Catégorie : Enseignement

  • Voyant leur foi, il lui pardonne

    « Voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : ‘Tes péchés sont pardonnés’. » Le Seigneur est grand : à cause des uns, il pardonne aux autres ; il accueille la prière des premiers et il pardonne aux seconds leurs péchés. Hommes, pourquoi donc croire aujourd’hui que votre compagnon d’existence ne pourrait rien faire pour vous, quand le serviteur a le droit d’intervenir auprès de son Seigneur et d’être exaucé ?

    Vous qui jugez, apprenez donc à pardonner ; et vous qui êtes malades, apprenez donc à supplier. Si vous n’espérez pas le pardon direct des fautes graves, recourez alors à des intercesseurs, recourez à l’Église qui priera pour vous. Alors, par égard pour elle, le Seigneur vous accordera le pardon qu’il aurait pu vous refuser. Nous ne négligeons pas la réalité historique de la guérison du paralytique, mais nous reconnaissons avant tout la guérison en lui de l’homme intérieur, à qui ses péchés sont pardonnés. (…)

    Le Seigneur veut sauver les pécheurs ; il montre sa divinité par sa connaissance des secrets et par les merveilles de ce qu’il fait. « Qu’est-ce qui est le plus facile à dire, demande-t-il donc, de dire : ‘Tes péchés te sont remis’ ou bien : ‘Lève-toi et marche’ ? » Ici il fait voir une image complète de la résurrection, puisque, guérissant la blessure de l’âme et du corps (…), l’homme tout entier est guéri.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

  • « Tu peux me purifier. »

    Tu ne dois pas manquer de confiance en Dieu ni désespérer de sa miséricorde ; je ne veux pas que tu doutes ou que tu désespères de pouvoir devenir meilleur. Car, même si le démon a pu te précipiter des hauteurs de la vertu dans les abîmes du mal, combien plus Dieu pourra-t-il te rappeler vers le sommet du bien, et non seulement te ramener dans l’état où tu étais avant ta chute, mais te rendre beaucoup plus heureux que tu paraissais auparavant. Ne perds pas courage, je t’en supplie, et ne ferme pas tes yeux à l’espoir du bien, de peur qu’il ne t’advienne ce qui arrive à ceux qui n’aiment pas Dieu ; car ce n’est pas le grand nombre des péchés qui mène l’âme au désespoir, mais le dédain de Dieu. « C’est le propre des impies, dit le Sage, de désespérer du salut et de le dédaigner, lorsqu’ils sont tombés au fond de l’abîme du péché » (Pr 18,3 Vulg).

    Toute pensée qui nous enlève l’espoir de la conversion découle donc d’un manque de foi : comme une lourde pierre attachée à notre cou, elle nous force à regarder toujours en bas, vers la terre, et ne nous permet pas de lever les yeux vers le Seigneur. Mais celui qui a un cœur courageux et un esprit éclairé sait dégager son cou de ce poids détestable. « Comme les yeux des serviteurs vers les mains de leurs maîtres, comme les yeux d’une servante vers les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux vers le Seigneur notre Dieu jusqu’à ce qu’il nous prenne en pitié » (Ps 123,2-3).

    Raban Maur (v. 784-856)

     

     

     

  • « Il commande aux esprits impurs. »

    [ Aux catéchumènes : ] Hâte tes pas vers les catéchèses. Accueille avec empressement les exorcismes ; sous les insufflations, sous les exorcismes s’opère ton salut.

    Dis-toi que tu es or sans valeur, falsifié, mêlé de divers matériaux : airain, étain, fer, plomb. Nous poursuivons la possession de l’or sans alliage. L’or ne peut sans le feu être purifié des éléments étrangers. De même, sans les exorcismes, l’âme ne peut être purifiée ; ils sont des prières divines, tirées des divines Écritures. (…) Les habiles orfèvres se servent d’instruments délicats pour souffler sur leur brasier et faire ainsi surgir les paillettes d’or cachées dans le creuset. C’est donc en attisant la flamme toute proche, qu’ils découvrent l’objet de leur recherche. Ainsi quand les exorcistes, par le « Souffle » divin, jettent la crainte, et comme dans un creuset – en l’occurrence le corps – rallument l’âme : alors le démon-ennemi s’enfuit : il reste le salut, il reste aussi l’espérance de la vie éternelle, et finalement, l’âme, purifiée de ses fautes, possède le salut.

