Étiquette : ancien testament

  • St David fils de Jessé le Bethléémite, IIe roi d’Israël

    San_Davide_AHDans le livre du Prophète Samuel, on peut lire  le commencement, pas ordinaire, de cette histoire: le choix inattendu d’un jeune berger appelé à succéder à Saül, lequel fut  premier roi régnant en Israël. Il s’agit de David, le  personnage biblique de  l’Ancienne Alliance sur qui  le Livre sacré nous fournit le plus de détails –  sur  son histoire édifiante et quelques fois fort  tumultueuse. À preuve…

    Le prophète Samuel était parti en quête d’un successeur pour le roi Saül tombé en disgrâce devant le Très-Haut.  Évidemment, le roi n’en  savait rien, sinon la démarche  du  vieux prophète n’aurait pas fait long feu. On ne change pas de roi comme on change de chemise… si ce n’est par un  coup d’état, ce dont Samuel  n’avait nullement envie. Samuel agissait toujours avec la patience et la discrétion de l’Esprit. Or l’Esprit, ce jour-là, le conduisit au patelin de Bethléem oùhabitait un propriétaire terrien du nom de Ishaï. Samuel confia son dessein au seigneur du lieu qui appela ses fils. Il en avait huit, dont sept en âge de prendre des responsabilités;  le septième n’était qu’un gamin qu’il laissa au champ pour garder le troupeau.  Le prophète se mit en prière et exerça son discernement sur les sept grands gars d’Ishaï;  mais il n’en trouva aucun marqué de  l’Esprit. On appela donc le petit dernier et Samuel le sacra roi dans le plus grand secret.

    David était un bel adolescent roux d’une quinzaine d’années. On le mit au courant de sa mission: aller vivre, plutôt incognito,  à la cour du roi. Comme il était artiste, chantait bien, touchait la lyre et composait des mélodies, il serait facile de trouver un poste auprès de Saül. Cependant, déjà sacré  par le prophète,  il ne devait  rien  laisser transpirer  du projet de son Élohim (Dieu). Le secret ainsi gardé, le Seigneur lui révélerait à quel moment  se faire connaître comme nouveau roi en Juda.
    Selon le livre sacré, l’esprit de Dieu s’était retiré de Saül, et un esprit mauvais le tenaillait, lui causait des terreurs inexplicables. Un serviteur convia David en présence du roi pour  jouer de la lyre et calmer  son esprit tourmenté. En entendant la musique de David, Saül éprouvait  un grand soulagement. Aussi, dit le Livre, « Saül se prit d’une grande affection pour lui et David devint son   écuyer ».  Un jour, comme écuyer du roi, David se lança, seul,  à l’attaque du géant Goliath qui terrorisait Israël. Au nom de Yahvé Sabaot,  il le tua d’une pierre de sa fronde et lui trancha la tête. Cet événement enchanta le peuple qui acclama le jeune David. Dès lors, le roi  Saül commença de jalouser son écuyer. Et, très rapidement,  la vie se compliqua pour David qui devait fuir continuellement la présence du roi.  Celui-ci  forma même le projet de le faire périr. Jonathan et Milka aidèrent David  à  échapper au piège.

