Étiquette : Esprit Saint

  • Faire la volonté de l’Esprit

    Faire la volonté de l’Esprit

    Gertrude écouta attentivement l’épître (2 Cor 6,1-10) pour choisir, parmi les vertus énumérées, les plus utiles à imiter et à enseigner aux autres. Et comme elle ne recevait à ce sujet aucune lumière en son esprit, elle dit au Seigneur : « Apprenez-moi, ô mon très doux amant, quelles sont, parmi celles-ci, les vertus grâce auxquelles je puis vous servir de manière à vous plaire particulièrement, puisque, hélas ! je ne puis chaque jour m’appliquer à chacune par un effort extraordinaire. »

    Le Seigneur répondit : « Remarque bien que, au milieu des autres vertus, se trouvent insérés ces mots : ‘dans l’Esprit Saint’ (cf. 2 Cor 6,6), et parce que l’Esprit est volonté bonne, veille par-dessus tout à posséder une volonté bonne. C’est ainsi que tu pourras avoir l’éclat et la perfection spécifique de toutes les vertus, parce que la volonté, à elle seule, gagne plus que tout ce qu’on pourrait réaliser ou acquérir par des actes. Celui dont la volonté entière cherche à surpasser la louange de toute créature, à me rendre grâces, à m’aimer, à compatir à mes douleurs, à s’exercer à toute vertu de la manière la plus parfaite possible, celui-là, indubitablement, ma divine libéralité lui paiera largement le prix des innombrables choses que jamais homme aurait pu réaliser par ses œuvres. »

    Alors, l’Esprit Saint, le Paraclet, s’avançant au milieu et se tenant en face de l’âme, se mit à inonder du merveilleux éclat de sa splendeur divine cette partie médiane (…) où l’âme pouvait voir à découvert l’énormité de sa propre vileté. Ainsi, par l’action de la clarté divine, cette âme, totalement dépouillée de toute vileté, eut le bonheur d’être immergée dans la fontaine vive de la lumière qui ne s’éteint pas.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Pentecôte

    Pentecôte

    Le Paraclet est descendu pour revêtir de force les apôtres et les baptiser. Le Seigneur dit en effet : « Pour vous, vous serez baptisés dans l’Esprit Saint, et sous peu de jours » (Ac 1,5). Il ne s’agit pas d’une grâce partielle, mais de la puissance absolue. De même en effet que celui qui est plongé dans l’eau et baptisé est de toutes parts entouré par les eaux, ainsi les apôtres ont été totalement baptisés par l’Esprit. Mais l’eau entoure le corps de l’extérieur ; l’Esprit, lui, baptise l’âme cachée à l’intime de l’être sans rien en négliger.

    Pourquoi t’en étonnes-tu ? Prends un exemple matériel (…). Lorsque le feu pénètre à travers l’épaisseur du fer, toute la masse de celui-ci se transforme en feu ; de froid, le voici brûlant ; de sombre, brillant. Si le feu, qui est matériel, pénètre ainsi dans la matière du fer et y travaille sans obstacle, pourquoi t’étonner si l’Esprit Saint pénètre au plus intime de l’âme ? (…) « Et il remplit toute la maison où ils étaient assis » (Ac 2,2). La maison devint le réceptacle de l’eau mystique. Les disciples étaient assis à l’intérieur et toute la maison fut remplie : ils furent donc baptisés sans restriction selon la promesse. Leurs âmes et leur corps revêtirent le divin vêtement qui sauve.

    « Et des langues disséminées leur apparurent, comme de feu, et il s’en posa sur chacun d’eux et tous furent remplis de l’Esprit Saint » (Ac 2,34). (…) Voilà ce qui doit venir sur vous : suppression et destruction de vos péchés comme d’épines, et aussi illumination du fond précieux de votre âme ; don de la grâce enfin, car alors aussi il l’a donnée aux apôtres. Il se reposa sur eux sous forme de langues de feu pour faire ceindre à leurs têtes des diadèmes spirituels tout nouveaux, faits de langues de feu. L’épée de feu, auparavant, interdisait les portes du paradis : la langue de feu salutaire a restitué la grâce.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

  • Prier dans l’Esprit par des gémissements ineffables

    Prier dans l’Esprit par des gémissements ineffables

    Celui qui demande à Dieu la seule chose qui importe et la recherche (cf. Ps 26,4), peut le faire avec certitude et confiance. (…) Ce bien unique est la paix qui surpasse tout entendement, nous ne savons pas le demander comme il faut dans nos prières. Car ce que nous pouvons imaginer dans sa réalité, nous ne le connaissons pas véritablement ; et d’autre part, tout ce qui nous vient à la pensée et que nous rejetons, refusons et réprouvons, nous savons que ce n’est pas l’objet de notre recherche, même si nous ignorons encore ce que représente réellement cet objet.

