Catégorie : Enseignement

  • Le mardi de Pâques

    « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. » Qu’est-ce à dire ? Qu’on touche mieux le Christ par la foi que par la chair. Toucher le Christ par la foi, c’est le toucher en toute vérité. Ainsi la femme qui souffrait de pertes de sang : elle s’approche du Christ, pleine de foi, et touche son vêtement. (…) Et le Seigneur, pressé par des foules, n’est touché que par cette femme (…) parce qu’elle a cru (Mc 5,25s).

    Aujourd’hui, mes frères, Jésus est dans le ciel. Quand il demeurait parmi ses disciples, et qu’il était revêtu d’une chair visible et qu’il possédait un corps palpable, on le voyait, on le touchait. Mais aujourd’hui qu’il siège à la droite du Père, qui d’entre nous peut le toucher ? Et pourtant, malheur à nous, si nous ne le touchons pas. Nous tous le touchons, nous qui croyons. Il est au ciel, il est loin, et les distances qui le séparent de nous ne sont pas mesurables. Mais crois, et tu le touches. Que dis-je ? Tu le touches ? Si tu crois, tu as auprès de toi celui en qui tu crois. (…)

    Voulez-vous savoir comment Marie voulait le toucher ? Elle le cherchait mort et ne croyait pas qu’il devait ressusciter : « Ils ont enlevé mon Seigneur du tombeau ! » (Jn 20,2) Elle pleure un homme (…) « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Tu me touches avant que je ne sois monté vers mon Père, et tu ne vois qu’un homme en moi. Que te donne cette foi-là ? Laisse-moi monter vers le Père. Je ne l’ai jamais quitté, mais j’y monterai pour toi, si tu me crois l’égal du Père. » Notre Seigneur Jésus Christ n’a pas quitté son Père, lorsqu’il est descendu d’auprès de lui. Et lorsqu’il est remonté d’auprès de nous, il ne nous a pas non plus abandonnés. Car au moment de monter et de siéger à la droite du Père, si loin, il dit à ses disciples : « Je reste au milieu de vous jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20).

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • Le lundi de Pâques

    L’Évangile nous dépeint la course joyeuse des disciples : « Tous deux couraient ensemble, mais l’autre disciple courut en avant, plus vite que Pierre, et arriva le premier au tombeau » (Jn 20,4). Qui ne désirerait aussi chercher le Christ siégeant à la droite du Père, et pour obtenir de le trouver au terme de sa quête, qui ne chercherait à courir en esprit, lorsqu’il se remémore avec tant de joie la course à toutes jambes de tels apôtres ? Pour nous encourager en ce désir, que chacun de nous redise avec élan ce verset du Cantique des Cantiques : « Entraîne-moi à ta suite, nous courrons à l’odeur de tes parfums » (3,4 LXX). Courir à l’odeur des parfums, c’est marcher sans relâche, du pas de son esprit, vers notre Créateur, réconforté par la sainte odeur des vertus.

    Telle a bien été la course digne d’éloges de ces très saintes femmes qui, d’après les évangiles, avaient suivi le Seigneur depuis la Galilée et lui sont restées fidèles au moment de sa Passion, alors que les disciples s’étaient enfuis (Mt 27,55) ; elles ont couru à l’odeur des parfums, en esprit, et même selon la lettre, car elles ont acheté des aromates pour oindre les membres du Seigneur, comme en témoigne Marc (16,1).

    Frères, à l’exemple des soins empressés des disciples, hommes et femmes, auprès du sépulcre de leur Maître (…), proclamons à notre manière les joies de la résurrection du Seigneur. Il serait bien dommage qu’une langue de chair taise la louange due à notre Créateur, en ce jour où sa chair est ressuscitée. Cette résurrection magnifique nous incite à proclamer la grandeur de l’Auteur d’une telle joie, et à annoncer la victoire remportée contre notre vieil ennemi (…) : avec le fauteur de mort lui-même, la mort est aujourd’hui délogée ; aujourd’hui, par le Christ, la vie est rendue aux mortels. Aujourd’hui les chaînes du démon sont brisées ; la liberté du Seigneur est accordée en ce jour aux chrétiens.

