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  • Vivre de foi, avec l’aide de Marie

    La Sainte Vierge vous donnera part à sa foi, qui a été plus grande sur la terre que la foi de tous les patriarches, les prophètes, les apôtres et tous les saints. (…) Plus donc vous gagnerez la bienveillance de cette auguste Princesse et Vierge fidèle, plus vous aurez de pure foi dans toute votre conduite : une foi pure, qui fera que vous ne vous soucierez guère du sensible et de l’extraordinaire ; une foi vive et animée par la charité, qui fera que vous ne ferez vos actions que par le motif du pur amour ; une foi ferme et inébranlable comme un rocher, qui fera que vous demeurerez ferme et constant au milieu des orages et des tourmentes ; une foi agissante et perçante, qui, comme un mystérieux passe-partout, vous donnera entrée dans tous les mystères de Jésus-Christ, dans les fins dernières de l’homme et dans le cœur de Dieu même ; une foi courageuse, qui vous fera entreprendre et venir à bout de grandes choses pour Dieu et le salut des âmes, sans hésiter ; enfin, une foi qui sera votre flambeau enflammé, votre vie divine, votre trésor caché de la divine Sagesse, et votre arme toute-puissante dont vous vous servirez pour éclairer ceux qui sont dans les ténèbres et l’ombre de la mort, pour embraser ceux qui sont tièdes et qui ont besoin de l’or embrasé de la charité, pour donner la vie à ceux qui sont morts par le péché, pour toucher et renverser, par vos paroles douces et puissantes, les cœurs de marbre et les cèdres du Liban, et enfin pour résister au diable et à tous les ennemis du salut.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716)

     

     

     

  • « Voici la servante du Seigneur. »

    L’offrande de soi doit monter sans cesse de l’âme comme l’expression la plus parfaite de l’amour et comme une provocation continuelle à la miséricorde divine ; par elle l’âme respire et aspire l’amour, se purifie et s’unit à son Dieu. (…) La Vierge Marie parce que comblée de grâce par l’Esprit Saint et perdue dans la lumière simple de Dieu, avait toutes ses énergies paisiblement tendues vers la réalisation de la volonté divine. Voici que l’archange Gabriel paraît et la salue. La Vierge est un instant troublée par cette présence et cette louange. Mais son sens spirituel affiné a promptement reconnu la qualité surnaturelle de son messager. (…) Marie a compris : c’est bien le Messie dont l’ange lui propose de devenir la mère. Elle n’y avait point songé, car elle s’ignorait elle-même. La simplicité de sa grâce lui en voilait l’immensité. Elle ne connaissait que Dieu et sa volonté. Devant ces perspectives qui s’ouvrent soudainement devant elle, elle ne posera qu’une question car elle est préoccupée de sa virginité : « Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ? » Rassurée par l’ange qui lui répond : « Le Saint-Esprit descendra sur vous et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre », la Vierge Marie, sans hésitation, sans demander quelques jours pour réfléchir et consulter ou même quelques instants pour se préparer, donne pour elle-même et pour toute l’humanité son adhésion au plus sublime et au plus terrible des contrats : à l’union en son sein de l’humanité à la divinité, au Calvaire et au mystère de l’Église. Et le Verbe se fit chair grâce au Fiat de la Vierge qu’une disposition d’offrande complète et indéterminée avait depuis longtemps préparé en son âme souple et docile. En nos âmes aussi le don de soi provoque les divines emprises et nous prépare au même Fiat fécond.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus

     

     

     

  • « Marie se leva et partit en hâte pour la montagne. »

