Catégorie : Enseignement

  • Charmer le Cœur de Dieu

    Gravez, âme dévote, gravez très profondément dans votre esprit cet enseignement, commun aux maîtres de la vie spirituelle : il faut, après vos infidélités, revenir tout de suite à Dieu, alors même que vous tomberiez cent fois le jour ; et, cela fait, vous remettre aussitôt dans la paix. (…) Entre amis qui s’aiment du fond du cœur, il n’est pas rare qu’un froissement réparé par d’humbles excuses, resserre encore l’amitié. Faites qu’il soit ainsi entre Dieu et vous : utilisez vos fautes pour rendre plus étroite votre union d’amour avec lui.

    Il vous arrive d’être embarrassé devant une décision à prendre ou un conseil à donner. Ici encore, ne craignez pas et ne manquez pas d’agir avec Dieu comme font entre eux les amis fidèles. En toute occasion, ils se consultent : consultez Dieu, priez-le de vous suggérer la solution qui sera davantage à son gré : « Seigneur, mettez sur mes lèvres la parole à dire, et dans mon cœur la résolution à prendre ! » (Jdt 9,18 Vg). Suggérez-moi ce qu’il faut que je fasse ou réponde, et je ferai ainsi. « Parlez, Seigneur, car votre serviteur écoute » (1 Sm 3,10).

    Donnez encore à Dieu ce témoignage d’amicale confiance de l’entretenir, non seulement de vos affaires personnelles, mais aussi de celles du prochain. Quel grand plaisir vous procurerez à son cœur si, allant même parfois jusqu’à oublier vos propres soucis, vous lui rappelez les intérêts de sa gloire et les infortunes d’autrui ! (…) « Ô Dieu, si digne de tout amour, faites-vous connaître et faîtes-vous aimer. Que votre règne soit adoré et béni par tous, que votre amour règne dans tous les cœurs ! » (…)

    Concluons. Si vous voulez charmer le Cœur aimant de votre Dieu, appliquez-vous à lui parler le plus souvent possible, et en quelque sorte, continuellement, avec la plus entière et la plus confiante liberté. Il ne dédaignera pas de vous répondre et d’entretenir pour sa part la conversation

    Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

     

     

     

     

  • La pureté d’intention

    Notre Seigneur, au rapport des anciens, avait coutume de dire aux siens : « Soyez bons monnayeurs ». Si l’écu n’est pas de bon or, s’il n’a pas de poids, s’il n’est pas marqué au coin conforme, on le rejette comme non recevable. Une œuvre de bonne espèce, si elle n’est pas ornée de charité, si l’intention n’est pas pieuse, elle ne sera pas reçue parmi les bonnes œuvres. Si je jeûne, mais pour épargner, mon jeûne n’est pas de bonne espèce ; si c’est par tempérance, mais que j’aie quelque péché mortel en mon âme, le poids manque à cette œuvre, car c’est la charité qui donne le poids à tout ce que nous faisons ; si c’est seulement par convenance et pour m’accommoder à mes compagnons, cette œuvre n’est pas marquée au coin d’une intention approuvée. Mais si je jeûne par tempérance, et que je sois en la grâce de Dieu, et que j’aie l’intention de plaire à sa divine majesté par cette tempérance, l’œuvre sera une bonne monnaie, propre pour accroître en moi le trésor de la charité.