    David devint un homme de guerre, toujours doublé du poète qui chantait par des psaumes la gloire du Très-Haut. Il avait  gardé son cœur d’enfant, de petit berger qui tendrement protégeait et conduisait  son troupeau. Il se tenait en présence du  Dieu qui l’assistait en toutes ses entreprises.
    Quand il succéda à Saül, décédé aux mains des Pelishtîm, il régna sept ans sur Iehouda, siégeant à Hèbrôn,  tandis qu’un fils de Saül, Ishbaal,  fut sacré  roi en Israël. Puis, une guerre se déclara entre les deux royaumes, où David vainquit Abner,  chef d’armée du roi d’Israël. Après cette victoire, qui fut suivie des meurtres d’Abner et d’Ishbaal, les chefs des tribus d’Israël joignirent David à Hèbrôn et le reconnurent comme leur roi. La Bible nous dit: « David avait trente ans à son avènement et il régna quarante ans. À Hèbrôn, il régna sept ans et six mois sur Juda; à Jerusalem, il régna trente-trois ans sur tout Israël et Juda ».  De fait, après sa victoire sur Israël, David partit en guerre contre les Iebussîm, s’empara de Ieroushalaîm dont il fit la capitale du royaume uni. Le prophète Natân le bénit au nom de Yahvé et lui assura une descendance à jamais: “Ta maison et ta royauté subsisteront à jamais devant moi, ton trône sera affermi à jamais”. David n’avait que trente ans et louait Dieu de tout ce qu’il lui avait permis de vivre en si peu d’années. Parfois, il se demandait s’il rêvait ou si c’était bien vrai! Il faisait à Dieu cette prière, conservée au Livre sacré: “Qui suis-je, Seigneur Adonaï, et quelle est ma maison pour que tu m’aies mené jusque-là? Mais cela est encore trop peu à tes yeux, Seigneur Adonaï, et tu étends aussi tes promesses à la maison de ton serviteur pour un lointain avenir…

    L’unification du Royaume constitua un événement majeur dans l’histoire du  peuple élu; mais aussi un tournant, un peu tragique, dans la vie de David. Il commença à prospérer, à sentir qu’il était  “maître après Dieu”. Et il lui arrivait d’oublier le “après Dieu”!  Il organisa le royaume, avec l’aide des sages de ce temps qui étaient  plus “hommes politiques” que “hommes de l’Esprit”. Il se prit à leur jeu, et se référa de moins à moins à l’Esprit de son Elohîm pour prendre des décisions: constructions, armées, guerres, annexions, relations diplomatiques, mariages d’état en série, etc. Ce qui, peu à peu, l’emporta dans son esprit et guida sa politique royale, ce fut l’efficacité, la possession,  le pouvoir. Le royaume marcha si bien que David pensa de moins en moins à recourir à son Seigneur : il en vint  à négliger ses prières!  Mais Dieu l’attendait au détour…

    Moins enclin à prier son Seigneur, David laissait  facilement errer son esprit où il ne devait pas. Il commit une imprudence glissante en examinant, de sa terrasse et avec convoitise, la très belle Bat-Shèba, épouse de son voisin Ouryah. Il succomba même au désir d’avoir une relation avec elle, et elle devint enceinte. Alors, comme allant de soi, David s’arrangea pour liquider l’époux gênant, l’envoyant au front d’un combat perdu d’avance. Puis, tout bonnement, il fit entrer Bat-Shèba dans son harem… Il pensait que l’histoire finirait là, qu’on n’en parlerait plus et que tout rentrerait dans l’ordre. Mais Dieu veillait sur son David d’autrefois, si croyant, fidèle et  pieux. Il lui fit la grâce d’un prophète pour le tirer de son errement qui risquait de l’encroûter à jamais. Natân, qu’il aimait bien, vint lui conter l’histoire d’un homme riche, aux troupeaux fabuleux, qui prit  à un indigent la seule petite brebis qu’il possédait et faisait reposer sur con cœur. Le Livre raconte que David entra en grande colère contre cet homme et dit à Natân: “Aussi vrai que Yahvé est vivant, l’homme qui a fait cela mérite la mort!…” Quand David eut fini de se vider le cœur et d’exprimer sa profonde indignation devant telle injustice, le Prophète lui dit: “Cet homme, c’est toi!”

    Ce fut un réveil brutal pour David. Il pleura amèrement et pria la très  belle prière que l’on prie  au Livre des Psaumes; il la composa, dit le Livre, “quand Natân, l’inspiré, vint à lui parce qu’il était allé vers Bat-Shèba”. La prière de l’Église récite souvent ce qu’on a appelé le  >>> Miserere Mei, Deus, et que des poètes musiciens ont mis en musique.

    Le roi David recouvrit son cœur d’enfant de Dieu. Il fut, par la suite de son long règne,  un roi modèle que l’on présenta toujours comme tel à la postérité: tous les rois qui suivirent furent jugés à  l’aune du roi David. Pareillement, on attendit toujours le Messie à venir comme “fils de David” qui devait naître à Béit-Lèhèm  de Iehouda, la ville du saint Roi David.