    Restons donc attachés à l’espérance, frères, donnons-nous nous-mêmes et espérons, pour que le Dieu de l’univers, voyant notre disposition, nous purifie de nos fautes, nous invite à concevoir bon espoir au sujet de nos projets et nous donne la conversion qui sauve. C’est Dieu qui a appelé ; toi, tu as été appelé.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • « Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. »

    Pourquoi, comme premier signe, notre Seigneur a-t-il changé l’eau en vin ? C’est pour montrer que Dieu, qui transforme la nature dans des outres, opère aussi sa transformation dans le sein de la Vierge. De la même manière, pour couronner ses miracles, Jésus a ouvert un tombeau afin de manifester son indépendance vis-à-vis de la mort avide de tout engloutir.

    Pour authentifier et pour confirmer le double bouleversement de la nature qu’apportent sa naissance et sa résurrection, Jésus change l’eau en vin, sans modifier en rien les cuves de pierre. C’était là le symbole de son propre corps, miraculeusement conçu et merveilleusement créé dans une vierge, sans l’œuvre d’un homme… Contrairement à leur usage, les cuves…ont mis au monde un vin nouveau, sans jamais renouveler ensuite cette merveille. C’est ainsi que la Vierge a conçu et a mis au monde l’Emmanuel (Is 7,14), pour ne plus concevoir ensuite. Le miracle des cuves de pierre, c’est que la petitesse devient grandeur, la parcimonie se change en surabondance, l’eau de source en vin doux… En Marie, au contraire, la grandeur et la gloire de la divinité changent d’aspect pour prendre une apparence de faiblesse et d’ignominie.

    Ces cuves servaient aux purifications des juifs ; notre Seigneur y verse sa doctrine : il manifeste qu’il est venu selon la Loi et les prophètes, mais en vue de tout changer par son enseignement, comme l’eau devenue vin… « La Loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus » (Jn 1,17). L’époux qui habitait Cana a invité l’Époux venu du ciel ; et le Seigneur, prêt pour ces noces, a répondu à son invitation. Ceux qui étaient assis à table ont invité celui qui installe les mondes dans son Royaume, et il leur a envoyé un cadeau de noces qui puisse les réjouir… Ils n’avaient pas assez de vin, même ordinaire ; il leur a versé un peu de sa richesse : en retour de leur invitation, lui-même les a invités à ses noces.

    Saint Éphrem (v. 306-373)

     

     

     

  • « Table des origines de Jésus Christ »

    Il ne sert à rien de dire que notre Seigneur, fils de la Vierge Marie, est vraiment homme, si on ne croit pas qu’il l’est de la manière que proclame l’Évangile. Lorsque Matthieu nous parle de la « généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham », il dessine, à partir de l’origine de l’humanité, la lignée des générations jusqu’à Joseph à qui Marie était fiancée. Luc, au contraire, remonte les degrés successifs pour aboutir au commencement du genre humain, et il montre ainsi que le premier et le dernier Adam sont de la même nature (3,23s).

    Il était possible, certes, à la Toute-puissance du Fils de Dieu de se manifester pour l’instruction et la justification des hommes de la même manière qu’il était apparu aux patriarches et aux prophètes sous une forme charnelle ; par exemple, lorsqu’il luttait avec Jacob (Gn 32,25) ou qu’il engageait une conversation avec Abraham, acceptant le service de son hospitalité au point de prendre la nourriture qu’il lui présentait (Gn 18). Mais ces apparitions n’étaient que des signes, des images de l’homme dont elles annonçaient la réalité puisée aux racines de ces ancêtres.

    Le mystère de notre rédemption, disposé dès avant le temps, depuis l’éternité, aucune image ne pouvait l’accomplir. L’Esprit n’était pas encore descendu en la Vierge, et la puissance du Très-Haut ne l’avait pas encore couverte de son ombre (Lc 1,35). La Sagesse ne s’était pas encore construit une demeure pour que le Verbe s’y incarne et que, la nature de Dieu et celle de l’esclave s’unissant en une seule personne, le Créateur du temps naisse dans le temps, et celui par qui tout a été fait soit engendré parmi toutes les créatures. Si l’homme nouveau ne s’était assimilé à la chair du péché et chargé de notre vieillesse, s’il n’avait daigné, lui, consubstantiel au Père, prendre substance de sa mère et assumer notre nature – hormis le péché –, l’humanité serait maintenue prisonnière à la merci du démon, et nous ne pourrions jouir de la victoire triomphale du Christ, car elle aurait eu lieu en dehors de notre nature. C’est donc de l’admirable participation du Christ à notre nature que jaillit sur nous la lumière du sacrement de la régénération.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461)