    C’est faire excellemment les actions petites, que de les faire avec beaucoup de pureté d’intention et une forte volonté de plaire à Dieu ; et alors, elles nous sanctifient grandement. Il y a des personnes qui mangent beaucoup, et sont toujours maigres, exténuées et alanguies, parce qu’elles n’ont pas une bonne force digestive; il y en a d’autres qui mangent peu, et sont toujours fortes et vigoureuses, parce qu’elles ont l’estomac bon. Aussi y a-t-il des âmes qui font beaucoup de bonnes œuvres, et croissent fort peu en charité, parce qu’elles les font ou froidement et lâchement, ou par instinct et inclination de nature, plus que par inspiration de Dieu ou ferveur céleste ; et au contraire, il y en a qui font peu de besogne, mais avec une volonté et intention si sainte, qu’elles font un progrès extrême en dilection : elles ont peu de talent, mais elles le ménagent si fidèlement que le Seigneur les en récompense largement

    Saint François de Sales (1567-1622)

     

     

     

     

  • L’amour des ennemis

    Il se trouve dans la communauté une sœur qui a le talent de me déplaire en toutes choses ; ses manières, ses paroles, son caractère me semblaient très désagréables. Cependant c’est une sainte religieuse qui doit être très agréable au bon Dieu ; aussi ne voulant pas céder à l’antipathie naturelle que j’éprouvais, je me suis dit que la charité ne devait pas consister dans les sentiments, mais dans les œuvres. Alors je me suis appliquée à faire pour cette sœur ce que j’aurais fait pour la personne que j’aime le plus. À chaque fois que je la rencontrais je priais le bon Dieu pour elle, lui offrant toutes ses vertus et ses mérites. Je sentais bien que cela faisait plaisir à Jésus, car il n’est pas d’artiste qui n’aime à recevoir des louanges de ses œuvres, et Jésus, l’artiste des âmes, est heureux lorsqu’on ne s’arrête pas à l’extérieur mais que, pénétrant jusqu’au sanctuaire intime qu’il s’est choisi pour demeure, on en admire la beauté.

    Je ne me contentais pas de prier beaucoup pour la sœur qui me donnait tant de combats, je tâchais de lui rendre tous les services possibles et quand j’avais la tentation de lui répondre d’une façon désagréable, je me contentais de lui faire mon plus aimable sourire et je tâchais de détourner la conversation (…) Souvent aussi (…), ayant quelques rapports d’emploi avec cette sœur, lorsque mes combats étaient trop violents, je m’enfuyais comme un déserteur. Comme elle ignorait absolument ce que je sentais pour elle, jamais elle n’a soupçonné les motifs de ma conduite et demeure persuadée que son caractère m’est agréable. Un jour à la récréation, elle me dit à peu près ces paroles d’un air très content : « Voudriez-vous me dire, ma sœur Thérèse de l’Enfant Jésus, ce qui vous attire tant vers moi, à chaque fois que vous me regardez, je vous vois sourire ? » Ah, ce qui m’attirait, c’était Jésus caché au fond de son âme. Jésus qui rend doux ce qu’il y a de plus amer.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

     

     

     

     

  • « La loi parfaite, celle de la liberté » (Jc 1,25)

    « A qui prend ta tunique, dit le Christ, donne aussi ton manteau ; à qui prend ton bien, ne réclame pas ; et ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux » (Mt 5,40 ;Lc 6,30-31). De la sorte, nous ne nous attristerons pas comme des gens qu’on aurait dépossédés contre leur gré, mais au contraire nous nous réjouirons comme des gens qui auraient donné de bon cœur, puisque nous ferons un don gratuit au prochain plus que nous ne céderons à la contrainte. « Et, dit-il, si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en avec lui deux mille ». De la sorte nous ne le suivons pas comme un esclave, mais nous le précédons comme un homme libre. En toutes choses donc le Christ t’invite à te rendre utile à ton prochain, ne considérant pas sa méchanceté, mais mettant le comble à ta bonté. Il nous invite ainsi à nous rendre semblable à notre Père « qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5,45).

