Étiquette : Avent

  • « Tu lui donneras le nom de Jésus. »

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    En hébreu « Jésus » veut dire « salut » ou « Sauveur », un nom qui désignait pour les prophètes une vocation très déterminée. D’où ces paroles chantées dans un grand désir de le voir : « Mon âme exultera dans le Seigneur et se réjouira dans son salut ; mon âme se consume après ton salut » (Ps 12,6 ;34,9 ;118,81). « Je me glorifierai dans le Seigneur, je me réjouirai en Dieu mon Sauveur » (Ha 3,18). Et surtout : « Mon Dieu, en ton nom, sauve-moi » (Ps 54,3). C’est comme si on disait : « Toi qui t’appelles Sauveur, en me sauvant, manifeste la gloire de ton nom ». Donc le nom du fils qui est né de la Vierge Marie est Jésus, selon l’explication de l’ange : « C’est lui qui sauve son peuple de ses péchés »…

    Le mot « Christ », lui, désigne la dignité sacerdotale ou royale. En effet, les prêtres et les rois étaient « chrismés », c’est-à-dire oints d’huile sainte ; par là ils étaient des signes de celui qui, apparaissant dans le monde comme le vrai roi et grand prêtre, a reçu l’onction de « l’huile de la joie, premier de ceux qui y ont part avec lui » (Ps 44,8). C’est à cause de cette onction qu’il est appelé Christ, et que ceux qui ont part à cette même onction, celle de la grâce spirituelle, sont appelés chrétiens. Que, par son nom de Sauveur, il daigne nous sauver de nos péchés ! Que par son onction de grand-prêtre, il daigne nous réconcilier avec Dieu le Père. Que par son onction de roi, il nous donne le royaume éternel de son Père.

    Saint Bède le Vénérable (v. 673-735), moine, docteur de l’Église
    Homélie 5 ; CCL 122,36 (trad. Solesmes rev.)

     

  • Troisième Dimanche de l’Avent

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    Comment le Christ est-il venu ? Il est apparu en homme. Parce qu’il était homme à ce point que Dieu était caché en lui, un homme remarquable a été envoyé devant lui pour faire reconnaitre qu’il était plus qu’un homme, lui, le Christ… Qui était-il, celui qui devait ainsi rendre témoignage à la Lumière ? Un être remarquable, ce Jean, un homme d’un haut mérite, d’une grâce éminente, d’une grande élévation. Admire-le, mais comme on admire une montagne : la montagne reste dans les ténèbres tant que la lumière ne vient pas l’envelopper : « Cet homme n’était pas la Lumière ». Ne prends pas la montagne pour la lumière ; ne va pas te briser contre elle, bien loin d’y trouver du secours.

    Et que faut-il admirer alors ? La montagne, mais comme montagne. Elève-toi jusqu’à celui qui éclaire cette montagne qui est dressée pour recevoir, la première, les rayons du soleil, afin de les renvoyer à tes yeux… De nos yeux, on dit aussi qu’ils sont des lumières ; et pourtant si on n’allume pas de lampe la nuit ou si le soleil ne se lève pas durant le jour, nos yeux s’ouvrent en vain. Jean lui-même était ténèbres avant d’être illuminé ; il n’est devenu lumière que par cette illumination. S’il n’avait pas reçu les rayons de la Lumière, il serait demeuré ténèbres comme les autres…

    Et la Lumière elle-même, où est-elle ? « la Lumière véritable qui illumine tout homme en venant dans ce monde » ? (Jn 1,9) S’il illumine tout homme, il illuminait aussi Jean, par qui il voulait être manifesté… Il venait pour des intelligences infirmes, pour des cœurs blessés, pour des âmes aux yeux malades…, des gens incapables de le voir directement. Il a couvert Jean de ses rayons. En proclamant qu’il avait été lui-même illuminé, Jean a fait connaître Celui qui illumine, Celui qui éclaire, Celui qui est la source de tout don.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Saint Jean, n°2, §5-7 (trad. Bibliothèque augustinienne, t. 71, p. 183s rev.)Résultat de recherche d'images pour "troisième dimanche de l'avent"