    Pour un approfondissement, lire :
    Premier Livre de Samuel (chapitres 16 à 31) ;
    Deuxième livre de Samuel (chapitres 1 à 24);
    Premier livre des Rois (chapitres 1 et 2);
    Premier livre des Chroniques (chapitres 3, 11 à 29).

    Source principale : bible.catholique.org/ ; jesuites.org/content (« Rév. x gpm »).

     

     

     

  • « Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive : il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. »

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    Les fils de Ninive jeûnèrent d’un jeûne pur, lorsque Jonas leur prêcha la conversion. Ainsi est-il écrit en effet : Lorsqu’ils entendirent la prédication de Jonas, ils décrétèrent un jeûne permanent et une supplication ininterrompue, en étant assis sur des sacs et de la cendre. Ils ôtèrent leurs vêtements délicats et revêtirent des sacs à la place. Ils refusèrent aux nourrissons les seins de leurs mères, au petit et au gros bétail le pâturage (Jon 3)…

    Et voici ce qu’il est écrit : « Dieu vit leurs œuvres, qu’ils se détournaient de leurs mauvais chemins. Alors il détourna d’eux la colère et il ne les anéantit pas. » Il ne dit pas : « Il vit une abstinence de pain et d’eau, avec sac et cendre », mais « qu’ils revenaient de leurs mauvais chemins et de la méchanceté de leurs œuvres »… Ce fut là un jeûne pur, et il fut accepté, le jeûne que jeûnèrent les Ninivites, quand ils se détournèrent de leurs mauvais chemins et de la rapacité de leurs mains…

    Car mon ami, quand on jeûne, c’est toujours l’abstinence de méchanceté qui est la meilleure. Elle est meilleure que l’abstinence de pain et d’eau, meilleure que…« courber le cou comme un crochet et se couvrir de sacs et de cendres » comme le dit Isaïe (58,5). En effet, quand l’homme s’abstient de pain, d’eau ou de quelque nourriture que ce soit, qu’il se couvre d’un sac et de cendres et qu’il s’afflige, il est aimé, beau et agréé. Mais ce qui agrée le plus c’est qu’il s’humilie lui-même, qu’il « délie les chaînes » de l’impiété et qu’il « coupe les liens » de la tromperie. Alors « sa lumière brille comme le soleil et sa justice marche devant lui. Il est comme un verger surabondant, comme une source dont l’eau ne cesse pas » (Is 58,6s).

    Aphraate (?-v. 345), moine et évêque près de Mossoul
    Les Exposés, n°3 Du jeûne ; SC 349 (trad. SC, p.277)

     

     

     

  • Désert

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    Livre d’Isaïe 35,1-10
    Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse, qu’il se couvre de fleurs des champs ! 
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    Sans titre-2
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    On a retrouvé, dans le désert du Sahara, bien des fossiles marins, qui témoignent d’un temps où cette vaste étendue était traversée de mers et de lacs qui rendaient verdoyante une terre aujourd’hui aride et désolée. En certains endroits, il suffit de se baisser pour ramasser d’anciens coquillages, signes de cette époque révolue. On le sait bien : le désert peut progresser, et assécher les plus riants paysages. Ne le craignons-nous pas, en ces temps de réchauffement climatique ? Curieusement, l’inverse est en revanche inimaginable. Comme une application de plus de la fameuse loi de Murphy, selon laquelle « tout ce qui peut mal tourner va mal tourner », le désert peut progresser, mais non reculer. Alors quand Dieu promet de faire fleurir le désert, comme il le fait par la bouche du prophète Isaïe, nous pouvons bien être du bitatifs.
    Qu’annonce Isaïe à un peuple d’Israël découragé, vaincu, exilé loin de sa terre ? Que Dieu n’a pas cessé d’être le Créateur qui, au premier matin du monde, a regardé le néant en face pour y faire surgir des merveilles. Que nos déserts de désespoir, d’ennui ou de médiocrité peuvent être, si nous l’acceptons, ce néant où Dieu peut encore créer, comme au premier jour. Notre découragement n’est bien souvent qu’un manque d’imagination : aucune fatalité ne s’impose au Créateur.Le jardin d’Éden dont furent chassés Adam et Eve, et dont la nostalgie nous habite, repose sans doute en nous sous de grandes quantités de sable. Laisserons-nous Dieu y faire toute chose nouvelle ?
    Frère Adrien Candiard, dominicain
    couvent du Caire
    Signe dans la Bible
  • Abraham

