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  • « Il a jeté les yeux sur l’humilité de sa servante » (Lc 1,48)

    La conception de notre Seigneur a été figurée par le buisson ardent qui brûlait sans perdre sa verdeur (Ex 3,2), comme Marie a conçu son divin fils sans perdre sa virginité. Le Seigneur, qui demeurait dans ce buisson ardent, a habité aussi dans le sein de Marie. De même qu’il était descendu dans ce buisson pour délivrer son peuple en le tirant de l’Égypte, de même il est descendu en Marie pour racheter les hommes, en les arrachant à l’enfer.

    Le choix que Dieu a fait de Marie parmi toutes les femmes pour se revêtir de notre chair, a été figuré par la toison de Gédéon (Jg 6,36s). En effet, de même que cette toison a reçu seule la rosée céleste pendant que toutes les terres voisines restaient sèches, de même aussi Marie seule a été remplie de cette rosée divine dont aucune autre créature n’a été trouvée digne dans le monde entier… La Vierge Marie est cette toison dont Jésus Christ s’est formé une tunique. La toison de Gédéon a reçu la rosée du ciel sans qu’elle soit endommagée, et Marie a conçu l’Homme-Dieu sans que sa virginité soit altérée…

    Ô Jésus, Fils du Dieu vivant, toi qui, par la volonté du Père céleste et avec la coopération de l’Esprit Saint, es sorti du sein de ton Père comme le fleuve sourd hors du Paradis de délices, toi qui, visitant les profondeurs de nos vallées et regardant l’humilité de ta servante, es descendu dans le sein d’une vierge où, par une conception ineffable, tu as revêtu ta chair mortelle. Je te supplie, Jésus miséricordieux, par les mérites de cette Vierge ta mère, de répandre ta grâce sur moi, serviteur très indigne, afin que je te désire ardemment, que par cet amour, je te conçoive en mon cœur, et qu’avec le secours de cette même grâce, je produis les fruits salutaires des bonnes œuvres. Amen.

    Ludolphe de Saxe (v. 1300-1378)

  • Saint Joseph, modèle d’écoute

    Le silence de saint Joseph est un silence empreint de contemplation du mystère de Dieu, dans une attitude de disponibilité totale aux volontés divines. En d’autres termes, le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de foi qu’il porte dans son cœur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l’unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Saintes Écritures, en les confrontant en permanence avec les événements de la vie de Jésus ; un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d’adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence.

    Laissons-nous « contaminer » par le silence de saint Joseph ! Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l’écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur, pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie.

    Benoît XVI

  • «Je te salue, Comblée-de-grâce…»

    Comment parler ? Quel éloge pourrais-je faire de la Vierge glorieuse et sainte ? Elle surpasse tous les êtres, Dieu seul excepté ; par nature, elle est plus belle que les chérubins, les séraphins et toute l’armée des anges. Ni la langue du ciel, ni celle de la terre, ni même celle des anges ne suffiraient à la louer. Bienheureuse Vierge, colombe pure, épouse céleste…, temple et trône de la divinité ! Le Christ, soleil resplendissant au ciel et sur terre est à toi. Tu es la nuée lumineuse qui a fait descendre le Christ, lui l’éclair étincelant qui illumine le monde.

    Réjouis-toi, comblée de grâce, porte des cieux ; c’est de toi que parle l’auteur du Cantique des Cantiques…quand il s’exclame : « Tu es un jardin clos, ma sœur, mon épouse, un jardin fermé, une source scellée » (4,12)… Sainte Mère de Dieu, brebis immaculée, tu as mis au monde l’Agneau, le Christ, le Verbe incarné en toi… Quelle merveille étonnante dans les cieux : une femme, revêtue du soleil (Ap 12,1), portant en ses bras la lumière !… Quelle merveille étonnante dans les cieux : le Seigneur des anges, devenu petit enfant de la Vierge. Les anges accusaient Ève ; maintenant ils comblent Marie de gloire car elle a relevé Ève de sa chute et fait entrer aux cieux Adam chassé du Paradis…

