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Archive pour le mot-clef ‘malade’

St Vincent

samedi 26 septembre 2009

QUAND TOUT BASCULE – 1617

Un jour de janvier, alors que Vincent accompagne Madame de Gondi au château de Folleville, en Picardie, un paysan moribond désire le voir. Vincent accourt au chevet du malade et lui fait faire une confession générale. Pour Vincent, c’est une révélation : il découvre la misère spirituelle des gens de la campagne qui représentent l’immense majorité de la population. En juillet, il se retrouve à Châtillon, comme curé. Il découvre la misère corporelle des pauvres et le peu d’organisation des secours. Pour y remédier, il crée la première Confrérie de la Charité, avec des dames de diverses conditions sociales.

En 1619, Vincent est chargé de l’aumônerie générale des galères. En 1625, grâce aux Gondi, il crée une société de prêtres missionnaires dont il sera le supérieur. Le but est simple : « Suivre le Christ évangélisateur des pauvres ». La Congrégation de la Mission est approuvée par l’archevêque de Paris et par Rome.

Installés dans l’ancienne léproserie de Saint-Lazare, on appelle ces missionnaires les lazaristes. La simplicité, l’humilité, la douceur, la mortification et le zèle sont, pour Vincent de Paul, les vertus principales de ces missionnaires: « Les cinq belles petites pierres avec lesquelles on peut vaincre l’infernal Goliath. »

AU SECOURS DU CLERGÉ FRANÇAIS

En 1628, l’évêque de Beauvais invite Monsieur Vincent à réfléchir au meilleur moyen de régénérer le clergé de France. Il inaugure des Retraites d’Ordinands pour préparer les futurs prêtres à recevoir les ordres. Il met sur pied les Conférences des mardis, destinées aux prêtres souhaitant « s’entretenir des vertus et des fonctions de leur état ». « Quand attentifs, nous l’écoutions parler dans quelque conférence, nous sentions s’accomplir en lui ce mot de l’apôtre : si quelqu’un parle, que ses paroles soient comme des paroles de Dieu », témoigne Bossuet. En 1641, Vincent ouvre un grand séminaire à Annecy. Pour lui, le prêtre a pour mission non pas de rappeler au peuple les pratiques de la religion, mais plutôt de les inviter à persévérer dans la fidélité à leurs devoirs. Entre temps, les Confréries de la Charité se sont multipliées. Pour aider les Dames dans le service corporel des pauvres, des « filles de village » se sont présentées. Louise de Marillac les regroupe en novembre 1633 ; ce seront les Filles de la Charité (appelées aussi soeurs de Saint-Vincent-de- Paul).

À partir de 1632, les guerres dévastent les provinces. Monsieur Vincent y organise les secours. Il recueille les enfants trouvés, crée un foyer pour les mendiants et les vieillards. Il se lance dans des fondations en Irlande et en Pologne. Les terres non chrétiennes l’appellent : l’Afrique du Nord, puis Madagascar. La reine Anne d’Autriche l’appelle au Conseil de Conscience qui nomme évêques et abbés.

L’oeuvre de Vincent de Paul s’est construite sans plan d’ensemble, sans illumination miraculeuse. Travaillant passionnément à partir des réalités qui

s’imposent à lui, toujours en lien avec d’autres, hommes et femmes, il cherche simplement à répondre aux besoins de son temps, notamment dans deux secteurs décisifs pour tout l’apostolat de l’Église : les pauvres et le clergé.