    Saint Odilon de Cluny (961-1048)

     

     

  • Le samedi saint (Veillée Pascale)

    « Il y a un temps pour la joie, dit Salomon, et un temps pour la tristesse. » (cf. Qo 3,4) La tristesse est passée, le temps de la joie est arrivé, la vraie joie qui provient de la résurrection du Christ. (…)

    Pour toi, il est monté, victorieux des enfers, il a brisé les portes d’airain, il a rompu les barres de fer, il s’est emparé des forteresses de l’enfer, il a écrasé les têtes du dragon. De tes ennemis, il a fait un immense carnage ; il a attaché dans la fosse le prince des enfers. Il a tué la mort et il a mis aux fers l’auteur de la mort. (…) Ensuite, il a retiré les siens des ténèbres et il a rompu leurs liens. Il s’est associé les âmes de tous les justes marchant à la lumière de son visage et exultant en son nom. Elles ont été exaltées dans sa justice, elles qui avaient été humiliées pour leurs injustices.

    Dans son passage aux enfers, le Seigneur Jésus fut seul, ainsi que l’a chanté David en sa personne, disant : « Pour moi, je suis seul, tandis que je passe. » (cf. Ps 140,10) Seul à l’entrée, mais nullement seul à la sortie, car il a ramené avec lui d’innombrables milliers de saints. Il est tombé en terre et il est mort, de sorte qu’il a porté beaucoup de fruit (cf. Jn 12,24). Il s’est laissé tomber comme une semence pour récolter en moisson le genre humain. (…) Oui, morts aux péchés en nous-mêmes à la fontaine baptismale, par le bain de la régénération nous renaissons au Christ, afin de vivre à celui qui est mort pour tous. Aussi l’Apôtre dit-il : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. » (cf. Ga 3,27) D’un seul grain viennent donc des moissons nombreuses. (…)

    C’est de lui aussi que l’Apôtre dit : « C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse, au ciel, sur terre et dans les enfers. » (Ph 2,9-10) Oui, les enfers fléchissent le genou devant lui par frayeur, la terre par son rachat, les cieux par félicité.

    Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

     

     

     

  • Le vendredi saint : Célébration de la Passion du Seigneur

    Père, la tête de ton Fils Jésus qui fait trembler les archanges, est frappée par un roseau ; son visage dans lequel les anges désirent plonger leur regard (1 P 1,12), est conspué de crachats, blessé de gifles ; sa barbe est arrachée, il est frappé de coups de poing, traîné par les cheveux. Et toi, Dieu très clément, tu te caches, tu te dissimules et préfères qu’un seul, ton Unique, soit couvert de crachats et giflé plutôt que tout le peuple périsse (cf. Jn 11,50). A toi la louange, à Toi la gloire, parce que des crachats, des gifles et des coups de poing tu as extrait le contrepoison qui chasse de notre âme le venin de l’antique serpent. (…)

    « Ses mains qui, d’après l’épouse du Cantique, sont des globes d’or, garnis de hyacinthes » (cf. Ct 5,14), furent percées par les clous. Ses pieds, auxquels la mer s’offrit pour qu’il puisse y marcher dessus, furent cloués à la croix. Son visage qui est comme le soleil à son zénith, se couvrit de la pâleur de la mort. Ses yeux très aimés, auxquels aucune créature n’est invisible, furent fermés dans la mort. Peut-il y avoir douleur aussi grande que ma douleur ? Au milieu de tout cela, seul vint à son secours le Père, dans les mains duquel il confia son esprit en disant : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit » (Lc 23,46). Et, sur ces mots, inclinant la tête ― lui qui n’avait aucun autre lieu où reposer sa tête (Mt 8,20) ― il expira. (…)

