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Archive pour le mot-clef ‘Esprit Saint’

« Si je ne m’en vais pas, le Paraclet, le Défenseur, ne viendra pas à vous, mais si je pars, je vous l’enverrai. »

mardi 28 mai 2019

Mon Dieu, éternel Paraclet, je t’adore, Lumière et Vie. Tu aurais pu te contenter de m’envoyer du dehors de bonnes pensées, la grâce qui les inspire et les accomplit ; tu aurais pu me conduire ainsi dans la vie, me purifiant seulement par ton action tout intérieure au moment de mon passage dans l’autre monde. Mais, dans ta compassion infinie, tu es entré dans mon âme, dès le commencement, tu en as pris possession, tu en as fait ton temple. Par ta grâce, tu habites en moi d’une manière ineffable, tu m’unis à toi et à toute l’assemblée des anges et des saints. Plus encore, tu es personnellement présent en moi, non seulement par ta grâce, mais par ton être même, comme si, tout en gardant ma personnalité, j’étais en quelque sorte absorbé en toi, dès cette vie. Et comme tu as pris possession de mon corps lui-même dans sa faiblesse, il est donc aussi ton temple (1Co 6,19). Vérité étonnante et redoutable ! Ô mon Dieu, je le crois, je le sais !

Puis-je pécher quand tu es si intimement avec moi ? Puis-je oublier qui est avec moi, qui est en moi ? Puis-je chasser l’hôte divin par ce qu’il abhorre plus que tout, la seule chose au monde entier qui l’offense, la seule réalité qui ne soit pas sienne ? … Mon Dieu, j’ai une double sécurité contre le péché : d’abord, la crainte d’une telle profanation, en ta présence, de tout ce que tu es en moi ; et ensuite, la confiance que cette présence même me gardera du mal… Dans les épreuves et la tentation, je t’appellerai… Grâce à toi-même, je ne t’abandonnerai jamais.

Bienheureux John Henry Newman (1801-1890)

 

L’envoi de l’Esprit Saint

lundi 27 mai 2019

Il faut considérer que, lorsqu’on dit que l’Esprit Saint est envoyé, ce n’est pas qu’il change de lieu, puisqu’il remplit le monde entier, comme le dit le livre de la Sagesse (cf. Sg 1, 7), mais qu’il commence à habiter d’une manière nouvelle, par la grâce, en ceux dont il fait le temple de Dieu : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »(1Co 3, 16).

Et il n’est pas contradictoire de dire qu’il est envoyé et qu’il vient, car dire de lui qu’il vient, nous fait voir manifestement la majesté de sa divinité, lui qui « opère » « comme il le veut » (1Co 12,6 et 11), et dire qu’il est envoyé, montre qu’il procède d’un autre. En effet le fait de sanctifier la créature rationnelle en habitant en elle, il le tient d’un autre, de qui il tient l’être, comme le Fils tient d’un autre tout ce qu’il opère.

Remarquons aussi que la mission de l’Esprit Saint vient du Père et du Fils conjointement, comme l’exprime l’Apocalypse : « L’Ange me montra un fleuve d’eau de la vie – c’est-à-dire l’Esprit Saint – procédant du trône de Dieu et de l’Agneau -c’est-à-dire du Christ. » (Ap 22, 1) Voilà pourquoi, pour la mission de l’Esprit Saint, il est fait mention du Père et du Fils par lesquels, en vertu d’une même et égale puissance, il est envoyé. Aussi le Christ présente-t-il parfois le Père comme celui qui envoie, mais cependant pas sans le Fils « le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom » (Jn 14, 26) et parfois il se présente lui-même comme celui qui envoie, mais pas sans le Père : « que moi, je vous enverrai d’auprès du Père », parce que tout ce qu’opère le Fils, il le tient du père : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même. » (Jn 5, 19).

Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)

 

 

 

« Le Défenseur, l’Esprit Saint…, vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

dimanche 26 mai 2019

Une fois ressuscité, le Christ, qui avait « remis l’esprit » sur la croix (Jn 19,30) comme Fils de l’homme et Agneau de Dieu, va vers les apôtres pour « souffler sur eux » (Jn 20,22)… La venue du Seigneur remplit de joie ceux qui sont présents : « leur tristesse se change en joie » (cf Jn 16,20), comme il l’avait déjà promis lui-même avant sa Passion. Et surtout l’annonce essentielle du discours d’adieu se réalise : le Christ ressuscité, comme inaugurant une création nouvelle, porte l’Esprit Saint aux apôtres. Il le leur porte au prix de son « départ », il leur donne cet Esprit en quelque sorte à travers les plaies de sa crucifixion : « Il leur montra ses mains et son côté » (Jn 20,20). C’est en vertu de cette crucifixion qu’il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint » (v. 22).

Un lien étroit s’établit ainsi entre l’envoi du Fils et celui de l’Esprit Saint. L’envoi de l’Esprit Saint (après le péché originel) ne peut avoir lieu sans la croix et la résurrection : « Si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous » (Jn 16,7). Un lien étroit s’établit aussi entre la mission de l’Esprit Saint et celle du Fils dans la rédemption. La mission du Fils, en un sens, trouve son achèvement dans la rédemption ; la mission de l’Esprit Saint découle de la rédemption : « C’est de mon bien qu’il reçoit et il vous le dévoilera » (Jn 16,15). La rédemption est accomplie pleinement par le Fils comme l’Oint qui est venu et a agi par la puissance de l’Esprit Saint, s’offrant lui-même à la fin en sacrifice suprême sur le bois de la croix. Et cette rédemption est aussi accomplie continuellement dans les cœurs et les consciences des hommes — dans l’histoire du monde — par l’Esprit Saint qui est l’« autre Défenseur » (Jn 14,16).

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

« Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même. »

jeudi 16 mai 2019

Ce que Dieu avait révélé pour le salut de toutes les nations, il a décidé dans sa grande bonté de le maintenir à jamais intact et de le transmettre à toutes les générations. C’est pourquoi le Christ Seigneur, en qui toute la révélation de Dieu reçoit son achèvement (2Co 1,20; 3,16-4,6), ayant accompli lui-même et proclamé de sa propre bouche l’Évangile promis auparavant par les prophètes, a ordonné à ses apôtres de le prêcher à tous comme la source de toute vérité qui conduit au salut et de toute règle morale, en leur communiquant les dons divins. L’ordre du Christ a été fidèlement exécuté par les apôtres qui, dans leur prédication orale, dans leurs exemples et dans ce qu’ils ont établi, ont transmis ce qu’ils avaient reçu de la bouche du Christ ou en le voyant vivre et agir, et aussi ce que le Saint-Esprit leur suggérait. Cet ordre a été fidèlement exécuté par ces apôtres et des hommes apostoliques qui, sous l’inspiration du même Esprit Saint, ont consigné par écrit le message du salut.

Pour que l’Évangile soit gardé à jamais intact et vivant dans l’Église, les apôtres ont laissé comme successeurs les évêques, auxquels « ils ont transmis leur propre charge d’enseignement » (saint Irénée). Cette tradition sainte et la Sainte Écriture des deux Testaments sont donc comme le miroir dans lequel l’Église, pendant son pèlerinage sur terre, contemple Dieu, de qui elle reçoit tout, jusqu’à ce qu’elle soit arrivée à son terme : le voir face à face tel qu’il est (1Jn 3,2)…

Cette tradition qui vient des apôtres se développe dans l’Église sous l’assistance du Saint-Esprit : en effet, la perception des choses et des paroles transmises grandit, par la contemplation et l’étude des croyants qui les gardent dans leur cœur (Lc 2,19.51), par la pénétration profonde des réalités spirituelles qu’ils expérimentent, par la prédication de ceux qui, avec la succession dans l’épiscopat, ont reçu un charisme assuré de la vérité. L’Église, au cours des siècles, tend constamment vers la plénitude de la vérité divine, jusqu’à ce que les paroles de Dieu trouvent en elle leur achèvement.

