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  • Solennité du Christ, Roi de l’Univers

    Si les hommes venaient à reconnaître l’autorité royale du Christ dans leur vie privée et dans leur vie publique, des bienfaits incroyables — une juste liberté, l’ordre et la tranquillité, la concorde et la paix — se répandraient infailliblement sur la société tout entière. (…) Si les princes et les gouvernants légitimement choisis étaient persuadés qu’ils commandent bien moins en leur propre nom qu’au nom et à la place du divin Roi, il est évident qu’ils useraient de leur autorité avec toute la vertu et la sagesse possibles. Dans l’élaboration et l’application des lois, quelle attention ne donneraient-ils pas au bien commun et à la dignité humaine de leurs subordonnés ! (…)

    Alors les peuples goûteraient les bienfaits de la concorde et de la paix. Plus loin s’étend un royaume, plus il embrasse l’universalité du genre humain, plus aussi — c’est incontestable — les hommes prennent conscience du lien mutuel qui les unit. Cette conscience préviendrait et empêcherait la plupart des conflits ; en tout cas, elle adoucirait et atténuerait leur violence. Pourquoi donc, si le royaume du Christ s’étendait de fait comme il s’étend en droit à tous les hommes, pourquoi désespérer de cette paix que le Roi pacifique est venu apporter sur la terre ? Il est venu « tout réconcilier » (Col 1,20) ; « il n’est pas venu pour être servi, mais pour servir » (Mt 20,28). « Maître de toutes créatures » (Ep 1,10), il a donné lui-même l’exemple de l’humilité et a fait de l’humilité, jointe au précepte de la charité, sa loi principale. Il a dit encore : « Mon joug est doux à porter et le poids de mon autorité léger » (Mt 11,30).

    Pie XI

  • L’espérance de la résurrection

    Recherchons minutieusement dans les paroles du bienheureux Job si la résurrection sera véritable et si le corps sera véritable dans la résurrection. Voici, en effet, que nous ne pouvons plus mettre en doute son espérance de la résurrection puisqu’il dit : « Et je ressusciterai de la terre au dernier jour. » (Jb 19,25 Vg) Quant à l’hésitation sur la restauration véritable du corps, il l’a aussi écartée dans ces paroles : « Et je serai à nouveau revêtu de ma peau. » (Jb 19,26 Vg) Et pour écarter toute ambiguïté de notre pensée, il ajoute : « Et de ma chair je verrai Dieu. » (Ibid.) La résurrection, la peau et la chair, les voilà affirmées en termes exprès. Que reste-t-il donc qui puisse plonger notre esprit dans le doute ? (…)

    Nous, qui suivons la foi du bienheureux Job et qui croyons qu’après la résurrection le corps de notre Rédempteur était véritablement palpable, nous confessons que notre chair après la résurrection sera à la fois la même et différente, la même par sa nature et différente par sa gloire, la même en sa vérité et différente en sa puissance. Elle sera donc subtile, parce qu’elle sera aussi incorruptible. Elle sera palpable, parce qu’elle ne perdra pas l’essence de sa véritable nature.

    Mais avec quelle espérance le saint garde-t-il cette confiance en la résurrection, avec quelle certitude l’attend-il ? C’est ce qu’expriment ces paroles : « Cette espérance est en moi, serrée au fond de mon cœur » (Jb 19,27 Vg) Rien au monde n’est pour nous d’une fois plus sûre que ce que nous avons serré au fond de notre cœur. C’est donc au fond de son cœur que Job a tenu serrée son espérance en la résurrection.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

  • « L’Écriture dit :  » Ma maison s’appellera maison de prière pour toutes les nations.  » Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »

    Notre Seigneur est entré dans le Temple et il a mis dehors tous ceux qui achetaient et vendaient, en disant : « Ma maison sera une maison de prière. Mais vous, vous en avez fait un repaire de brigands ». Quel est ce temple devenu une caverne de brigands ? C’est l’âme et le corps de l’homme, qui sont bien plus réellement le temple de Dieu que tous les temples jamais édifiés (1Co 3,17 ;6,19).

    Quand Notre Seigneur veut venir dans ce temple-là, il le trouve changé en un repaire de brigands et un bazar de marchands. Qu’est-ce qu’un marchand ? Ce sont ceux qui donnent ce qu’ils ont – leur libre arbitre – pour ce qu’ils n’ont pas – les choses de ce monde. Le monde entier est plein de tels marchands ! Il y en a parmi les prêtres et les laïcs, parmi les religieux, les moines et les moniales… Tant de gens si pleins de leur propre volonté… ; tant de gens qui cherchent en tout leur propre intérêt. Si seulement, au contraire, ils voulaient faire un marché avec Dieu, en lui donnant leur volonté, quel heureux marché ils feraient !