    Il est normal que tous ceux qui veulent qu’on les croie donnent des raisons de croire. C’est pourquoi l’ange (…) a annoncé à Marie, la vierge, qu’une femme âgée et stérile devenait mère, montrant ainsi que Dieu peut faire tout ce qui lui plaît. Dès que Marie l’a appris, elle est partie vers les montagnes — non par manque de foi en la prophétie, ni par incertitude devant cette annonce, ni par doute (…), mais dans l’allégresse de son désir, pour remplir un devoir religieux, dans l’empressement de la joie. Désormais remplie de Dieu, comment pouvait-elle ne pas s’élever en hâte vers les hauteurs ? Des raisonnements lents sont étrangers à la grâce de l’Esprit Saint. Jusque-là Marie vivait seule, retirée du monde extérieur : elle n’a pas été retenue par sa pudeur de partir en public, ni par les escarpements des montagnes de réaliser son dessein, ni par la longueur du chemin du service à rendre. Cette vierge se hâte vers les hauteurs, une vierge qui pense à servir et qui oublie sa peine ; la charité fait sa force (…) ; elle quitte sa maison et elle part. (…) Vous avez appris la délicatesse de Marie ; apprenez aussi son humilité. La cadette vient vers l’aînée (…), ce qui est supérieur vient à ce qui est inférieure : Marie à Élisabeth, le Christ à Jean, comme plus tard le Seigneur viendra se faire baptiser par Jean pour consacrer le baptême. Et tout de suite se manifestent les bienfaits de l’arrivée de Marie et de la présence du Seigneur, car « dès qu’Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein et elle fut remplie de l’Esprit Saint .» (…) Les deux femmes parlent de la grâce qui leur est faite ; les deux enfants réalisent cette grâce et entraînent leurs mères dans ce mystère de la miséricorde.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

     

  • « Joseph, fils de David, ne crains pas ! »

    Joseph embrassait
    le Fils du Père céleste
    comme un nouveau-né,
    et il le servait comme son Dieu.

    Il se réjouissait en lui
    comme en la Bonté même.
    Il prenait soin
    de celui qui seul est juste (cf Mt 1,19) :
    quel paradoxe !

    « Comment m’est-il donné,
    toi le Fils du Très-Haut,
    que tu deviennes mon fils ?

    Je m’irritais contre ta mère,
    et je pensais la renvoyer :
    je ne savais pas
    que dans son sein
    se trouvait un grand trésor,
    qui dans ma pauvreté
    soudain me rendrait riche !

    « Le roi David,
    qui a surgi parmi mes ancêtres,
    a ceint la couronne.

    Qu’il est grand le dénuement
    où moi, je suis parvenu :
    au lieu d’être roi
    je suis charpentier.

    Mais une couronne m’est échue
    puisque voici dans mes bras
    le Seigneur de toutes les couronnes. »

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

     

  • « Marie, de laquelle fut engendré Jésus. »

    Les Saintes Écritures de l’Ancien et du Nouveau Testament et la Tradition vénérable mettent dans une lumière de plus en plus grande le rôle de la Mère du sauveur dans l’économie du salut et le proposent pour ainsi dire à notre contemplation. Les livres de l’Ancien Testament, en effet, décrivent l’histoire du salut et la lente préparation de la venue du Christ au monde. Ces documents primitifs, tels qu’ils sont lus dans l’Église et compris à la lumière de la révélation postérieure et complète, font apparaître progressivement dans une plus parfaite clarté la figure de la femme, Mère du Rédempteur. Dans cette clarté, celle-ci se trouve prophétiquement esquissée dans la promesse (faite à nos premiers parents après la chute) d’une victoire sur le serpent (cf. Gn 3, 15). De même, c’est elle, la Vierge, qui concevra et enfantera un fils auquel sera donné le nom d’Emmanuel (cf. Is 7, 14; cf. Mi 5, 2-3; Mt 1, 22-23). Elle occupe la première place parmi ces humbles et ces pauvres du Seigneur qui espèrent et reçoivent le salut de lui avec confiance. Enfin, avec elle, la fille de Sion par excellence, après la longue attente de la promesse, s’accomplissent les temps et s’instaure l’économie nouvelle, lorsque le Fils de Dieu, par elle, prit la nature humaine pour libérer l’homme du péché par les mystères de sa chair.

    Concile Vatican II

     

     

  • « Et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. »

    « Parmi les hommes, aucun n’est plus grand que Jean. » Si tous les saints, ces hommes justes, forts et sages étaient réunis et habitaient en un seul homme, ils ne pourraient pas égaler Jean Baptiste (…), dont il a été déclaré qu’il dépasse les hommes de beaucoup et qu’il appartient aux catégories des anges (Mc 1,2 grec; Ml 3,1 hebr).