    Il y a donc en nous ce que j’appellerais une docte ignorance, instruite par l’Esprit de Dieu qui soutient notre faiblesse. Car, après avoir dit : « Si nous ne voyons pas ce que nous espérons, nous l’attendons avec patience », l’Apôtre ajoute : « Nous ne savons pas ce que nous devons demander, mais l’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables. Et celui qui scrute les cœurs connaît l’aspiration de l’Esprit : il sait qu’il intercède pour les saints » (cf. Rm 8,25-27).

    Ceci ne doit pas s’entendre de façon à nous faire croire que l’Esprit Saint de Dieu, qui est Dieu immuable en la Trinité et un seul Dieu avec le Père et le Fils, intercède pour les saints comme quelqu’un qui n’est pas Dieu. On dit qu’il prie pour les saints parce qu’il fait prier les saints. Il les fait donc prier par des gémissements ineffables en leur inspirant le désir de ce grand bien encore inconnu que nous attendons avec patience.

    Saint Augustin (354-430)

  • Le Christ nous a donné l’Esprit Saint

    Le Christ nous a donné l’Esprit Saint

    Courage, mes Frères, ne nous laissons abattre ni par le péché commis, ni par aucune illusion, aucune tentation du démon. La route a beau être rude et fangeuse, le Christ, notre médecin, nous a donné un remède pour toutes nos infirmités, un baptême de sang et de feu, dans lequel l’âme purifie et lave tous ses péchés, consume et détruit toutes les tentations et les illusions du démon. (…)

    L’homme, tant qu’il vit dans la prison corruptible de son corps, éprouve une loi perverse, qui l’invite et le sollicite toujours au péché, la douce bonté de Dieu lui a donné un remède continuel, qui fortifie sa raison et sa liberté. Ce remède continuel est le feu du Saint-Esprit, qui ne s’éteint jamais, et répand toujours sa grâce et ses bienfaits, tellement que chaque jour nous pouvons nous appliquer ce doux baptême, qui nous est donné par grâce et non par mérite.

    Ainsi donc, quand l’âme regarde et voit en elle ce trésor et ce feu de l’Esprit Saint, elle s’enivre tellement de l’amour de son Créateur, qu’elle se renonce entièrement. (…) Elle voit et considère seulement son néant et la bonté de Dieu à son égard ; elle voit que cette Bonté infinie ne veut autre chose que son bien, et alors son amour devient parfait envers Dieu. Elle n’a pas d’autre pensée, d’autre affection, et elle ne peut retenir l’élan de son désir ; mais elle court sans fardeau et sans lien, car elle s’est délivrée de tous les obstacles qui pouvaient l’arrêter.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

    « Je prierai le Père et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. »

    Quand le Seigneur donnait à ses disciples le pouvoir de faire renaître les hommes en Dieu, il leur disait : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit » (Mt 28,19). En effet, il avait promis par les prophètes de répandre cet Esprit dans les derniers temps sur ses serviteurs et ses servantes, afin qu’ils prophétisent (Jl 3,1)… Ainsi notre Seigneur a promis à la Samaritaine « une eau vive », « afin qu’elle n’ait plus jamais soif », et qu’elle ne soit plus astreinte à boire une eau puisée péniblement mais qu’elle ait en elle-même une eau « jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4,10-14). Il s’agit de pouvoir boire ce que le Seigneur a reçu lui-même du Père, et qu’il donne à son tour à ceux qui demeurent en lui, en envoyant l’Esprit Saint sur la terre entière…       

    Gédéon avait prophétisé que sur toute la terre se répandrait la rosée, qui est l’Esprit de Dieu (Jg 6,36-40). C’est précisément cet Esprit qui était descendu sur le Seigneur : « Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science et de piété, Esprit de crainte de Dieu » (Is 11,2-3). A son tour, le Seigneur a donné cet Esprit à l’Église, en envoyant des cieux le Défenseur sur toute la terre –- là où « Satan avait été précipité comme l’éclair », selon la parole du Seigneur (Lc 10,18). C’est pourquoi cette rosée de Dieu  nous est nécessaire pour que nous ne soyons pas consumés et rendus stériles et pour que là où nous avons un Accusateur (Ap 12,10), nous ayons aussi un Défenseur.       