     L’homme doit vouloir, doit poursuivre, doit chercher Dieu dans tout ce qu’il fait ; et quand il a fait tout cela – boire, dormir, manger, parler, écouter – qu’il laisse alors complètement les images des choses et fasse en sorte que son temple reste vide. Une fois le temple vidé, une fois que tu en auras chassé cette troupe de vendeurs, les imaginations qui l’encombrent, tu pourras être une maison de Dieu (Ep 2,19). Tu auras alors la paix et la joie du cœur, et plus rien ne te troublera, rien de ce qui maintenant t’inquiète et te déprime et te fait souffrir.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • « Si toi aussi, tu avais reconnu ce qui peut te donner la paix ! »

    « Que la paix règne en tes murs » (Ps 121,7). Ô Jérusalem, « cité bâtie comme une ville dont tous les habitants communient dans l’unité » (v. 3), paix en ta force, paix en ton amour ! Car ta force c’est ton amour. Ecoute le Cantique des cantiques : « L’amour est fort comme la mort » (8,6). Quelle parole admirable, frères ! … Qui résiste à la mort ? On résiste aux flammes, aux flots, au fer, on résiste aux tyrans et aux rois ; vienne la mort, qui peut lui résister ? Rien n’est plus fort qu’elle. L’amour seul peut se mesurer à sa force ; on peut dire que l’amour est fort comme la mort. Parce que l’amour tue ce que nous étions pour nous faire être ce que nous n’étions pas encore, il accomplit en nous une œuvre de mort. Saint Paul est mort de cette mort, lui qui disait : « Le monde est crucifié pour moi et je le suis pour le monde » (Ga 6,14), et de cette mort étaient morts ceux à qui il disait : « Vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3).

     L’amour est fort comme la mort… Que la paix soit donc dans ta force, Jérusalem ; que la paix soit dans ton amour. Et par cette force, par cet amour, par cette paix, « que l’abondance soit dans tes tours » (Ps 121,7), c’est-à-dire sur tes hauteurs… Profusion de délices, richesses sans nombre, voilà Dieu, lui qui est un ; voilà celui auquel communient tous les habitants de cette cité. C’est lui qui sera notre abondance en la ville de Jérusalem.

    Saint Augustin (354-430)

  • « Faites-les fructifier ! » : travail humain et Règne de Dieu

    En créant l’humanité, l’homme et la femme, Dieu leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la » (Gn 1, 28). C’est là pour ainsi dire le premier commandement de Dieu, attaché à l’ordre même de la création. Ainsi le travail humain répond à la volonté de Dieu. Quand nous disons : « Que ta volonté soit faite », rapprochons aussi ces paroles du travail qui remplit toutes les journées de notre vie. Nous nous rendons compte que nous nous accordons à cette volonté du Créateur lorsque notre travail et les relations humaines qu’il entraîne sont imprégnés des valeurs d’initiative, de courage, de confiance, de solidarité, qui sont autant de reflets de la ressemblance divine en nous…

    Le Créateur a investi l’homme du pouvoir de dominer la terre ; il lui demande ainsi de maîtriser par son propre travail le domaine qu’il lui confie, de mettre en œuvre toutes ses capacités afin de parvenir à l’heureux développement de sa propre personnalité et de la communauté entière. Par son travail, l’homme obéit à Dieu et répond à sa confiance. Cela n’est pas étranger à la demande du Notre Père : « Que ton Règne vienne ». L’homme agit pour que le plan de Dieu se réalise, conscient d’avoir été fait à la ressemblance de Dieu et donc d’avoir reçu de lui sa force, son intelligence, ses aptitudes à réaliser une communauté de vie par l’amour désintéressé qu’il porte à ses frères. Tout ce qui est positif et bon dans la vie de l’homme s’épanouit et rejoint son véritable but dans le Règne de Dieu. Vous avez bien choisi ce mot d’ordre : « Règne de Dieu, vie de l’homme », car la cause de Dieu et la cause de l’homme sont liées l’une à l’autre ; le monde progresse vers le Règne de Dieu grâce aux dons de Dieu qui permettent le dynamisme de l’homme. Autrement dit, prier pour que vienne le Règne de Dieu, c’est tendre de tout son être vers la réalité qui est la fin ultime du travail humain.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • « Le salut est arrivé ! »

    « S’il lâche les eaux, elles retourneront la terre. » (Jb 12,15 Vg) Que peut, en effet, représenter la terre, sinon le pécheur, sur qui a été porté ce jugement : « Tu es terre et tu deviendras terre » (Gn 3,19) ? Voilà pourquoi la terre demeure immobile quand le pécheur dédaigne d’obéir aux commandements du Seigneur, quand il redresse sa nuque orgueilleuse et qu’il ferme les yeux de son âme à la lumière de la Vérité.