  • Attente

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    Pour de nombreux chrétiens, l’Avent n’est-il pas devenu une simple préparation à  Noël, comme si l’on attendait encore la venue de Jésus dans la chair de notre humanité et dans la pauvreté de Bethléem ? Naïve régression dévote qui appauvrit l’espérance chrétienne ! (…) Un temps dépourvu de direction et d’orientation, quel sens peut-il avoir et quelles espérances peut-il ouvrir ?
    L’Avent est donc, pour le chrétien, un temps fort, durant lequel on s’exerce à l’attente du Seigneur, à la vision dans la foi des réalités invisibles (cf. 2 Cor 4, 18), au renouvellement de l’espérance du Royaume, dans la conviction que nous cheminons aujourd’hui par la foi et non par la vue (cf. 2 Cor 5, 6-7) et que nous n’expérimentons pas encore le salut comme une vie qui n’est plus menacée par la mort, par la maladie, par les pleurs, par le péché. Il y a un salut, apporté par le Christ, que nous connaissons dans la rémission des péchés, mais le salut plein, le nôtre, celui de tous les hommes et de tout l’univers, n’est pas encore venu.
    Pour cela aussi, l’attente du chrétien devrait être une manière de vivre la communion avec l’attente des juifs qui, comme nous, croient au « jour du Seigneur », au « jour de la libération », c’est-à-dire au « jour du Messie ». (…) En ces jours d’Avent, il s’agit donc de nous interroger : nous autres chrétiens, ne nous comportons-nous pas comme si Dieu était resté derrière nous, comme si nous ne trouvions Dieu que dans l’enfant né à Bethléem ? Savons-nous chercher Dieu dans notre avenir, comme des sentinelles impatientes que vienne l’aurore, en ayant au cœur l’urgence de la venue du Christ ? Et nous devons nous laisser interpeller par ce cri plus actuel que jamais de Teilhard de Chardin : « Chrétiens, chargés de garder toujours vivante sur terre la flamme du désir, qu’avons-nous fait de l’attente du Seigneur ? ».
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    Frère Enzo Bianchi, prieur de la communauté monastique, mixte et œcuménique de Bose, en Italie.
    croire.com
  • Deuxième Dimanche de l’Avent

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    Puisque notre divin Sauveur est proche, que faut-il faire pour nous préparer à son avènement ? Saint Jean Baptiste l’enseigne : « Faites pénitence, dit-il, abaissez ces monts d’orgueil et remplissez ces vallées de tiédeur et de pusillanimité, puisque le salut est proche ». Ces vallées ne sont autres que la crainte, laquelle, quand elle est trop grande, nous porte au découragement. Le regard des grandes fautes commises apporte avec soi un étonnement et une crainte qui abat le cœur. Voilà les vallées qu’il faut remplir de confiance et d’espérance, pour l’avènement de notre Seigneur.

    « Abaissez les montagnes et les collines » : quelles sont-elles, sinon la présomption, l’orgueil et l’estime qu’on a de soi, qui est un très grand empêchement pour l’avènement de notre Seigneur, lequel a coutume d’humilier et d’abaisser les superbes, car il va pénétrant au fond du coeur, pour découvrir l’orgueil qui y est caché. « Aplanissez les chemins, redressez ceux qui sont tortueux, pour les rendre égaux. » C’est comme s’il disait : « Redressez tant d’intentions obliques, pour n’avoir plus que celle de plaire à Dieu en faisant pénitence, ce qui doit être le but auquel nous devons tous viser ».

    Redressez les chemins, rendez égales vos humeurs par la mortification de vos passions, inclinations et aversions. Oh, que c’est une chose désirable que cette égalité d’esprit et d’humeur ; que nous devons travailler fidèlement à acquérir ! Car nous sommes plus variables et inconstants qu’il ne se peut dire. L’on trouvera des personnes qui maintenant étant de bonne humeur seront d’une conversation agréable et joyeuse ; mais tournez la main, vous les trouverez chagrins et inquiets — en somme, les chemins tortueux et raboteux à redresser pour l’avènement de notre Seigneur.