    Car le Seigneur a confié à l’Esprit Saint l’homme, son propre bien, qui était tombé entre les mains des bandits (Lc 10,30). Le Seigneur a « été saisi de pitié, il a pansé ses plaies » ; il a donné « deux pièces d’argent » (v. 35) à l’effigie du roi pour que, après avoir reçu par l’Esprit « l’effigie et l’inscription » (Lc 20,23) du Père et du Fils, nous fassions fructifier cette pièce d’argent qui nous a été confiée et la rendions au Seigneur multipliée (cf Mt 25,14s).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

  • « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »

    « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »

    La vie de contemplation est la vie du ciel… Grâce à l’amour d’union avec Dieu en effet, l’homme passe au-delà de son être de créature, pour découvrir et savourer l’opulence et les délices que Dieu est lui-même et qu’il laisse couler sans cesse au plus caché de l’esprit humain, là où celui-ci est semblable à la noblesse de Dieu. Lorsque l’homme recueilli et contemplatif a ainsi rejoint son image éternelle, et lorsque, dans cette limpidité, grâce au Fils, il a trouvé sa place dans le sein du Père, il est éclairé par la vérité divine…

    Car il faut savoir que le Père céleste, abîme vivant, est tourné, par des œuvres, avec tout ce qui vit en lui, vers son Fils, comme vers son éternelle Sagesse (Pr 8,22s) ; et cette même Sagesse, avec tout ce qui vit en elle, se réfléchit, par des œuvres, dans le Père, c’est-à-dire dans l’abîme dont elle est sortie. De cette rencontre jaillit la troisième Personne, celle qui se tient entre le Père et le Fils, c’est-à-dire le Saint-Esprit, leur commun amour, qui est un avec les deux dans la même nature. Cet amour embrasse et traverse avec jouissance le Père, le Fils et tout ce qui vit en eux, et cela avec une telle opulence et une telle joie que toutes les créatures en sont réduites à un silence éternel. Car la merveille insaisissable, cachée en cet amour, dépassera éternellement la compréhension de toute créature.

    Lorsque nous reconnaissons cette merveille et la savourons sans étonnement, c’est que notre esprit se trouve au-delà de lui-même et qu’il est un avec l’Esprit de Dieu, savourant et regardant sans mesure, comme Dieu savoure et regarde sa propre richesse dans l’unité de sa profondeur vivante, selon son mode incréé… Cette délicieuse rencontre, qui a lieu en nous selon le mode de Dieu, est sans cesse renouvelée… Car de même que le Père regarde sans cesse toutes les choses comme nouvelles dans la naissance de son Fils, elles sont aussi aimées d’une façon nouvelle par le Père et par le Fils dans le jaillissement du Saint-Esprit. Voilà la rencontre du Père et du Fils en laquelle nous sommes amoureusement étreints, grâce au Saint-Esprit, dans un amour éternel.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

  • Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Demandons au Saint Esprit la charité du Seigneur !

    Si tu sais en quoi consiste l’offrande du sacrifice, tu comprendras pourquoi on y implore la venue du Saint-Esprit.

    Selon le témoignage de l’apôtre Paul, le sacrifice est offert pour que la mort du Seigneur soit annoncée et que revive le souvenir de celui qui a donné sa vie pour nous. Le Seigneur lui-même avait dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15,13). Donc, puisque le Christ est mort pour nous par amour, nous demandons, lorsque nous faisons mémoire de sa mort au moment du sacrifice, que l’amour nous soit donné par la venue de l’Esprit Saint. Nous demandons en suppliant que, par l’amour même qui a poussé le Christ à se laisser crucifier pour nous, nous aussi, ayant reçu la grâce de l’Esprit Saint, nous puissions être crucifiés au monde et imiter la mort de notre Seigneur pour marcher dans une vie nouvelle.

    Ainsi tous les fidèles qui aiment Dieu et leur prochain, même s’ils ne boivent pas le calice d’une passion corporelle, boivent cependant le calice de la charité du Seigneur. Car on boit le calice du Seigneur tant que l’on garde sa sainte charité sans laquelle il ne sert à rien de livrer son corps aux flammes. Le don de la charité nous confère d’être en vérité ce que nous célébrons mystiquement dans le sacrifice. (…) C’est pourquoi nous demandons que l’Esprit Saint vienne nous donner la charité.

    Saint Fulgence de Ruspe (467-532)

  • « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »

    « Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. »

    Que je ne désire rien en dehors de toi… Donne-moi souvent de porter mon cœur vers toi et, quand je faiblis, de peser ma faute avec douleur, avec un ferme propos de me corriger. Donne-moi, Seigneur Dieu, un cœur vigilant que nulle pensée curieuse n’entraîne loin de toi ; un cœur noble que nulle affection indigne n’abaisse ; un cœur droit que nulle intention équivoque ne dévie ; un cœur ferme que nulle adversité ne brise ; un cœur libre que nulle passion violente ne domine.

    Accorde-moi, Seigneur mon Dieu, une intelligence qui te connaisse, un empressement qui te cherche, une sagesse qui te trouve, une vie qui te plaise, une persévérance qui t’attende avec confiance et une confiance qui te possède à la fin. Accorde-moi par la pénitence d’être affligé de ce que tu as enduré, d’user en chemin de tes bienfaits par la grâce, de jouir de tes joies surtout dans la patrie par la gloire. Ô toi qui, étant Dieu, vis et règnes dans tous les siècles. Amen.

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

  • « Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

     « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.

    En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

    Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)