Étiquette : St Cyrille de Jérusalem

  • Les témoins du Christ

    Nombreux sont, mes bien-aimés, les témoignages véridiques au sujet du Christ.

    Témoignage du Père, venant du ciel, au sujet de son Fils ; témoignage de l’Esprit Saint, qui descend sous la forme corporelle d’une colombe ; témoignage de Gabriel archange, annonçant à Marie la bonne nouvelle ; témoignage de la Vierge Mère de Dieu : témoignage du lieu béni de la crèche. (…) Jean-Baptiste témoigne, le plus grand des prophètes, l’introducteur de la Nouvelle Alliance, celui même qui d’une certaine manière relie en sa personne les deux alliances, l’Ancienne et la Nouvelle. Parmi les fleuves, le Jourdain témoigne, et parmi les mers la mer de Tibériade ; témoignent les aveugles, témoignent les boiteux, témoignent les morts ressuscités ; les démons témoignent en disant : « Nous savons qui tu es : le Saint de Dieu » (Mc 1,24). Témoignent les vents ramenés à l’ordre et au silence ; les cinq pains témoignent, qui furent multipliés entre cinq mille convives. (…) Les ennemis de ce temps-là témoignent, et parmi eux, le bienheureux Paul, ennemi d’un instant, esclave d’un long temps ; les douze apôtres témoignent, qui, non seulement en paroles, mais chacun par ses supplices et sa mort, ont proclamé la vérité.(…)

    Tous ceux-là, divers, et d’autres plus nombreux encore, sont témoins. Est-ce que le Christ, soutenu par ces témoignages, rencontre encore l’incrédulité ? Si donc quelqu’un est jusqu’à présent demeuré incrédule, qu’il croie désormais ; et si quelqu’un était déjà croyant, qu’il accentue son progrès dans la foi, en croyant en notre Seigneur Jésus Christ, et qu’il sache de qui il porte le nom. Tu es appelé « chrétien » – respecte ton nom ; que notre Seigneur Jésus Christ Fils de Dieu ne soit pas blasphémé à cause de toi, mais que plutôt tes belles œuvres brillent devant les hommes, pour qu’à leur vue, les hommes glorifient dans le Christ Jésus notre Seigneur, le Père des cieux à qui la gloire maintenant et dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Le carême : « temps favorable » de la confession et du pardon avant d’approcher de l’autel du Seigneur

    C’est actuellement le temps de la confession. Confesse tes fautes de parole et d’action, celles de la nuit et celles du jour. Confesse-les dans ce « temps favorable », et au « jour du salut » (Is 49,8; 2Co 6,2) ; reçois le trésor céleste. (…) Quitte le présent et crois en l’avenir. Tu as parcouru tant d’années sans arrêter tes vains travaux d’ici-bas, et tu ne peux pas arrêter quarante jours pour t’occuper de ta propre fin ? « Arrêtez-vous et sachez que moi je suis Dieu », dit l’Écriture (Ps 45,11). Renonce aux flots de paroles inutiles, ne médis pas, n’écoute pas non plus le médisant, mais sois plutôt prêt à prier. Montre dans l’ascèse la ferveur de ton cœur ; purifie ce réceptacle pour recevoir une grâce plus abondante. Car la rémission des péchés est donnée également à tous, mais la participation à l’Esprit Saint est accordée selon la mesure de la foi de chacun. Si tu te donnes peu de mal, tu recueilles peu ; si tu travailles beaucoup, grande sera ta récompense. C’est toi-même qui es en jeu ; veille à ton intérêt

    Si tu as un grief contre quelqu’un, renonces-y. Tu viens recevoir le pardon de tes fautes ; il s’impose que toi aussi tu pardonnes au pécheur, car comment diras-tu au Seigneur : « Enlève-moi mes nombreux péchés », si toi-même tu n’as même pas pardonné à ton compagnon de service ses quelques torts à ton égard ? (cf Mt 18,23s)

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Fête du Baptême de Notre Seigneur