    Saint François de Sales (1567-1622), évêque de Genève et docteur de l’Église
    Sermon pour le quatrième dimanche de l’Avent

     

     

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  • Premier dimanche de l’Avent

    Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4e dimanche précédant Noël.

    L’Avent dans la Bible 

    Pendant les messes de l’Avent, les lectures rappellent d’abord la longue attente par les Hébreux du Sauveur annoncé par Dieu : « Un rameau sortira de la souche de Jessé (père de David), un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d’après les apparences, il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays…» (Is 11, 1-4).

    Les lectures de l’Avent rappellent également comment fut conçu et attendu l’enfant Jésus : l’ange Gabriel apparaît à Marie et lui annonce qu’elle va « concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus (…) L’esprit Sain viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 26-38)

    Jean-Baptiste, fils d’Elizabeth et cousin de Jésus, appelait ses prochains à la conversion et annonçait la venue imminente du Fils de Dieu en ces termes : « Moi, je vous baptise dans l’eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » (Mc 1,1.8 et Jn 1,19.28)

    De même, le temps de l’Avent appelle à la conversion intérieure. Les célébrations rappellent, en permanence et avec force, que les fidèles doivent être mobilisés spirituellement pour que la foi soit un ferment constant de renouvellement personnel et social autant que de confiance dans l’avenir.

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    Temps de l’Avent

    Dans le Calendrier liturgique catholique, le temps de l’Avent est constitué de 4 semaines, commençant chacune par un dimanche dont les noms traditionnels correspondent aux premiers mots de l’Antienne d’ouverture :

    • Premier dimanche de l’Avent : Ad Te levavi… (= Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme)
    • Deuxième dimanche de l’Avent : Populus Sion… (= Peuple de Dieu)
    • Troisième dimanche de l’Avent : Gaudete… (= Soyez dans la joie du Seigneur)
    • Quatrième dimanche de l’Avent : Rorate… (=Cieux, faites venir le Juste comme une rosée).

     

     

    L’avenir transforme le présent

    La «déchirure des cieux» que nous célébrerons à Noël avec la naissance de Jésus, c’est dans nos vies aussi qu’elle se manifeste. Notre façon de vivre peut faire signe aux autres, nos actions peuvent engendrer un monde nouveau.

    Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
    « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment.
    Il en est comme d’un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs , fixé chacun à son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin.
    Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis.
    Ce que je vous dis là, je le dis à tous : VEILLEZ ! »

     

     

     

  • « Tous disaient : Que sera donc cet enfant ? »

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    Quelle sera la gloire du juge, si la gloire du héraut est si grande ? Quel sera celui qui doit venir comme la voie (Jn 14,6), si tel est celui qui prépare la voie ? (Mt 3,3)… L’Église considère la naissance de Jean comme particulièrement sacrée ; on ne trouve aucun des saints qui nous ont précédés dont nous célébrons solennellement la naissance, nous ne célébrons que celle de Jean et celle du Christ… Jean naît d’une vieille femme stérile ; le Christ naît d’une jeune fille vierge. L’âge des parents n’était plus favorable à la naissance de Jean ; la naissance du Christ a lieu sans l’union des sexes. L’un est prédit par un ange ; l’autre conçu par la voix de l’ange… La naissance de Jean rencontre l’incrédulité, et son père devient muet ; Marie croit à celle du Christ, et elle le conçoit par la foi…

    Jean apparaît donc comme une frontière placée entre les deux Testaments, l’Ancien et le Nouveau. Qu’il forme une sorte de frontière, le Seigneur lui-même l’atteste lorsqu’il dit : « La Loi et les prophètes ont duré jusqu’à Jean » (Lc 16,16). Jean représente donc à la fois ce qui est ancien, comme ce qui est nouveau. Parce qu’il représente les temps anciens, il naît de deux vieillards ; parce qu’il représente les temps nouveaux, il se révèle prophète dès le sein de sa mère (Lc 1,41)… Il apparaît déjà comme le précurseur du Christ, avant même qu’ils se voient. Ces choses-là sont divines et elles dépassent la capacité de la faiblesse humaine.