     

     

  • Prépare le réceptacle de ton âme pour devenir fils de Dieu

    Jésus Christ était Fils de Dieu, cependant il ne prêcha pas avant son baptême. Si le Maître lui-même disposait le temps selon un ordre, devons-nous, nous autres les serviteurs, nous monter téméraires et brouillons ? Jésus se mit à prêcher, exactement lorsque l’Esprit Saint descendit sur lui sous la forme corporelle d’une colombe, non pas pour une première manifestation à Jésus (car il connaissait l’Esprit avant même qu’il ne vînt sous une forme corporelle), mais pour que Jean, qui baptisait Jésus, vît l’Esprit. « Moi, dit Jean en effet, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’avait envoyé baptiser dans l’eau, celui-là me dit : “celui sur qui tu verras descendre et s’arrêter l’Esprit, c’est Lui” » (Jn 1,33).

    Si tu as, toi aussi, une pitié sincère, sur toi aussi l’Esprit Saint descendra, et d’en haut la voix du Père se fera entendre, non pas : « Celui-ci est mon Fils » (Mt 3,17), mais « celui-ci est désormais devenu mon fils. » Car le mot « est » n’appartient qu’à lui, parce qu’ « au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1). À lui s’applique le mot « est » parce qu’il est toujours Fils de Dieu ; à toi s’applique au contraire : « il est désormais devenu », parce que tu ne possèdes pas naturellement, mais que tu reçois par adoption l’appellation de fils. Lui « est » éternellement : toi, tu reçois la grâce progressivement.

    Prépare donc le réceptacle de ton âme pour devenir fils de Dieu, héritier de Dieu et cohéritier du Christ (cf. Rm 8,17). Or tu te prépares utilement si tu progresses de la croyance à la ferme conviction, si tu choisis de « dépouiller le vieil homme ».

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • L’attente des nations

    Ô attente des nations ! (Gn 49,10 Vulg) Ils ne seront pas confondus, tous ceux qui t’attendent. Nos pères t’ont attendu, tous les justes depuis l’origine du monde ont espéré en toi, et tu ne les a pas déçus (cf Ps 21,5). (…)

    Mais l’Église, qui dans les justes d’autrefois a attendu le premier avènement [du Christ], attend pareillement le second dans les justes de la Nouvelle Alliance. Comme elle était certaine de voir acquitté, par le premier, le prix de la rédemption, elle est également sûre que le second lui apportera le fruit de la rémunération. Suspendue par cette attente et cet espoir au-dessus des choses de la terre, l’Église aspire avec autant de joie que d’ardeur aux biens éternels.

    Alors que d’autres se hâtent de chercher leur bonheur ici-bas et, sans attendre que s’accomplisse le dessein du Seigneur, se précipitent pour s’emparer du butin que leur offre ce monde, l’homme bienheureux qui a mis son espoir dans le Seigneur et qui n’a pas attaché son regard aux choses vaines et à ce qui trompe (Ps 39,5) se tient à l’écart de leurs voies, (…), car il sait qu’il vaut mieux être humilié avec les doux que de partager les dépouilles avec les orgueilleux. Pour se consoler, il se dit : « ‘Ma part, c’est le Seigneur ; c’est pourquoi je l’attendrai. Le Seigneur est bon pour ceux qui espèrent en lui, pour l’âme qui le cherche. Il est bon d’attendre dans le silence le salut de Dieu.’ Seigneur, ‘mon âme, il est vrai, défaille dans l’attente de ton salut, mais je déborde d’espérance en ta parole’ » (Lm 3,24-26; Ps 118,81 Vulg). (…) Je suis certain « qu’il apparaîtra à la fin et ne nous décevra pas » ; c’est pourquoi « même s’il se fait attendre, je l’attendrai, car il viendra sans aucun doute » (cf Ha 2,3).