Concile Vatican II

 

 

« Dieu lui donne l’Esprit sans compter. »

jeudi 2 mai 2019

Dans sa vie intérieure, Dieu « est amour » (1Jn 4,8), un amour essentiel, commun aux trois Personnes divines : l’Esprit Saint est l’amour personnel en tant qu’Esprit du Père et du Fils. C’est pourquoi il « sonde jusqu’aux profondeurs de Dieu » (1Co 2,10), en tant qu’Amour-Don incréé. On peut dire que, dans l’Esprit Saint, la vie intime du Dieu un et trine se fait totalement don, échange d’amour réciproque entre les Personnes divines, et que, par l’Esprit Saint, Dieu existe sous le mode du don. C’est l’Esprit Saint qui est l’expression personnelle d’un tel don de soi, de cet être-amour. Il est Personne-amour. Il est Personne-don. Cela nous montre, au sujet du concept de personne en Dieu, une richesse insondable de la réalité et un approfondissement dépassant ce qui se peut exprimer, tels que seule la révélation peut nous les faire connaître.

En même temps, l’Esprit Saint, en tant que consubstantiel au Père et au Fils dans la divinité, est Amour et Don (incréé) d’où découle comme d’une source… tout don accordé aux créatures (don créé) : le don de l’existence à toutes choses par la création ; le don de la grâce aux hommes par toute l’histoire du salut. Comme l’apôtre Paul l’écrit : « L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rm 5,5).

Saint Jean-Paul II (1920-2005)

 

 

 

Dimanche de la miséricorde

dimanche 28 avril 2019

Seigneur Jésus Christ, faites encore que de nous ne soit fait « qu’un cœur et qu’une âme » (Ac 4,32), car alors il y aura « une grande tranquillité » (Mc 4,39). Mes chers auditeurs, je vous exhorte à l’amitié et à la bienveillance entre vous, et à la paix entre tous ; car si nous avions la charité entre nous, nous aurions la paix et nous aurions le Saint-Esprit. Il faut se rendre dévot et prier Dieu…, car les apôtres étaient persévérants dans la prière… Si nous nous mettons à faire des prières ferventes, le Saint-Esprit viendra en nous et dira : « La paix soit avec vous ! C’est moi ; n’ayez pas peur » (cf Mc 6,50)… Que devons-nous demander à Dieu, mes frères ? Tout ce qui est pour son honneur et le salut de vos âmes, et en un mot l’assistance du Saint-Esprit : « Envoie ton Esprit et tout sera créé » (Ps 103,30) — la paix et la tranquillité…

Il faut demander cette paix, afin que l’Esprit de paix vienne sur nous. Il nous faut aussi rendre grâces à Dieu de tous ses bienfaits, si nous voulons qu’il nous donne des victoires qui sont commencement de paix ; et pour obtenir le Saint-Esprit, il faut remercier Dieu le Père de ce qu’il l’a envoyé d’abord sur notre chef Jésus Christ, notre Seigneur, son Fils…— car « nous recevons tout de sa plénitude » (cf Jn 1,16) — et de ce qu’il l’a envoyé sur ses apôtres pour nous le communiquer par leurs mains. Il nous faut remercier le Fils : en tant que Dieu, il envoie l’Esprit sur ceux qui s’y disposent. Mais surtout, il faut le remercier de ce qu’en tant qu’homme il nous a mérité la grâce de recevoir ce divin Esprit…

Comment Jésus Christ a-t-il mérité la venue du Saint-Esprit ? Lorsque « en inclinant la tête il remit l’esprit » (Jn -19,30) ; car en donnant son dernier soupir et son esprit au Père, il mérita que le Père envoie son Esprit sur son corps mystique.