     Immense est la grâce donnée à cette Vierge sainte. C’est pourquoi Gabriel lui adresse d’abord ce salut : « Réjouis-toi, comblée de grâce », resplendissante comme le ciel. « Réjouis-toi, comblée de grâce », Vierge ornée de vertus sans nombre… « Réjouis-toi, comblée de grâce », tu désaltères les assoiffés à la douceur de la source éternelle. Réjouis-toi, sainte Mère immaculée ; tu as engendré le Christ qui te précède. Réjouis-toi, pourpre royale ; tu as revêtu le roi du ciel et de la terre. Réjouis-toi, livre scellé ; tu as donné au monde de lire le Verbe, le Fils du Père.

    Saint Épiphane de Salamine (? – 403)

  • « Voici que tu devras garder le silence. »

    À Noël nous fêtons une triple naissance… La première et la plus sublime naissance est celle du Fils unique engendré par le Père céleste dans l’essence divine, dans la distinction des personnes. La seconde naissance est celle qui s’accomplit par une mère qui dans sa fécondité a gardé la pureté absolue de sa chasteté virginale. La troisième est celle par laquelle Dieu, tous les jours et à toute heure, naît en vérité, spirituellement, par la grâce et l’amour, dans une bonne âme…

    Pour cette troisième naissance, il ne doit rester en nous qu’une recherche simple et pure de Dieu sans plus aucun désir d’avoir quoi que ce soit qui nous soit propre…, avec la seule volonté d’être à lui, de lui faire place de la façon la plus élevée, la plus intime avec lui, pour qu’il puisse accomplir son œuvre et naître en nous sans que nous y mettions d’obstacle… C’est pourquoi saint Augustin nous dit : « Vide-toi pour que tu puisses être rempli ; sors afin de pouvoir entrer », et ailleurs : « Âme noble, noble créature, pourquoi cherches-tu en dehors de toi ce qui est en toi, tout entier, de la façon la plus vraie et la plus manifeste ? Et puisque tu participes à la nature divine, que t’importent les choses créées et qu’as-tu donc à faire avec elles ? » Si l’homme préparait ainsi la place au fond de lui-même, Dieu, sans aucun doute, serait obligé de le remplir et complètement ; sinon, le ciel se romprait plutôt pour remplir ce vide. Dieu ne peut pas laisser les choses vides ; ce serait contraire à sa nature, à sa justice.

    C’est pourquoi tu dois te taire ; alors le Verbe de cette naissance, la Parole de Dieu, pourra être prononcé en toi et tu pourras l’entendre. Mais comprends bien que si tu veux parler, lui doit se taire. On ne peut mieux servir le Verbe qu’en se taisant et en écoutant. Si donc tu sors complètement de toi-même, Dieu entrera tout entier ; autant tu sors, autant il entre, ni plus ni moins. 

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • « Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit. »

    Au début de son pèlerinage de foi, la foi de Marie rencontre la foi de Joseph. Si Élisabeth a dit de la Mère du Rédempteur : « Bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1,45), on peut en un sens attribuer aussi cette béatitude à Joseph, car il a répondu affirmativement à la Parole de Dieu quand elle lui a été transmise en ce moment décisif. Joseph, il est vrai, n’a pas répondu à l’annonce de l’ange comme Marie, mais il « fit ce que l’Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse ». Ce qu’il a fait est pure « obéissance de la foi » (Rm 1,5).

    On peut dire que ce qu’a fait Joseph l’unit d’une manière toute spéciale à la foi de Marie ; il a accepté comme une vérité venant de Dieu ce qu’elle avait déjà accepté lors de l’Annonciation. Le Concile Vatican II dit : « À Dieu qui révèle est due l’obéissance de la foi par laquelle l’homme s’en remet tout entier et librement à Dieu dans un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait » (Dei Verbum, 5). Cette phrase, qui touche à l’essence même de la foi, s’applique parfaitement à Joseph de Nazareth.