    Tout cela n’est pas le fait de quelqu’un qui abolit la Loi, mais de quelqu’un qui l’accomplit et qui l’étend pour nous (Mt 5,17). Le service de la liberté est un plus grand service ; notre libérateur nous propose une soumission et une dévotion plus profondes à son égard. Car il ne nous a pas libérés des contraintes de la Loi ancienne pour que nous nous détachions de lui…mais pour que, ayant reçu plus abondamment sa grâce, nous l’aimions davantage et que, l’ayant aimé davantage, nous recevions de lui une gloire d’autant plus grande quand nous serons pour toujours en présence de son Père

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

     

     

     

     

  • Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

    Pour la réception de la communion au corps et au sang vivifiant de l’agneau immaculé Jésus Christ dit :
    Que ton corps vénérable et ton sang précieux, mon Seigneur Jésus Christ, gardent mon corps et mon âme pour la vie éternelle. Que ta paix soit avec moi. En toi, ô Jésus, paix véritable, à jamais que je reçoive paix sur paix, afin que par toi je parvienne à cette paix qui surpasse tout sentiment ; où joyeuse, je te verrai en toi, pour l’éternité.

    Dans cette communion, désire que toute ta vie soit cachée avec le Christ en Dieu, et que l’heure de ta mort te trouve pleinement consommée en lui :
    Ô très doux hôte de mon âme, mon Jésus très cordialement aimé, que ta suave réception soit pour moi aujourd’hui de tous mes péchés la rémission, de toutes mes négligences la réparation. Et de toute ma vie perdue le recouvrement. Qu’elle soit pour moi éternel salut, guérison de l’âme et du corps, embrasement de l’amour, renouvellement de vertu et inclusion de ma vie en toi pour l’éternité. Qu’elle opère en moi la liberté de l’esprit, la santé de la vie, la dignité des mœurs ; qu’elle soit pour moi le bouclier de la patience, l’enseigne de l’humilité, l’appui de la confiance, la consolation dans la tristesse, le secours pour la persévérance. Qu’elle soit pour moi l’armure de la foi, la fermeté de l’espérance, la perfection de la charité, l’accomplissement de tes commandements, le renouvellement de l’esprit, la sanctification dans la vérité (Jn 17,17) et la consommation de toute la religion. Qu’elle soit pour moi la source des vertus, la fin des vices, l’accroissement de tout bien, et le témoignage éternel de ton amour.

    Ainsi, au terme de ma vie, affranchie des misères de cette vie, toute joyeuse je prendrai place pour l’éternité à ton festin, et je tressaillirai au sein des richesses de ton amour, comme l’épouse se réjouit dans les délices de son roi.

    Ame

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

     

  • « Moi, je vous dis ! » : l’accomplissement de la Loi

    La grâce restait voilée dans l’Ancien Testament, mais elle a été révélée dans l’Évangile du Christ quand les temps prévus par Dieu pour la révélation de sa bonté sont arrivés. (…) En rapprochant ces deux époques, nous remarquons une différence profonde. Au pied du Sinaï, le peuple, saisi de frayeur, n’osait pas s’approcher du lieu où le Seigneur donnait sa Loi ; tandis que dans la chambre haute, le Saint-Esprit est descendu sur ceux qui se tenaient assemblés en attendant l’accomplissement de la promesse. Là, le doigt de Dieu a travaillé sur des tables de pierre ; ici, dans le cœur des hommes. (…)

    « L’accomplissement parfait de la Loi, c’est l’amour. » Cet amour de charité n’a pas été écrit sur des tables de pierre, mais « il a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné. » Donc, la loi de Dieu, c’est la charité. « Le désir de la chair ne se soumet pas à la loi de Dieu ; elle n’en est même pas capable » ; pour réprimer ce désir de la chair, les œuvres de la charité ont été écrites sur des tables de pierre, c’était la loi des œuvres, « la lettre qui tue » ceux qui font le mal. Mais lorsque la charité est répandue dans le cœur des croyants, voilà la loi de la foi et « l’Esprit qui donne la vie » à ceux qui aiment.

