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  • Fête de saint Marc, évangéliste

    Le Seigneur de toutes choses a donné à ses apôtres le pouvoir de proclamer l’Évangile. Et c’est par eux que nous avons connu la vérité, c’est-à-dire l’enseignement du Fils de Dieu. C’est à eux que le Seigneur a dit : « Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette et rejette celui qui m’a envoyé » (Lc 10,16). Car nous n’avons pas connu le plan de notre salut par d’autres que par ceux qui nous ont fait parvenir l’Évangile.

    Cet Évangile, ils l’ont d’abord prêché. Puis, par la volonté de Dieu, ils nous l’ont transmis dans des Écritures pour qu’il devienne « le pilier et le soutien » de notre foi (1Tm 3,15). Il n’est pas permis de dire qu’ils ont prêché avant d’avoir obtenu la connaissance parfaite, comme osent le prétendre certains, qui se targuent d’être les correcteurs des apôtres. En effet, après que notre Seigneur est ressuscité d’entre les morts et que les apôtres ont été « revêtus de la force d’en-haut » (Lc 24,49) par la venue de l’Esprit Saint, ils ont été remplis de certitude au sujet de tout et ils ont possédé la connaissance parfaite. Alors, ils s’en allèrent « jusqu’aux extrémités de la terre », (Ps 18,5 ;Rm 10,18) proclamant la Bonne Nouvelle des biens qui nous viennent de Dieu et annonçant aux hommes la paix du Ciel. Ils possédaient, tous ensemble et chacun en particulier, l’« Évangile de Dieu ».

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

     

     

  • À la recherche de Jésus

    Au sujet de la question : « Qu’est-ce que Dieu ? », tous les maîtres qui ont jamais existé n’ont pas pu l’expliquer, car il est au-dessus de toute pensée et de tout intellect. Et cependant, un homme zélé qui cherche avec application quelque connaissance de Dieu y parvient, quoique de façon très éloignée. (…) C’est ainsi que quelques maîtres païens vertueux l’ont cherché autrefois, en particulier le sage Aristote. Il a scruté le cours de la nature (…) ; il a cherché avec ardeur et il a trouvé. Il a déduit de la nature qu’il devait nécessairement y avoir un unique souverain, seigneur de toutes les créatures, et c’est ce que nous nommons Dieu. (…)

    L’être de Dieu est une substance tellement spirituelle que l’œil mortel ne peut pas la contempler en elle-même, mais on peut la voir dans ses œuvres ; comme le dit saint Paul, les créatures sont un miroir qui reflète Dieu (Rm 1,20). Demeurons là un instant (…) ; regarde au-dessus de toi et autour de toi, comme le ciel est vaste et haut dans sa course rapide, avec quelle noblesse son Maître l’a paré de sept planètes, et comme il est orné par la foule innombrable des étoiles. Quand le soleil brille joyeusement et sans nuage l’été, que de fruits, que de bienfaits il apporte à la terre ! Comme les prés sont d’un beau vert, comme les fleurs sont riantes, comme le doux chant des petits oiseaux retentit dans la forêt et les campagnes, et tous les animaux qui s’étaient cachés pendant le dur hiver se pressent au dehors et se réjouissent ; comme, parmi les hommes, jeunes et vieux se montrent joyeux de cette joie qui leur apporte tant de bonheur. Ô Dieu tendre, si tu es tellement digne d’être aimé dans tes créatures, comme tu dois être beau et digne d’être aimé en toi-même !

    Bienheureux Henri Suso (v. 1295-1366)

     

     

     

  • « N’oubliez pas l’hospitalité. »

    Deux disciples faisaient route ensemble. Ils ne croyaient pas, et cependant ils parlaient du Seigneur. Soudain celui-ci est apparu, mais sous des traits qu’ils n’ont pas pu reconnaître. (…) Ils l’invitent à partager leur gîte, comme on le fait avec un voyageur. (…) Ils apprêtent donc la table, ils présentent la nourriture, et Dieu, qu’ils n’avaient pas reconnu dans l’explication de l’Écriture, ils le découvrent dans la fraction du pain. Ce n’est donc pas en écoutant les préceptes de Dieu qu’ils ont été illuminés, mais en les accomplissant : « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la Loi qui seront justes devant Dieu, mais ceux qui mettent la Loi en pratique qui seront justifiés » (Rm 2,13). Si quelqu’un veut comprendre ce qu’il a entendu, qu’il se hâte de mettre en pratique ce qu’il en a déjà pu saisir. Le Seigneur n’a pas été reconnu pendant qu’il parlait ; il a daigné se manifester lorsqu’on lui a offert à manger.