    Prions, frères bien-aimés, et demandons avec insistance et piété au Seigneur Jésus Christ qui a redonné la vue à l’aveugle-né et à Tobie, d’éclairer les yeux de notre âme par la foi en son Incarnation et par l’amertume de sa Passion, afin que nous méritions de contempler le même Fils de Dieu, Lumière née de la lumière, dans la splendeur des saints, dans la clarté des anges. Que vienne à notre secours celui qui vit et règne avec le Père et l’Esprit pour les siècles des siècles.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

     

     

  • Le mardi saint

    Pierre a renié une première fois et n’a pas pleuré, parce que le Seigneur ne l’avait pas regardé. Il a renié une seconde fois, et il n’a pas pleuré, parce que le Seigneur ne l’avait pas encore regardé. Il a renié une troisième fois, Jésus l’a regardé, et il a pleuré, très amèrement (Lc 22,62). Regarde-nous, Seigneur Jésus, pour que nous sachions pleurer notre péché. Cela montre que même la chute des saints peut être utile. Le reniement de Pierre ne m’a pas fait tort ; au contraire, à son repentir, j’ai gagné : j’ai appris à me garder d’un entourage infidèle (…)

    Pierre a donc pleuré, et très amèrement ; il a pleuré pour arriver à laver sa faute par des larmes. Vous aussi, si vous voulez obtenir le pardon, effacez votre faute par les larmes ; au moment même, sur l’heure, le Christ vous regarde. S’il vous survient quelque chute, lui, témoin présent à votre vie secrète, vous regarde pour vous rappeler et vous faire avouer votre erreur. Faites alors comme Pierre, qui dit ailleurs par trois fois : « Seigneur, tu sais que je t’aime » (Jn 21,15). Il a renié trois fois, trois fois aussi il confesse ; mais il a renié dans la nuit, et il confesse au grand jour.

    Tout cela est écrit pour nous faire comprendre que personne ne doit se vanter. Si Pierre est tombé pour avoir dit : « Même si d’autres viennent à trébucher, moi je ne tomberai pas » (Mt 26,33), quel autre serait en droit de compter sur soi-même ? (…) D’où est-ce que je te rappellerai, Pierre, pour m’apprendre tes pensées quand tu pleurais ? Du ciel où tu as déjà pris place parmi les chœurs des anges, ou encore du tombeau ? Car la mort, d’où le Seigneur est ressuscité, ne te répugne pas à ton tour. Enseigne-nous à quoi t’ont servi tes larmes. Mais tu l’as enseigné bien vite : car étant tombé avant de pleurer, tes larmes t’ont fait choisir pour conduire les autres, toi qui, d’abord, n’avais pas su te conduire toi-même.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

  • « C’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. »

    « Une fois élevé de terre, j’attirerai tout à moi » (Jn 12,32). Puissance admirable de la croix ! Gloire inexprimable de la Passion ! Là se trouve le tribunal du Seigneur, le jugement du monde et la victoire du Crucifié. Oui, tu as tout attiré à toi, Seigneur, et lorsque « tu étendais tes mains tout le jour vers un peuple incroyant et rebelle » (Is 65,2; Rm 10,21), le monde entier a compris qu’il devait rendre gloire à ta majesté. (…) Tu as tout attiré à toi, Seigneur, car, quand le voile du Temple s’est déchiré (Mt 27,51), le symbole du Saint des Saints s’est manifesté en vérité, la prophétie trouve son accomplissement, et la Loi ancienne devient l’Évangile. Tu as tout attiré à toi, Seigneur, afin que le culte de toutes les nations soit célébré en plénitude par le mystère qui, jusqu’alors voilé sous des symboles dans un seul temple en Judée, est enfin manifesté ouvertement. (…)