    Voyez comme la différence entre ces deux lois s’accorde parfaitement avec ces paroles de l’apôtre Paul : « De toute évidence, vous êtes une lettre du Christ, remise à nos soins, écrite non pas avec de l’encre, mais avec l’Esprit du Dieu vivant, non pas sur des tables de pierre, mais dans des cœurs de chair ». (…) Et tout cela se trouve confirmé admirablement par le prophète Jérémie : « Voici venir des jours où je conclurai avec la maison d’Israël et avec la maison de Juda une Alliance nouvelle. Ce ne sera pas comme l’Alliance que j’ai conclue avec leurs pères (…). Je mettrai ma loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai dans leur cœur. »

    Saint Augustin

    (Références bibliques : Mt 5,17; Ex 19; Ac 2; Lc 11,20; Ex 31,18; Rm 13,10; 5,5; 8,17; 2Co 3,6.5; Jr 31,31)

     

     

     

     

  • « Dieu créa l’homme à son image (…), il les créa homme et femme. » (Gn 1,27)

    Comme la sainte Écriture nous l’enseigne, le mariage, avant d’être un sacrement, est une grande réalité terrestre : « Dieu créa l’homme à son image ; à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. » Il faut toujours en revenir à cette première page de la Bible, si l’on veut comprendre ce qu’est, ce que doit être un couple humain, un foyer. (…) La dualité des sexes a été voulue par Dieu, pour qu’ensemble l’homme et la femme soient image de Dieu, et comme lui source de vie : « Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la » (v. 28). Une lecture attentive des prophètes, des livres sapientiaux, du Nouveau Testament, nous montre du reste la signification de cette réalité fondamentale, et nous apprend à ne pas la réduire au désir physique (…), mais à y découvrir la complémentarité des valeurs de l’homme et de la femme, la grandeur et les faiblesses de l’amour conjugal, sa fécondité et son ouverture sur le mystère du dessein d’amour de Dieu. Cet enseignement garde aujourd’hui toute sa valeur et nous prémunit contre les tentations d’un érotisme ravageur. (…)

    Le chrétien le sait, l’amour humain est bon de par son origine, et s’il est, comme tout ce qui est dans l’homme, blessé et déformé par le péché, il trouve dans le Christ son salut et sa rédemption. (…) Que de couples ont trouvé dans leur vie conjugale le chemin de la sainteté, dans cette communauté de vie qui est la seule à être fondée sur un sacrement ! Œuvre de l’Esprit Saint, la régénération baptismale fait de nous « une création nouvelle », appelées à « mener, nous aussi, une vie nouvelle » (cf Tt 3,5; Ga 6,15; Rm 6,4). Dans cette grande entreprise du renouvellement de toutes choses dans le Christ, le mariage, lui aussi purifié et renouvelé, devient une réalité nouvelle, un sacrement de la Nouvelle Alliance. Et voici qu’au seuil du Nouveau Testament comme à l’entrée de l’Ancien se dresse un couple. Mais, tandis que celui d’Adam et Ève a été la source du mal qui a déferlé sur le monde, celui de Joseph et de Marie est le sommet d’où la sainteté se répand sur toute la terre.

    Saint Paul VI

     

     

     

  • Comment n’être pas apôtres ?

    Nous ne cherchons pas l’apostolat : c’est lui qui nous cherche ; Dieu, en nous aimant le premier, nous rend apôtres. Comment partagerions-nous pain, toit, cœur avec ce prochain qui est notre propre chair et ne serions-nous pas débordants pour lui de l’amour de notre Dieu, si ce prochain ne le connaît pas ? Sans Dieu tout est misère ; pour celui qu’on aime, on ne tolère pas la misère : la plus grande moins que tout autre. N’être pas apostoliques, n’être pas missionnaires ? mais que serait alors une appartenance à ce Dieu qui a envoyé son Fils pour que le monde soit sauvé par lui… et comment ?