    « Mais celui qui est le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. » (…) Par ce qu’il a dit de la grandeur de Jean, notre Seigneur a voulu nous annoncer l’abondante miséricorde de Dieu et sa générosité envers ses élus. Si grand et si célèbre que soit Jean, c’est moins que ce que sera le plus petit du Royaume, comme le dit l’apôtre Paul : « Notre connaissance est partielle (…). Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel disparaîtra » (1Co 13,9-10). Jean est grand, lui qui a dit par pressentiment : « Voici l’agneau de Dieu » (Jn 1,29), mais cette grandeur, comparée à la gloire qui doit être révélée à ceux qui en seront trouvés dignes, n’est qu’un mince avant-goût. En d’autres termes, toutes les choses grandes et admirables d’ici-bas, comparées aux béatitudes de l’au-delà, apparaissent dans leur petitesse et leur néant. (…)

    Jean a été trouvé digne des grands dons d’ici-bas : la prophétie, le sacerdoce (cf Lc 1,5) et la justice (…). Jean est plus grand que Moïse et les prophètes, mais la Loi ancienne a besoin du Nouveau Testament, puisque celui qui est plus grand que les prophètes a dit au Seigneur : « J’ai besoin de me faire baptiser par toi » (Mt 3,14). Jean est également grand, parce que sa conception a été annoncée par un ange, parce que sa naissance a été entourée de miracles, parce qu’il a annoncé Celui qui donne la vie, parce qu’il a baptisé pour la rémission des péchés. (…) Moïse a conduit le peuple jusqu’au Jourdain et la Loi a conduit le genre humain jusqu’au baptême de Jean. Mais « si parmi les hommes, aucun n’est plus grand que Jean », le précurseur du Seigneur, combien plus grands seront ceux à qui notre Seigneur a lavé les pieds et insufflé son Esprit ? (Jn 13,4; 20,22).

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

     

  • « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

    La lumière du soleil, vue par les yeux de notre corps, annonce le soleil spirituel, le « Soleil de justice » (Ml 3,20). C’est vraiment le soleil le plus doux qui se soit levé pour ceux qui, en ce temps-là, ont eu le bonheur d’être ses disciples, et de le regarder de leurs yeux pendant qu’il partageait la vie des hommes comme s’il était un homme ordinaire. Et pourtant, il était aussi par nature Dieu véritable ; c’est pourquoi il était en mesure de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux et entendre les sourds ; il a purifié les lépreux et, d’un seul mot, rappelé les morts à la vie.

    Et maintenant encore, il n’y a vraiment rien de plus doux que de fixer sur lui les yeux de notre esprit pour contempler et se représenter son inexprimable et divine beauté ; il n’y a rien de plus doux que d’être illuminés et embellis par cette participation et cette communion à la lumière, d’avoir le cœur adouci, l’âme sanctifiée, et d’être remplis d’une allégresse divine tous les jours de la vie présente. (…) En vérité, ce Soleil de justice est, pour ceux qui le regardent, le pourvoyeur de la joie, selon cette prophétie de David : « Les justes sont en fête devant la face de Dieu, ils débordent d’allégresse ! » Et encore : « Criez au Seigneur votre joie, hommes justes ; hommes droits, à vous la louange ! » (Ps 67,4 ; 33,1)

    Saint Grégoire d’Agrigente (v. 559-v. 594)

     

     

  • « Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole. »

    Jean Baptiste enseigne en paroles et en actes. Vrai maître, il montre par son exemple ce qu’affirme son langage. Le savoir fait le maître, mais c’est la conduite qui confère l’autorité. (…) Enseigner par les actes est la seule règle de celui qui veut instruire. L’instruction par les paroles, c’est le savoir ; mais quand elle passe dans les actes, c’est la vertu. Est donc authentique le savoir joint à la vertu : c’est elle, elle seule qui est divine et non humaine. (…)