    images« Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit : ‘ Prends ton fils bien-aimé, celui que tu chéris, Isaac, et offre-le en sacrifice sur la montagne que je t’indiquerai ’ » (Gn 22,2).  Ce fils sur qui reposent de grandes et merveilleuses promesses…, voilà qu’Abraham reçoit l’ordre de l’offrir en holocauste au Seigneur sur une montagne !

    Que ressens-tu à cet ordre, Abraham ?… L’apôtre Paul à qui l’Esprit avait révélé, je crois, les pensées et les sentiments d’Abraham, a déclaré : « Grâce à sa foi, Abraham n’hésita pas lorsqu’il offrit son fils unique sur qui reposaient les promesses, car il pensait que Dieu était assez puissant pour le ressusciter des morts » (Rm 4,20; He 11,17.19)… Voilà donc la première occasion où la foi en la résurrection s’est manifestée. Oui, Abraham espérait qu’Isaac ressusciterait, il croyait à la réalisation de ce qui n’était jamais encore arrivé… Abraham savait qu’en lui se formait déjà la préfiguration de la réalité à venir ; il savait que le Christ naîtrait de sa descendance, la vraie victime offerte pour le monde entier, celui qui triompherait de la mort par sa résurrection.

    « Abraham se leva donc de bon matin…, et le troisième jour il parvint au lieu que le Seigneur lui avait indiqué. » Le troisième jour est toujours lié avec le mystère…; la résurrection du Seigneur surtout a eu lieu le troisième jour… « Levant les yeux, Abraham vit l’endroit de loin. Il dit à ses serviteurs : ‘ Restez ici avec l’âne. Moi et l’enfant, nous irons jusque là-bas pour adorer, puis nous reviendrons vers vous ’ »… Dis-moi donc, Abraham, déclares-tu la vérité à tes serviteurs quand tu affirmes aller adorer puis revenir avec l’enfant, ou bien veux-tu les tromper ?… « Je dis la vérité, répond Abraham ; j’offre l’enfant en holocauste, et c’est pourquoi j’emporte le bois avec moi. Puis je reviens vers vous avec l’enfant. Je crois en effet de toute mon âme que ‘ Dieu est assez puissant pour le ressusciter des morts. ’ »

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur le livre de la Genèse, n° 8 ; SC 7 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 1, p. 74 rev.)

     

     

     

  • « Veux-tu guérir ? » Le carême conduit au baptême.

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    Nous lisons dans l’Ancien Testament qu’au temps de Noé, comme tout le genre humain était gagné par le péché, les cataractes du ciel se sont ouvertes et que pendant quarante jours les eaux de la pluie se sont abattues… C’était symbolique : il s’agit moins d’un déluge que d’un baptême. C’est bien un baptême qui a emporté la méchanceté des pécheurs et épargné la droiture de Noé. Ainsi donc, comme à cette époque, aujourd’hui le Seigneur nous a donné le carême pour que les cieux s’ouvrent pendant le même nombre de jours, pour nous inonder de l’ondée de la miséricorde divine. Une fois lavés dans les eaux du baptême qui sauvent, ce sacrement nous illumine ; comme autrefois, les eaux emportent le mal de nos fautes et affermissent la droiture de nos vertus.

