Catégorie : Enseignement

  • Le signe de Jonas

    Toute l’histoire de Jonas nous le montre comme une préfiguration parfaite du Sauveur. (…) Jonas est descendu à Joppé pour monter sur un bateau à destination de Tarsis (…) ; le Seigneur est descendu du ciel sur la terre, la divinité vers l’humanité, la souveraine puissance est descendue jusqu’à notre misère (…), pour s’embarquer sur le navire de son Église. (…)

    C’est Jonas lui-même qui prend l’initiative de se faire précipiter dans la mer : « Prenez-moi, dit-il, jetez-moi à la mer » ; il annonce ainsi la Passion volontaire du Seigneur. Quand le salut d’une multitude dépend de la mort d’un seul, cette mort est entre les mains de cet homme qui peut librement la retarder, ou au contraire la hâter pour devancer le danger. Tout le mystère du Seigneur est préfiguré ici. Pour lui la mort n’est pas une nécessité ; elle relève de son choix libre. Écoutez-le : « J’ai le pouvoir de déposer ma vie, et j’ai le pouvoir de la reprendre : on ne me l’enlève pas » (Jn 10,18). (…)

    Voyez l’énorme poisson, image horrible et cruelle de l’enfer. En dévorant le prophète, il sent la force du Créateur (…) et offre avec crainte le séjour de ses entrailles à ce voyageur venu d’en haut. (…) Et après trois jours (…) il le rend à la lumière, pour le donner aux païens. (…) Tel est le signe, l’unique signe, que le Christ a consenti à donner aux scribes et aux Pharisiens (Mt 12,39), afin de leur faire comprendre que la gloire qu’eux mêmes espéraient du Christ allait se tourner aussi vers les païens : les Ninivites sont le symbole des nations qui ont cru en lui. (…) Quel bonheur pour nous, mes frères ! Ce qui a été annoncé et promis symboliquement, c’est face à face, en toute vérité, que nous le vénérons, que nous le voyons, que nous le possédons.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

     

     

     

  • « C’est à moi que vous l’avez fait. »

    Réfléchissez, frères, et voyez l’exemple de notre Seigneur, qui a fait de nous des voyageurs et nous a ordonné de venir jusqu’à la cité céleste (He 11,13s) en courant par la route de la charité. (…) Bien qu’il siège dans le ciel, par compassion pour ses membres qui peinent, car il est la tête des membres et du corps dans le monde entier (Col 2,19), il a dit : « Quand vous n’avez pas fait cela à l’un des plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait » (…) Quand il a changé Paul le persécuteur en prédicateur, il lui a dit du haut du ciel : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac 9,4) (…) Saul persécutait les chrétiens : est-ce qu’il persécutait le Christ, qui siégeait dans le ciel ? Mais le Christ lui-même était dans les chrétiens, souffrant avec tous ses membres, pour qu’en lui cette parole soit vraie : « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1Co 12,26). (…)

    Portons donc les fardeaux les uns des autres (Ga 6,2) ; là où est allée la tête, les autres membres sont destinés à aller. (…) Si notre Seigneur et Sauveur, qui a été sans péché, daigne nous aimer, nous pécheurs, d’une si grande affection qu’il affirme souffrir ce que nous souffrons, pourquoi est-ce que nous, qui ne sommes pas sans péché et qui pouvons racheter nos péchés par la charité, pourquoi est-ce que nous ne nous aimons pas d’un amour si parfait que nous compatissions par un sentiment de charité à tout le mal enduré par l’un d’entre nous ? (…) Une main ou un autre membre retranché du corps ne sent plus rien ; tel est le chrétien qui ne souffre pas du malheur, de la détresse ou même de la mort d’autrui.

    Saint Césaire d’Arles (470-543)

     

     

  • « Bienheureux l’homme qui supporte la tentation. » (Jc 1,12)

    La tentation n’est-elle pas un danger pour l’âme ? Ne serait-il pas hautement préférable de ne jamais être tenté ? Nous sommes spontanément portés à envier celui qui n’éprouverait jamais de tentation : « Heureux l’homme, dirions-nous volontiers, qui n’a pas à en subir les assauts ! »

    C’est peut-être là, en effet, l’avis de notre sagesse humaine. Mais Dieu, qui est la vérité infaillible, la source de notre sainteté et de notre béatitude, nous dit tout le contraire : « Bienheureux l’homme qui supporte la tentation » (Jc 1,12)… Pourquoi l’Esprit Saint proclame-t-il cet homme « heureux », alors que nous, nous inclinerions à penser bien autrement ? (…) Est-ce à cause de la tentation elle-même ? Non, évidemment, mais c’est parce que Dieu se sert d’elle pour obtenir une preuve de notre fidélité ; notre fidélité ‒ soutenue naturellement par la grâce ‒ se fortifie et se manifeste dans la lutte, et la couronne de vie est enfin accordée à sa victoire (cf. Jc 1,12).