    Il est devenu donc d’une façon singulière le dépositaire du mystère « tenu caché depuis les siècles en Dieu » (Ep 3,9), de même que Marie l’est devenue en ce moment décisif appelé par l’apôtre Paul « la plénitude du temps », lorsque « Dieu envoya son Fils, né d’une femme… afin de racheter les sujets de la Loi, pour leur conférer l’adoption filiale » (Ga 4,4-5)… Joseph est, avec Marie, le premier dépositaire de ce mystère divin… En ayant devant les yeux le texte des deux évangélistes Matthieu et Luc, on peut dire également que Joseph est le premier à participer à la foi de la Mère de Dieu et qu’ainsi il soutient son épouse dans la foi à l’Annonciation divine ; il est placé le premier par Dieu sur le chemin du pèlerinage de foi de Marie… Le chemin personnel de Joseph, son pèlerinage de foi, se conclura le premier… ; cependant, le chemin de foi de Joseph suit la même direction.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • « Voici le livre de la genèse de Jésus Christ »

     Il n’y a qu’un seul Dieu, qui par son Verbe, sa Parole, sa Sagesse, a fait et harmonisé toutes choses. Lui le Créateur, il a donné ce monde au genre humain… Selon sa grandeur, il est inconnu de tous les êtres faits par lui, car personne n’a scruté son origine… Cependant, selon son amour, il est connu de tous temps grâce à celui par qui il a créé toutes choses (Rm 1,20) ; celui-ci n’est autre que son Verbe, notre Seigneur Jésus Christ, qui, dans les derniers temps, s’est fait homme parmi les hommes afin de rattacher la fin au commencement, c’est-à-dire l’homme à Dieu.

    Voilà pourquoi les prophètes, après avoir reçu de cette même Parole le don de la prophétie, ont prêché à l’avance sa venue selon la chair, par laquelle la communion de Dieu et de l’homme a été réalisée selon le bon plaisir du Père. Dès le commencement, en effet, le Verbe a annoncé que Dieu serait vu des hommes, qu’il vivrait et converserait avec eux sur la terre (Ba 3,38), et qu’il se rendrait présent à l’ouvrage qu’il avait modelé, pour le sauver… Les prophètes annonçaient donc d’avance que Dieu serait vu des hommes, conformément à ce que dit aussi le Seigneur : « Bienheureux les cœurs purs, parce qu’ils verront Dieu » (Mt 5,8). Certes, selon sa grandeur et sa gloire inexprimable, « nul homme ne peut voir Dieu et vivre » (Ex 33,20), car le Père est insaisissable. Mais selon son amour, sa bonté envers les hommes et sa toute-puissance, il va jusqu’à accorder à ceux qui l’aiment le privilège de voir Dieu… car « ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu » (Lc 18,27).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

  • La volonté de Dieu est vie

    Le premier degré de la contemplation, mes bien-aimés, c’est que sans cesse nous considérions ce que veut le Seigneur, ce qui lui plaît, ce qui lui est agréable. En beaucoup de choses nous l’offensons tous, notre manque de simplicité heurte la droiture de sa volonté, et cela nous empêche de nous unir, de nous attacher à lui. Humilions-nous donc sous la main puissante du Dieu très haut et hâtons-nous d’exposer toute notre misère devant les yeux de sa miséricorde en disant : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi et je serai sauvé » (Jr 17,14), et encore : « Prends pitié de moi, Seigneur, guéris mon âme, car j’ai péché contre toi » (Ps 40,5).

    Lorsque l’œil du cœur est purifié par ce genre de pensées, nous ne vivons plus le cœur plein d’amertume mais dans les délices qui se trouvent en l’Esprit de Dieu. Déjà nous ne considérons plus quelle est la volonté de Dieu sur nous, mais quelle est cette volonté en elle-même. Or Dieu veut la vie, et rien absolument n’est plus utile et plus avantageux que de s’accorder à sa volonté. Et c’est pourquoi l’empressement que nous mettons à vouloir conserver notre vie, mettons-le aussi, dans la mesure du possible, à ne point dévier du chemin y mène.