    Pourtant nous ne « pensons » pas à être apôtres ; nous pensons à être, entre les mains de Dieu, dans le corps du Christ, sous le mouvement de son Esprit, le Christ que nous voulons devenir ; le Christ qui n’a jamais été amour sans être lumière ; et il n’est pas de lumière sans prix de la lumière. Nous le copions, mal, mais sans cesse ; nous pénétrons en lui, dissemblables mais tenaces ; comment ne serions-nous pas, en volonté tout au moins, apôtres ? en disposition de tout nous-même, missionnaires ? (…)

    Comment n’évangéliserions-nous pas si l’Évangile est dans notre peau, nos mains, nos cœurs, nos têtes ? Nous sommes bien obligés de dire pourquoi nous essayons d’être ce que nous voulons être, de ne pas être ce que nous ne voulons pas être, nous sommes bien obligés de prêcher, puisque prêcher, c’est dire publiquement quelque chose sur Jésus-Christ, Dieu et Seigneur, et qu’on ne peut l’aimer et se taire

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

     

     

     

     

  • « Je suis venu non pas abolir mais accomplir la Loi. »

    Le sacrifice de l’agneau pascal, les rites de la Pâque (Ex 12) et la lettre de la Loi ont abouti au Christ Jésus, en vue de qui tout est arrivé dans la Loi ancienne, et encore davantage dans l’ordre nouveau. Car la Loi est devenue le Verbe : d’ancienne, elle est devenue nouvelle (…), les commandements ont été transformés en grâce, la préfiguration en vérité, l’agneau est devenu fils, la brebis est devenue homme et l’homme est devenu Dieu. (…)

    Le Seigneur, qui était Dieu, a revêtu notre humanité, a souffert pour celui qui souffrait, a été enchaîné pour celui qui était captif, a été jugé pour le coupable, a été enseveli pour celui qui était enseveli. Il est ressuscité des morts et a déclaré à haute voix : « Qui disputera contre moi ? Qu’il se présente en face de moi » (Is 50,8). C’est moi qui ai délivré le condamné ; c’est moi qui ai rendu la vie au mort ; c’est moi qui ai ressuscité l’enseveli. « Qui ose me contredire ? » C’est moi le Christ, dit-il ; moi qui ai détruit la mort, qui ai triomphé de l’adversaire, qui ai lié l’ennemi puissant et qui ai emporté l’homme vers les hauteurs des cieux. C’est moi le Christ.

    Venez donc, toutes les familles des hommes, pétries de péchés, et recevez le pardon des péchés. Car c’est moi qui suis votre pardon, moi la Pâque du salut, moi l’agneau immolé pour vous, moi votre rançon, moi votre vie, moi votre résurrection, moi votre lumière, moi votre salut, moi votre roi. C’est moi qui vous emmène vers les hauteurs des cieux, c’est moi qui vous ressusciterai, c’est moi qui vous ferai voir le Père qui existe de toute éternité, c’est moi qui vous ressusciterai par ma main puissante

    Méliton de Sardes (?-v. 195)

     

     

     

  • Tout pour ma gloire

    [Une personne] s’affligeait de ce qu’elle se voyait empêchée de vaquer à l’oraison du fait des divers soucis que lui causait l’emploi dont elle était chargé.

    Comme Gertrude priait pour elle, elle reçut du Seigneur la réponse suivante : « Je n’attends pas d’elle qu’elle me serve une heure par jour, mais bien que, pendant toute la journée, elle soit sans cesse en ma présence, et cela, en accomplissant continuellement tous ses travaux pour ma gloire, dans l’esprit même où elle voudrait vaquer à la prière, et y ajoutant, en outre, cet acte de piété. À chaque travail qu’elle accomplit dans sa charge, de souhaiter toujours que tous ceux qui bénéficieront de son travail non seulement en soient restaurés corporellement, mais aussi spirituellement entraînés à m’aimer davantage et affermis dans le bien.

    Et toutes les fois qu’elle agira ainsi, elle semblera assaisonner sagement tous les plats qui sont, pour ainsi dire, ses travaux et labeurs, d’un sel à mon goût, d’une exquise saveur.

    Sainte Gertrude d’Helfta