    Aimons donc l’hospitalité, frères très chers ; aimons pratiquer la charité. Paul affirme à ce sujet : « Persévérez dans la charité fraternelle. N’oubliez pas l’hospitalité, car c’est grâce à elle que quelques-uns, à leur insu, ont reçu chez eux des anges » (He 13,1 ;Gn 18,1s). Pierre dit aussi : « Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres, sans murmurer » (1P 4,9). Et la Vérité elle-même nous déclare : « J’étais un étranger, et vous m’avez recueilli » (…) « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, nous dira le Seigneur au jour du jugement, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,35.40). (…) Et malgré cela, nous sommes si paresseux devant la grâce de l’hospitalité ! Mesurons, mes frères, la grandeur de cette vertu. Recevons le Christ à notre table, afin de pouvoir être reçus à son festin éternel. Donnons maintenant l’hospitalité au Christ présent dans l’étranger, afin qu’au jugement nous ne soyons pas comme des étrangers qu’il ne connaît pas (Lc 13,25), mais nous reçoive comme des frères dans son Royaume.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • « Aussitôt, la barque atteignit le rivage. »

    Prions le Verbe, la Parole de Dieu : Sois propice à tes petits enfants, Maître, Père, guide d’Israël, Fils et Père, un et deux à la fois, Seigneur ! Donne-nous, puisque nous suivons tes commandements, de parvenir à la pleine ressemblance de l’image (Gn 1,26), de comprendre selon nos forces le Dieu de bonté, le juge sans dureté. Accorde-nous tout toi-même : de vivre dans ta paix, d’être transportés dans ta cité, de traverser sans sombrer les tempêtes du péché ; d’être emportés sur des eaux paisibles par le Saint-Esprit, par la Sagesse inexprimable. Accorde-nous de dire la nuit, le jour, jusqu’au dernier jour, nos louanges et nos actions de grâces à l’Unique — Père et Fils, Fils et Père, Fils, Pédagogue (1Co 4,15) et Maître et en même temps au Saint-Esprit.

    Tout est à l’Unique, en qui est le tout, par qui tout est un, par qui est l’éternité, de qui nous sommes tous membres (1Co 12,27). À lui sont la gloire et les siècles ; tout au Bon, tout au Beau, tout au Sage, tout au Juste ! À lui la gloire maintenant et dans les siècles, amen !

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215)

     

     

  • « Jésus prit les pains, rendit grâce, et les leur donna. »

    La dimension la plus évidente de l’Eucharistie est sans aucun doute celle du repas. L’Eucharistie est née au soir du Jeudi saint, dans le contexte du repas pascal. Elle porte donc, inscrit dans sa structure même, le sens de la convivialité : « Prenez, mangez … Puis, prenant la coupe, … il la leur donna, en disant : Buvez-en tous… » (Mt 26,26.27). Cet aspect exprime bien la relation de communion que Dieu veut établir avec nous et que nous devons nous-mêmes développer les uns avec les autres.

    On ne peut toutefois oublier que le repas eucharistique a aussi, et c’est primordial, un sens profondément et avant tout sacrificiel. Le Christ nous y présente à nouveau le sacrifice accompli une fois pour toutes sur le Golgotha. Tout en y étant présent comme Ressuscité, il porte les signes de sa Passion, dont chaque messe est le « mémorial », ainsi que nous le rappelle la liturgie dans l’acclamation après la consécration : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection… ». En même temps, tandis qu’elle rend présent le passé, l’Eucharistie nous tourne vers l’avenir de l’ultime retour du Christ, à la fin des temps. Cet aspect « eschatologique » donne au sacrement eucharistique une dynamique qui met en marche et qui donne au cheminement chrétien le souffle de l’espérance.

    Toutes ces dimensions de l’Eucharistie se rejoignent dans un aspect qui, plus que tous les autres, met notre foi à l’épreuve, à savoir celui du mystère de la présence « réelle ». Avec toute la tradition de l’Église, nous croyons que, sous les espèces eucharistiques, Jésus est réellement présent. (…) C’est sa présence même qui donne à toutes les autres dimensions – repas, mémorial de la Pâque, anticipation eschatologique – une signification qui va bien au-delà d’un pur symbolisme. L’Eucharistie est mystère de présence, par lequel se réalise de manière éminente la promesse de Jésus de rester avec nous jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20).