    Saint Bernard (1091-1153)

  • « Par quelle autorité fais-tu cela ? »

    Il est bien au Père, ce Fils qui lui ressemble. Il vient de lui, ce Fils qu’on peut lui comparer, car il lui est semblable. Il est son égal, ce Fils qui accomplit les mêmes œuvres que lui (Jn 5,19)… Oui, le Fils accomplit les œuvres du Père ; c’est pourquoi il nous demande de croire qu’il est le Fils de Dieu. Il ne s’arroge pas là un titre qui ne lui serait pas dû ; ce n’est pas sur ses propres œuvres qu’il appuie sa revendication. Non ! Il rend témoignage que ce ne sont pas ses propres œuvres, mais celles de son Père. Et il atteste ainsi que l’éclat de ses actions lui vient de sa naissance divine. Mais comment les hommes auraient-ils pu reconnaître en lui le Fils de Dieu, dans le mystère de ce corps qu’il avait assumé, dans cet homme né de Marie ? C’est pour faire pénétrer en leur cœur la foi en lui que le Seigneur accomplissait toutes ces œuvres : « Si j’accomplis les œuvres de mon Père, alors, même si vous ne voulez pas croire en moi, croyez au moins mes œuvres » (Jn 10,38)…

    Si l’humilité de son corps semble un obstacle pour croire en sa parole, il nous demande de croire au moins en ses œuvres. En effet, pourquoi le mystère de sa naissance humaine nous empêcherait-il de percevoir sa naissance divine ? … « Si vous ne voulez pas croire en moi, croyez en mes œuvres, pour savoir et reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le Père »…

    Telle est la nature qu’il possède par naissance ; tel est le mystère d’une foi qui nous assurera le salut   : ne pas diviser ceux qui sont un, ne pas priver le Fils de sa nature, et proclamer la vérité du Dieu Vivant né du Dieu Vivant… « Comme le Père qui m’a envoyé est vivant, de même, moi, je vis par le Père » (Jn 6,57)… « Comme le Père a la vie en lui-même, de même il a donné au Fils d’avoir aussi en lui-même la vie » (Jn 5,26).

    Saint Hilaire (v. 315-367)

  • « Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

     « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.

    En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

    Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

  • « Il marchera devant le Seigneur avec l’esprit et la puissance d’Elie. » (Lc 1,17)

    « Pourquoi donc les scribes, c’est-à-dire les docteurs de la Loi, disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne d’abord ? » Le Seigneur leur répond : « Élie est déjà venu, et ils lui ont fait souffrir tout ce qu’ils ont voulu, et si vous voulez le comprendre, c’est Jean le Baptiste. » Ainsi notre Seigneur Jésus Christ dit expressément : « Élie est déjà venu » et qu’il s’agit de Jean Baptiste. Mais quand on interroge Jean, il déclare qu’il n’est pas plus Élie qu’il n’est le Christ (Jn 1,20s)… Pourquoi donc affirme-t-il : « Je ne suis pas Élie » tandis que le Seigneur dit à ses disciples qu’il est Élie ? Notre Seigneur voulait parler symboliquement de son avènement à venir et dire que Jean était venu dans l’esprit d’Élie. Ce que Jean a été pour le premier avènement, Élie le sera pour le second. Il y a deux avènements pour le Juge, il y a aussi deux précurseurs. Le juge est le même dans les deux avènements, mais il y a deux précurseurs… Le juge devait d’abord venir pour être jugé ; il a envoyé devant lui un premier précurseur, et il l’a appelé Élie, parce qu’Élie sera pour le second avènement ce que Jean a été pour le premier.

    Considérez, frères bien-aimés, combien cette explication est fondée sur la vérité. Au moment où Jean a été conçu…le Saint Esprit avait fait cette prédiction qui devait s’accomplir en lui : « Il sera le précurseur du Très-Haut, dans l’esprit et la puissance d’Élie » (Lc 1,17)… Qui pourra comprendre ces choses ? Celui qui aura imité l’humilité du précurseur et connu la majesté du juge. Personne n’a été plus humble que ce saint précurseur. Cette humilité de Jean constitue son plus grand mérite ; il aurait pu tromper les hommes, passer pour le Christ, être regardé comme le Christ, tant était grandes sa grâce et sa vertu, et cependant il déclare ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. —Es-tu Élie ? —Je ne suis pas Élie. »

    Saint Augustin (354-430)