les flèches aiguës d’un guerrier » (Ps 119,4). Elles y entrent comme des dards et se fixent dans ses profondeurs les plus intimes. Oui, cette Parole est plus affilée qu’un glaive à deux tranchants, car elle est plus incisive que toute autre force ou puissance, plus subtile que toute finesse du génie humain, plus aiguisée que toute la pénétration savante de la parole humaine.

    Baudouin de Ford (?-v. 1190)

  • « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle. »

    Le Concile Vatican II présente le baptême en ces termes : « Les baptisés, par la régénération et l’onction du Saint-Esprit, sont consacrés pour être une demeure spirituelle » (LG 10). L’Esprit Saint oint le baptisé ; il imprime sur lui un sceau indélébile, et il le constitue temple spirituel (2Co 1,21s; 1Co 3,16), c’est-à-dire qu’il le remplit de la sainte présence de Dieu grâce à l’union et à la conformité avec Jésus Christ. Fort de cette onction spirituelle, le chrétien peut, à sa manière, répéter les paroles de Jésus : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction ». (…)

    « La mission du Christ, prêtre, prophète, roi, se poursuit dans l’Église. Tous, le Peuple de Dieu tout entier, participent à cette triple mission. » Les fidèles laïcs participent à la fonction sacerdotale par laquelle Jésus s’est offert lui-même sur la croix et continue encore à s’offrir dans la célébration de l’eucharistie (…) : « Toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens, leurs détentes d’esprit et de corps, s’ils sont vécus dans l’Esprit de Dieu, et même les épreuves de la vie (…), tout cela devient ‘offrandes spirituelles agréables à Dieu par Jésus Christ’ (1P 2,5) ; et dans la célébration eucharistique ces offrandes rejoignent l’oblation du corps du Seigneur pour être offertes en toute dévotion au Père » (LG 34). (…)

    La participation à la fonction prophétique du Christ (…) habilite et engage les fidèles laïcs à recevoir l’Évangile dans la foi, et à l’annoncer par la parole et par les actes. (…) Ils vivent la royauté chrétienne tout d’abord par le combat spirituel qu’ils mènent pour détruire en eux le règne du péché (Rm 6,12), ensuite par le don de soi pour servir (…) Jésus lui-même, présent en tous ses frères, surtout dans les plus petits (Mt 25,40). Mais les fidèles laïcs sont appelés en particulier à redonner à la création toute sa valeur originelle. En liant la création au bien véritable de l’homme par une activité soutenue par la grâce, ils participent à l’exercice du pouvoir par lequel Jésus ressuscité attire à lui toutes choses et les soumet (…) au Père, « afin que Dieu soit tout en tous » (Jn 12,32; 1Co 15,28).

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

  • « C’est du dedans, du cœur de l’homme » : le cœur de chaque homme, source de paix ou de guerre ?

    Il est clair que nous devons tendre à préparer de toutes nos forces le moment où, de l’assentiment général des nations, toute guerre pourra être absolument interdite. (…) La construction courageuse de la paix exige très certainement que [les responsable politiques] ouvrent leur intelligence et leur cœur au-delà des frontières de leur propre pays, qu’ils renoncent à l’égoïsme national et au désir de dominer les autres nations, et qu’ils entretiennent un profond respect envers toute l’humanité, qui s’avance avec tant de difficultés vers une plus grande unité. Que tous prennent garde cependant de ne pas s’en remettre aux seuls efforts de quelques-uns, sans se soucier de notre état d’esprit personnel. Car les chefs d’État, qui sont les répondants du bien commun de leur propre nation et en même temps les promoteurs du bien universel, sont très dépendants des opinions et des sentiments de l’ensemble de la population.

    Il est inutile de chercher à faire la paix tant que les sentiments d’hostilité, de mépris et de défiance, tant que les haines raciales et les partis pris idéologiques divisent les hommes et les opposent. D’où l’urgence et l’extrême nécessité d’un renouveau dans la formation des mentalités et d’un changement de ton dans l’opinion publique. Que ceux qui se consacrent à une œuvre d’éducation, en particulier auprès des jeunes, ou qui forment l’opinion publique, considèrent comme leur plus grave devoir celui d’inculquer à tous les esprits de nouveaux sentiments générateurs de paix. Nous avons tous assurément à changer notre cœur et à ouvrir les yeux sur le monde, comme sur les tâches que nous pouvons entreprendre tous ensemble pour le progrès du genre humain.