    Jésus a sanctifié le baptême en se faisant baptiser lui-même. Si le Fils de Dieu a été baptisé, quel homme pieux mépriserait le baptême ? Or il a été baptisé non pas pour recevoir le pardon de péchés quelconques – car il était sans péché – mais il a été baptisé sans péché pour conférer une grâce et une dignité divines aux baptisés. Voici comment : « puisque les enfants avaient en partage une nature de chair et de sang » (He 2,14) pour que, participants désormais de sa présence corporelle, nous devenions aussi participants de sa grâce divine : de la même façon, Jésus fut baptisé afin qu’une participation de plus nous conférât à la fois l’honneur et le salut. (…)

    Tu descends dans l’eau chargé de tes péchés, mais l’invocation de la grâce appose son sceau sur ton âme et ne permet pas que tu sois avalé par le terrible dragon. Descendu mort dans le péché, tu remontes vivifié dans la justice. Si en effet tu as été greffé sur la ressemblance de la mort du Sauveur, tu sera aussi jugé digne de la résurrection. Comme Jésus, en effet, a souffert pour avoir pris sur lui les fautes de la terre entière, pour qu’ayant mis le péché à mort, il te ressuscitât dans la justice, de même, descendu toi aussi dans l’eau, et, d’une certaine manière, enseveli dans les eaux comme lui dans le rocher, tu ressuscites « marchant dans une vie renouvelée » (Rm 6,2).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Nous participons avec pleine assurance au corps et au sang du Christ

    Dans la nuit où il fut livré, le Seigneur Jésus prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le donna à ses disciples en disant : « Prenez et mangez : ceci est mon corps. » Ensuite, prenant la coupe, il dit : « Prenez et buvez : ceci est mon sang. » (cf. 1 Co 11, 23-25) Si donc lui-même a déclaré ouvertement en parlant du pain : « Ceci est mon corps », qui osera douter désormais ? Et si lui-même est à ce point affirmatif lorsqu’il dit : « Ceci est mon sang », qui hésitera encore ou dira ce n’est pas son sang ? (…)

    C’est donc avec pleine assurance que nous participons de la sorte au corps et au sang du Christ. Car sous forme de pain c’est le corps qui t’es donné, et sous forme de vin c’est le sang qui t’es donné, pour que tu deviennes, en prenant part au corps et au sang du Christ, un seul corps et un seul sang avec le Christ. De cette manière, nous devenons « associés à la nature divine » (2 P 1,4). (…)

    David a dit autrefois dans un psaume : « Le pain fortifie le cœur de l’homme pour que l’huile de la joie rayonne sur son visage » (Ps 103,15). Fortifie donc ton cœur en prenant ce pain spirituel et réjouis le visage de ton âme. Et puisses-tu, à visage découvert et en pureté de conscience, refléter comme un miroir la gloire du Seigneur.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Reconnais le Fils de Dieu et participe à la béatitude

    Notre Seigneur Jésus Christ s’est fait homme, quand il était inconnu du grand nombre. Voulant enseigner la vérité inconnue, il rassembla ses disciples et leur dit : « Qui dit-on que je suis, moi le Fils de l’homme ? » (Mt 16,13).

    Il ne cherchait pas une vaine gloire mais il voulait leur révéler la vérité, pour qu’ils n’aillent pas, eux les compagnons de Dieu Fils unique de Dieu, le prendre pour quelque homme ordinaire. Et comme ils lui répondaient : « Les uns, Élie ; les autres, Jérémie » (Mt 16, 14), il leur dit : ces gens-là sont excusables de ne pas savoir ; mais vous, les apôtres, qui en mon nom purifiez les lépreux, chassez les démons, ressuscitez les morts, vous ne devez pas ignorer celui par qui vous accomplissez ces prodiges. Et comme tous gardaient le silence, car cette science-là dépassait l’homme, Pierre, le chef des apôtres, le héraut en chef de l’Église, ne recourut pas à une parole qu’il aurait trouvée de lui-même : il suivit une inspiration qui ne venait pas de l’homme, mais du Père qui éclairait son intelligence, et il répondit : « Tu es le Christ » – pas simplement – mais « le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16) ; une béatitude succède à cette parole, car en vérité elle dépassait l’homme ; un sceau est apposé à cette déclaration : cette révélation-là vient du Père ; le Sauveur dit en effet : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jean, de ce que ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16,17).