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

     

     

     

  • « J’ai apprêté une lampe pour mon Christ. » (Ps 131,17)

    Alors que l’univers entier était écrasé par les ténèbres du diable et que l’obscurité du péché régnait sur le monde, un soleil nouveau, le Christ notre Seigneur, a bien voulu, à ces derniers temps, à la nuit déjà avancée, répandre les premiers rayons d’un jour naissant. Avant que paraisse cette lumière, c’est-à-dire avant que se manifeste « le soleil de justice » (Ml 3,20), Dieu avait déjà annoncé par ses prophètes, comme une aurore : « J’envoyais mes prophètes avant la lumière » (Jr 7,25 Vulg). Plus tard, le Christ a lui-même jeté ses rayons, c’est-à-dire ses apôtres, pour faire resplendir sa lumière et remplir l’univers de sa vérité, afin que personne ne se perde dans les ténèbres. (…)

    Nous les hommes, pour accomplir les tâches indispensables avant que le soleil de ce monde ne se lève, nous anticipons sur la lumière avec une lampe. Or le soleil du Christ, lui aussi, a sa lampe qui a précédé sa venue, comme dit le prophète : « J’ai apprêté une lampe pour mon Christ » (Ps 131,17). Le Seigneur indique quelle est cette lampe, en disant au sujet de Jean Baptiste : « Celui-là est la lampe qui brûle et qui luit ». Et Jean lui-même dit, comme s’il était la faible lueur d’une lanterne que l’on porte devant soi : « Mais vient celui qui est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Lc 3,16). En même temps, comprenant que sa lumière devait être éclipsée par les rayons du soleil, il a prédit : « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30). En effet, de même que la lueur d’une lanterne s’éteint à l’arrivée du soleil, de même le baptême de repentir proclamé par Jean a perdu sa valeur à l’arrivée de la grâce du Christ.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420)

     

     

  • « Qu’êtes-vous allés voir au désert ? »

    Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu ; c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi tout ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul. Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, saint Paul, saint Jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert. (…) C’est un temps de grâce, c’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer. Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l’esprit intérieur : la vie intime avec Dieu, la conversation de l’âme avec Dieu dans la foi, l’espérance et la charité. Plus tard l’âme produira des fruits exactement dans la mesure où l’homme intérieur se sera formé en elle (Ep 3,16). (…)

    On ne donne que ce qu’on a et c’est dans la solitude, dans cette vie seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l’âme qui oublie tout pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à lui. Donnez-vous tout entier à lui seul (…) et il se donnera tout entier à vous. (…) Regardez saint Paul, saint Benoît, saint Patrice, saint Grégoire le Grand, tant d’autres : quel long temps de recueillement et de silence ! Montez plus haut : regardez saint Jean Baptiste, regardez notre Seigneur. Notre Seigneur n’en avait pas besoin, mais il a voulu nous donner l’exemple.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

  • « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi. »

    En envoyant ses disciples à Jésus, Jean s’est préoccupé de leur ignorance, non de la sienne, car lui-même a proclamé que quelqu’un viendrait pour la rémission des péchés. Mais pour leur faire savoir qu’il n’en avait pas proclamé d’autre que celui-là, il a envoyé ses disciples voir ses œuvres, pour qu’elles donnent de l’autorité à son annonce et qu’aucun autre Christ ne soit attendu en dehors de celui auquel ses œuvres auraient rendu témoignage.

    Et comme le Seigneur s’était révélé entièrement par ses actions miraculeuses, donnant la vue aux aveugles, la marche aux boiteux, la guérison aux lépreux, l’ouïe aux sourds, la parole aux muets, la vie aux morts, l’instruction aux pauvres, il a dit : « Heureux celui qui n’a pas été scandalisé à mon sujet ». Est-ce que de la part du Christ il y a déjà eu quelque acte qui ait pu scandaliser Jean ? Non assurément. Il demeurait en effet dans sa ligne propre d’enseignement et d’action. Mais il faut étudier la portée et le caractère spécifique de ce que dit le Seigneur : que la Bonne Nouvelle est reçue par les pauvres. Il s’agit de ceux qui auront perdu leur vie, qui auront pris leur croix et le suivront (Lc 14,27), qui deviendront humbles de cœur et pour lesquels le Royaume des cieux est préparé (Mt 11,29; 25,34). Parce que l’ensemble de ces souffrances convergeait dans le Seigneur et que sa croix allait être un scandale pour un très grand nombre, il a déclaré heureux ceux dont la foi ne subirait aucune tentation du fait de sa croix, de sa mort, de sa sépulture.

    Saint Hilaire (v. 315-367)