    Concile Vatican II

     

     

  • « Entre dans la joie de ton maître ! »

    Notre Seigneur m’a dit : « Je te remercie pour ton labeur, surtout au temps de ta jeunesse. » Mon entendement a été élevé jusqu’au ciel, et j’ai vu notre Seigneur comme un maître en sa propre maison, ayant appelé à un banquet solennel tous ses chers serviteurs et amis. J’ai vu qu’il ne s’attribuait aucune place en sa demeure ; il y régnait partout en roi. Il l’emplissait de joie et d’allégresse, ne cessant personnellement de contenter et consoler ses très chers amis, en toute intimité et courtoisie, par une merveilleuse mélodie d’amour perpétuel qui émanait de son bel et bienheureux visage. Visage glorieux de la divinité qui emplit les cieux de joie et d’allégresse.

    Dieu m’a montré trois degrés de béatitude au ciel pour toute âme qui l’aura servi volontiers de quelque façon sur terre. Le premier : le remerciement de gloire qu’elle recevra de notre Seigneur Dieu quand elle sera délivrée de ses peines. Ce remerciement est si élevé et si glorieux qu’elle se sentira comblée, comme s’il n’y avait pas d’autre béatitude. Car à mon sens toutes les peines et labeurs de tous les hommes vivants seraient encore insuffisants pour mériter le remerciement qu’un seul recevra pour avoir servi Dieu avec bonne volonté.

    Le second : toutes les créatures bénies qui peuplent le ciel verront ce remerciement glorieux, car à toutes il fait connaître les services qui lui ont été rendus. (…) Un roi, s’il remercie ses sujets, leur rend un grand honneur, mais s’il le fait savoir à tout le royaume, l’honneur est considérablement plus grand. Le troisième : ce remerciement sera aussi nouveau et réjouissant dans l’éternité qu’à l’instant où l’âme le recevra. Il m’a été révélé avec une grande simplicité et douceur que l’âge de chacun sera connu au ciel. Chacun sera récompensé pour les œuvres qu’il aura faites et pour leur durée. Très particulièrement, ceux qui, volontiers et librement, auront offert à Dieu leur jeunesse seront récompensés sans mesure et remerciés de manière merveilleuse.

    Julienne de Norwich (1342-après 1416)

     

     

  • « Toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe. »

    « Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre. » Quel est ce cri, sinon celui dont l’apôtre Paul a dit : « En un moment, en un clin d’œil, au son de la dernière trompette » ? « Car la trompette sonnera, et les morts ressusciteront impérissables, et nous serons changés » (1Co 15,52). Après ce cri qui retentira au milieu de la nuit qu’arrivera-t-il ? « Toutes se sont levées. » Qu’est-ce à dire ? « Viendra l’heure, dit le Seigneur lui-même, où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils de Dieu et en sortiront » (Jn 5,28). (…)

    Que veulent dire ces paroles : « Elle n’avaient pas pris d’huile avec elles dans leurs vases » ? Dans leur vase, c’est-à-dire dans leur cœur. (…) Les vierges insensées qui n’ont pas emporté d’huile avec elles ont cherché à plaire aux hommes par leur continence et par leurs bonnes œuvres que symbolisent les lampes. Or, si le motif de leurs bonnes œuvres c’est de plaire aux hommes, elles ne portent pas d’huile avec elles. Pour vous, portez cette huile avec vous ; portez-la dans votre intérieur où pénètre le regard de Dieu ; portez là le témoignage d’une bonne conscience. (…) Si vous évitez le mal et si vous faites le bien pour recueillir les louanges des hommes, nous n’avez pas d’huile dans l’intérieur de votre âme. (…)