    La situation aujourd’hui est la même qu’au temps de Noé. Le baptême est déluge pour le pécheur et consécration pour ceux qui sont fidèles. Dans le baptême, le Seigneur sauve la justice et détruit l’injustice. Nous le voyons dans l’exemple d’un seul et même homme : l’apôtre Paul, avant d’être purifié par les commandements spirituels, était un persécuteur et un blasphémateur (1Tm 1,13). Une fois baigné de la pluie céleste du baptême, le blasphémateur est mort, le persécuteur est mort, Saul est mort. Alors prend vie l’apôtre, le juste, Paul… Quiconque vit religieusement le carême et observe les prescriptions du Seigneur voit mourir en lui le péché et vivre la grâce…; il meurt comme pécheur et vit comme juste.

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Sermon pour le carême ; CC Sermon 50, p. 202 ; PL 57, 585 (trad. Migne 1996, p. 89 rev.)

     

     

     

  • Livre de Jérémie 7,23-28.

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    Parole du Seigneur. Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Soyez attentifs à ma voix. Alors je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple; suivez jusqu’au bout la route que je vous prescris, et vous serez heureux. »
    Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais conseils de leur cœur obstiné ; ils ont reculé au lieu d’avancer.
    Depuis le jour où vos pères sont sortis d’Égypte jusqu’à aujourd’hui, j’ai envoyé vers vous tous mes serviteurs, les prophètes, je les ai envoyés inlassablement.
    Mais vous ne m’avez pas écouté, vous n’avez pas prêté l’oreille, vous avez raidi votre cou, vous avez été pires que vos pères.
    Tu auras beau leur répéter ces paroles, ils ne t’écouteront pas davantage. Tu pourras les appeler, ils ne répondront pas.
    Tu leur diras alors : « Voilà bien la nation qui n’a pas été attentive à la voix du Seigneur son Dieu, et ne s’est pas laissé former par lui ! La fidélité est morte ; on n’en parle plus. »

     

     

     

     

  • Livre du Deutéronome 26,16-19.

    QUIZ_Livres-en-M_4304oïse disait au peuple d’Israël :  » Aujourd’hui, le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces commandements et ces décrets. Tu les garderas et observeras de tout ton cœur et de toute ton âme.
    Aujourd’hui, tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : qu’il sera ton Dieu, et que tu suivras ses chemins, que tu garderas ses commandements, ses ordres et ses décrets, et que tu écouteras sa voix.
    Aujourd’hui, le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : que tu seras son peuple particulier, comme il te l’a promis, et que tu devras garder tous ses commandements.
    Il te donnera prestige, renommée et gloire, plus qu’à toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il te l’a promis.

     

     

     

     

  • « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, ma sœur, ma mère. »

    femme-bilique1Dans la parabole du semeur, saint Luc rapporte ces paroles par lesquelles Jésus explique la signification de « la bonne terre » : « Ce sont ceux qui, ayant entendu la parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent et portent du fruit par leur persévérance » (Lc 8,15)… Ce « cœur bon et généreux », en référence à la parole écoutée et gardée, constitue un portrait implicite de la foi de la Vierge Marie. Le même évangéliste nous parle de la mémoire de Marie, de la manière dont elle conservait dans son cœur tout ce qu’elle écoutait et voyait (2,19.51), de façon à ce que la parole porte du fruit dans sa vie. La Mère du Seigneur est l’icône parfaite de la foi, comme dira sainte Élisabeth : « Bienheureuse celle qui a cru » (Lc 1,45).

    En Marie, Fille de Sion, s’accomplit la longue histoire de foi de l’Ancien Testament, avec le récit de la vie de beaucoup de femmes fidèles, à commencer par Sara, femmes qui, à côté des patriarches, étaient le lieu où la promesse de Dieu s’accomplissait et la vie nouvelle s’épanouissait. À la plénitude des temps, la parole de Dieu s’est adressée à Marie, et elle l’a accueillie avec tout son être, dans son cœur, pour qu’elle prenne chair en elle et naisse comme lumière pour les hommes… En la mère de Jésus, en effet, la foi a porté tout son fruit, et quand notre vie spirituelle donne du fruit, nous sommes remplis de joie, ce qui est le signe le plus clair de la grandeur de la foi. Dans sa vie, Marie a accompli le pèlerinage de la foi en suivant son fils (Vatican II, LG 58). Ainsi, en Marie, le chemin de foi de l’Ancien Testament est assumé dans le fait de suivre Jésus, et il se laisse transformer par lui, en entrant dans le regard même du Fils de Dieu incarné.