    Donc, qui reconnaît notre Seigneur Jésus Christ comme Fils de Dieu, participe à cette béatitude ; mais celui qui renie le Fils de Dieu est malheureux et misérable.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • La grâce divine, une sage perspicacité et des yeux bien ouverts !

    Le vice singe la vertu et l’ivraie s’efforce de passer pour du blé : l’apparence est semblable, mais le goût ne trompe pas les connaisseurs. Le diable se déguise aussi en ange de lumière, non pas pour revenir là où il fut (car il s’est rendu le cœur dur comme une enclume et sa précédente détermination est désormais irrévocable), mais pour environner des ténèbres de la cécité et de la pestilence de l’incrédulité ceux qui mènent une vie semblable à celle des anges. Nombreux sont les loups qui se promènent sous des peaux de brebis. Des brebis, ils ont pris seulement les peaux, pas les ongles ni les dents, mais vêtus de cette toison d’animal domestique et utilisant son apparence pour tromper les gens sans malice, ils laissent couler de leurs dents le virus mortel de l’impiété.

    Nous avons donc besoin de la grâce divine, d’une sage perspicacité et d’yeux bien ouverts, afin de n’être pas victimes de notre ignorance, en mangeant de l’ivraie pour du blé ; afin aussi de ne pas prendre le loup pour une brebis et devenir ainsi sa proie ; afin de ne pas nous imaginer le diable destructeur comme un ange bienfaisant, et nous faire dévorer. Car « il rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer » (1P 5,8), comme dit l’Écriture. Voilà pourquoi l’Église nous met en garde, voilà le pourquoi des présents enseignements, le pourquoi de l’institution de nos leçons.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Que la foi te rassure, tu reçois un pain céleste et une coupe de salut !

    Autrefois, le Christ disait : « Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n’avez pas la vie en vous » (Jn 6,53). Mais ils n’écoutèrent pas spirituellement ces paroles et ils allèrent scandalisés, pensant que le Seigneur les invitait à un repas ordinaire.

    Déjà dans l’Ancien Testament il y avait les pains de proposition. Mais il n’y a plus lieu maintenant d’offrir ces pains de l’Ancienne Alliance. Dans l’Alliance Nouvelle, il y a un pain céleste et une coupe de salut (cf. Ps 115,13) qui sanctifient l’âme et le corps. De même, en effet, que le pain s’accorde avec le corps, ainsi le Verbe s’harmonise avec l’âme.

    Ne t’arrête donc pas au pain et au vin comme s’il s’agissait d’eux seuls, car selon l’affirmation du Maître, il s’agit de corps et de sang. Quoi que te suggère la perception des sens, que la foi te rassure. Ne juge pas la réalité d’après le goût mais d’après la foi. (…)

    Ce que tu appris te donne cette certitude : ce qui paraît du pain n’est pas du pain, bien qu’il en ait le goût, mais le corps du Christ ; et ce qui paraît du vin n’est pas du vin, bien que le goût le veuille, mais le sang du Christ.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Le lundi de Pâques

    « Voici que Jésus vint à leur rencontre et dit : “Salut” (Réjouissez-vous), et celles-ci s’avançant saisirent ses pieds » (Mt 28,9). Elle le saisirent pour que soit accomplie cette parole : « Je le saisirai et ne le lâcherai pas » (Ct 3,4). Faibles sans doute étaient physiquement les femmes, mais viril était leur courage. L’abondance des eaux ne put éteindre leur amour, ni les fleuves l’engloutir. Mort était celui qu’elles cherchaient, mais leur espérance de la résurrection n’était pas éteinte.

    Et l’ange s’adressant encore à elles : « Ne craignez pas » (Mt 28,5), vous autres. Ce n’est pas aux soldats, c’est à vous que je dis ce « ne craignez pas ». Eux, qu’ils craignent pour qu’instruits par l’expérience, ils soient témoins et disent : « Vraiment c’était le Fils de Dieu » (Mt 27, 54). Vous, au contraire, il ne faut pas craindre, car « le parfait amour jette la crainte dehors » (1Jn 4,18).