    « En ces jours-là, survient Jean le Baptiste, proclamant dans le désert de Judée : ‘Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche’ » (Mt 3,1-2). « Convertissez-vous. » Pourquoi ne dit-il pas plutôt : « Réjouissez-vous » ? « Réjouissez-vous plutôt, parce que les réalités humaines cèdent la place aux réalités divines, les terrestres aux célestes, les temporaires aux éternelles, le mal au bien, l’incertitude à la sécurité, le chagrin au bonheur, les réalités périssables à celles qui demeureront toujours. Le Royaume des cieux est tout proche. Convertissez-vous. » Que ta conduite de converti soit évidente. Toi qui as préféré l’humain au divin, qui as voulu être esclave du monde plutôt que vainqueur du monde avec le Seigneur du monde, convertis-toi. Toi qui as fui la liberté que les vertus t’auraient procurée parce que tu as voulu subir le joug du péché, convertis-toi ; convertis-toi vraiment, toi qui, par peur de posséder la Vie, t’es livré à la mort.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

     

     

  • « Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ? »

    Les prophètes ont été envoyés avec Moïse pour guérir Israël ; mais ils soignaient dans les larmes, n’arrivant pas à dominer le mal, comme l’un d’eux l’a dit : « Malheur à moi ! Les hommes fidèles ont disparu de la terre » (Mi 7,1-2). (…) Grande était la blessure de l’humanité ; des pieds à la tête, pas une place saine, pas d’endroit où mettre bande, ni huile, ni pansement (Is 1,6). Les prophètes épuisés par les larmes disaient : « Qui donnera de Sion le remède sauveur ? » (Ps 13,7). (…) Et un autre prophète supplie en ces termes : « Seigneur, abaisse les cieux et descends » (Ps 143,5). Les blessures de l’humanité dépassent nos remèdes. Ils ont mis à mort les prophètes et ruiné tes autels (1R 19,10). Notre misère ne peut pas être guérie par nous ; c’est toi qu’il nous faut pour nous relever.

    Le Seigneur a exaucé la prière des prophètes. Le Père n’a pas méprisé notre race meurtrie ; il a envoyé du ciel son propre Fils comme médecin. « Il vient, le Seigneur que vous cherchez, et il va venir soudain » dit un prophète. Où ? « Dans son Temple » (Ml 3,1), là où vous avez lapidé son prophète (2Ch 24,21). (…) Dieu lui-même a dit encore : « Voici que je viens et j’habiterai au milieu de toi, et des peuples nombreux se réfugieront auprès du Seigneur » (Za 2,14-15). (…) Maintenant je viens rassembler tous les peuples de toutes les langues, car « il est venu chez lui et les siens ne l’ont pas reçu » (Jn 1,11).

    Tu viens ; et que donnes-tu aux nations ? « Je viens rassembler tous les peuples et je vais mettre chez eux un signe » (Is 66,18-19). En effet, à la suite de mon combat sur la croix, je donne à chacun de mes soldats de porter sur le front le sceau royal (Ap 7,3). Un autre prophète a dit : « Il a incliné les cieux et il est descendu, avec une nuée sous ses pieds » (Ps 17,10). Mais sa descente des cieux est demeurée inconnue des hommes.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

  • La voix de la grâce

    La conscience est la voix de Dieu. Dans la plupart des hommes, cette voix est ou méprisée, ou mal entendue, ou entièrement éteinte. Elle est méprisée en ceux qui ne veulent rien faire de ce qu’elle dit ; mal entendue en ceux qui lui font dire tout ce qu’ils veulent ; éteinte en ceux qui la méprisent sans en recevoir de reproche. Le dernier de ces états est sans doute le pire, puisqu’il est malaisé d’en sortir et que c’est un état désespéré. Mais les autres conduisent à celui-ci, et, à cela près qu’on en sort plus aisément que du dernier, on peut dire qu’ils sont pires. Le dernier est la peine des autres.

    On méprise cette voix, c’est le premier pas. Elle nous avertit du mal que nous avons fait, de celui que nous devons éviter, du bien que nous pouvons faire. Pour une fois que nous obéissons, combien de fois méprisons-nous cette voix ? Cependant c’est la voix de la raison, c’est la voix de l’homme, c’est notre propre jugement, c’est ce que nous estimons le plus raisonnable. Voilà pourquoi Dieu ne nous condamnera que sur le jugement que nous avons fait nous-mêmes de nous-mêmes. C’est la voix de la grâce. Cet avis, ce bon conseil que vous recevez dans le fond de votre cœur, c’est le prix du sang de Jésus Christ, c’est le germe de l’éternité, c’est la voix du Saint Esprit.

    Saint Claude la Colombière (1641-1682)