    Car ta croix est la source de toutes les bénédictions, la cause de toute grâce. De la faiblesse de la croix les croyants reçoivent la force ; de son opprobre, la gloire ; de ta mort, la vie. Maintenant, en effet, les sacrifices multiples prennent fin : l’offrande unique de ton corps et de ton sang mène à leur achèvement tous les différents sacrifices offerts de par le monde, car tu es le véritable Agneau de Dieu, toi qui enlèves le péché du monde (Jn 1,29). Tu achèves en toi toutes les religions de tous les hommes afin que tous les peuples ne fassent plus qu’un seul Royaume.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461)

     

     

  • « Si vous demeurez fidèles à ma parole…, la vérité vous rendra libres. »

     

    « Le Seigneur, c’est l’Esprit, et là où l’Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté » (2Co 3,17). (…) Comment pourrons-nous trouver cette liberté, nous qui sommes les esclaves du monde, les esclaves de l’argent, les esclaves des désirs de la chair ? Certes, je m’efforce de me corriger, je me juge moi-même, je condamne mes fautes. Que mes auditeurs examinent de leur côté ce qu’ils pensent de leur propre cœur. Mais, je le dis en passant, tant que je suis lié par l’une de ces attaches, je ne suis pas converti au Seigneur, je n’ai pas atteint la vraie liberté, puisque de telles affaires, de tels soucis sont encore capables de me retenir. (…)

    Il est écrit, nous le savons : « Chacun est esclave de ce qui le domine » (2P 2,19). Même si je ne suis pas dominé par l’amour de l’argent, même si je ne suis pas lié par le souci des biens et des richesses, je suis cependant avide de louange et désireux de gloire humaine, quand je tiens compte du visage que me montrent les hommes et des paroles qu’ils disent de moi, quand je me soucie de savoir ce qu’un tel pense de moi, comment tel autre m’estime, quand je crains de déplaire à l’un et désire plaire à l’autre. Tant que j’ai ces préoccupations, je suis leur esclave. Mais je voudrais faire effort pour me libérer, tâcher de me dégager du joug de cet esclavage honteux et de parvenir à cette liberté dont nous parle l’apôtre Paul : « Vous avez été appelés à la liberté ; ne vous rendez pas esclaves des hommes » (Ga 5,13 ;1Co 7,23). Mais qui me procurera cette liberté ? Qui me délivrera de cet esclavage honteux, sinon celui qui a dit : « Si c’est le Fils qui vous rend libres, alors vous serez vraiment libres. » (…) Servons donc fidèlement, « aimons de tout notre cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces le Seigneur notre Dieu » (Mc 12,30) pour mériter de recevoir du Christ Jésus notre Seigneur le don de la liberté.

    Origène (v. 185-253)

     

     

     

  • « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis. »

    Le prophète Isaïe nous décrit une vision sublime : « J’ai vu le Seigneur assis sur un trône » (Is 6,1). Magnifique spectacle, mes frères ! Heureux les yeux qui l’ont vu ! Qui ne désirerait de toute son âme contempler la splendeur d’une si grande gloire ? (…) Mais voici que j’entends le même prophète nous rapporter une autre vision de ce même Seigneur, bien différente : « Nous l’avons vu ; il n’avait ni beauté, ni éclat : nous l’avons pris pour un lépreux » (Is 53,2s Vulg). (…)

    Toi donc, si tu désires voir Jésus dans sa gloire, cherche à le voir d’abord dans son abaissement. Commence par fixer les yeux sur le serpent élevé dans le désert (cf Jn 3,14), si tu désires voir le Roi siéger sur son trône. Que cette première vision te remplisse d’humilité, pour que la seconde te relève de ton humiliation. Que celle-là réprime et guérisse ton orgueil, avant que celle-ci ne comble et rassasie ton désir. Vois-tu le Seigneur « réduit à rien » ? (Ph 2,7) Que cette vision ne te laisse pas insouciant, sinon tu ne pourras, sans souci, le contempler ensuite dans la gloire de son exaltation.