    Mais il est écrit : « Ses pieds se sont arrêtés et la terre a été ébranlée » (Ha 3,6), parce que, si la vérité se fixe en un cœur, l’immobilité de l’âme est secouée ; aussi, que la grâce du Saint Esprit par un don d’en-haut se répande en elle avec la parole du prédicateur, voilà la terre retournée, parce que l’âme endurcie dans le péché perd l’entêtement de son immobilité, transformée au point de se soumettre alors en pleurant aux commandements du Seigneur tout autant qu’hier dans sa superbe elle redressait en face du Seigneur la nuque de son cœur. Il n’est que de voir la terre d’un cœur d’homme baignée des eaux de la grâce : elle supporte maintenant sans déplaisir les outrages qu’elle s’acharnait hier à infliger ; maintenant elle distribue ses propres biens, elle mortifie sa chair par l’abstinence, elle qui hier, rassasiée de chair, se laissait aller aux charmes mortels des turpitudes ; maintenant elle chérit même ceux qui l’aimaient.

    Ainsi, quand dans une âme d’homme le don divin a été répandu et qu’elle en vient à agir à l’encontre de ce qu’elle avait l’habitude de faire, la terre est retournée : vers le bas a été rejetée celle qui hier était en saillie et s’est élevée vers le haut la face qui hier s’enfonçait dans les profondeurs.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

  • « Prends pitié de moi. Accorde-moi la lumière ! »

    Nous savons l’amour que tu nous as donné, sans limite, inexprimable, que rien ne peut contenir ; il est lumière, lumière inaccessible, lumière qui agit en tout. (…) Que ne fait-elle pas, en effet, cette lumière, et que n’est-elle pas ? Elle est charme et joie, douceur et paix, miséricorde sans compter, abîme de compassion. Quand je la possède, je ne la remarque pas ; je la vois seulement lorsqu’elle s’en va ; je me précipite pour la saisir, et elle s’envole tout entière. Je ne sais que faire et j’épuise mes forces. J’apprends à demander et à chercher avec larmes en grande humilité, et à ne pas considérer comme possible ce qui dépasse la nature, ni comme l’effet de ma puissance ou de l’effort humain, ce qui vient de la compassion de Dieu et de sa miséricorde infinie. (…)

    Cette lumière nous conduit par la main, nous fortifie, nous enseigne, se montrant et puis fuyant lorsque nous avons besoin d’elle. Ce n’est pas quand nous le voulons ; ceci appartient aux parfaits ; mais c’est lorsque nous sommes dans l’embarras et complètement épuisés qu’elle vient à notre secours. Elle apparaît de loin et me donne de la ressentir dans mon cœur. Je crie à m’en étrangler tant je veux la saisir, mais tout est nuit, et vides sont mes pauvres mains. J’oublie tout, je m’assieds et je pleure, désespérant de la voir ainsi une autre fois. Quand j’ai bien pleuré et consenti à m’arrêter, alors, venue mystérieusement, elle me prend la tête, et je fonds en larmes sans savoir qui est là illuminant mon esprit d’une très douce lumière.   

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022) 

  • N’ayez de crainte que pour le Dieu vivant !

    « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur » (Ph 4,4). Et pourquoi, en effet, n’êtes-vous pas remplis de joie et ne marchez-vous pas dans l’allégresse, puisque vous avez été jugés dignes d’être attirés en cet état évangélique par l’appel qui discerne et qui prédestine (cf. Rm 8,29-30), appel du Dieu qui gouverne toutes choses par sa sagesse ?

    Et maintenant que par l’élévation de votre genre de vie vous voilà comme sur un promontoire, jetez vos regards sur la vie misérable et rampante des hommes : elle est comme ballottée par la mer, projetée ici et là par le mouvement incertain des affaires. En vérité, rien ne dure, rien ne demeure dans le même état, vous le voyez bien ; mais même les rois passent, les princes tombent, les puissants maîtres de la terre meurent comme de simples mortel (cf. Ps 81,7) ; et ceux qui ont été mariés quelque temps se séparent, qu’ils abandonnent leur conjoint ou qu’ils en soient abandonnés. La beauté est bientôt flétrie, la jeunesse est éphémère, le plaisir est fugace ; la richesse se dissipe et toue possession, comme le rêve d’une ombre, s’éloigne de ceux qui pensent la retenir. On ne trouve que lamentation et deuil dans l’adversité et le revers des mortels. (…) Et presque personne ne lutte pour ce qui est stable et durable (…). Mais vous mes frères, oh ! Comment et où avez-vous été appelés, et comment êtes-vous montés sur la montagne du Seigneur (cf. Ps 23,3) ? Comment contemplez-vous les merveilles de la vie céleste ? (…)