    La tentation que l’âme supporte patiemment est pour elle une source de mérites, et est glorieuse pour Dieu. Par sa constance dans l’épreuve, l’âme est un vivant témoignage de la force de la grâce : « ma grâce te suffit, car c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste tout entière » (2 Cor 12,9). Dieu attend de nous que nous lui rendions cet hommage et cette gloire. (…) Le Christ Jésus est avec nous, en nous : qui est plus fort que lui ?

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

  • Appelés à devenir saints

    Voici la volonté parfaite de Dieu pour nous : tu dois devenir saint. La sainteté est le plus grand don que Dieu puisse nous faire car il nous a créés pour cela. Se soumettre, pour celui ou celle qui aime, est plus qu’un devoir ; c’est le secret même de la sainteté.

    Saint François disait que chacun de nous est ce qu’il est aux yeux de Dieu — rien de plus, rien de moins. Nous sommes tous appelés à devenir des saints. Il n’y a rien d’extraordinaire à cet appel. Nous avons tous été créés à l’image de Dieu afin d’aimer et d’être aimés. Jésus désire notre perfection avec une ardeur inexprimable. « Voici quelle est la volonté de Dieu : c’est votre sanctification » (1Th 4,3). Son Sacré Cœur est rempli d’un désir insatiable de nous voir progresser vers la sainteté.

    Chaque jour nous devrions renouveler notre détermination et nous encourager à plus de ferveur, comme s’il s’agissait du premier jour de notre conversion, disant : « Aide-moi, Seigneur mon Dieu, dans ma ferme résolution et à ton saint service, et donne-moi la grâce aujourd’hui même de commencer vraiment, car ce que j’ai fait jusque-ici n’est rien. » Nous ne pouvons pas être renouvelés si nous n’avons pas l’humilité de reconnaître ce qui en nous a besoin de l’être.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

     

     

     

  • « Alors ils jeûneront. »

    Livre-toi, mon âme, au repentir ; unis-toi au Christ par la pensée ; crie en gémissant : « Accorde-moi le pardon de mes actions mauvaises, afin que je reçoive de toi, qui seul es bon (Mc 10,18), l’absolution et la vie éternelle ». (…)

    Moïse et Élie, ces tours de feu, étaient grands dans leurs œuvres. (…) Ils sont les premiers parmi les prophètes, ils parlaient librement à Dieu, ils se plaisaient à s’approcher de lui pour le prier et s’entretenir avec lui face à face (Ex 34,5; 1R 19,13) — chose étonnante et incroyable. Néanmoins, ils avaient soin de recourir au jeûne, qui les menait à Dieu (Ex 34,28; 1R 19,8). Le jeûne, avec les œuvres, procure donc la vie éternelle.

    Par le jeûne, les démons sont repoussés comme par une épée, car ils n’en supportent pas les joies ; ce qu’ils aiment, c’est le jouisseur et l’ivrogne. Mais s’ils regardent le visage du jeûne, ils ne peuvent pas tenir ; ils s’enfuient bien loin, comme nous l’enseigne le Christ notre Dieu en disant : « C’est par le jeûne et la prière qu’on vient à bout de la race des démons » (cf Mc 9,29). Voilà pourquoi on nous enseigne que le jeûne donne aux hommes la vie éternelle. (…)

    Le jeûne rend à ceux qui le pratiquent la maison paternelle d’où Adam fut expulsé. (…) C’est Dieu lui-même, l’ami des hommes (Sg 1,6), qui avait d’abord confié au jeûne l’homme qu’il avait créé, comme à une mère aimante, comme à un maître. À un seul arbre il lui a interdit de goûter (Gn 2,17). Et si l’homme avait observé ce jeûne, il aurait habité avec les anges. Mais il l’a rejeté et a trouvé les peines et la mort, l’âpreté des épines et des ronces, et l’angoisse d’une vie douloureuse (Gn 3,17s). Or, si dans le Paradis le jeûne se révèle profitable, combien plus l’est-il ici-bas, pour nous procurer la vie éternelle !