    « Tu lui seras semblable », certes, quand tu le verras « tel qu’il est » (1Jn 3,2) ; sois donc semblable à lui dès maintenant en voyant ce qu’il est devenu à cause de toi. Si tu ne refuses pas de lui ressembler dans son abaissement, il te donnera sûrement en retour la ressemblance de sa gloire. Il ne souffrira jamais que celui qui a participé à sa Passion soit exclu de la communion à sa gloire. Il refuse même si peu d’admettre avec lui dans le Royaume celui qui a partagé sa Passion, que le larron, pour l’avoir confessé sur la croix, se retrouva le jour même avec lui au paradis (Lc 23,42) (…) Oui, « si nous souffrons avec lui, avec lui, nous régnerons » (Rm 8,17).

    Saint Bernard (1091-1153)

     

     

  • « Moi non plus, je ne te condamne pas. »

    Un psaume dit : « Instruisez-vous, juges de la terre » (Ps 2,10). Ceux qui jugent la terre sont les rois, les gouverneurs, les princes, les juges proprement dits. (…) Qu’ils s’instruisent, car il s’agit de la terre qui juge la terre, mais elle doit craindre celui qui est au ciel. Ils jugent leur égal : un homme juge un homme, un mortel un mortel, un pécheur un pécheur. Si notre Seigneur faisait retentir au milieu de ces juges cette sentence divine : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre », est-ce que tous ceux qui jugent la terre ne seraient pas saisis de tremblement ?

    Aux pharisiens qui, pour le tenter, lui avaient amené une femme surprise en adultère (…) Jésus a dit : « Vous voulez lapider cette femme comme la Loi le prescrit. Eh bien, que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre ». Pendant qu’ils le questionnaient, il écrivait sur la terre, pour « instruire la terre » ; mais quand il leur a donné cette réponse, il a levé les yeux, « il a regardé la terre et elle a tremblé » (Ps 103,32). Les pharisiens, confus et tremblants, s’en vont l’un après l’autre. (…)

    La pécheresse reste seule avec le Sauveur : la malade avec le médecin, la grande misère avec la grande miséricorde. Regardant cette femme, Jésus lui dit : « Personne ne t’a condamnée ? — Personne, Seigneur » (…) Mais elle reste devant un juge qui est sans péché. « Personne ne t’a condamnée ? — Personne, Seigneur, et si toi-même tu ne me condamnes pas, je suis en sûreté ». Silencieusement, le Seigneur répond à cette inquiétude : « Moi non plus, je ne te condamne pas. (…) La voix de leur conscience a empêché tes accusateurs de te punir ; la miséricorde m’incite à venir à ton secours ». Méditez ces vérités, et « instruisez-vous, juges de la terre ».

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • Nous n’abandonnerons pas l’amour.

    Nous vivons dans un monde où l’amour lui-même est condamné : on l’appelle faiblesse, chose à dépasser. Certains disent : « L’amour n’a pas d’importance, il faut plutôt développer ses forces ; que chacun devienne aussi fort qu’il le peut ; et que le faible périsse ! » Ils disent encore que la religion chrétienne avec ses sermons sur l’amour, c’est du passé. (…) C’est ainsi : ils viennent à vous avec ces doctrines, et ils trouvent même des gens qui les adoptent volontiers. L’amour est inconnu : « l’Amour n’est pas aimé » disait en son temps saint François d’Assise ; et quelques siècles plus tard à Florence, sainte Marie-Madeleine de Pazzi sonnait les cloches du monastère de son Carmel pour que le monde sache combien l’Amour est beau ! Moi aussi, je voudrais sonner les cloches pour dire au monde comme il est beau d’aimer !

    Le néo-paganisme [du nazisme] peut répudier l’amour, l’histoire nous enseigne que, malgré tout, nous serons vainqueurs de ce néo-paganisme par l’amour. Nous n’abandonnerons pas l’amour. L’amour nous regagnera les cœurs de ces païens. La nature est plus forte que la philosophie. Qu’une philosophie condamne et rejette l’amour et l’appelle faiblesse, le témoignage vivant d’amour renouvellera toujours sa puissance pour conquérir et captiver les cœurs des hommes.

    Bienheureux Titus Brandsma