    Avant que ces vierges se soient endormies, il n’est pas dit que leurs lampes soient éteintes. Les lampes des vierges sages brillaient d’un éclat vif, alimentées par l’huile intérieure, par la paix de la conscience, par la gloire secrète de l’âme, par la charité qui l’embrase. Les lampes des vierges insensées brillaient également, et pourquoi brillaient-elles ? Parce que leur lumière était entretenue par les louanges des hommes. Lorsqu’elles se sont levées, c’est-à-dire à la résurrection des morts, elles ont commencé à disposer leurs lampes, c’est-à-dire à préparer le compte qu’elles devaient rendre à Dieu de leurs œuvres. Mais alors il n’y a plus personne pour les louer. (…) Elles cherchent, comme elles l’ont toujours fait, à briller avec l’huile d’autrui, à vivre des louanges des hommes : « Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent ».

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • Par la prière, veiller dans l’attente de Dieu

    Il ne faut pour prier ni gestes, ni cris, ni silence, ni agenouillements. Notre prière, à la fois sage et fervente, doit être attente de Dieu, jusqu’à ce que Dieu vienne et visite notre âme par toutes ses voies d’accès, tous ses sentiers, tous ses sens. Trêve de nos silences, de nos gémissements et de nos sanglots : ne cherchons dans la prière que l’étreinte de Dieu.

    Dans le travail, n’employons-nous pas tout notre corps à l’effort ? Tous nos membres n’y collaborent-ils pas ? Que notre âme elle aussi se consacre tout entière à sa prière et à l’amour du Seigneur ; qu’elle ne se laisse pas distraire ni tirailler par ses pensées ; qu’elle se fasse pleine attente du Christ. Alors le Christ l’illuminera, il lui enseignera la prière véritable, il lui donnera la supplique pure et spirituelle qui est selon Dieu, l’adoration « en esprit et en vérité » (Jn 4,24).

    Celui qui exerce un commerce ne cherche pas simplement à réaliser un gain. Il s’efforce aussi par tous les moyens de le grossir et de l’accroître. Il entreprend de nouveaux voyages et renonce à ceux qui lui semblent sans profit ; il ne part qu’avec l’espérance d’une affaire. Comme lui, sachons conduire notre âme sur les voies les plus diverses et les plus opportunes, et nous acquerrons, ô gain suprême et véritable, ce Dieu qui nous apprend à prier dans la vérité.

    Le Seigneur se pose dans une âme fervente, il en fait son trône de gloire, il s’y assied et y demeure.

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390)

     

     

     

  • Se détourner du chemin de l’hypocrisie et du mal

    9c208102

    Il existe deux voies d’enseignement et d’action : celle de la lumière et celle des ténèbres. L’écart est grand entre ces deux voies… La voie des ténèbres est tortueuse et jonchée de malédictions. Elle est le chemin de la mort et du châtiment éternels. On y rencontre tout ce qui peut ruiner une vie : idolâtrie, arrogance, orgueil du pouvoir, hypocrisie, duplicité du cœur, adultère, meurtre, vol, vanité, désobéissance, fraude, malice, drogues, magie, cupidité, mépris de Dieu. On y trouve ceux qui persécutent des gens de bien, les ennemis de la vérité, les amis du mensonge ; car tous ces gens ne connaissent pas la récompense de la justice, ils ne « s’attachent pas au bien » (cf Rm 12,9), ils ne secourent pas la veuve et à l’orphelin (Ml 3,5)… Ils sont bien éloignés de la douceur et de la patience, « aiment les vanités » (Pr 4,3, « poursuivent le gain » (Is 1,23), sont sans pitié pour le pauvre, sans compassion pour l’affligé, oublieux de leur créateur…

    Il est donc juste de s’instruire de toutes les volontés du Seigneur consignées dans les Écritures et de cheminer d’après elles. Celui qui agit de la sorte sera glorifié dans le Royaume de Dieu. Mais quiconque choisira l’autre voie périra avec ses œuvres. Voilà pourquoi il existe une résurrection et une rétribution. À vous qui êtes des privilégiés et qui voulez bien accepter de moi un conseil de bonne intention, j’adresse une prière : vous êtes entourés de personnes à qui faire le bien ; n’y manquez pas.

    L’Épître dite de Barnabé (vers 130)
    §20