    Plaise donc au Dieu qui vous a fait monter jusqu’à ce promontoire, de vous rendre forts et de vous affermir pour que vous fassiez toujours de qui lui plaît dans la sainteté et la justice (cf. Lc 1,75) (…). N’ayez donc de crainte que pour le Dieu vivant (cf. Lc 12,5 ; Ap 14,7), mes enfants !

    Saint Théodore le Studite (759-826)

  • Seigneur et Maître, écoute nos prières !

    Dans la prière et la supplication, nous demanderons que celui qui ordonne toutes choses conserve intact, et de par le monde entier, le nombre compté de ses élus, par son Fils bien-aimé Jésus Christ : en lui, il nous a appelés des ténèbres à la lumière, de l’ignorance à la connaissance de sa gloire, pour que nous espérions, Seigneur, en ton nom, car il est le fondement de toute la création. (…)

    Par tes œuvres, tu as manifesté l’éternelle ordonnance du monde, Seigneur, Créateur de l’univers. Tu demeures le même, à travers toutes les générations : juste dans tes jugements, admirable dans ta force et ta magnificence, plein de sagesse quand tu crées, avisé pour affermir tout être dans l’existence, toi qui manifestes ta bonté envers toutes choses visibles, ta fidélité envers ceux qui se fient en toi, toi le miséricordieux, le compatissant.

    Remets-nous nos transgressions, nos erreurs, nos chutes, nos faiblesses. Ne porte pas en compte les péchés de tes serviteurs et de tes servantes, mais purifie-nous par le bain de ta vérité, et dirige nos pas, pour que nous marchions dans la sainteté du cœur, que nous fassions ce qui est bon et agréable à tes yeux comme aux yeux de nos gouvernants.

    Oui, Maître, fais briller sur nous ton visage, pour nous accorder tout bien, dans la paix, pour nous protéger par ta main puissante, nous arracher de tout mal par la force de ton bras et nous soustraire à la haine injuste de nos ennemis. À nous comme à tous les habitants de la terre, Seigneur, donne la concorde et la paix, comme tu l’as fait jadis pour nos pères lorsqu’ils t’invoquaient pieusement, en toute confiance et droiture de cœur.

    Saint Clément de Rome

  • « Comme dans les jours de Noé »

    Le sage Noé s’embarqua dans l’arche sur l’ordre de Dieu, avec ses fils et leurs femmes. Sans cesser de gémir, ce serviteur priait ainsi : « Ne me fais pas périr avec les pécheurs, mon Sauveur, car je vois déjà le chaos s’emparer de la création et les éléments sont ébranlés par la peur. (…) Sur ces mots, Dieu ferma l’arche et la scella, pendant que son fidèle criait : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers ».

    Du haut du ciel le juge alors donne un ordre ; aussitôt s’ouvrent les écluses, précipitant pluies, torrents d’eau et grêle, d’un bout du monde à l’autre. (…)Tel fut l’effet de la colère de Dieu, parce que les humains avaient persévéré dans leur endurcissement et ne s’étaient pas empressés de lui crier avec foi : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers ». (…)

    Le Créateur aime voir ceux qu’il a faits à son image ; c’est pourquoi il met à part ses saints pour les sauver. Noé ouvrit, observa le ciel et s’exclama : « Pas d’abattement, prenez courage ! ». Aussitôt le saint (…) lâche la colombe et elle revient vers le soir avec un rameau d’olivier dans le bec, qui annonçait symboliquement la miséricorde de Dieu. Alors Noé sort de l’arche, comme de sa tombe (…) en disant : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers ».

    Mortes sont la corruption et l’iniquité ; l’homme au cœur droit triomphe par sa foi, car il a trouvé grâce. Alors le juste offrit au Seigneur un sacrifice sans tache avec forte supplication. Le Créateur en respira l’agréable parfum et déclara : « Jamais plus l’univers ne périra dans un déluge, même si tous les hommes mènent une vie mauvaise. Aujourd’hui je conclus avec eux une alliance irrévocable. Je montre mon arc à tous les habitants de la terre pour leur servir de signe, afin qu’ils m’invoquent ainsi : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers ».

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)