    Pape François
    Encyclique « Lumen fidei / La Lumière de la foi », § 58 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Tous les prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. » (Mt 11,13)

    ProphètesDieu a fixé un temps pour ses promesses, et un temps pour accomplir ce qu’il avait promis. Le temps des promesses était le temps des prophètes, jusqu’à Jean Baptiste ; à partir de lui et jusqu’à la fin, c’est le temps d’accomplir ce qui a été promis. Il est fidèle, Dieu qui s’est fait notre débiteur, non en recevant quelque chose de nous, mais en nous promettant de si grandes choses. C’était peu de promettre : il a voulu encore s’engager par écrit, en dressant avec nous comme un contrat de ses promesses ; ainsi, lorsqu’il commencerait à s’acquitter de ses promesses, nous pourrions considérer dans l’Écriture l’ordre où devait se réaliser ce qu’il a promis. C’est pourquoi le temps de la prophétie, comme nous l’avons dit souvent, était la prédiction des promesses.

    Il a promis le salut éternel, la vie bienheureuse sans fin avec les anges, et l’héritage qui ne peut pas se flétrir (1P 1,4), la gloire éternelle, la douceur de son visage, la demeure de sa sainteté dans les cieux, et par la résurrection des morts, désormais aucune crainte de mourir. Telle est sa promesse, comme le but vers lequel se porte tout notre élan, et quand nous y serons parvenus, nous n’aurons plus rien à rechercher, plus rien à exiger.

    Et le plan selon lequel nous parviendrons à ce but final, il nous l’a montré par ses promesses et ses annonces. En effet, il a promis aux hommes la divinité, aux mortels l’immortalité, aux pécheurs la justification, aux humiliés la glorification.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les psaumes, Ps 109 (trad. bréviaire 2e merc. Avent ; cf Brésard, 2000 ans C, p. 16)

     

     

     

     

  • « Beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez. »

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    La plénitude de la foi chrétienne : « Abraham…a tressailli d’allégresse à la pensée qu’il verrait mon jour. Il l’a vu et a été dans la joie » (Jn 8,56). Selon ces paroles de Jésus, la foi d’Abraham était dirigée vers lui ; elle était, en un sens, une vision anticipée de son mystère. Ainsi le comprend saint Augustin quand il affirme que les patriarches seront sauvés par la foi : non la foi dans le Christ déjà venu, mais la foi dans le Christ qui allait venir, la foi tendue vers l’événement futur de Jésus.

    La foi chrétienne est centrée sur le Christ, elle est confession que Jésus est le Seigneur et que Dieu l’a ressuscité des morts (Rm 10,9). Toutes les lignes de l’Ancien Testament se rassemblent dans le Christ. Il devient le « oui » définitif à toutes les promesses, le fondement de notre « Amen » final à Dieu (cf 2Co 1,20). L’histoire de Jésus est la pleine manifestation de la fiabilité de Dieu. Si Israël rappelait les grands actes d’amour de Dieu, qui formaient le centre de sa confession et ouvraient le regard de sa foi, désormais la vie de Jésus apparaît comme le lieu de l’intervention définitive de Dieu, la manifestation suprême de son amour pour nous.

    La parole que Dieu nous adresse en Jésus n’est pas une parole supplémentaire parmi tant d’autres, mais sa Parole éternelle (He 1,1-2). Il n’y a pas de garantie plus grande que Dieu puisse donner pour nous assurer de son amour, comme nous le rappelle saint Paul (Rm 8,31s). La foi chrétienne est donc foi dans le plein Amour, dans son pouvoir efficace, dans sa capacité de transformer le monde et d’illuminer le temps. «  Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru » (1Jn 4,16). La foi saisit, dans l’amour de Dieu manifesté en Jésus, le fondement sur lequel s’appuient la réalité et sa destination ultime.

    Pape François
    Encyclique « Lumen fidei / La Lumière de la foi », §15 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)