Saint François de Sales (1567-1622)

 

 

 

« C’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint. »

jeudi 3 janvier 2019

« Un rameau sortira de la souche de Jessé (père de David), un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur » (Is 11,1-2). Toute cette prophétie concerne le Christ… Le rameau et la fleur qui sortent de la souche de Jessé, les juifs les interprètent du Seigneur lui-même : pour eux le rameau est le symbole du sceptre royal ; la fleur, celui de sa beauté. Nous les chrétiens, nous voyons dans le rameau issu de la souche de Jessé la sainte Vierge Marie, à qui nul ne s’est uni pour la rendre féconde. C’est elle que désignait plus haut le même prophète : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils » (7,14). Et dans la fleur nous reconnaissons le Seigneur notre Sauveur qui dit dans le Cantique des cantiques : « Je suis la fleur des champs et le lys des vallées » (Ct 2,1)…

Sur cette fleur qui jaillit soudain de la souche et de la racine de Jessé par la Vierge Marie, va reposer l’Esprit du Seigneur, car « Dieu s’est plu à faire habiter en lui corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2,9). Non d’une manière fragmentaire, comme sur les autres saints, mais… selon ce qu’on lit dans l’évangile de Matthieu : « Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je me complais. Je ferai reposer sur lui mon esprit. Aux nations, il fera connaître le jugement » (Mt 12,18; Is 42,1). Nous appliquons cette prophétie au Sauveur sur qui l’Esprit du Seigneur a reposé, ce qui veut dire qu’il établit en lui sa demeure éternelle… Comme en témoigne Jean Baptiste, il descend pour demeurer sans cesse sur lui : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : ‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est celui-là qui baptise dans l’Esprit Saint’ »… Cet Esprit est appelée « Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de science, de piété et de crainte du Seigneur » (Is 11,2)… Il est l’unique et même source de tous les dons.

Saint Jérôme (347-420)

 

 

 

 

« L’Esprit Saint vous enseignera à cette heure même ce qu’il faudra dire. »

samedi 20 octobre 2018

Au moment où Polycarpe pénétra dans le stade, une voix retentit du ciel : « Courage, Polycarpe, et sois fort ». Personne ne vit qui parlait, mais ceux d’entre les nôtres qui étaient présents avaient entendu la voix… Quand la foule sut qui était ce captif, les cris redoublèrent. Le proconsul lui demanda si c’était lui Polycarpe. Oui, répondit-il. Et l’autre d’essayer de lui arracher son reniement : « Respecte ton grand âge… Jure par la fortune de César, rétracte-toi… Maudis le Christ. » Polycarpe répondit : « Voilà quatre-vingt-six ans que je le sers, et il ne m’a fait aucun mal. Comment pourrais-je outrager mon roi et mon sauveur ? » Et comme l’autre revenait à la charge…, Polycarpe reprit : « Puisque tu t’es mis en tête de me faire jurer par la fortune de César, comme tu dis, et que tu feins d’ignorer qui je suis, entends-le de moi franchement : je suis chrétien. Et si tu veux apprendre la sagesse de ma religion, accorde-moi un jour et écoute-moi. » « Persuade le peuple », répliqua le proconsul. « Avec toi, j’estime que je peux discuter. Car nous avons appris à marquer aux autorités et aux magistrats établis par Dieu le respect qui leur est dû, à condition que celui-ci ne se retourne pas contre nous. Mais ces gens-là, ils manquent trop de dignité pour que je m’explique devant eux. » « J’ai des fauves, reprit le proconsul, je te jetterai sous leur dent, si tu n’abjures pas. — Appelle-les, répondit Polycarpe. — Tu méprises les bêtes ? Tu t’obstines ? Je te livrerai aux flammes. » Polycarpe lui dit : « Tu me menaces d’un feu qui brûle une heure et s’éteint. Car tu ne connais pas le feu du jugement futur et du châtiment éternel qui attend les impies. Mais pourquoi tardes-tu ? Fais à ton idée ». Les événements se précipitèrent ; en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ce fut une ruée vers les ateliers et les bains où les gens ramassèrent bois et fagots… Lorsque le bûcher fut dressé, Polycarpe se dépouilla lui-même de ses vêtements et dénoua sa ceinture. Il voulut aussi délacer ses sandales, ce qu’il ne faisait pas d’habitude, parce que les fidèles volaient à son aide… Ce grand saint avait suscité, bien avant son martyre, une immense vénération.