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

     

  • Nous avons reçu la promesse indéfectible de la vie éternelle

    La vie subsistante et vraie, c’est le Père qui, par le fils et en l’Esprit Saint, déverse sur tous sans exception les dons célestes. Grâce à sa miséricorde, nous aussi, hommes, nous avons reçu la promesse indéfectible de la vie éternelle. Et il ne faut pas refuser de croire, « car tout est possible à Dieu » (Mt 19,26). (…)

    Les preuves de la vie éternelle foisonnent. À notre désir de l’acquérir, les divines Écritures indiquent les méthodes pour y arriver. Tout d’abord, il arrive aux Écritures d’enseigner qu’on l’obtient par la foi, car il est écrit : « Celui qui croit dans le Fils a la vie éternelle » (Jn 3,36) (…). Ailleurs, elle indique le martyre et la confession dans le Christ, quand elle dit : « Et qui hait sa vie en ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jn 12,25). Elle dit encore que la vie éternelle s’acquiert en mettant le Christ avant les richesses et la parenté : « Et quiconque a quitté frères ou sœurs, etc. aura la vie éternelle en partage » (Mt 19,29). Ou encore que c’est par l’observation des commandements : « Tu ne seras pas adultère, tu ne tueras pas, … » (Mt 19,18) ; c’est ce que Jésus répondit à cet interlocuteur qui lui disait : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? » (Mt 19,16). Encore, c’est évident, en se tenant à l’écart des œuvres mauvaises et en servant Dieu, car Paul dit : « Maintenant, délivrés du péché et devenus les serviteurs de Dieu, vous recueillez votre fruit sous forme de sanctification, et, finalement, la vie éternelle » (Rm 6,22).

    La recherche de la vie éternelle comporte tant d’aspects qu’à cause de leur grand nombre, je l’ai laissée de côté. En effet, le Seigneur miséricordieux, a ouvert, non pas une porte unique, non pas une deuxième porte, mais de nombreuses portes pour entrer dans la vie éternelle, afin que tous, chacun autant qu’il dépend de lui, en profitent sans difficulté.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Unissez-vous à l’arbre de la Croix !

    C’est la charité qui a porté Dieu à nous tirer de lui-même, c’est-à-dire de son infinie sagesse, pour que nous soyons heureux, et que nous participions à son bonheur suprême. C’est ce lien qui, lorsque l’homme eut perdu la grâce par son péché, unit et lia Dieu à la nature humaine et le greffa sur nous. Car la vie a été greffée sur la mort ; nous étions morts, et son union nous a donné la vie.

    Dès que Dieu fut ainsi greffé sur l’homme, l’Homme-Dieu courut, tout embrasé d’amour, a la mort ignominieuse de la Croix. C’est sur cet arbre que voulut être greffé le Verbe incarné, et il a été attaché sur la Croix par l’amour et non par des clous qui n’auraient pas suffi à retenir l’Homme-Dieu. Le doux Maître est monté sur ce siège pour nous enseigner la doctrine de la vérité ; et l’âme qui la suit ne peut tomber dans les ténèbres. (…)

    Ne dormez donc plus, mon Père, car vous êtes une colonne faible par vous-même ; mais unissez-vous à l’arbre de la Croix ; liez-vous par l’amour, par une charité ineffable et sans bornes avec l’Agneau immolé qui verse son sang de toutes les parties de son corps. Que nos cœurs se brisent ; plus de dureté, plus de négligence, car le temps ne dort pas, mais il poursuit son cours. Demeurons avec Dieu par l’amour et le saint désir, et nous n’aurons plus rien à craindre.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • « Afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

    Mon Seigneur et mon Dieu,
    tu m’as guidée sur un long chemin obscur, pierreux et dur.

    Mes forces semblaient souvent vouloir m’abandonner,
    je n’espérais presque plus voir un jour la lumière.
    Mon cœur se pétrifiait dans une souffrance profonde
    quand la clarté d’une douce étoile se leva à mes yeux.

    Fidèle, elle me guida et je la suivis
    d’un pas d’abord timide, plus assuré ensuite.
    J’arrivai enfin devant la porte de l’Église.
    Elle s’ouvrit. Je demandai à entrer.