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)

     

     

     

  • Le chemin qui conduit le Christ à sa gloire

    « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux païens, aux grands prêtres et aux scribes pour être flagellé, tourné en dérision et crucifié » (cf Mt 20,18). En disant cela à ses disciples, le Christ annonçait ce qui s’accordait avec les prédictions des prophètes, car ils avaient prédit sa mort qui devait avoir lieu à Jérusalem. (…) Nous comprenons pourquoi le Verbe de Dieu qui, autrement, ne pouvait pas souffrir, a dû subir la Passion ; car l’homme n’aurait pas pu être sauvé par un autre moyen. Lui seul l’a su, ainsi que ceux à qui il l’a révélé. En effet, il a su tout ce qui vient du Père ; c’est ainsi que « l’Esprit voit même les profondeurs des mystères divins. » (1Co 2,10). (…)

    « Il fallait que le Christ souffrît » (Lc 24,26) : il était absolument impossible que la Passion n’eût pas lieu, comme lui-même l’a affirmé lorsqu’il a appelé « lents à croire » et « inintelligents » ceux qui ne savaient pas que le Christ devait souffrir ainsi pour entrer dans sa gloire (Lc 24,25). En effet, il est venu pour sauver son peuple, en renonçant à « la gloire qu’il avait auprès du Père avant le commencement du monde » (Jn 17,5). Ce salut était la perfection qui devait s’accomplir par la Passion, et qui serait accordée à l’auteur de notre vie, selon l’enseignement de saint Paul : « Il a été l’auteur de notre vie, en atteignant la perfection par ses souffrances » (He 2,10).

    On voit comment la gloire du Fils unique, dont il avait été écarté pendant peu de temps en notre faveur, lui a été rendue par la croix dans la chair qu’il avait adoptée. Saint Jean le dit en effet dans son évangile, lorsqu’il explique ce qu’était cette eau dont le Sauveur a dit qu’elle « jaillirait, comme des fleuves, du cœur du croyant. Or, en disant cela, il parlait de l’Esprit Saint que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. En effet, l’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’était pas encore entré dans sa gloire » (Jn 7,38-39). Ce qu’il appelle sa gloire, c’est sa mort sur la croix. C’est pourquoi le Seigneur, lorsqu’il priait, avant de subir la croix, demandait au Père de lui donner cette « gloire qu’il avait auprès de lui avant le commencement du monde ».

    Saint Anastase d’Antioche (?-599)

     

     

     

  • Cent pour un !

    [Sainte Catherine a entendu Dieu lui dire :] À Pierre qui lui demandait : « Maître, nous avons tout quitté pour l’amour de vous, et nous vous avons suivi ! Que nous donnerez-vous en retour ? », ma Vérité fit cette réponse : « Je vous donnerai cent pour un et vous posséderez la vie éternelle » (cf. Mc 10, 28-30). – Comme s’il eût dit : Pierre, tu as bien fait de tout quitter ; c’était l’unique moyen de me suivre. En retour, moi, je te donnerai, en cette vie, cent pour un !

    Quel est donc, très chère fille, ce centuple, que doit suivre encore la vie éternelle ? Qu’entendait et que voulait dire ma Vérité ? Parlait-elle des biens temporels ? Pas spécialement, bien que je les multiplie parfois au bénéfice de ceux qui se montrent généreux dans leurs aumônes. Et qu’est-ce donc ? ‒ Entends-le bien, celui qui donne sa volonté, me donne « une » chose : sa volonté. Et moi, pour cette unique chose, je lui donne « cent ».

    Pourquoi ce nombre de « cent » ? Parce que cent est le nombre parfait, auquel on ne peut rien ajouter, à moins de recommencer à compter par un premier. La charité, elle aussi, est la plus parfaite de toutes les vertus ; l’on ne saurait s’élever à une vertu plus parfaite, et l’on ne peut ajouter à sa perfection qu’en revenant à la connaissance de soi-même pour recommencer une nouvelle centaine de mérites, mais c’est toujours au nombre « cent » que l’on arrive et que l’on s’arrête. Voilà le centuple que j’ai donné à ceux qui m’ont apporté l’un de leur volonté propre, soit par l’obéissance commune soit par l’obéissance particulière.

    C’est avec ce centuple, que vous obtenez la vie éternelle (…). Ce centuple c’est le feu de la divine charité. Et parce qu’ils ont reçu de moi ce centuple, ils sont dans une merveilleuse allégresse qui prend tout leur cœur.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? »

    Celui qui sera fondé sur la connaissance de la Vérité, le Christ, le doux Jésus, celui-là recevra et goûtera la paix et le repos de son âme dans l’amour de la charité. Cette charité, l’âme la reçoit par cette connaissance. Il y a deux moyens principaux de connaître cette vérité.