    Enfin sa naissance a lieu, il reçoit son nom, et la langue de son père est déliée. Il faut rattacher ces événements à leur symbolisme profond.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 293, 6ème pour la Nativité de Jean Baptiste, 1 (trad. cf bréviaire 24/06)

     

     

     

  • « Le Puissant fit pour moi des merveilles. »

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    Marie a été très cachée dans sa vie… Son humilité a été si profonde qu’elle n’a point eu sur la terre d’attrait plus puissant et plus continuel que de se cacher à elle-même et à toute créature, pour n’être connue que de Dieu seul… Dieu le Père a consenti qu’elle ne fasse point de miracle dans sa vie, du moins qui ait eu de l’éclat… Dieu le Fils a consenti qu’elle ne parle presque point, quoiqu’il lui ait communiqué sa sagesse. Dieu le Saint-Esprit a consenti que ses apôtres et ses évangélistes n’en parlent que très peu et qu’autant qu’il était nécessaire pour faire connaître Jésus Christ, quoiqu’elle ait été son Épouse fidèle.

    Marie est l’excellent chef-d’œuvre du Très-Haut, dont il s’est réservé la connaissance et la possession… Marie est la fontaine scellée et l’Épouse fidèle du Saint-Esprit, où il n’y a que lui qui entre. Marie est le sanctuaire et le repos de la Sainte Trinité, où Dieu est plus magnifiquement et divinement qu’en aucun lieu de l’univers, sans excepter sa demeure sur les chérubins et les séraphins ; et il n’est pas permis à aucune créature, quelque pure qu’elle soit, d’y entrer sans un grand privilège.

    Je dis avec les saints : Marie est le paradis terrestre du nouvel Adam… C’est le grand et le divin monde de Dieu, où il y a des beautés et des trésors ineffables. C’est la magnificence du Très-Haut, où il a caché, comme en son sein, son Fils unique, et en lui tout ce qu’il a de plus excellent et de plus précieux. Oh ! que de choses grandes et cachées ce Dieu puissant a faites en cette créature admirable, comme elle est elle-même obligée de le dire, malgré son humilité profonde : « Le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. » Le monde ne les connaît pas, parce qu’il en est incapable et indigne.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), prédicateur, fondateur de communautés religieuses
    Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge, 2-6

     

     

     

     

     

  • « Le Puissant fit pour moi des merveilles. » (Lc 1,49)

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    Oh ! Je t’aime, Marie, te disant la servante
    Du Dieu que tu ravis par ton humilité (Lc 1,38)
    Cette vertu cachée te rend toute-puissante
    Elle attire en ton cœur la Sainte Trinité
    Alors l’Esprit d’Amour te couvrant de son ombre (Lc 1,35)
    Le Fils égal au Père en toi s’est incarné
    De ses frères pécheurs bien grand sera le nombre
    Puisqu’on doit l’appeler : Jésus, ton premier-né ! (Lc 2,7)
    Ô Mère bien-aimée, malgré ma petitesse
    Comme toi je possède en moi le Tout-Puissant
    Mais je ne tremble pas en voyant ma faiblesse :
    Le trésor de la mère appartient à l’enfant
    Et je suis ton enfant, ô ma Mère chérie.
    Tes vertus, ton amour, ne sont-ils pas à moi ?
    Aussi lorsqu’en mon cœur descend la blanche hostie
    Jésus, ton Doux Agneau, croit reposer en toi !

    noc3abl-s602-en-bannic3a8re-verticaleTu me le fais sentir, ce n’est pas impossible
    De marcher sur tes pas, ô Reine des élus.
    L’étroit chemin du Ciel, tu l’as rendu visible
    En pratiquant toujours les plus humbles vertus.
    Auprès de toi, Marie, j’aime à rester petite,
    Des grandeurs d’ici-bas je vois la vanité,
    Chez sainte Élisabeth, recevant ta visite,
    J’apprends à pratiquer l’ardente charité.