Lettre de l’Église de Smyrne sur le martyre de saint Polycarpe (69-155), évêque

 

 

 

Le doigt de Dieu

vendredi 12 octobre 2018

Le nom, les appellations et les symboles de l’Esprit Saint : « Saint-Esprit », tel est le nom propre de celui que nous adorons et glorifions avec le Père et le Fils. L’Église l’a reçu du Seigneur et le professe dans le baptême de ses nouveaux enfants (Mt 28,19). Le terme « Esprit » traduit le terme hébreu « ruah » qui, dans son sens premier, signifie souffle, air, vent. Jésus utilise justement l’image sensible du vent pour suggérer à Nicodème la nouveauté transcendante de celui qui est personnellement le Souffle de Dieu, l’Esprit divin (Jn 3,5-8). D’autre part, Esprit et Saint sont des attributs divins communs aux Trois Personnes divines… Jésus, lorsqu’il annonce et promet la venue de l’Esprit Saint, le nomme le « Paraclet », littéralement : « celui qui est appelé auprès ». « Paraclet » est traduit habituellement par « Consolateur », Jésus étant le premier consolateur. Le Seigneur lui-même appelle l’Esprit Saint « l’Esprit de Vérité »… On trouve chez saint Paul les appellations : l’Esprit de la promesse, l’Esprit d’adoption, l’Esprit du Christ, l’Esprit du Seigneur, l’Esprit de Dieu, et chez saint Pierre, l’Esprit de gloire. Les symboles de l’Esprit Saint : [L’eau. L’onction. Le feu. La nuée et la lumière. Le sceau. La colombe.] La main. C’est en imposant les mains que Jésus guérit les malades et bénit les petits enfants. En son nom, les apôtres feront de même. Mieux encore, c’est par l’imposition des mains des apôtres que l’Esprit Saint est donné. L’Épître aux Hébreux met l’imposition des mains au nombre des articles fondamentaux de son enseignement. Ce signe de l’effusion toute-puissante de l’Esprit Saint, l’Église l’a gardé dans ses épiclèses sacramentelles. Le doigt. « C’est par le doigt de Dieu que [Jésus] expulse les démons ». Si la Loi de Dieu a été écrite sur des tables de pierre « par le doigt de Dieu » (Ex 31,18), « la lettre du Christ », remise aux soins des apôtres, « est écrite avec l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les cœurs » (2Co 3,3). L’hymne « Veni, Creator Spiritus » invoque l’Esprit Saint comme « le doigt de la droite du Père ».

Catéchisme de l’Église catholique

 

 

 

 

« Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint. » « Vous avez reçu en vous la marque de Saint Esprit : ne le contristez pas » (Ep 4,30)

samedi 6 octobre 2018

Quand l’homme indécis échoue dans quelque entreprise, la tristesse envahit son âme, elle afflige le Saint-Esprit et le chasse… Éloigne donc de ton cœur la tristesse et n’étouffe pas l’Esprit Saint qui habite en toi (1Th 5,19), de peur qu’il n’en appelle à Dieu contre toi et ne te quitte. Car l’Esprit de Dieu, qui a été mis dans ta chair, ne supporte ni la tristesse ni la gêne. Revêts-toi de la gaieté et fais-en tes délices. Voilà ce qui plaît à Dieu ; voilà ce qu’il accueille favorablement. Car tout homme joyeux agit bien, pense bien et foule aux pieds la tristesse. L’homme triste, au contraire, agit toujours mal ; d’abord, il fait le mal en attristant l’Esprit Saint qui a été donné joyeux à l’homme ; ensuite, il commet une impiété en ne priant pas le Seigneur et en ne le louant pas. Car la prière de l’homme triste n’a jamais la force de monter jusqu’à l’autel de Dieu… Comme le vinaigre, mélangé au vin, lui fait perdre sa bonne saveur, de même la tristesse, mêlée au Saint-Esprit, affaiblit l’efficacité de la prière. Purifie donc ton cœur de cette tristesse pernicieuse, et tu vivras pour Dieu, ainsi que tous ceux qui auront dépouillé la tristesse et revêtu la joie.

Hermas (2e siècle)