    Il faut d’abord reconnaître que tout ce qui a l’existence doit être aimé en Dieu et pour Dieu, qui est la Vérité même, et sans lequel rien n’existe. Celui qui se séparerait de la vérité marcherait dans la voie du mensonge en suivant le démon qui en est le père. Je dis qu’il y a surtout deux moyens de connaître la vérité. Le premier est de connaître la vérité de Dieu, qui nous aime d’un amour ineffable. Il nous a aimés avant que nous fussions ; il nous a créés par amour, pour que nous ayons la vie éternelle et que nous goûtions à jamais la félicité parfaite. Telle a été, telle est la vérité. Qu’est-ce qui prouve qu’il on est ainsi ? Le sang répandu pour nous avec un si ardent amour. (…)

    Nous devons enfin connaître et voir la vérité dans notre prochain, grand ou petit, serviteur ou maître. Quand nous le voyons faire une chose, et nous inviter à la faire aussi, nous devons examiner si cette chose est fondée ou non sur la vérité, et quel est le motif qui la fait entreprendre. Celui qui ne le fait pas agit comme un insensé, comme un aveugle qui suit un autre aveugle guidé par le mensonge, et il montre qu’il n’a pas en lui la vérité et qu’il ne la cherche pas. Il en est quelquefois de tellement insensés, que pour cette chose, ils vont perdre la vie de l’âme et du corps avec leurs biens temporels et ils ne s’en inquiètent pas, parce qu’ils sont aveugles et ne connaissent pas ce qu’ils devraient connaître : ils marchent dans les ténèbres.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • « Laissez les enfants venir à moi ! »

    Le Christ aime l’enfance qu’il a d’abord assumée dans son âme comme dans son corps. Le Christ aime l’enfance, qui enseigne l’humilité, qui est la norme de l’innocence, le modèle de la douceur. Le Christ aime l’enfance : vers elle il oriente la conduite des adultes, vers elle il ramène les vieillards, il attire à son propre exemple ceux qu’il élève au royaume éternel.

    Mais pour comprendre comment il est possible de parvenir à une conversion si admirable, et par quelle transformation il nous faut revenir à une attitude d’enfants, laissons saint Paul nous instruire et nous dire : « Pour ce qui est du bons sens, ne soyez pas des enfants, mais soyez de petits enfants pour ce qui est de la malice » (1Co 14,20). Il ne s’agit donc pas pour nous de revenir aux jeux de l’enfance, ni aux maladresses des débuts, mais de lui prendre quelque chose qui convient aux années de la maturité, c’est-à-dire apaiser rapidement les agitations intérieures, retrouver vite le calme, oublier totalement les offenses, être complètement indifférent aux honneurs, aimer se retrouver ensemble, garder l’égalité d’humeur comme étant naturelle. En effet, c’est un grand bien que de ne pas savoir nuire et ne pas avoir de goût pour le mal…; ne rendre à personne le mal pour le mal (Rm 12,17), c’est la paix intérieure des enfants qui convient aux chrétiens… C’est cette forme d’humilité que nous enseigne le Sauveur enfant quand il a été adoré par les mages.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461)

     

     

  • « Tous deux ne feront plus qu’un. »

    « Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance », dit Dieu (Gn 1,26). Un simple commandement avait fait surgir les autres êtres de la création : « Que la lumière soit ! » ou « Qu’il y ait un firmament ! » Cette fois, Dieu ne dit pas : « Qu’il y ait des hommes », mais il dit : « Faisons l’homme ». En effet, il estimait convenable que soit façonnée de ses propres mains cette image de lui-même, supérieure à toutes les autres créatures. Cette œuvre lui était particulièrement proche ; il l’aimait d’un grand amour… Adam est à l’image de Dieu parce qu’il porte l’effigie du Fils Unique…

    D’une certaine manière, Adam a été créé à la fois simple et double ; Ève se trouvait cachée en lui. Avant même qu’ils n’existent, l’humanité était destinée au mariage, qui les ramènerait, homme et femme, à un seul corps, comme au commencement. Aucune querelle, aucune discorde, ne devait s’élever entre eux. Ils auraient une même pensée, une seule volonté… Le Seigneur a formé Adam de poussière et d’eau ; Ève, il l’a tirée de la chair, des os et du sang d’Adam (Gn 2,21). Le profond sommeil du premier homme anticipait les mystères de la crucifixion. L’ouverture du côté, c’était le coup de lance porté au Fils Unique ; le sommeil, la mort sur la croix ; le sang et l’eau, la fécondité du baptême (Jn 19,34)… Mais l’eau et le sang qui ont coulé du côté du Sauveur sont à l’origine du monde de l’Esprit…

    Adam n’a pas souffert du prélèvement fait dans sa chair ; ce qui lui avait été dérobé lui a été rendu, transfiguré par la beauté. Le souffle des vents, le murmure des arbres, le chant des oiseaux appelaient les fiancés : « Levez-vous, vous avez assez dormi ! La fête nuptiale vous attend ! »… Adam vit Ève à ses côtés, celle qui était sa chair et ses os, sa fille, sa sœur, son épouse. Ils se sont levés, enveloppés d’un vêtement de lumière, dans le jour qui leur souriait. Ils étaient au Paradis.

    Saint Jacques de Saroug (v. 449-521)