    Là j’écoute ravie, douce Reine des anges,
    Le cantique sacré qui jaillit de ton cœur (Lc 1,46s)
    Tu m’apprends à chanter les divines louanges
    À me glorifier en Jésus mon Sauveur.
    Tes paroles d’amour sont de mystiques roses
    Qui doivent embaumer les siècles à venir.
    En toi le Tout-Puissant a fait de grandes choses
    Je veux les méditer, afin de l’en bénir.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
    Poésie « Pourquoi je t’aime, ô Marie », strophes 4-7 (OC, Cerf DDB 1992, p. 751)

     

     

     

  • L’Esprit Saint suscite la nouvelle création en Marie

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    « L’Esprit Saint viendra sur toi ». Il surviendra en toi, Marie. En d’autres saints il est venu, en d’autres il viendra ; mais en toi, il surviendra… Il surviendra par la fécondité, par l’abondance, par la plénitude de son effusion en tout ton être. Quand il t’aura remplie, il sera encore sur toi, il planera sur tes eaux pour faire en toi une œuvre meilleure et plus admirable que lorsque, porté sur les eaux au commencement, il faisait évoluer la matière créée jusqu’en ses diverses formes (Gn 1,2). « Et la force du Très Haut te prendra sous son ombre ». Le Christ, force et sagesse de Dieu, te prendra sous son ombre ; alors de toi il prendra la nature humaine, et la plénitude de Dieu que tu ne pourrais pas porter, il va la garder tout en assumant notre chair. Il va te prendre sous son ombre parce que l’humanité qui sera prise par le Verbe fera écran à la lumière inaccessible de Dieu ; cette lumière, tamisée par son écran, pénétrera tes entrailles très chastes…

    Nous t’en prions donc, Souveraine, très digne Mère de Dieu, ne méprise pas aujourd’hui ceux qui demandent avec crainte, ceux qui cherchent avec piété, ceux qui frappent avec amour. Nous t’en prions, dis-nous quel sentiment t’a émue, quel amour t’a saisie…lorsque cela s’est accompli en toi, lorsque le Verbe a pris chair de toi ? Dans quel état se trouvait ton âme, ton cœur, ton esprit, tes sens et ta raison ? Tu flambais comme le buisson qui jadis a été montré à Moïse, et tu ne brûlais pas (Ex 3,2). Tu te fondais en Dieu, mais tu ne te consumais pas. Ardente, tu fondais sous le feu d’en haut ; mais de ce feu divin tu reprenais des forces, pour être toujours ardente et te fondre encore en lui… Tu es devenue plus vierge — et même plus que vierge, parce que vierge et mère. Nous te saluons donc, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ; tu es bénie entre les femmes et le fruit de tes entrailles est béni.

    Saint Amédée de Lausanne (1108-1159), moine cistercien, puis évêque
    3ème homélie mariale (trad. SC 72, p. 107 rev.)

     

     

     

  • « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. »

     

     

     

     

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    Les raisons et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est nommément le patron de l’Église et qui font que, en retour, l’Église espère beaucoup de sa protection et de son patronage, sont que Joseph fut l’époux de Marie et qu’il fut réputé le père de Jésus Christ. De là ont découlé sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire. Certes, la dignité de la Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au-dessus. Mais, toutefois, comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il n’ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. Le mariage est, en effet, la relation personnelle et l’union la plus intime de toutes, qui entraîne de sa nature la communauté des biens entre l’un et l’autre conjoints. C’est pourquoi, en donnant Joseph pour époux à la Vierge, Dieu lui donna non seulement un compagnon de sa vie, un témoin de sa virginité, un gardien de son honneur, mais encore, en vertu même du pacte conjugal, un participant de sa dignité sublime.

    Semblablement, Joseph brille entre tous par la plus grande dignité parce qu’il a été, par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu, regardé par les hommes comme son père. D’où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu’il lui obéissait et qu’il lui rendait tous les devoirs que les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.

    De cette double dignité découlaient d’elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille, de telle sorte que Joseph était le gardien, le gérant et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef… Or, la divine maison que Joseph gouverna comme avec l’autorité du père contenait les prémices de l’Église naissante… Telles sont les raisons pour lesquelles ce bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des chrétiens qui compose l’Église.

    Léon XIII, pape de 1878 à 1903
    Encyclique « Quanquam pluries »

     

     

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