    « Allez dire à ses disciples qu’il est ressuscité » (Mt 28,7). Celles-ci s’en vont dans une crainte mêlée de joie. Cela encore n’est-il pas écrit ? Eh bien oui, le Psaume deuxième, racontant la passion du Christ dit ceci : « Servez le Seigneur dans la crainte et devant lui exultez en tremblant » (Ps 2,11.12). « Exultez » de ce que le Seigneur est ressuscité, mais « en tremblant » de ce que la terre a tremblé et de ce que l’ange vous est apparu comme l’éclair.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • « Ce que fait le Père, le Fils le fait pareillement. » (Jn 5,19)

    Que votre âme reçoive le dogme fondamental qui concerne Dieu : il n’y a qu’un Dieu, un seul, sans naissance, sans commencement, sans changement ni mutation. Il n’a pas été engendré par un autre, il n’a pas d’autre être pour prendre la succession de sa vie. Il n’a pas commencé de vivre dans le temps, et il n’est pas davantage de date où il finisse. Il est à la fois bon et juste. (…) Unique est l’auteur du ciel et de la terre, le créateur des anges et des archanges. Il est auteur d’une multitude de créatures, mais le Père d’un seul avant les siècles, d’un seul qui est le Fils unique lui-même, notre Seigneur Jésus Christ, par qui il a fait toutes choses, les visibles et les invisibles.

    Ce Père de notre Seigneur Jésus Christ n’est pas circonscrit dans un lieu quelconque, ni plus petit que le ciel ; les cieux au contraire sont l’œuvre de ses doigts, et sa main renferme toute la terre. Il est en toute chose et hors de toutes choses. Ne va pas t’imaginer que le soleil est plus brillant que lui ou lui est égal, car celui qui d’abord a créé le soleil doit, sans comparaison, être beaucoup plus grand et plus brillant que lui. Il sait d’avance ce qui doit exister, il est plus fort que tous les êtres, il les connaît tous, il en fait ce qu’il veut. Il n’est pas soumis aux vicissitudes des choses, ni à la naissance, ni également à la fortune, ni à l’inéluctable. Il est de tout point parfait et possède également toute forme de vertu. Il ne subit ni amoindrissement ni accroissement, mais il est toujours dans le même état et absolument identique à lui-même. Il a préparé aux pécheurs un châtiment, aux justes une couronne.

    Bien des gens, de différentes manières, se sont égarés loin de ce Dieu unique. (…) Établis donc d’abord solidement dans ton âme ce dogme de la piété par le moyen de la foi.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • « Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs. »

    Le peuple entier a beau pécher, il ne décourage pas la miséricorde de Dieu. Le peuple fabriqua un veau et Dieu ne se départit pas de sa miséricorde ; les hommes renièrent Dieu, mais Dieu ne se renia pas lui-même (cf. 2Tm 2,13). « Voici tes dieux, Israël » (Ex 32,4), avaient dit les Hébreux, et même après cela le Dieu d’Israël, fidèle à lui-même, se fit leur sauveur. Or le peuple ne fut pas seul à pécher ; avec lui pécha son grand prêtre Aaron. C’est en effet Moïse qui dit : « La colère du Seigneur s’éleva aussi contre Aaron et », ajoute-t-il, « je priai pour lui, et Dieu lui pardonna » (cf. Dt 21,8). Alors Moïse, priant pour le grand prêtre pécheur, désarma le Seigneur, et Jésus, le Fils unique, lorsqu’il prie pour nous, ne désarme pas Dieu ? Celui-ci n’empêcha pas Aaron coupable d’accéder à la fonction de grand prêtre, et il t’empêchera, toi qui sors du paganisme, d’accéder au salut ?

    Fais désormais pénitence, toi aussi, ô homme, de la même manière, et rien n’empêchera la grâce de venir à toi. Adopte dorénavant une conduite irréprochable, car Dieu aime les hommes en vérité, et cet amour nul ne pourra fournir une explication plausible : quand bien même toutes les langues se grouperaient ensemble, elle demeureraient encore incapables de rendre un compte, même partiel, de la miséricorde de Dieu. Car nous, nous exposons une partie de ce qui est écrit sur sa miséricorde pour les hommes, mais nous ne savons pas à quel niveau s’est élevé son pardon à l’égard des anges : car à eux aussi il pardonne, puisqu’il n’y a qu’une seule créature sans péché : Jésus qui nous purifie de nos fautes. Aux anges aussi il accorde le pardon convenable.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)