    Ta bénédiction m’accueille par la bouche de ton prêtre.
    À l’intérieur des étoiles se succèdent,
    des étoiles de fleurs rouges qui me montrent le chemin jusqu’à toi…
    Et ta bonté permet qu’elles m’éclairent dans mon chemin vers toi.

    Le mystère qu’il me fallait garder caché au profond de mon cœur,
    je peux désormais l’annoncer à haute voix :
    Je crois, je confesse ma foi !

    Le prêtre me conduit aux marches de l’autel,
    j’incline le front,
    l’eau sainte coule sur ma tête.

    Seigneur, est-il possible à quelqu’un de renaître
    une fois écoulée la moitié de sa vie ? (Jn 3,4)
    Tu l’as dit, et c’est pour moi devenu réalité.

    Le poids des fautes et des peines de ma longue vie m’a quittée.
    Debout, j’ai reçu le manteau blanc placé sur mes épaules,
    symbole lumineux de la pureté !

    J’ai porté à la main le cierge dont la flamme annonce
    qu’en moi brûle ta vie sainte.
    Mon cœur est désormais devenu la crèche qui attend ta présence.
    Pour peu de temps !

    Marie, ta mère, qui est aussi la mienne, m’a donné son nom.
    À minuit elle dépose en mon cœur son enfant nouveau-né.
    Oh ! nul cœur humain ne peut concevoir
    ce que tu prépares à ceux qui t’aiment (1Co 2,9).

    Tu es à moi désormais et jamais plus je ne te quitterai.
    Où que puisse aller la route de ma vie, tu es auprès de moi.
    Rien jamais ne pourra me séparer de ton amour (Rm 8,39).

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

     

     

     

  • « Il vous faut naître d’en haut. »

    L’enfance spirituelle faite de pauvreté jalousement conservée était à la portée de Nicodème, cet homme considérable parmi les Juifs. Il pouvait la faire sienne, sans rien supprimer de ce qu’exigeaient son rang et l’exercice de ses fonctions, sans prendre les attitudes et un langage enfantins… Il devait la faire sienne, car pour renaître sous le souffle de l’Esprit, il faut être pauvre, confiant et dépendant en tout de Dieu. Ou plutôt, renaître n’est pas autre chose que devenir progressivement un enfant.

    Tandis qu’en effet, la génération dans l’ordre naturel, réalisée dans le sein de la mère, s’épanouit dans une séparation progressive jusqu’à ce que l’enfant puisse vivre sa vie indépendante et parfaite, la génération spirituelle se fait en sens inverse par une absorption progressive dans l’unité. Séparés de Dieu par le péché, nous sommes éclairés par sa lumière, pris dans les liens de plus en plus étroits de son amour, jusqu’à ce que, devenus de vrais enfants, nous soyons perdus en son sein, ne vivant plus que de sa vie et de son Esprit.

    « Ceux-là sont les vrais enfants de Dieu qui sont mus par son Esprit » (Rm 8,14), c’est-à-dire ceux qui, par leur pauvreté spirituelle et le dégagement d’eux-mêmes, ont perdu leurs opérations propres et sont entrés dans le sein de Dieu où leur vie et leurs mouvements dépendent en tout de l’Esprit qui engendre. Tel est le sens et la valeur de l’enfance spirituelle. Parfaitement réalisée, elle est déjà la sainteté.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

     

     

     

  • Les entrailles de la miséricorde divine nous sont ouvertes !

    La miséricorde du Seigneur je chanterai,
    Pour les siècles devant tout le peuple,
    Car c’est le plus grand attribut de Dieu,
    Et pour nous un incessant miracle.

    Tu jaillis de la Trinité divine
    Mais d’un seul sein plein d’amour ;
    La miséricorde du Seigneur se montrera dans l’âme
    Dans la plénitude, quand le voile tombera.

    De la source de Ta miséricorde, ô Seigneur,
    Découle tout bonheur et toute vie ;
    Ainsi donc, toutes les créatures et toutes les œuvres
    Chantez dans le ravissement un chant de miséricorde.

    Les entrailles de la miséricorde divine nous sont ouvertes,
    Par la vie de Jésus, cloué sur la croix ;
    Tu ne dois pas douter, ni désespérer, pécheur,
    Mais avoir confiance en la miséricorde, car toi aussi tu peux devenir saint.

    Deux sources en forme de rayons ont jailli
    Du Cœur de Jésus,
    Non pour les anges, ni pour les chérubins, ni pour les Séraphins,
    Mais pour le salut de l’homme pécheur.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)